Propos de ministre.
Toujours dans Marianne du 3 novembre.
« L'école est un milieu spécifique qui ne doit être ni trop ouvert pour protéger, ni totalement fermé pour ouvrir au monde. » Lorsque j'étais principal-adjoint, c'est ce que j'appliquais : et j'appelais ça un « sanctuaire » (d'après une définition du Littré) : donc, rien de nouveau sous le soleil.
« Les chefs d'établissement doivent sentir qu'ils sont, comme nos inspecteurs, des cadres fondamentaux du système.» Je le pensais lorsque j'ai passé le concours. Mais mes trois dernières années de carrière m'ont convaincu que nous étions vraiment des cadres subalternes : un inspecteur dont le jugement à mon encontre se fonde sur ma tenue (chemise à fleurs et tropéziennes en été), sur la police utilisée dans ma correspondance et sur la couleur de ma signature, m'a bien remis à ma place (et après 37 ans de bonnes appréciations cela fait un choc). Et voir un obscur scribouillard du rectorat trafiquer les appréciations que j'avais écrites sur un logiciel de promotions sans me prévenir ni me demander mon avis m'a décidément convaincu qu'il était temps que je m'arrête, après avoir cotisé pendant deux ans pour les autres (puisque, étant au-delà de la limite, je n'avais plus le droit de cotiser pour ma propre retraite, que je ne pouvais cependant pas prendre n'ayant pas atteint 60 ans).
« La différence entre les établissements ne me fait pas peur si l'on veille à soutenir les établissements les plus défavorisés par la richesse des enseignements. » C'est justement parce que cela n'était pas appliqué que j'avais demandé la fermeture du Collège Paul Langevin de Mérignac au nom de l'égalité républicaine, non sans avoir suggéré au vice-président du conseil général de calculer la dotation de fonctionnement en fonction du nombre d'élèves qui auraient dû être au collège et non en fonction de ceux qui y étaient vraiment ; un moyen d'amener les collègues à travailler de concert et d'éviter la fuite des élèves vers les collèges mieux dotés en dépit de la carte scolaire.
Et ce n'est pas fini...