Manif pour défendre l'éducation à domicile.
C'est le titre d'un article de Sud Ouest dimanche. Et ils étaient apparemment 200, ce qui signifient qu'au moins une centaine d'enfants subissent ce déni d'éducation sociale.
Ceci ne peut que me révolter, moi qui doit tout à l'école de la République, à qui j'ai tenté de rendre pendant quatre décennies ce qu'elle m'avait apporté. Qu'est-ce que ça veut dire ce refus de socialisation ? Comment peut-on faire des citoyens responsables en refusant qu'ils se confrontent à la réalité de la vraie vie ? Comment peut-on développer toutes ses facultés en ne quittant pas le cocon familial ? Car bien entendu, je suppose que pour les protéger des influences extérieures, il n'est pas non plus concevable de les faire participer à un sport collectif, ni de les conduire à intégrer un orchestre. Le tennis, peut-être ? On est seul et séparé de l'autre par un filet. Le piano à queue, qui permet de maintenir une certaine distance avec les autres, pourrait être l'instrument autorisé.
Mais j'y vois surtout une revendication de classe : quand deux parents sont obligés de bosser dur pour payer le loyer et les charges d'un logement trop petit, ils ne revendiquent sûrement pas de vouloir instruire leurs enfants à la maison.
J'ai été confronté une seule fois à ce problème. Un parent d'élève, pourtant enseignant public, a refusé l'affectation de son enfant dans le collège que je dirigeais et n'hésitait pas à l'emmener au fond de sa classe lorsqu'il ne pouvait pas faire autrement. Finalement, l'administration a cédé et le môme est allé dans le collège choisi par son père. Je l'avais un peu mal pris à l'époque.
Ce qui m'étonne, c'est que ce soit ce président qui prenne cette décision, qui va dans le sens du collectif, alors que depuis qu'il était ministre ce qu'on entendait c'était la réussite personnelle en écrasant les autres, plutôt que l'émulation coopérative.
Et ce n'est pas fini...