Ca roule !
Notre premier voyage en Angleterre avait bien failli être mort-né. En effet, les dates retenues coïncidaient avec l’envoi massif des troupes états-uniennes et britanniques vers l’Irak où elles partaient chercher des « armes de destruction massive ». (Quelques années plus tard, elles n’ont toujours rien trouvé, ont même avoué que c’était un mensonge, mais elles occupent toujours le pays en s’étonnant de subir des actions de résistance.) Craignant des attentats, au moins deux familles ont annulé leur voyage et certains enseignants étaient refroidis pour entreprendre ce voyage. Nous l’annulâmes donc et grâce à la ténacité de Viviane, nous parvînmes à le décaler dans le temps, pour le même prix alors que nous n’avions pas souscrit d’assurance, une erreur que nous ne recommettrons plus.
L’année suivante, je décidais de faire visiter le Pays de Galles aux voyageurs, avec concours à la clé, et ce fut aussi une expérience très réussie.
Un autre groupe partait en Italie, et ce fut l’occasion d’une belle fureur de ma part lorsque je reçus une lettre du voyagiste qui retranscrivait les propos d’un transporteur de Mérignac qui, pour faire simple, traitait nos enfants de voyous. Après une mise au point musclée, j’obtins une lettre d’excuses après avoir proposé au voyagiste de changer de transporteur puisque notre clientèle semblait lui poser problème. Cela ne se fit pas, mais nos élèves n’eurent pas droit au dernier « Pulmann » mis sur le marché !
Ces voyages, quoi qu’ait pu en dire le Recteur, permettaient une large ouverture sur le monde, très importante pour nos élèves défavorisés de Zone Urbaine Sensible. Pour certains d’entre eux, c’était la première fois qu’ils quittaient le territoire national, voire peut-être la dernière avant des années pour beaucoup d’autres.
Mis à part les deux destinations précitées, nos élèves ont eu la possibilité d’aller en Espagne et même en Grèce, sans compter plusieurs voyages thématiques dans la capitale. Ma présence à la gare au départ comme au retour surprenait mais rassurait élèves, parents et enseignants.
Ces multiples voyages pédagogiques « lointains » n’excluaient pas, bien entendu, la découverte des sites girondins, qui faisait partie de l’accueil des sixièmes, accueil qui se déroulait selon les préceptes du recteur Monteilh, codifiés par plus tard par Ségolène Royal.
Et ce n’est pas fini…
La passation se fit non pas la veille de la pré-rentrée, mais quelques jours avant comme il est de coutume. Je branchais tout de suit le Principal-adjoint sur les détails de l’emploi du temps, car je lui dis que si j’avais choisi de devenir chef, c’était parce que j’en avais assez de construire les emplois du temps, qui étaient pourtant bien réussis si j’en crois les réactions des collègues de Goya. C’est à ce moment-là qu’il m’avoua que mon prédécesseur ne souhaitait pas qu’il s’occupe de l’ emploi du temps car c’était lui donner trop de pouvoir. Quel contraste avec la totale confiance que me faisait Jean-Pierre quand j’étais son adjoint !
Je lui confirme mon accord sur ce mode de gestion mais lui fait remarquer, exemple à l’appui, que depuis plusieurs années mettre le feu (au sens figuré quand même) dans son bahut était le meilleur moyen d’être muté/promu. Nous en restons là.
Le pot de départ fut une occasion mémorable ; nous avions trois stagiaires cette année-là qui nous ont gratifié de saynètes théâtrales humoristiques, et comme d’habitude, cette réunion rassemblait l’ensemble des personnels. C’est avec grand plaisir que j’en ai retrouvé une délégation neuf ans plus tard lors de mon départ en retraite.