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Le blog de Bernard SARLANDIE

Un retour.

19 Juin 2026, 09:53am

Publié par Bernardoc

 Depuis le décès de mon cousin Jean-Michel, il n'y avait plus de Sarlandie dans l'association.

 Voilà, la continuité est assurée.

Et ce n'est pas fini...

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CENSURE DE LA FÊTE DE L’AGRICULTURE PAYSANNE

18 Juin 2026, 09:12am

Publié par Bernardoc

Depuis plus de 15 ans, la Confédération Paysanne du Gard organise une fête annuelle début octobre. Dans tous les villages où nous l’avons organisé, nous avons été accueillis avec bienveillance par les élus locaux.
D’abord à Saint-Génies-de-Malgoires, puis réunis 3 ans à Garrigues-Sainte-Eulalie. Dans une ambiance festive et familiale, nous proposons un moment de réflexion et d’échange autour de l’agriculture gardoise mais aussi un moment de partage culturel et ludique. C’est aussi un moment de solidarité puisque l’évènement s’est transformé en fête de l’agriculture paysanne,
coorganisée avec les membres de la Maison Paysanne à savoir l’ADDEARG et Solidarité Paysans 30. D’année en année, nous réservions le foyer de la municipalité de garrigues pour pouvoir préparer sereinement notre fête annuelle.


En 2026, les élections municipales ont eu lieu, et le 26 mai la nouvelle équipe a refusé de nous recevoir et décidé de nous retirer la réservation du lieu en nous disant que cela faisait « suite à une demande de la coordination rurale, et pour ne pas prendre de position politique ».

Nous regrettons vivement cette décision qui met en péril une fête que nous préparions depuis des mois.

Nous regrettons le manque de recul de la nouvelle équipe qui aurait pu nous laisser la place encore cette année, plutôt que d’annuler tardivement.
• Nous regrettons qu'elle ait refusé de nous recevoir pour échanger à ce sujet.
• Nous regrettons enfin que Mme Marie-Camille Dugas préfère
afficher sa proximité politique avec le Rassemblement National, parti politique d’extrême-droite.

Pour ne pas prendre position, il convient d'accepter la pluralité et de permettre son expression.


En recevant début juin le député RN de la 4ème circonscription du Gard, le parisien parachuté Pierre MEURIN, la mairie de Garrigues-Sainte-Eulalie bascule du côté sombre de l’histoire : du côté du parti qui piétine, entre autres, l’agriculture paysanne et les droits syndicaux.

Nous ne pouvons que constater que cette décision s’inscrit dans le sillon de celle de M. Meizonnet, sur la commune de Vauvert, de supprimer plusieurs festivités et rencontres culturelles, de celle de M. Barthès, à Carcassonne, qui décide d'expulser les syndicats de la bourse du travail ou encore évidemment de celle de M. de Lepinau, maire de Carpentras qui a mit fin à la ferme municipale bio pour les cantines !

Comme à son habitude, l’extrême droite muselle et banni les discours progressistes.
Comme à son habitude, l’extrême droite ne souhaite la liberté d’expression que pour ses idées.
Comme à son habitude, l’extrême droite fuit l’échange et le débat.


Nous combattons les idées et les positions de cette équipe municipale et nous apportons tout notre soutien aux paysans et habitants de Garrigues-Sainte-Eulalie qui ont vu leur mairie basculer à l’extrême droite.

Le comité départemental de la Confédération Paysanne du Gard.

Et ce n’est pas fini...

 

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La dégénérescence d’un service public .

17 Juin 2026, 12:02pm

Publié par Bernardoc

Je veux parler de La Poste, pour qui nous ne sommes pas des usagers, mais des clients.

J’ai connu un service public très performant avec une double distribution quotidienne quand j’étais petit à Paris. Maintenant j’ai l’impression que le courrier est distribué au mieux une fois tous les deux jours, quant au samedi, ça remonte à très longtemps la dernière fois où j’ai eu du courrier dans ma boîte.

Eh oui, le nombre de fonctionnaires est résiduel maintenant (s’il en reste ! ) et la poste est devenue une entreprise qui doit être rentable et elle organise donc des compressions de personnel, ce qui met en péril le service public qui lui a été délégué.

Trois contacts que j’ai eu cette dernière quinzaine.

- La filiale Chronopost m’avertit de la livraison d’un pli (d’une valeur de 80 €) contre demande d’un code entre 11 heures et midi. Comme en début d’après-midi j’attendais toujours, je vais sur le site où je découvre que le pli a été remis à 11h25. J’ai dû batailler pendant vingt minutes pour savoir à qui il avait été remis, quelqu’un qui n’avait pas le code bien sûr. Alors ce code, qui est censé être un gage de sécurité, est vraiment du pipeau.

- Le magazine que je reçois en principe le jeudi, quelquefois le vendredi, n’était toujours pas là le lundi. Les « recherches » effectuées par les services de la poste n’ont rien donné et on me conseille de contacter l’expéditeur.

- Mon relevé de compte mensuel de La Banque Postale n’arrive toujours pas à la moitié du mois suivant. Je contacte un gestionnaire, quelqu’un qui aurait pu être fonctionnaire vu son amabilité et les explications qu’il m’a apportées, me confirme qu’il a bien été expédié. Donc re-réclamation et un robot, qui ne connaît pas le genre des prénoms, me répond que pour mes envois il faudrait que j’utilise le service « suivi ». Foutage de gueule !

Pour remonter à quelques mois, nous devions recevoir, mon épouse et moi, une convocation recommandée pour le tribunal. Les trois voisins concernés par la même affaire l’ont bien reçue, et rien pour nous. Réclamation ; réponse : le courrier a bien été distribué : « retour à l’envoyeur ».

Mise à jour : ce matin est arrivé mon hebdomadaire du 4 juin et j'ai reçu une lettre postée le 1er juin. La réponse devait parvenir avant le 19 ; le courrier est passé et comme le délai de 24 heures n'existe plus, je suis privé de ma participation à l'enquête.

Mais où sont les services publics d’antan ?

Et ce n’est pas fini...

 

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Bas coût ?

15 Juin 2026, 17:48pm

Publié par Bernardoc

 Ca ne m'était encore jamais arrivé, mais samedi, pour revenir de Toulouse, j'ai pris un TGV de 3ème Classe, dit Ouigo, le seul train proposé à l'horaire qui me convenait. Une vraie arnaque : le billet coûtait 10 € et je me suis vu imposer trois suppléments pour un total de 9 €, ce qui fait une augmentation de 90% du prix du billet : choix de la place (si je l'avais choisie, je n'aurais sûrement pas choisi celle-la) ; un bagage supplémentaire que je n'avais pas, et "OUIFI inclus" (je n'avais pas pigé qu'il s'agissait du WiFi).

 La contrôleuse m'a dit avec un ton condescendant que c'était de ma faute puisque c'est moi qui avais cliqué.

 Honteux de la part de la SNCF dont les pratiques commerciales s'apparentent à celle de la compagnie Ryanair qui heureusement ne fréquente plus l'aéroport de Bordeaux et qui vient d'être condamnée à 16 000 € d'amende.

Et ce n'est pas fini...

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Jean Quatremer et Raphaël Enthoven visés par une plainte pour harcèlement moral envers un syndicaliste CGT de France Télévisions

14 Juin 2026, 20:50pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 11 juin 2026 (extraits)

Le journaliste de Libération Jean QUATREMER, le philosophe et polémiste Raphaël ENTHOVEN ainsi que la personne derrière le compte X Swords of Salomon sont visés par une plainte déposée le 19 décembre 2025 par les syndicats SNRT-CGT, SNJ-CGT et le délégué central de la CGT-France Télévisions, Pierre MOUCHEL pour harcèlement moral aggravé. Ils sont accusés d’avoir jeté en pâture sur les réseaux sociaux le nom du délégué central de la CGT-France Télévisions Pierre MOUCHEL, auteur d’un communiqué dénonçant le traitement éditorial de France 3 sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

La plainte, consultée par l’Humanité, reproche aux trois hommes d’avoir déclenché et amplifié le cyberharcèlement du syndicaliste, suite à un communiqué de la CGT-France Télévisions dénonçant le traitement éditorial de France 3 Île-de-France sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

Dans ce communiqué daté le 13 octobre 2025, le syndicat reprochait à la rédaction de France Télévisions d’avoir publié un article partial, reprenant sans discernement le point de vue du CRIF, le tout sans contextualisation ni pluralisme suffisant.

Il n’en fallait pas plus pour que des soutiens zélés du gouvernement israélien réagissent sur le réseau social X et s’attaquent à l’auteur du texte. C’est Jean QUATREMER, journaliste à Libération et habitué des anathèmes en ligne (au désespoir de la majorité de ses collègues) qui lance les hostilités le 15 octobre 2025.

Particulièrement suivi sur le réseau social d’Elon MUSK, le correspondant de Libé à Bruxelles est le premier à dénoncer ce tract. Dès le lendemain, c’est le compte X Swords of Salomon, connu pour son agressivité en ligne et spécialisé dans le doxxing (la divulgation de données personnelles d’un individu dans le but de lui nuire, NDLR) qui prend le relais.

Le compte, piloté par Lyron A
BBOU, publie une photo du syndicaliste Pierre MOUCHEL ainsi qu’une capture d’écran de son compte LinkedIn, affirmant ainsi « mettre un nom et une photo sur l’auteur de ce communiqué de la honte ».

Ce message est immédiatement repartagé par Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN. Leurs comptes, dotés d’une très forte audience sur X, amplifient immédiatement cet appel au doxxing. Les tweets atteignent rapidement 300 000 vues et conduisent à une vague de haine particulièrement violente visant Pierre MOUCHEL.

« Dès que Jean QUATREMER partage le communiqué, on sort du syndicalisme pour rentrer dans la polémique et la politique. Ça nous fait basculer d’une question éditoriale, posée par le syndicat, vers de l’acharnement pur et simple contre une personne, raconte Pierre MOUCHEL. En deux jours, j’ai reçu plus de 250 messages insultants. Après, j’ai arrêté de compter. C’est très dur à vivre. » La sécurité sociale a même reconnu cet épisode de cyberharcèlement comme un accident du travail.

Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN pouvaient-ils ignorer le but du message de Swords of Salomon ? Si le philosophe retweete régulièrement les tweets de ce compte, le journaliste a directement interagi avec ce post, publiant un gif sans équivoque : deux individus vêtus d’un masque du film Scream, faisant un cœur avec les doigts.

Face à ce déferlement de violence, les syndicats se fendent le 17 octobre d’un communiqué de clarification. Ce qui n’empêche pas Jean QUATREMER de continuer son cyberharcèlement, et de retweeter le nouveau communiqué en qualifiant ses auteurs de « sous-merdes ».

La plainte affirme par ailleurs que cet engrenage de haine constitue un harcèlement de meute. Une notion reconnue pour la première fois par la justice dans l’affaire Mila.

L’arrêt de la chambre criminelle du 29 mai 2024 approuve en effet la condamnation d’un internaute pour cyberharcèlement en meute alors même qu’il n’avait publié qu’un seul message, dès lors qu’il avait pris une part personnelle à des propos répétés imposés à la victime, en connaissance du flot de messages haineux déjà en cours.

Contacté, Raphaël ENTHOVEN a d’abord affirmé ne pas se souvenir de cet événement. Après lui avoir envoyé une capture d’écran de son retweet, le philosophe nous a répondu que « le texte de ce communiqué est une honte absolue et pue l’antisémitisme à plein nez. Donner le nom de son auteur est faire œuvre de salubrité publique et renseigne sur le degré de haine des juifs dont souffrent certains responsables syndicaux. Le doxxing eût été de révéler ses coordonnées, pas de dire son nom. Quand on écrit une merde pareille, on la signe ». De son côté, Jean QUATREMER n’a pas donné suite à nos questions.

Et ce n’est pas fini...

 

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Voix féminines.

12 Juin 2026, 10:46am

Publié par Bernardoc

C’est avec beaucoup de plaisir que j’écoute deux voix féminines sur France inter, l’une pour la revue de presse, c’est Nora HAMADI, l’autre pour la rubrique sportive : Nathalie IANNETTA.

La première nous présente des articles qui ne font pas toujours la une, ceux – là ont déjà été commentés par les journalistes politiques, mais des articles qui révèlent, par petites touches sociétales, le monde qui nous entoure. Et elle manifeste toujours une profonde humanité dans sa présentation, surtout lorsque les nouvelles sont dérangeantes et interpellent notre conscience.

La seconde a investi le monde sportif, jadis monopolisé par les mâles. Elle ne s’attache pas uniquement aux performances, mais, elle aussi, va présenter l’homme ou la femme derrière le sportif ou la sportive. Et la sensibilité qui transpire à travers ses interventions devrait suffire à réconcilier même les plus réfractaires avec le sport.

Vraiment deux grandes journalistes qui font honneur au service public. Merci Mesdames.

Et ce n’est pas fini...

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Appel intersyndical des organisations CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires de l’Essonne.

11 Juin 2026, 15:03pm

Publié par Bernardoc

Contre la vie chère et les budgets de guerre,

Pour la paix et l’augmentation des salaires !

Face à l’explosion des prix des carburants, des factures d’énergie et des produits de première nécessité, les travailleuses et travailleurs, privés d’emploi et retraités, ainsi que leurs familles sont étranglés financièrement.

Nous constatons même que certains perdent de l’argent à aller travailler…ou posent des congés pour économiser le peu de carburant qui leur reste.

Cette situation scandaleuse est engendrée par les actionnaires des grands groupes pétroliers, qui spéculent sur les agressions guerrières et meurtrières. L’augmentation des prix du raffinage en est la preuve : les résultats du groupe Total Énergies au 1er trimestre, qui a augmenté sa marge de 29 %, avec un résultat net de 5,4 milliards de dollars.

Les organisations syndicales signataires exigent la cessation immédiate des bombardements et des violences qui frappent les populations civiles en Ukraine, en Russie, au Liban, en Palestine, en Iran et dans toutes les régions du monde où les peuples subissent la guerre, la misère et les destructions.

C’est dans ce contexte que le gouvernement Macron, soutenu par le patronat, poursuit sa politique de financement de l’industrie de la guerre au détriment des services publics et des besoins de la population. Des milliards pour les avions de chasse, les chars, les missiles…mais pas un centime pour les hôpitaux, les écoles, les transports en commun, les Services Publics, le tout au détriment de notre Sécurité Sociale.

Nous condamnons ces augmentations de budget de guerre sans fin, dont la dernière rallonge est de 50 milliards d’€.

De l’argent pour la Sécu, pas pour les obus !

Alors qu’il est urgent de mettre fin à ces politiques, de reconstruire un droit international, des organisations internationales, une diplomatie au service de la paix et du désarmement, le gouvernement veut faire payer une fois de plus aux travailleuses et aux travailleurs l’augmentation des budgets de guerre ! les actionnaires de Thales, Dassault, Naval Group se réjouissent…

Nous condamnons les discours bellicistes du gouvernement qui commencent à avoir des impacts concrets, puisque nous constatons la création de classes dites de « Défense » dans les établissements scolaires, ou encore l’Agence Régionale de Santé qui demande aux personnels de se préparer à la guerre ! Nous condamnons les pôles de recrutement dédiés à la défense au sein de France Travail.

Les organisations syndicales de l’Essonne CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires appellent donc toutes les travailleuses et tous les travailleurs de l’Essonne à se mobiliser :

 

« Contre la vie chère et les budgets de guerre ! »

« Pour la paix et l’augmentation des salaires ! »

Et ce n’est pas fini...

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Médecins spécialistes : un rapport somme l’exécutif de réguler les dépassements d’honoraires

10 Juin 2026, 15:03pm

Publié par Bernardoc

In Libération du 9 juin 2026

C’est une alerte stridente. A moins d’y mettre rapidement bon ordre, les dépassements d’honoraires réclamés par les médecins spécialistes risquent de compromettre un peu plus l’égalité d’accès à la santé en France. Dans un rapport rendu public ce mardi 9 juin, le Haut conseil pour l’avenir de l’assurance maladie (HCAAM) tire les conséquences de l’état des lieux dressé en octobre qui avait électrisé les débats budgétaires.

«Il est urgent d’agir, insiste son président, Yann-Gaël AMGHAR. Aujourd’hui, 56 % des praticiens exercent en secteur 2, avec liberté tarifaire. Mais plus que la photo, c’est le film qui est inquiétant. Sans régulation, à comportement constant, ils seront 90 % en 2040. Cela préfigure, à terme, une quasi-disparition des médecins en secteur 1, dont les tarifs sont opposables.»

De quoi augurer un coup de massue sur les malades condamnés à voir flamber leur reste à charge ou leurs cotisations aux complémentaires. Car l’addition promet d’être salée. En hausse de 5 % par an en valeur réelle (donc hors inflation) depuis 2019, les dépassements d’honoraires atteignaient déjà 4,3 milliards d’euros en 2024. «A ce rythme, leur montant global pourrait avoir plus que doublé en 2040 pour atteindre 10 milliards d’euros», relève le haut fonctionnaire, qui dénonce la régulation insuffisante de cette pratique. Aujourd’hui, seuls les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S), (soit environ 8 millions de personnes) peuvent prétendre à des soins spécialisés sans risque de surtarification. Encore faut-il qu’ils obtiennent un rendez-vous…

Ayant posé le constat, le HCAAM s’attaque au remède. Son rapport explore trois scénarios pour éviter le mur. «Notre objectif est d’améliorer l’accès des patients à une offre de soins à tarif opposable remboursé à 100 % par la Sécu, et de leur éviter de subir des restes à charge élevés et imprévisibles, explique Yann-Gaël AMGHAR. Pour y arriver, on peut jouer sur deux leviers : les conditions d’accès des praticiens au secteur 2 et le niveau des dépassements d’honoraires.»

Le premier scénario, le plus radical, propose d’en finir à terme avec les dépassements d’honoraires. L’idée ? Interdire aux jeunes spécialistes l’accès au secteur 2 et plafonner progressivement les dépassements des médecins déjà installés. C’est l’option rêvée pour les patients : ils verraient leur reste à charge disparaître peu à peu et n’auraient plus à craindre les mauvaises surprises – les praticiens pouvant fixer leurs honoraires avec une grande liberté, à la tête du client, grincent certains. «Mais c’est un scénario politiquement peu probable», admet le président du Haut Conseil. Pourquoi pas ? Est-ce au programme de la gauche ?

C’est que le revenu des praticiens subirait alors un coup sévère. Selon les projections du HCAAM, 95 % des spécialistes du secteur 2 subiraient une diminution de leurs honoraires de l’ordre de 28 % en moyenne. Quand bien même l’assurance maladie remettrait les compteurs à zéro en prenant à sa charge les 4 milliards de dépassements actuels, ils seraient encore 60 % de médecins du secteur 2 à y perdre. De quoi augurer d’une nouvelle gronde d’ampleur. Un risque qu’en ces temps de pénurie médicale généralisée, peu d’élus sont prêts à courir. Même à gauche ?

Conscient du problème, le HCAAM propose une deuxième option, nettement moins ambitieuse. Il s’agirait principalement de restreindre les conditions d’accès au secteur 2. Seuls les anciens chefs de clinique (de jeunes spécialistes passés par un hôpital universitaire après leur internat) pourraient y prétendre. Ils devraient en outre justifier de dix ans d’expérience avant de pouvoir facturer des dépassements, par ailleurs plafonnés à 150 % du tarif sécu. «L’idée est que si la pratique des dépassements d’honoraires ne concernait qu’une petite fraction des praticiens, l’objectif d’un large accès aux soins à tarifs opposables serait garanti», précise le rapport.

Mais pour les patients, le système resterait illisible. Surtout rien ne dit que les médecins restants en secteur 2 n’en profiteraient pas pour augmenter un peu plus leurs tarifs. Au final, pour le HCAAM, une telle réforme ne suffirait pas à enrayer les dérives : «Même si on était plus sélectif que jamais pour l’accès au secteur 2, ce secteur représenterait encore 46 % des spécialistes libéraux en 2040, précise Yann-Gaël AMGHAR. On acterait alors un système de santé à deux vitesses, avec un secteur remboursé, et un autre à honoraires libres, avec le risque au final d’une dualité de prestations.»

C’est donc un troisième scénario qui a la faveur du haut fonctionnaire. Dans ce dernier, l’accent est cette fois mis sur la régulation des pratiques tarifaires. Dans cette optique, il s’agirait de créer un droit au tarif opposable sous condition de ressources. Concrètement, au-delà des plus précaires (C2S), 20 % à 40 % des Français les plus modestes auraient un droit «objectif» à ne payer aucun dépassement, quel que soit le médecin consulté. De quoi apporter une sécurité financière aux classes populaires et moyennes de nature à consolider le contrat social.

Pour les autres, les dépassements seraient strictement plafonnés par acte (et non plus en moyenne annuelle), par exemple à 50 % ou 100 % du tarif Sécu. «Sur le long terme, cela permettrait de résorber les dépassements et de rééquilibrer les revenus entre les professionnels exerçant en secteur 1 et 2, et au sein du secteur 2», plaide le président du HCAAM. Reste que si une réforme s’impose au nom de la «pérennité du système de santé», sa nature relève du «choix politique». Aux candidats à la présidentielle de se positionner.

Et ce n’est pas fini...

 

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«  Le renouvellement du titre de séjour est leur première source d’angoisse »

8 Juin 2026, 23:34pm

Publié par Bernardoc

D’après Amnesty international

En France, le système actuel des titres de séjour fabrique de l’irrégularité et brise des vies. Après avoir recueilli la parole de travailleurs étrangers qui se retrouvent « à la merci d’un papier », des professionnels de santé nous racontent les effets psychologiques de cette précarité administrative sur leurs patients.

« Avec une carte d’un an, même pas trois mois après j’angoisse déjà en pensant au renouvellement » Jean-Louis, 33 ans est agent de sécurité à Toulouse. En France depuis sept ans, chaque renouvellement est un parcours du combattant : créneaux introuvables en préfecture, plateforme en ligne défaillante, timbre fiscal de 250 euros à payer à chaque renouvellement… un cycle qui recommence chaque année, pour Jean-Louis comme pour des milliers de personnes étrangères qui travaillent en France, certaines depuis plus de 20 ans.

Pour comprendre l’impact du système des titres de séjour sur la santé mentale des personnes étrangères qui travaillent en France, nous avons interrogé des professionnels de santé : qu’observent ils chez leurs patients ? Quels symptômes reviennent ? Quels liens font-ils entre précarité administrative et la santé de leurs patients ? 

Les écouter, comprendre leurs tourments, les soigner : c’est le quotidien de la psychiatre Tortelli, qui reçoit chaque jour des personnes exilées dans le 1er arrondissement de Paris. Elle travaille au groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences, où depuis 2021, une unité est dédiée à la santé mentale des personnes exilées en situation de précarité en Ile-de-France : l’unité Capsys

La spécialité de la Dr. Tortelli c’est de recueillir les récits d’exils, de traiter les traumatismes passés. Mais « quand les personnes arrivent en consultation, la première cause de stress qu’elles évoquent, c’est l’accès à un statut administratif » explique-t-elle. Au gré de ses consultations, un constat revient : «sur le plan psychique, c’est l’instabilité qui les casse. »

Renouveler ses papiers occupe tout l’espace mental des travailleurs étrangers. Toute leur organisation se fait autour de la préfecture et des papiers : travail, vacances en famille, temps libre. La santé est alors reléguée au second plan.

Et puisque les périodes de renouvellement reviennent sans cesse, « cela peut entraîner des retards de diagnostic ou de traitement sur des problèmes de santé chroniques et graves. Des patients ont déjà reporté des rendez-vous chez le cardiologue à cause de leurs papiers ».

Le docteur Pierre-Henri DACULSI a passé des années à arpenter des terrains en crise : urgentiste pendant huit ans à Mayotte, missions humanitaires avec Médecins sans frontières en Ukraine, en Centrafrique, aux Philippines… et plusieurs missions dans la jungle de Calais, en France. Des terrains où il a soigné des patients aux histoires de vies marquées par la violence. Depuis 2023, il assure la direction médicale de l’association Parcours d’Exil, où il reçoit en consultation des personnes exilées dans le 10ème arrondissement de Paris. 

Pour lui, les difficultés administratives ne génèrent pas seulement du stress, elles rouvrent des blessures passées. L’incompréhension du système, les nombreux obstacles rencontrés pour le renouvellement de la carte de séjour, le sentiment d’injustice peuvent «réactiver des traumatismes » subis pendant l’exil.

Ce que le docteur Daculsi observe de plus frappant, c’est l’effondrement de ses patients au moment de leur procédure de renouvellement de titre de séjour : «Lorsque des patients ont un traumatisme, souvent les premiers mois, ils redorment, reprennent goût à la vie, se réinvestissent dans des relations sociales. Et au moment des procédures, on a l’impression de repartir à zéro. Je le vois avec des patients plutôt stabilisés, qui, au moment des procédures pour les renouvellements, s’effondrent comme un château de cartes.» 

Dans le quartier de Blosne, à Rennes, il n’y a que cinq médecins pour 10 000 habitants. C’est dans ce quartier qu’a choisi de s’implanter l’un des 26 centres de santé du dispositif «Secpa», qui permet depuis 2021 l’installation de maisons de santé dans des quartiers prioritaires, pensées pour des personnes qui ont difficilement accès au système de santé traditionnel. 

Une médecin généraliste du centre de santé de Blosne nous a confié observer une chose au quotidien : «L’impact mental de la précarité administrative déborde, contrairement aux discriminations raciales qui sont beaucoup plus intériorisées. La question des papiers prend toute la place et met de côté d’autres violences du quotidien ». L’angoisse administrative c’est ce que les patients expriment le plus, pendant que les autres violences comme les discriminations, continuent de s’accumuler.

Les discriminations, le médiateur de santé au centre de Blosne, les observe aussi. Un jour, il appelle l’hôpital pour obtenir un transport médical pour une patiente : «Elle a été refusée pour racisme ». Il lui propose de porter plainte. En riant, elle lui répond : « La seule chose qu’on veut, c’est un taxi qui nous emmène pour nous faire opérer du cœur. Je veux juste survivre, pas dénoncer le fait d’avoir été discriminée. »

La docteure Tortelli du centre parisien Capsys le confirme aussi : «Il y a une vraie difficulté de nos patients à dire qu’ils sont discriminés. De manière générale, ce sont des personnes qui prennent beaucoup sur elles et se plaignent rarement. D’où l’importance de faire de la détection et de la prévention. » 

Pourtant, une solution existe : délivrer des titres de séjour stables. «Avec la carte de séjour d’un an, tu es en sursis.» explique Adra, assistance maternelle d’origine algérienne, en France depuis 10 ans. Un titre de séjour stable, d’un minimum de quatre ans, permettrait à Adra et à d’autres travailleurs étrangers de pouvoir vivre, sans attendre. Et aux médecins de pouvoir réellement soigner, sans juste mettre des pansements.

Et ce n’est pas fini...

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Encore combien d'Oradour avant une réaction de la communauté mondiale ?

7 Juin 2026, 14:14pm

Publié par Bernardoc

in Sud ouest dimanche du 7 juin 2026

Et ce n'est pas fini..

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