Recruter, embaucher des profs ?
Le Parisien-Aujourd’hui semble s’émouvoir du fait qu’en Lorraine on recruterait des enseignants par petites annonces, sur une directive du ministre Luc CHATEL. Rien de nouveau sous le soleil, ou plutôt aujourd’hui, sous la pluie. Lorsque j’étais encore en activité, sous le ministre Xavier DARCOS, j’ai dû faire la même chose sur les conseils du rectorat de Bordeaux qui n’avait aucun remplaçant à proposer, les listes qui m’avaient été communiquées contenant des collègues embauchés à l’année dans d’autres établissements…ou, lassés d’attendre, ayant trouvé un autre vrai boulot.
Deux définitions, d’après Le petit LITTRE :
- « recruter » : attirer dans une compagnie, dans un parti.
- « embaucher » : attirer des ouvriers dans un nouvel atelier au préjudice du patron pour lequel ils travaillaient.
On voit bien qu’on assiste là à la disparition de la fonction publique et de son statut. La règle, en effet, qui mettait tout le monde sur un pied d’égalité, était le recrutement par concours anonyme, qui débouchait sur une formation devant conduire à une place au service du public dans les diverses administrations.
Or, recruter par l’intermédiaire de Pôle-emploi est la négation même de cet état de droit, puisque devant la carence de l’Etat qui n’a pas su prévoir les recrutements nécessaires les recrutements se feront à la tête du client. Et pourtant ce mode a tendance à se généraliser : c’est le cas dans tous les établissements dits « ECLAIR », c’est le cas pour certains postes de nos colonies du Pacifique,…lorsque l’on voit se développer la nécessité de « lettres de motivation » (tu parles !), sans toutefois que ce soit nécessairement écrit dans les fiches de postes.
Il est décidément vraiment temps de mettre fin à ces pratiques qui ne sont pas à l’honneur de notre République. Mais alors, on passe à la VI° ?
Et ce n’est pas fini…