Incendies de batteries de vélo, de cigarette électronique ou de téléphone
In Libération du 7 mars 2026
Selon la Fondation Maif pour la recherche, le nombre d’incendies impliquant des batteries au lithium a été quasiment multiplié par six en France entre 2017 et 2024.
Alors que les départs de feu liés aux batteries au lithium se multiplient ces dernières années, France Assureurs a mené vendredi 6 mars, dans l’Eure, un test grandeur nature afin d’alerter sur les risques.
Un petit point jaune apparaît au centre de l’écran de la caméra thermique. A peine plus de 10 °C ambiant, pas de danger imminent pour les quelques batteries en lithium de vélos électriques disposées au centre d’un entrepôt de Vernon, dans l’Eure. Mais en quelques minutes seulement, le mercure s’emballe. La plaque chauffante préalablement installée pour le test fait effet. Le point devient une tâche. Le dégradé à l’écran passe du rouge au bleu. Il fait plus de 200 °C. Un léger panache de fumée, une explosion, puis une colonne de flammes se propage irrémédiablement. Le feu se répand batterie par batterie, comme inarrêtable. Un effet domino.
«L’emballement thermique est en marche, décrit Ronan Jezequel, directeur innovation et développement au Centre national de prévention et de protection (CNPP). C’est d’abord une évolution de la température exponentielle, des flammes, un boum, et enfin une torchère, c’est-à-dire un dégagement gazeux enflammé. Tout cela se déroule en à peine quelques secondes, d’où cette incapacité à intervenir et ces drames qui s’ensuivent.»
Et ce n’est pas fini...