Entre les murs.
Le livre faisait partie des cadeaux que m'avaient offerts les collègues de Langevin lors de mon départ en retraite avec une dédicace disant combien ils avaient été heureux entre ces murs (amiantés) sous ma direction. Mais je dois avouer que j'avais besoin d'un laps de temps avant de me replonger dans des situations similaires à celles que nous avions partagées.
Hier soir, après la séquence d'arrosage du jardin, j'ai pris le film (Palme d'or en 2008, rappelons-le) en cours. Et j'ai revécu des séances que j'avais expérimentées, soit en tant que prof, soit en tant que Principal.
Par exemple le prof de techno qui reviens effondré en salle des profs, déprimé en sortant d'une classe vraiment pénible. Comment ne pas faire le rapprochement avec mes 2ème MRTP (Mécaniciens Réparateurs de matériels de Travaux Publics) : 36 élèves dans une salle exiguë, deux heures de suite avec anglais obligatoire mais examen facultatif : je ne retournais pas dans la salle des profs puisque j'avais terminé ma journée, mais j'étais le dernier à la quitter à 10 heures, quand il n'y avait vraiment plus personne ! Rude année pour un prof stagiaire !
Ensuite, réunion éducative où l'on parle du permis à points sans aboutir à un résultat. Cette proposition ne m'a jamais été faite lorsque j'étais Principal ; je l'aurais peut-être adoptée, mais sans enthousiasme. Ce qui a résonné en moi aussi, c'était les punitions que la majorité des profs avaient en tête : je n'ai jamais senti chez les profs présentés une réelle volonté éducative. Les parents étaient plus positifs.
En revanche, je n'ai jamais connu une telle attitude de délégués-élèves lors d'un conseil de classe. Il faut dire que j'ai toujours insisté sur la formation et que la parole leur était donnée au même titre que les autres représentants, sans attendre la fin quand tout le monde est toujours pressé.
Autre situation vécue : le départ précipité des parents et de l'élève exclu après un conseil de discipline, sans même écouter les possibilités de recours et de suite.
Oui, décidément, j'avais bien besoin d'entamer ma huitième année de retraite pour pouvoir apprécier cet excellent film, à froid.
Et ce n'est pas fini...