Le CLAM
Fin août 1977, de retour d’Afrique, nous débarquons à Lormont-Génicart. Nous n’étions pas dans les tours, mais au troisième étage du 7 de la rue Jean Moulin (nous avons souvent eu de la chance dans nos adresses), juste en face du collège Georges LAPIERRE dont les sonneries allaient rythmer nos vies pendant une demi-douzaine d’années. Mais les HLM faisaient fantasmer Rose qui m’a dit que si elle se faisait agresser elle voulait pouvoir se défendre. Et le hasard faisant bien les choses, nous trouvâmes dans notre boîte aux lettres un tract (on ne disait pas « flyer » il y a trente ans) annonçant la reprise des cours de judo, au dojo du Bois fleuri, à deux pas de chez nous. Nous croisâmes le distributeur, un grand jeune homme blond, et nous découvrîmes plus tard qu’il s’agissait du professeur : Dominique MARTY.
Donc, nous voilà dans les vestiaires le jour du premier cours. Je fus agréablement surpris d’y rencontrer des hommes de ma génération (ou avec quelques années de plus), et qui avaient débuté lors de la saison précédente ; donc je ne me sentais pas, à 28 ans trop vieux pour commencer le judo. Premier problème : comment attacher sa ceinture ? Mes camarades me firent remarquer que ma ceinture était trop courte : lorsque j’avais acheté le kimono, la vendeuse ignorait que la ceinture devait faire deux fois le tour de la taille avant d’être nouée !
Et nous voilà sur le tatami, bonne ambiance et nous progressions normalement, jusqu’à ce que Rose tombe enceinte et abandonne –provisoirement- le tapis. Mais, jeunes et militants, nous retrouvâmes vite fait au bureau du Club Lormontais des Arts Martiaux, moi en tant que secrétaire général, Rose en tant que trésorière adjointe, ce qui nous permit, lors de nos réunions, de découvrir d’autres pratiques dont nous ne connaissions pratiquement rien, à savoir le karate et l’aïkido.
Et ce n’est pas fini…