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Le blog de Bernard SARLANDIE

A S S E Z !

15 Octobre 2011, 22:00pm

Publié par Bernardoc

         Deux jours, deux drames dans l’éducation nationale : une prof s’immole devant ses élèves dans la cour de récréation, un autre va tuer une policière dans une préfecture.

         Faits divers ? Je n’en suis pas sûr, bien au contraire. Si deux enseignants en arrivent à ces extrémités fatales, c’est bien que quelque chose ne tourne pas rond dans ce mammouth auquel il ne va bientôt plus rester que la peau et les os. La droite a bien réussi à faire ce qu’avait promis un ministre qui se disait de gauche à l’époque et qui s’était mis à dos tous ses administrés.

         Se suicider sur son lieu de travail, d’une façon aussi horrible, n’est pas une action neutre. Rappelons-nous, nous autres Girondins, qu’un cadre de France-Télécom avait commis le même geste il y a quelques mois à Mérignac. Dans les deux cas la hiérarchie se retranche derrière des problèmes personnels, alors que c’est la qualité du boulot qui ne fait que se dégrader, et qu’il y a un refus de vouloir prendre en compte cette dégradation des conditions de travail, car cela coûterait trop cher. Et comme le gouvernement n’arrête pas de clamer l’état déplorable des finances vers lequel il a conduit notre pays, il préfère voir disparaître du personnel plutôt que d’embaucher, notamment des médecins du travail, par exemple.

         Souvenons-nous, il y a quelques années c’était le syndrome Guyancourt, avec des cadres de Renault se suicidant à intervalles réguliers devant une charge de travail devenant de plus en plus insupportable. Puis ce fut « la mode » des suicides chez France-télécom, comme avait osé dire un ignoble PDG de cette entreprise privatisée.

Comment donc s’étonner que des enseignants craquent devant des conditions de travail qui ne correspondent plus à celles qui étaient en vigueur lors de leur réussite au concours. Le « toujours plus » qui est exigé n’est pas une philosophie qui vise la réussite des élèves et le bonheur d’aller en classe. Non, décidément, l’éducation n’est pas une marchandise et on ne doit pas la gérer comme on gérerait…l’Oréal par exemple. C’est quand même l’investissement majeur pour l’avenir de la Nation, et il est temps de lui donner tous les besoins humains qu’elle mérite, seul moyen d’éviter la catastrophe annoncée, non seulement par les syndicats, mais aussi par l’Inspection Générale.

Et ce n’est pas fini…

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