L'ignominie !
Vous êtes tous au courant de la volonté irréductible du ministre de l’éducation nationale (issu de l’Oréal) de fermer 1 500 classes et de supprimer 16 000 postes à la rentrée prochaine. Or, qu’entend-on depuis plusieurs jours sur les antennes de la radio ? L’Education nationale recrute 17 000 enseignants, inscrivez-vous vite à Pôle-emploi. Moi, qui suis un ancêtre maintenant et qui ai passé trois concours pour entrer puis progresser au sein de l’EN, je ne peux que m’étonner de ce nouveau mode de recrutement. Le concours anonyme, qui met chacun sur un pied d’égalité, n’est-il pas la voie normale pour intégrer la fonction publique ? Mais le concours, qui ouvrait le droit à une formation, a été dévoyé à la rentrée dernière, chaque nouveau recruté se retrouvant devant une (ou plusieurs) classe(s) sans jamais avoir reçu le moindre conseil pédagogique, d’où un nombre de démissions largement supérieur à ce qui était constaté jusqu’à présent.
Mais alors, qui sont ces futurs « enseignants » issus de Pôle-emploi ? Vraisemblablement ce qu’on appelait des « vacataires » lorsque j’étais encore en activité. C’est-à-dire des gens qui ne sont pas « autorisés » à travailler plus de 200 heures par an, qui ne sont pas rémunérés pour les tâches habituelles des enseignants (conseils de classe, suivi des élèves,…), qui, lorsqu’ils sont convoqués à un stage n’ont droit à aucune indemnité de déplacement,…Bref, ce sont de nouveaux serfs, taillables et corvéables à merci.
Comment s’étonner alors de les voir disparaître en cours d’année parce qu’ils ont trouvé un VRAI boulot qui leur permettra, entre autre, de payer un loyer et de manger à leur faim. Je me souviens, il y a quelques années, une de ces vacataires était venue me voir pour remplacer deux heures (une par jour) car sur ces deux jours elle avait été embauchée comme hôtesse dans un congrès et ce travail de deux jours à temps plein lui permettait de doubler le montant habituel de sa rémunération mensuelle. Etait-elle à blâmer ? Sûrement pas : quand on a faim, il s’agit d’un besoin vital et le reste passe ensuite.
Voilà ce que j’ai compris à ce recrutement via Pôle-emploi ; mais peut-être ai-je tout faux et le gouvernement est-il en train de recruter, à temps plein et à l’année, des nouveaux professeurs hors-statut, ce qui ouvre un boulevard vers la privatisation effective de l’Education qui fut nationale.
Et ce n’est pas fini…