Vers une nouvelle carte scolaire ?
La ministre de l’éducation nationale prétend vouloir établir une nouvelle carte scolaire favorisant la mixité sociale. Charmante idée, mais comment s’y prendre ? Chaque collège urbain est destiné à un quartier spécifique ; il est de préférence atteignable à pied. Mais comment favoriser la mixité quand le collège se situe au milieu de cités HLM réputées Zones Urbaines Sensibles, surtout depuis que les bailleurs sociaux ont poussé les gens « trop riches » vers la sortie ? La ministre va-t-elle proposer de mettre en place un système de transports emmenant les fils des bourgeois pavillonnaires jusqu’au milieu des tours, tandis que les petits défavorisés seraient transportés vers un collège sis dans un quartier chicos ?
Les dérogations seront-elles accordées à ceux qui savent comment choisir le « bon » collège ? Je me souviens d’un sociologue qui disait combien les révoltes des banlieues lui étaient sympathiques, mais qui a tout fait pour que son enfant ne vienne pas dans son collège de secteur situé en ZUS, et qui a réussi !
Comment lutter contre le chantage : « Si mon enfant ne va pas dans un « bon » collège, je le mets dans le privé. » ?
Une seule solution : puisque la nationalisation (sans indemnité ni rachat) a été définitivement abandonnée par les politiques qui se partagent le pouvoir, couper toutes les subventions aux écoles privées par dénonciation des conventions passées avec l’Etat. Ainsi le privé apparaîtrait ce qu’il est vraiment : une voie de formation parallèle destinée à ceux qui pourraient payer plusieurs milliers d’euros par an (ils sont peu nombreux, à part les fils de ministres ou du CAC40), et la République reprendrait la main sur un système qui devrait revenir égalitaire.
Mais alors, on abandonne la MAP (ex RGPP), on envoie paître l’Europe, à moins que la BCE arrive à réparer les dégâts qu’elle a faits en prônant l’austérité depuis tant d’années ;
Allons, il y a de l’espoir !