Pour la CGT, le travail le 1 er-Mai ne doit pas revenir par la fenêtre
D’après L’Humanité du 20 avril 2026
Au mépris de la représentation populaire, Sébastien LECORNU a tranché :« Les boulangers et fleuristes artisanaux pourront ouvrir (avec leurs salariés) ce 1er mai 2026 », a-t-il déclaré vendredi, à la sortie d’une réunion avec des représentants de ces professions. Seules conditions : que les salariés « soient payés double » et que ce dispositif s’inscrive dans le cadre du « volontariat ».
Le premier ministre avait promis d’apporter « une solution négociée, sécurisante et pragmatique » pour que les artisans boulangers puissent travailler le 1er-Mai, après avoir renoncé à réunir une commission mixte paritaire sur la proposition de loi adoptée au Sénat en juillet et déposée à l’Assemblée par Gabriel ATTAL. Le texte prévoyait l’autorisation de travail le 1er Mai pour 1,5 million de salariés. Le groupe Renaissance était parvenu à faire adopter une motion de rejet afin de le renvoyer plus rapidement en CMP, pour une entrée en vigueur dès cette année.
À entendre Matignon, ces annonces constituent un « passe-droit » : « Une instruction sera donnée aux services de l’État pour que les commerces concernés ne soient pas verbalisés », rappelant que cet « engagement du gouvernement n’est que sur les professions indépendantes et les artisans ».
« Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi », a par la suite précisé un communiqué. Sébastien LECORNU a par ailleurs rappelé qu’un projet de loi serait présenté cette année pour « cadrer » le travail le 1er Mai à partir de 2027. Ce projet renverra à une « discussion sociale par branche » et permettra de « faire travailler les salariés sur la base du volontariat et en les payant double », a-t-il détaillé.
Pour la CGT, qui se félicite d’avoir « gagné son retrait » avec l’intersyndicale, « la proposition de loi de Gabriel ATTAL est la pire attaque contre le 1er Mai depuis qu’il existe ; pas question qu’elle revienne par la fenêtre ». Cette journée est aujourd’hui le seul jour férié obligatoirement chômé. Le travail est strictement encadré ce jour-là, autorisé seulement dans les secteurs qui ne peuvent pas s’arrêter, et les salariés doivent être payés double. « La loi sur le 1er Mai date de 1947, elle fonctionne depuis quatre-vingts ans, il n’y a aucune urgence à la modifier. Cette journée internationale des droits des travailleurs est chômée et payée dans de très nombreux pays. Qu’en serait-il de l’image de la France si ce conquis social était ainsi balayé ? » interroge la CGT. Le Bordelais Raymond LAVIGNE doit se retourner dans sa tombe !
Se rappelant qu’il existe des députés et des sénateurs, Sébastien LECORNU précise qu’« il appartiendra au Parlement de voter ce projet de loi qui sécurisera définitivement ces accords. Sous réserve de son adoption, cette mesure entrerait donc en vigueur à compter du 1er mai 2027 ». « D’autres discussions auront lieu pour les différentes branches », a aussi annoncé le premier ministre, qui s’est engagé« à recevoir de nouveau tout le monde au début du mois de juin ».
Et ce n’est pas fini...