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Le blog de Bernard SARLANDIE
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Ca roule !

12 Novembre 2009, 00:14am

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Publié par Bernardoc

         Notre premier voyage en Angleterre avait bien failli être mort-né. En effet, les dates retenues coïncidaient avec l’envoi massif des troupes états-uniennes et britanniques vers l’Irak où elles partaient chercher des « armes de destruction massive ». (Quelques années plus tard, elles n’ont toujours rien trouvé, ont même avoué que c’était un mensonge, mais elles occupent toujours le pays en s’étonnant de subir des actions de résistance.) Craignant des attentats, au moins deux familles ont annulé leur voyage et certains enseignants étaient refroidis pour entreprendre ce voyage. Nous l’annulâmes donc et grâce à la ténacité de Viviane, nous parvînmes à le décaler dans le temps, pour le même prix alors que nous n’avions pas souscrit d’assurance, une erreur que nous ne recommettrons plus.

         L’année suivante, je décidais de faire visiter le Pays de Galles aux voyageurs, avec concours à la clé, et ce fut aussi une expérience très réussie.

         Un autre groupe partait en Italie, et ce fut l’occasion d’une belle fureur de ma part lorsque je reçus une lettre du voyagiste qui retranscrivait les propos d’un transporteur de Mérignac qui, pour faire simple, traitait nos enfants de voyous. Après une mise au point musclée, j’obtins une lettre d’excuses après avoir proposé au voyagiste de changer de transporteur puisque notre clientèle semblait lui poser problème. Cela ne se fit pas, mais nos élèves n’eurent pas droit au dernier « Pulmann » mis sur le marché !

         Ces voyages, quoi qu’ait pu en dire le Recteur, permettaient une large ouverture sur le monde, très importante pour nos élèves défavorisés de Zone Urbaine Sensible. Pour certains d’entre eux, c’était la première fois qu’ils quittaient le territoire national, voire peut-être la dernière avant des années pour beaucoup d’autres.

         Mis à part les deux destinations précitées, nos élèves ont eu la possibilité d’aller en Espagne et même en Grèce, sans compter plusieurs voyages thématiques dans la capitale. Ma présence à la gare au départ comme au retour surprenait mais rassurait élèves, parents et enseignants.

Ces multiples voyages pédagogiques « lointains » n’excluaient pas, bien entendu, la découverte des sites girondins, qui faisait partie de l’accueil des sixièmes, accueil qui se déroulait selon les préceptes du recteur Monteilh, codifiés par plus tard par Ségolène Royal.

Et ce n’est pas fini…

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Un patron-collègue

11 Novembre 2009, 14:14pm

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Publié par Bernardoc

         Lorsque je suis arrivé à Langevin, il n’y avait plus de voyages en Grande Bretagne. Les professeurs m’avaient révélé leur réticence à continuer à organiser ces voyages : lors du dernier voyage, certains élèves avaient refusé d’entrer à St Paul’s cathedral à Londres, sous prétexte qu’ils étaient musulmans. Devant une telle aberration, absolument infondée, il avait été décidé de suspendre ces voyages pédagogiques enrichissants.

         Ce n’était pas la première fois que j’entendais ce genre d’intrusion dans l’école laïque : à Goya, déjà, j’avais dû me battre pour que les élèves obéissant à un dogme ne monopolisent pas une salle au moment du ramadan pour la transformer en lieu de culte, puisque, comme leurs parents ne leur faisaient pas à manger, ces derniers estimaient que l’Education nationale (publique, laïque, gratuite et obligatoire) pouvait servir de garderie. Je les encourageais, au contraire, à rentrer chez eux et profiter de cet instant de repos privilégié pour communiquer avec leurs parents. La foutaise allait même jusqu’au refus de certains de porter le pipeau à la bouche sous prétexte que les cours de musique avaient lieu dans la journée !...

         Donc, au cours de ma troisième année à Langevin, une équipe pluridisciplinaire (histoire-géographie-éducation civique, physique-chimie et anglais) décida de proposer à nouveau un voyage outre-manche et, divine surprise, ils me sollicitèrent pour participer à l’encadrement. Quel plaisir ce fut de me retrouver une nouvelle fois au contact direct des élèves pendant une semaine. Les rapports étaient totalement différents, les comportements s’amélioraient, car la discipline, plus souple, était fondée sur la confiance. Je leur signifiai que certains comportements, acceptés au cours du voyage, ne seraient, bien entendu, plus tolérés de retour au collège. Et je n’eus pas besoin de répéter cette consigne à Mérignac.

         Le retour, la projection du film réalisé par les enseignants, les parents invités avec les friandises qu’ils avaient préparées pour partager, tout ceci aura contribué à graver de forts souvenirs dans les mémoires de nos élèves.

         Et ce n’est pas fini…

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Parenthèse : l'overdose !

9 Novembre 2009, 09:36am

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Publié par Bernardoc

             A moins d’être sourd, aveugle ou reclus, vous n’êtes pas sans ignorer qu’il y a aujourd’hui vingt ans, tombait le mur de Berlin. Heureusement, ce matin sur Radio France un éditorialiste a rendu hommage au grand visionnaire, prix Nobel de la Paix, qui fut à l’origine de ces changements, Mickaël Gorbatchev.

            A l’époque, après avoir manqué le vingtième anniversaire d’ « une révolution manquée qui faillit renverser l’Histoire »* pour cause de Polynésie, nous venions de célébrer le bi-centenaire de LA révolution française (et quelle ambiance sur les Champs Elysées où nous étions ! ).

            Nous étions en stage d’Esperanto à la Maison de la Promotion Sociale à Artigues près Bordeaux, et je participais à un groupe animé par Maria, une Allemande qui trouvait que j’avais un accent néerlandais ! Bien entendu, la seule idée qu’elle avait en tête, c’était de parler de ce qui se passait dans son pays. Un peu ça allait, mais je n’avais pas envie de passer toute la durée du stage sur ce sujet.

            Je proposais donc que nous réfléchissions à ce qui se passait en Afrique où toute une génération (la mienne, celle des quadras) de cadres était en train d’être décimée par le Sida, mettant ainsi en grand danger l’avenir de ce continent trente ans après le début des indépendances. Je n’obtins hélas, pas beaucoup de succès sur ce thème.

            Qu’en est-il vingt ans plus tard ? La plupart des pays d’Afrique, quand ils ne sont pas en guerre doivent obéir aux diktats du FMI pour ne pas sombrer dans la faillite alors que Die Linke, parti de gauche, est en train de progresser dans toutes les élections de l’Allemagne, preuve, s’il en était que les lendemains capitalistes ne font pas chanter tout le monde.

            Non, décidément, aujourd’hui je vais écouter mes CD qui ne sont pas encore emballés pour le déménagement.

Et ce n’est pas fini…

*Renaud, Hexagone

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Une équipe en formation

8 Novembre 2009, 16:42pm

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Publié par Bernardoc

         Donc, de nombreuses arrivées en cette rentrée 2001. Un nouveau professeur de physique m’appelle dès sa nomination pour me dire qu’il était « sur ci terre ». « Sur Cythère ? » « Oui, je n’ai pas fait mon service militaire et cela me ferait de la peine d’abandonner mon poste en cours d’année. » C’était l’époque où on ne savait que faire des conscrits qu’on envoyait (en civil ! ) dans les collèges de ZEP pour des fonctions d’encadrement. Je pris donc ma plus belle plume et écrivit à qui de droit en demandant que cet enseignant, même s’il devenait « sous les drapeaux » pendant l’année scolaire, soit maintenu sur son poste de notre collège de Zone Urbaine Sensible. Le résultat alla au-delà de mes espérances puisque le Président Chirac décida quelques semaines plus tard de supprimer la conscription.

         Les nouveaux arrivants, dans quasiment toutes les disciplines, se partageaient par moitié entre hommes et femmes, ce qui était une bonne chose, tant par le renouvellement que par la mixité. Je choisis cette année-là de pratiquer ce que j’ai poursuivi jusqu’à ma retraite, c'est-à-dire de recevoir courant janvier chaque nouvel arrivant nommé à titre définitif pour un entretien qui, selon la tournure, s’étendait de trois quarts d’heure à deux heures et demie (pour l’infirmière).  

         Ces entretiens se révélèrent fort appréciés ; une collègue, qui reflétait l’opinion quasi générale, me dit : « Quand on arrive dans cet établissement (vieux « Pailleron » amianté de 1972 n’ayant jamais reçu une couche de peinture depuis), on n’a qu’une envie, c’est d’en repartir au plus vite ; mais cette occasion de vous rencontrer et de faire le point au bout d’un trimestre nous permet d’être moins catégorique. »

         Vinrent ensuite, outre les stages d’équipes, les journées banalisées (vestiges du ministère Bayrou) de réflexion pour la construction du projet d’établissement, l’investissement de l’équipe éducative (y compris donc avec les parents) lors des journées « Sport et santé » organisées dans le cadre du CESC et pilotées par le Principal-adjoint et l’infirmière, les « recadrages» nécessaires niveau par niveau avec un seul orateur, le Principal, mais avec l’ensemble du personnel (des secrétaires aux cuisiniers, des professeurs aux aides-éducateurs) qui faisait bloc derrière lui, tout cela créait vraiment un sentiment de solidarité et une volonté de progresser ensemble.

         D’ailleurs, si j’avais impulsé les premiers stages d’équipes, les années suivantes ce fut le personnel qui les proposait, je n’intervins que lors de la cinquième année pour proposer un Atelier d’Analyse de Pratiques Professionnelles auquel adhérèrent plusieurs catégories : enseignants (collège et Segpa), CPE, infirmière,… Ce stage long (six demi-journées réparties sur l’année) décida certaines à entreprendre une formation d’animatrices.

Et ce n’est pas fini…

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Fermeture de la CPA

7 Novembre 2009, 10:43am

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Publié par Bernardoc

         J’avais connu la Classe Préparatoire à l’Apprentissage à Goya, d’où j’arrivais. C’était une survivance en Gironde, car ces classes avaient officiellement disparu de l’enseignement public avec l’arrivée de la Loi d’Orientation de 1989. Il s’agissait de classes en alternance où la moitié de la division était en classe tandis que l’autre moitié était chez un patron. Le contrat avec un patron était une condition sine qua non pour être admis en CPA.

         A Goya, elle était prise en charge par une institutrice, qui aimait beaucoup les enfants et savait s’y prendre avec les élèves en difficulté. Et malgré tout, j’ai pu voir les conditions de sortie se dégrader au fil des sept ans que j’ai passés dans cet établissement de ZEP de centre-ville. Au début, 80% des élèves signaient un contrat d’apprentissage à la fin de leur scolarité, mais en atteignant la fin du siècle, souvent c’était 80% qui restaient sur le carreau, dictature de l’économie oblige.

         A Langevin, il n’y avait pas d’instit’ pour prendre en charge la 3°CPA. On ne pouvait même pas parler d’équipe, les professeurs y allaient à reculons, bien souvent pour compléter leur service. Et s’ils y allaient à reculons, c’est qu’il s’agissait d’une classe dans laquelle étaient regroupés les pires élèves qui sortaient de 4ème . Malgré cela, le professeur principal, qui était une enseignante de technologie, faisait un boulot remarquable, et on sentait bien qu’elle avait commencé sa carrière au primaire.

         Je proposais donc sa suppression : rude bataille au Conseil d’Administration, juste avant que l’Inspection académique décide de se mettre en conformité avec la loi. J’aurais donc pu me dispenser de cet affrontement. Afin de prendre les choses de façon plus positive que ce qui existait, je demandais l’ouverture d’une 4ème Aide et Soutien plutôt que d’une 3ème d’Insertion, car la 4AeS nous permettait de recruter en interne, alors que la 3I devait accueillir des élèves en difficulté venant d’autres établissements. L’objectif était de réinjecter la moitié des effectifs dans une troisième classique et de construire un projet d’orientation pour les élèves qui n’auraient pas tiré profit de cette année dans une division en nombre réduit. Et pendant les cinq années où cette classe a fonctionné sous ma direction, l’objectif était régulièrement atteint, ou du moins très approché. Une des plus belles réussites fut cet élève issu de 5ème Segpa, qui après la 4AeS est parti en 3ème Préparatoire à la Voie Professionnelle et a passé un BEP (Brevet d’Enseignement Professionnel). Je l’ai croisé au supermarché plus tard alors que j’avais déjà quitté Langevin et qu’est-ce qu’il était heureux de me raconter la Mention Complémentaire qu’il était en train de passer à Clermont Ferrand, car il avait été recruté dans l’équipe de rugby locale.

Et ce n’est pas fini…

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En ordre de marche

6 Novembre 2009, 08:51am

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Publié par Bernardoc

         A une de ces demi-journées de post-rentrée, j’avais invité l’IEN (Inspectrice de l’Education Nationale) de la circonscription, car il me paraissait indispensable de pouvoir travailler avec les écoles primaires du secteur, ce qui devait être nouveau car plusieurs collègues déclarèrent qu’elles n’avaient pas à rencontrer les instituteurs plus d’une fois par an, au moment de faire les classes.  Cela était tellement aberrant que je fis répéter pour m’assurer que j’avais bien compris, tout en rappelant que la confection des classes était du ressort du chef d’établissement. Il allait y avoir du travail relationnel et pédagogique à faire ! En fait, l’espoir pointait vu les demandes de mutation et j’espérais vivement qu’elles puissent se réaliser ; en effet, un enseignant qui demande sa mutation pour tous les autres collèges de Mérignac, montrait un désir de fuite qui méritait d’être encouragé afin que l’affectation à Langevin n’apparaisse pas trop comme une contrainte, voire une punition. Il y avait aussi les trois départs en retraite programmés et j’avais bien l’intention de rendre hommage aux collègues qui quittaient le collège, dont une qui y avait passé vingt-neuf ans. J’interrogeais les collègues au cours de l’année, et les enseignantes me déclarèrent qu’elles ne souhaitaient pas de discours, vu que je ne les connaissais pas alors que le Directeur de la Segpa, lui, réclamait un discours et souhaitait y répondre. Ce fut donc le seul discours que j’aie jamais rédigé et lu.

         Mais avant d’en arriver là, il fallait préparer les années à venir et je m’appliquai à motiver les enseignants pour qu’ils participent l’année suivante à un ou plusieurs stages d’équipes, seul moyen selon moi de se connaître et d’apprendre à travailler ensemble. Le succès était au rendez-vous puisque je pus demander notre inscription à trois stages d’équipes.

         Entre-temps, je commençais à asseoir ma « notabilité » en participant, au titre de représentant de l’éducation nationale, à toutes les réunions auxquelles telle ou telle instance mérignacaise m’invitait.

         Puis vint la fin de cette première année pour laquelle je n’avais bien entendu préparé qu’un discours…au cours duquel j’ai brièvement rajouté quelques mots concernant une collègue qui venait de m’annoncer qu’elle allait me répondre. Et à la fin de ce pot de fin d’année qui marquait le départ en retraite de trois collègues, certains ont très mal vécu le fait que personne n’avait préparé de discours pour la documentaliste…qui avait refusé le mien. Ces fins d’années ne furent jamais très simples.

Et ce n’est pas fini…  

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Langevin 1ère

27 Octobre 2009, 13:02pm

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Publié par Bernardoc

                     Je prends rendez-vous avec mon prédécesseur. J’arrivais avec toutes mes idées pédagogiques…et le premier entretien fut consacré à l’appartement. J’étais assez content car, dans ce vieux Pailleron amianté qui n’avait pas reçu une couche de peinture depuis 1972, l’appartement de fonction était fonctionnel et bien entretenu. Le collège était situé sur un vaste espace arboré qui m’a donné l’occasion, au cours des six ans que j’y ai passés, de ramasser pommes, noisettes ou champignons.

         Lors de la deuxième entrevue, nous avons parlé organisation. J’étais tout surpris de constater que c’était le Principal et non l’adjoint qui fabriquait l’emploi du temps, et encore à la main alors que le collège possédait un calculateur.

         La passation se fit non pas la veille de la pré-rentrée, mais quelques jours avant comme il est de coutume. Je branchais tout de suit le Principal-adjoint sur les détails de l’emploi du temps, car je lui dis que si j’avais choisi de devenir chef, c’était parce que j’en avais assez de construire les emplois du temps, qui étaient pourtant bien réussis si j’en crois les réactions des collègues de Goya. C’est à ce moment-là qu’il m’avoua que mon prédécesseur ne souhaitait pas qu’il s’occupe de l’ emploi du temps car c’était lui donner trop de pouvoir. Quel contraste avec la totale confiance que me faisait Jean-Pierre quand j’étais son adjoint !

         Je proposais que nous nous tutoyions, mais le Directeur de la SEGPA n’y tenait pas, chose surprenante pour un militant socialiste engagé.

         Puis vint le jour de la pré-rentrée : j’avais fait organiser la salle façon conférence, ce qui a choqué certaines collègues qui apparemment étaient habituées à ce que tout le monde soit autour de la table. J’ai donc dû expliquer qu’il s’agissait d’une réunion de présentation et qu’il y aurait beaucoup d’informations « descendantes » avant le dialogue avec l’ensemble du personnel. Il fallait notamment choisir les demi-journées de « post-rentrée » et je proposai deux mercredi après-midi et un samedi matin, en indiquant en quoi consisteraient ces moments de travail. Je fis confiance à Jean-Pierre MARGUET pour constituer les groupes qui devaient mêler les diverses disciplines, la vie scolaire et les enseignants spécialisés de la SEGPA (Section d’Enseignements Généraux et Professionnels Adaptés), une structure que je découvrais.

Et ce n’est pas fini…

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Chef !...

26 Octobre 2009, 11:17am

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Publié par Bernardoc

        J’obtins donc un rendez-vous au ministère avec, me semble-t-il, quelqu’un qui est depuis devenu Inspecteur Général de l’Administration de l’Education Nationale. J’ai même négocié la date, car sinon je faisais deux voyages à Paris dans la même semaine. Entrevue chaleureuse et empathique au cours de laquelle j’ai vraiment eu l’impression de ne pas être qu’un « numen ». Je repartis donc à Goya plein d’espoir.

         Avril arrive : catastrophe : maintien sur le même poste. Je sollicitais alors un rendez-vous au rectorat afin de demander à rejoindre mon corps précédent, celui des CPE. Stupeur chez mes interlocutrices, la Directrice des Ressources Humaines et la Directrice des Personnels de Direction. Je leur expliquai que comme on m’interdisait de muter, je ne pouvais pas être promu et qu’un CPE Hors Classe avait un indice supérieur de 50 points au mien, et qu’en plus il pouvait bénéficier d’une Cessation Progressive d’Activité. La conclusion de cet entretien fut que je « déprimais professionnellement ».

         Dernier conseil d’administration à Goya : je vote contre les propositions du Chef et avance d’autres arguments pour je ne sais plus quel sujet. Jean-Pierre, furieux, m’ordonne de venir le voir dans son bureau le lendemain pour m’être les choses au point. Le lendemain, il me dit que lorsque les choses ne vont pas, on en discute avant de façon à présenter une unité au CA. Je lui confirme mon accord sur ce mode de gestion mais lui fait remarquer, exemple à l’appui, que depuis plusieurs années mettre le feu (au sens figuré quand même) dans son bahut était le meilleur moyen d’être muté/promu. Nous en restons là.

         Deux ou trois jours plus tard, coup de téléphone du rectorat à 9 heures du matin pour m’annoncer que le poste du collège Victor Louis de Talence se libère. Je réponds qu’il ne m’intéresse pas car le logement est trop petit. Mais cet appel m’a occupé une bonne partie de la journée. Le ministère s’était étonné auprès du rectorat de mon maintien pour la septième année consécutive, et donc le rectorat bougeait enfin. Donc en fin de journée, je rappelais pour dire que j’acceptai le poste.

         Quelques jours plus tard, coup de téléphone de Jean-Paul JACQUEL, Principal du collège Paul Langevin de Mérignac, qui souhaitait parler à Jean-Pierre. Je supposais qu’il s’agissait de l’AROEVEN, car tous les deux étaient à l’époque membres du conseil d’administration. Jean-Pierre étant absent, on me repasse Jean-Paul qui finit par me dire que j’étais son successeur à Langevin, lui partant pour Victor Louis. Les premiers à qui j’annonçais la bonne nouvelle furent Jean-Pierre et Nicole, et lors du dernier conseil de classe du trimestre, deux jours plus tard, ce fut ma conclusion. Lourd silence, personne ne bougeait. Un collègue, au bout d’un moment, se fit le porte-parole des participants : « C’est une très bonne nouvelle pour vous, mais c’est une très mauvaise nouvelle pour Goya ! ».

         Nicole fit le nécessaire pour m’inclure dans les cadeaux des partants. Au bout de deux jours elle me dit le matin : nous en sommes à telle somme, réfléchis ! En fin de matinée, elle m’annonçait que la somme avait doublé.

         Le pot de départ fut une occasion mémorable ; nous avions trois stagiaires cette année-là qui nous ont gratifié de saynètes théâtrales humoristiques, et comme d’habitude, cette réunion rassemblait l’ensemble des personnels. C’est avec grand plaisir que j’en ai retrouvé une délégation neuf ans plus tard lors de mon départ en retraite.

Et ce n’est pas fini… 

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Petite parenthèse syndicale

23 Octobre 2009, 18:24pm

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Publié par Bernardoc

           Je rentre d’une rencontre de cadres européens syndicalistes où nous – l’Ugict-CGT – avons diffusé une charte de l’encadrement dans laquelle je me retrouve complètement : je ne comprends pas pourquoi nous étions si peu d’adhérents à l’Union des Ingénieurs Cadres et Techniciens de la CGT parmi les personnels de direction. Voici ci-dessous le préambule de cette charte, consultable en suivant le lien.

         « Etre cadre aujourd’hui, consiste de plus en plus, à être le porteur et le garant de l’idéologie patronale, à jouer le rôle que les directions d’entreprises tentent de nous imposer, à nous sentir responsable et sans condition, de la mise en œuvre de directives imposées.

         Nous sommes censés laisser au vestiaire nos convictions profondes, notre liberté de pensée et d’opinion, nos droits citoyens les plus fondamentaux.

         Au fur et à mesure que les conditions sont créées pour précariser la situation des cadres, l’exigence d’adhésion à la politique de l’entreprise est plus forte. De même que le patronat pousse pour que le contrat de travail passe d’une mise à disposition de moyens pendant un temps donné, à une obligation de résultats quasi-permanente, le glissement s’opère : nous devrions non seulement engager notre savoir-faire au service de l’entreprise mais également « un savoir-être » prédéfini par une charte « éthique » ou un « code de bonne conduite ». Quelle est cette « éthique » qui vise à priver l’individu de son libre arbitre pour le transformer en exécutant sans aucun droit statutaire ?

         Nous nous reconnaissons comme des salariés, au même titre que les autres. Mais nos fonctions, nos niveaux de responsabilités, notre technicité et notre rôle dans l’organisation du travail nous confèrent une spécificité.

         La CGT des cadres et des techniciens propose un statut de l’encadrement assurant à chacun des droits et libertés garantis collectivement et le plein exercice de ses responsabilités sociales ».

Et ce n’est pas fini…

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Et ma mut' ?

20 Octobre 2009, 14:37pm

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Publié par Bernardoc

         J’entamais ma sixième année en tant que Principal-adjoint. Or, j’avais calculé que, si je voulais arriver à l’échelon terminal, je devais absolument muter tous les trois ans puisque, pour les personnels de direction, c’est la condition nécessaire pour obtenir une promotion. Je m’étais donc plié aux visites à la hiérarchie. En effet, comme pour les candidats à l’académie française, il faut que les candidats à mutation aillent quémander avec humilité et hypocrisie les postes convoités. Ils sont alors « positionnés » sur un poste que la hiérarchie consentirait à leur affecter. Ce qui se passe après, je n’en ai pas la moindre idée : mes supérieurs hiérarchiques m’ont plusieurs fois indiqué que j’avais été positionné, et je me retrouvais au mois de mai maintenu à Goya, bien entendu sans aucune explication : c’est ce que l’éducation nationale appelle la transparence ! Je me souviens une année avoir écrit ce que je pensais de cette co-gestion opaque au représentant du syndicat tout-puissant qui m’a répondu en défendant bec et ongles l’administration.

         Heureusement, je pouvais aller m’aérer de temps en temps grâce aux programmes européens. En 1997 je suis parti à Evora au Portugal et en 2000 à Weimar en Allemagne. Mais c’était l’époque où, lorsqu’on participait à des stages nationaux ou internationaux, l’administration locale n’en avait rien à faire, alors que nous étions censés être des démultiplicateurs. J’ai pu le constater lorsque je suis parti avec une assistante sociale en tant que personnes désignées par le rectorat pour participer à un stage national sur « grande pauvreté et réussite scolaire » : nous avions établi un calendrier qui a été bloqué par les services sociaux de l’inspection académique. Alors pendant un an j’en ai parlé en ZAP (Zone d’Animation Pédagogique), dans les stages de formation que j’animais, et puis, moi aussi, j’ai laissé tomber.

         J’en arrivais donc à ma septième année, nos relations avec Jean-Pierre s’amélioraient de jour en jour, et il devenait urgent que je puisse voler de mes propres ailes, la formation que j’avais eue à ses côtés nécessitant d’être appliquée ailleurs. Au moment des demandes de mutation, je reçus un coup de fil du secrétariat de l’IA me proposant un rendez-vous. Je fis remarquer à la secrétaire qu’elle avait mal lu ma lettre et que le rendez-vous que je sollicitais était avec le ministère puisque les précédents entretiens au niveau académique ou rectoral n’avaient servi à rien. Je lui demandais donc de faire suivre ma lettre sans délai à la personne à qui elle était adressée par la voie hiérarchique, c'est-à-dire au ministre.

Et ce n’est pas fini…

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