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Le blog de Bernard SARLANDIE

Hérissons, renards et oiseaux asphyxiés par la chaleur…Les refuges aussi

4 Août 2026, 11:00am

Publié par Bernardoc

In 20minutes du 3 août 2026

Avec les épisodes caniculaires qui s’intensifient et se multiplient, la faune sauvage est en première ligne, surtout lors des incendies. « On craint que ça soit de pire en pire chaque année », craint le refuge pour faune sauvage du Tichodrome, en Isère, qui fait face à un afflux de patients « hors norme ». Plus de 540 animaux sont arrivés en juin dans cette petite structure associative perchée dans la montagne à 20 km au sud de Grenoble, soit 24 % de plus qu’en juin 2025 et deux fois plus qu’en juin 2018.

Des demandes à l’aide si nombreuses que les appels téléphoniques ont eux aussi explosé, contraignant le centre à temporairement restreindre l’accueil et fermer son standard. En cette fin juillet, le flux a ralenti mais ils sont encore près de 200 pensionnaires, dont de nombreux oiseaux et des mammifères, hérissons, renards ou écureuils, explique-t-on au refuge. Un pic d’animaux qui arrive en été, c’est « quelque chose d’habituel », mais cette fois il s’est produit « dans des proportions totalement inhabituelles », résume la directrice du centre, Mireille LATTIER, désignant les dizaines de cages, volières ou cartons troués qui accueillent les bêtes à poil ou à plume, disposés partout où il y a de la place dans la maison et dans le jardin.

En cause, la longue vague caniculaire de juin, qui a coïncidé avec la période de reproduction de nombreuses espèces, soit un moment de grande vulnérabilité. « Beaucoup d’espèces nichent sous les toits, dans le bâti, typiquement le martinet noir, mais aussi les moineaux. Et ils souffrent non seulement de la chaleur, mais de la sécheresse », explique Mireille LATTIER. Les poussins se jettent hors de leurs nids surchauffés avant de savoir voler.

Pour ces espèces déjà en déclin, la canicule se traduit par une « hécatombe » d’oiseaux morts mais aussi une multiplication d’individus « en mauvais état », se désole Marjorie GUILLEM, soigneuse au centre. Mais les autres espèces ne sont pas épargnées non plus et « on craint que ça soit de pire en pire chaque année. Et, à un moment, humainement et logistiquement parlant, on sera à court, on n’y arrivera plus », s’alarme la jeune femme.

Le Tichodrome est loin d’être le seul centre en difficulté : sur la centaine existant sur le territoire français, « 70-80 % ont été contraints de fermer pour saturation pendant la phase de canicule de juin », selon leur fédération, le Réseau des centres de soins de la faune sauvage. « Le mois de juin a été terrible. […] Ça n’était jamais arrivé dans l’histoire que la majorité des centres soient tous obligés de fermer en même temps », indique sa directrice, Manon TISSIDRE. Selon elle, la question à ce stade n’est plus la canicule ni les incendies, ni les tempêtes de l’hiver sur le littoral qui ont coûté la vie à au moins 30.000 macareux, mais le fait que les centres sont « dans un état de crise permanente parce que les moyens sont toujours insuffisants par rapport à la demande, même quand tout va bien ».

« On sent qu’il y a une accélération dramatique de l’érosion de la biodiversité, sans commune mesure. En plus, on reçoit des animaux qui sont de moins en moins sauvables », souligne-t-elle, évoquant le « désespoir » des équipes.

Et ce n’est pas fini...


 

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Quand l'exemple vient d'en haut...

3 Août 2026, 11:59am

Publié par Bernardoc

In Franceinfo du 3 août 2026
"Une gravité exceptionnelle" 

Après deux suicides d'agents des services du Premier ministre en mars et plusieurs tentatives de suicides d'autres agents ces derniers mois, une enquête préliminaire ainsi que des enquêtes internes à Matignon ont été ouvertes, a appris lundi 3 août France Inter(Nouvelle fenêtre) de sources concordantes. L'article 40 du code de procédure pénale, qui prévoit que tout fonctionnaire qui a connaissance d'un délit ou d'un crime doit en informer le procureur de la République, a été déclenché par un représentant du personnel au mois de juin, puis une plainte a été déposée par une agente pour harcèlement moral et mise en danger de la vie d'autrui.

La plainte, déposée le 25 juin par Laura*, une fonctionnaire, intervient après une tentative de suicide survenue fin avril dans une gare. Selon son avocate, Christelle Mazza, Laura a progressivement été privée de ses missions, écartée des réunions puis isolée dans un bureau en sous-sol. "Quand la situation s'est dégradée, elle a évidemment activé tous les mécanismes internes, y compris la cellule de signalement sur les situations de harcèlement moral", raconte à France Inter Me Christelle Mazza. "Elle n'a eu aucun retour : à partir du moment où il y a ce type de signaux, il faut les entendre parce que là, l'addition est très salée", dénonce-t-elle.

La tentative de suicide de Laura va conduire un représentant du personnel à saisir en juin le procureur de la République via un signalement au titre de l'article 40 du code de procédure pénale, estimant qu'il y a des "éléments d'une gravité exceptionnelle" démontrant une souffrance au travail au sein des services du Premier ministre : car au-delà du cas de Laura, deux agents se sont suicidés en mars 2026, et un troisième a tenté de mettre fin à ses jours sur son lieu de travail en octobre 2025.

Plusieurs agents évoquent un contexte d'instabilité lié aux changements successifs de Premier ministre avec quatre différents en deux ans, et à la réforme de la Fonction publique, "avec des effectifs qui baissent et la proportion de contractuels qui augmente", témoigne un agent à France Inter. "À chaque fois, c'est une nouvelle armée qui débarque (…) et on doit se plier aux nouvelles exigences du nouveau patron", témoigne un autre. "Il y a une radicalité dans le management", estime un dernier. Pour Me Christelle Mazza, "on a des comportements inacceptables avec de l'ultra concurrence entre les agents : il faut marcher sur la tête d'à côté pour réussir. Les places sont très chères, ce qui conduit les agents publics à une perte totale de repères", analyse-t-elle.

Et ce n’est pas fini... 

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Mais qui aurait pu prévoir ?

2 Août 2026, 15:30pm

Publié par Bernardoc

Ce n’est pas ce que répète notre méprisant de la République depuis 2022 ?

Sur 10 articles en une de 20minutes du 2 août 2026, 6, donc plus de la moitié, ont trait au dérèglement climatique et ses conséquences, non seulement en France, mais également plus largement en Europe, en Amérique du nord et en Asie. Vous verrez les chapôs ci-dessous. Prise de conscience ? Espérons.

Incendies en Grèce : Les vents violents rendent la situation « extrêmement difficile ».

États-Unis : Des milliers de personnes évacuées en raison de feux de forêt.

42,5°C… Un nouveau record de chaleur en Corée du Sud.

Incendies, climatisation… Le réchauffement climatique est-il la nouvelle lutte des classes ?

Incendies : Face à l’urgence climatique, comment former la population aux feux de forêt ?

Météo-France maintient encore 20 départements en vigilance orange canicule.

Et ce n’est pas fini...

 

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N'oubliez pas !

1 Août 2026, 11:42am

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Solidarité ? Vraiment ?

31 Juillet 2026, 20:31pm

Publié par Bernardoc

En ce mois de juillet girondin enflammé comme il y a quatre ans – quelles leçons a-t-on tirées du précédent drame – il est fait appel à la solidarité, ce qui est tout à fait normal lorsqu’il y a plus de deux cent mille personnes forcées de quitter leur lieu d’habitation ou de villégiature. On pourrait croire que cet élan de générosité et d’entraide fraternelle serait partagée à tous les niveaux. Trois exemples bordelais métropolitains qui montrent qu’il y a encore des progrès à faire :

- La mairie de Bordeaux a demandé aux parents de garder leurs enfants et de ne pas les envoyer aux centres aérés. Bien. Les employés municipaux, parents de ces enfants, ont demandé un jour de congé pour répondre aux injonctions municipales ; refus du maire de Bordeaux (celui qui, soutenu par le RN, avait refusé une augmentation des crédits des Sdis lorsqu’il était ministre de Macron).

- Les Transports de Bordeaux Métropole comptent un certain nombre de pompiers volontaires parmi leur personnel. Les lignes étant réduites (horaires d’été plus ouest métropolitain évacué), ceux-ci ont demandé de pouvoir aller au feu. Réponse de la direction : d’accord mais prenez des RTT. HONTEUX !

- Les bureaux de poste, les centres de tri (St Médard en Jalles, Cestas) fermés pour cause d’évacuation : les postiers ont été considérés comme en congé : SCANDALE !

Et à côté de ça, certains veulent nous faire la leçon. La colère monte !

Et ce n’est pas fini...

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« On en a marre de compter nos morts », le cri d’alarme des pompiers

24 Juillet 2026, 11:32am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 24 juillet 2025

Après le décès de deux soldats du feu en intervention en Gironde, la colère monte dans les casernes. Sébastien DELAVOUX, représentant de la CGT, dresse un état des lieux.

Le ministre de l’Intérieur, Laurent Nuñez, s’est rendu mercredi en Gironde auprès des familles des deux sapeurs-pompiers morts en service. Quel est votre ressenti face à ce nouveau drame ?

Nous sommes extrêmement ­affectés et en même temps en colère. On en a marre de compter nos morts. Nous en sommes à six sapeurs-pompiers décédés en service depuis le début de l’année, dont trois sur des feux de forêts sur une période rapprochée, après en avoir perdu dix en 2025. Perdre deux collègues sur une même intervention est d’une violence inouïe. Pour les agents sur le terrain, c’est le pire cauchemar. Cela marque une carrière à vie. Contrairement aux éléments de langage répétés du ministère de l’Intérieur, il y a un problème majeur de moyens humains et matériels. Dire le contraire, c’est refuser de voir le réel.

Sur le terrain, comment se concrétisent ces manques au quotidien ?

Par une épuisante crise des effectifs. Lors des feux de forêts, nos collègues partent pour des interventions de cinq, six ou sept heures, mais c’est compliqué d’obtenir des relais dans des délais raisonnables pour que les agents puissent se reposer. On leur demande des efforts physiques intenses par des chaleurs étouffantes. Quand des colonnes de renfort traversent la France depuis le Finistère ou la Moselle, les agents arrivent déjà rincés par le trajet et sont engagés dans la foulée. Normalement, une relève devrait avoir lieu toutes les quatre heures. Aujourd’hui, on enchaîne des gardes de quarante-huit, soixante-douze, voire quatre-vingt-seize heures. On s’affranchit des règles de sécurité au mépris de la santé des pompiers.

Qu’en est-il des moyens matériels et de l’annonce du déploiement d’un avion militaire Airbus A400M pour renforcer la lutte contre les incendies ?

Les spécialistes de l’aviation sont très sceptiques. Un A400M ne remplace pas le travail chirurgical d’un Canadair, qui descend à 30 mètres au-­dessus des flammes. Je ne sais pas si c’est du placement de produit ou si c’est un contre-feu. Pour les Canadair, la chaîne de production s’est arrêtée en 2015, rien n’a été fait, et maintenant il est trop tard, car il faut des années pour les fabriquer. Pour les moyens terrestres, malgré le « pacte capacitaire » (mis en place en 2022 après les feux en Gironde), les 1 000 camions-citernes feux de forêts ne combleront pas l’effet attendu. Ils remplacent ceux, vieux de trente ans, qui n’étaient plus sécurisés, mais ne constituent pas une augmentation nette de notre capacité de réponse.

Vous parliez de l’épuisement des sapeurs-pompiers. Le modèle repose-t-il trop sur l’engagement des agents ?

Notre système est menacé depuis des années, au-delà de la spécificité des feux de forêts. Il repose quasi exclusivement sur le surengagement des agents, professionnels, volontaires comme militaires. La charge opérationnelle a explosé pour frôler les 5 millions d’interventions par an, alors que nous avons perdu 100 pompiers volontaires pour 100 000 habitants depuis 1973 et fermé 30 % des centres de secours depuis 2000. Pour stabiliser la réponse et garantir l’égalité territoriale face aux secours, nous estimons qu’il faudrait créer 16 000 postes de sapeurs-pompiers professionnels. On ne peut plus demander à des volontaires de faire mille heures de garde en plus de leur travail, ni à des professionnels de poser des congés pour aller renforcer d’autres départements. La sécurité civile a besoin d’une stratégie de long terme, pas seulement de discours compatissants quand la forêt brûle et que les caméras sont là.

Comment abordez-vous la suite de la saison estivale ?

Nous espérons que les choses vont se calmer, pour que tout le monde ne finisse pas sur les rotules. Il y a de l’énervement dans les centres de secours, parce que ce manque de moyens, nous le vivons toute l’année et on le répète au gouvernement.

Et ce n’est pas fini...

 

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Étonnant ? Non !

23 Juillet 2026, 14:03pm

Publié par Bernardoc

Trois titres dans la presse aujourd’hui :

Les fruits et légumes augmentent de 10 % (30 % pour les tomates)

Le gouvernement va doubler le plafond annuel des franchises médicales sur les consultations et les médicaments, de 100 à 200euros

Livret A : une dégringolade jamais vue depuis 20 ans.

 

Et on semble s’étonner du troisième titre.

Mais nos gouvernants ne se rendent-ils pas compte que nous sommes maltraités depuis des décennies ? Une maltraitance qui s’est accélérée au cours des deux derniers quinquennats par le méprisant qui avait été mis en selle par son prédécesseur qui se prétendait socialiste.

Et cela n’est pas prêt de s’arrêter, comme en témoigne le deuxième titre. Et à qui s’attaque-t-on sans honte aujourd’hui ? Aux malades ! Bel exemple de solidarité nationale. Ambroise, reviens !

Et qui sont ceux qui vont avoir besoin de plus en plus de soins ? Les vieux ! Comme si les attaques frontales contre les retraités n’avaient pas suffi, on en rajoute une couche. Double peine !

Manger cinq fruits et légumes par jour : avec quels sous, puisque nos pensions ne suivent pas l’inflation et sont menacées par le très populaire (?) Lecornu d’être gelées pendant encore plusieurs années.

Alors que faire ? L’épargne que nous avions accumulée sou par sou au cours de notre vie de travail devient indispensable pour compléter nos fins de mois. Et les gens ordinaires (pas les Arnault ou Bolloré – pour eux, ça va merci) avaient comme bas de laine le livret A, qui était malgré tout toujours en dessous de l’inflation, et c’est dans cette ressource qu’ils vont piocher.

J’ai touché mon premier salaire en 1967, et il a fallu que Macron applique sa politique en faveur des riches pour que je sois dans le rouge plusieurs fois par an, neuf ans après mon départ en retraite.

La redistribution des richesses doit s’imposer, et espérons pacifiquement : la raison devra gagner.

Et ce n’est pas fini...

 

 

 

 

 

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Deux héros du quotidien.

22 Juillet 2026, 11:13am

Publié par Bernardoc

« Sauver ou périr », telle est la devise des pompiers, ceux qu’on appelle couramment les « soldats du feu ». Ils savent à quoi ils s’engagent lorsqu’ils choisissent cette profession indispensable à la sécurité des populations. Et deux de nos voisins viennent de subir le deuxième terme de cette devise. Les honneurs de la nation doivent leur être rendus : ils ont payé de leur vie leur engagement pour la société. C’est un accident qui ne doit plus se produire. Les moyens indispensables doivent être donnés aux SDIS (Services Départementaux d’Incendie et de Secours). Peut-être en détournant quelques millions des milliards prévus pour le futur porte-avion ?

Car les pompiers ne se contentent pas de combattre les incendies qui deviennent toujours plus nombreux avec le réchauffement climatique, ils portent aussi secours aux victimes de toutes sortes d’accidents. Souvent, c’est le 18 que l’on compose sur son téléphone, avant même le 15, pour avoir une réaction rapide.

Dans les accidents de la route, ils sont souvent les premiers à intervenir sur place. Mais on les retrouve également dans d’autres lieux : le 19 août 2019, ils étaient là pour évacuer les blessés graves après que le patron du Burdigala eut jeté son bateau en pleine vitesse contre le quai de Brazza. Et les gros moyens ont été déployés puisque c’est par une tyrolienne que les blessés ont quitté le bateau.

C’est pour cela que nous accueillons toujours avec bienveillance les pompiers lorsqu’ils viennent nous proposer leur calendrier au mois de décembre.

Respect et hommage à ces héros modestes du quotidien.

Et ce n’est pas fini...

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Coupes dans le spectacle vivant : une saison sous haute tension

21 Juillet 2026, 15:18pm

Publié par Bernardoc

d’après Libération du 18 juillet 2026

Les baisses de subventions s’accumulent et fragilisent encore un peu plus un secteur qui tente déjà de se mobiliser face à des accusations d’entre-soi et des attaques venues de l’extrême droite.

Préparons-nous à entendre en septembre ce qu’il va se passer au Haillan.

C’est une attachée de presse qui se réjouit lors d’une soirée : «Ce spectacle, tous les théâtres veulent le programmer l’an prochain… Il faut dire qu’il n’y a qu’une personne sur scène, ça ne coûte pas cher.» C’est un syndicaliste qui alerte dans une assemblée publique : «Beaucoup de copains n’ont pas leurs heures cette année.» Le directeur d’une petite compagnie qui se désespère : «Les théâtres sont pleins, nos ateliers sont pleins, on va dans les lycées, dans les hôpitaux… Pourquoi l’État nous abandonne-t-il ?» C’est encore cette autre professionnelle qui ironise : «J’ai vu un spectacle où le public pioche dans une boîte le sujet de la pièce… C’est peut-être ça l’avenir du théâtre : le public qui fait ses spectacles lui-même !» Et toujours, en guise de conclusion : «C’est une année dingue à Avignon, tout le monde ne parle que de ça.» «Que de ça» : la crise d’envergure que traverse le spectacle vivant, fragilisé par d’incessantes annonces de baisse de son financement public, sommé de répondre aux accusations d’élitisme, quand il n’est pas violemment attaqué par les nouveaux maires d’extrême droite (mais pas seulement) tenant à se charger eux-mêmes de la programmation des théâtres - comme lorsque le maire de Castres (Tarn) déprogramme une pièce d’Alexis MICHALIK, Passeport, sur le parcours d’un migrant.

Pas un jour, au Festival d’Avignon, sans une assemblée publique, un rassemblement devant le palais des Papes ou, au Cloître Saint-Louis, une assemblée générale. Il y a quelques mois, un nouveau collectif est né, Livrer bataille, réunissant des compagnies et des salles indépendantes, décrit dès son lancement par l’un de ses instigateurs comme«la coordination nationale des fragiles», loin des grands noms qui ont eux aussi interpellé Emmanuel MACRON, à la Cour d’honneur, ce dernier week-end. On a aussi ressuscité les Nouveaux États généraux de la culture : jeudi, Sophie BINET, la patronne de la CGT, Clémentine AUTAIN, Sarah LEGRAIN (LFI), Emma RAFOWICZ (PS), et d’autres représentants des partis de gauche, y discutaient sur la manière de poursuivre le mouvement social. Car si la situation est affolante pour la plupart des professionnels, la mobilisation d’une population largement précarisée n’est pas simple. Si le 13 juillet, la CGT avait rassemblé plus de 1 000 personnes sur le parvis du palais des Papes, trois jours plus tard, elles n’étaient plus que 300 environ pour discuter de la possibilité de faire grève, assez vite balayée par les quelques interventions de travailleurs et artistes, dont l’un d’eux : «Jouer pour rien, je le fais déjà.»

Pourtant, chaque jour un nouveau chiffre, une nouvelle soustraction qui tombe. Selon nos informations, le Festival d’Automne subit à son tour une coupe de 14 % de sa subvention versée par l’État pour l’année en cours… alors que la programmation, qui s’étale de septembre à décembre, est évidemment déjà bouclée, une grande partie des billets vendus et les coproductions pour l’édition 2027 déjà lancées. L’institution travaille avec de nombreux lieux de Paris et de proche banlieue qui seront touchés par ricochet.

Le budget culture de l’État avait déjà été raboté en 2026, mais il a fallu qu’en mai, le gouvernement annonce une nouvelle baisse, venant s’ajouter à celles, nombreuses, des régions (-15 % en Paca, -12 % en Pays de la Loire, -6 % en Ile-de-France…selon la liste établie par le Syndicat des musiques actuelles). Et, à la veille de l’ouverture du Festival d’Avignon, vendredi 3 juillet, l’inquiétude s’est transformée en effarement pour 28 salles de théâtre, opéras et orchestres qui ont appris, à deux mois du début de leur saison, et alors que les spectacles sont programmés et les contrats signés, que l’État gelait une partie de leur subvention annuelle.

Au total, si ce «surgel» se transformait à son tour en coupe définitive, l’amputation, sur un an, pourrait atteindre les 800 000 euros d’aides publiques pour le théâtre de Nanterre-Amandiers ; 618 000 euros pour le théâtre national de Bretagne ; 465 000 euros pour la Criée à Marseille ; autour de 300 000 euros pour la Comédie de Saint-Étienne, la Comédie de Reims ou le théâtre Gérard-Philipe de Saint-Denis…

Le Syndicat national des entreprises artistiques et culturelles (Syndeac) et la CGT spectacle ont demandé au gouvernement de revenir sur cette décision. Lors de sa venue au Festival, la ministre de la Culture, Catherine PEGARD, a dit, lors d’un point presse, être toujours en négociation avec Bercy : «Pour l’instant, nous sommes en pleines discussions budgétaires, rien de tout ça n’est arrêté. Il n’y aura pas d’annulation de crédit, il ne pourrait y avoir que des reports.» Contacté vendredi par Libération, le ministère dit avoir «demandé aux Drac d’engager un dialogue avec chaque structure pour évaluer les conséquences potentielles de cette retenue prolongée, qu’elles soient financières, artistiques ou sociales. L’objectif est clair : garantir la continuité de l’activité artistique et la préservation de l’emploi dans ces établissements. A ce stade, aucun crédit n’est supprimé.» A ce stade.

«Si les gels du budget deviennent des annulations de crédit, je n’ouvre pas à la rentrée 2027», confiait Hortense ARCHAMBAULT, la directrice de la MC93 de Bobigny (Seine-Saint-Denis) à Libé dans les premiers jours d’Avignon. Le théâtre de Nanterre-Amandiers, fragilisé économiquement par de récents travaux, vient de faire une demande administrative pour pouvoir recourir au chômage partiel pour ses équipes en fin d’année si le gel se maintenait.

Frédéric BELIER-GARCIA, à la tête du Centre dramatique national de la Commune, à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis), qui pourrait perdre au total près de 320 000 euros, témoigne entre deux allers-retours à Avignon : «C’est une équation insoluble : on sort à peine d’une procédure d’alerte auprès du tribunal de commerce, on ne peut pas être à découvert contrairement à d’autres structures qui peuvent faire un gros déficit sur l’année 2026 et faire une année 2027 très light. Les baisses, c’est un peu notre quotidien, mais là, il y a une sidération devant le seuil franchi qui n’est pas gérable.»

Derrière les grandes salles, en Seine-Saint-Denis ou en région, c’est tout un écosystème qui est fragilisé depuis six ans au moins, la crise sanitaire et les coupes. Les spectacles ont une durée de vie de plus en plus réduite : selon une alarmante étude de l’Association des professionnels de l’administration du spectacle (Lapas), le nombre de représentations moyen par spectacle était de 8,7 pour la saison 2025-26, il s’est effondré à 4,7 pour 2026-27. «On n’a aucune maîtrise de nos métiers, on est en compétition, on est isolés», s’inquiète Étienne PARC, membre de Livrer Bataille et responsable de la Loop compagnie − les compagnies, dernier maillon de la chaîne sur lesquelles retombent les baisses de budget quand les théâtres ne peuvent plus accueillir leurs spectacles ou les collectivités locales financer leurs projets. «On se retrouve à 450 compagnies à candidater pour un appel à projet de 5 000 euros, c’est dur.» Mille cinq cents d’entre elles ont disparu depuis 2022, rappelle Delphine LALIZOUT, coprésidente du Synavi, syndicat qui défend les intérêts des structures indépendantes de création.

«Le service public de la culture n’est plus légitime et défendu par une large partie de la classe politique», pouvait-on entendre lors d’une réunion publique du collectif Livrer Bataille, à la Fabrica d’Avignon. Les attaques populistes ne se bornent plus à l’extrême droite : la culture subventionnée serait trop chère, trop élitiste. «On se retrouve tiraillé entre des injonctions contradictoires, témoignait une artiste lors du même rassemblement. Prouver son excellence tout en créant des spectacles pas trop complexes, pas trop clivants, pas trop étranges pour être "accessibles".»

Quant au coût du spectacle vivant public, est-il si élevé ? «Il revient à 14,60 euros par an et par habitant : même pas le prix d’un plat du jour à Avignon ! lâche Joris MATHIEU, coprésident du Syndeac. Avec ces 14,60 euros, on finance 230 000 représentations par an que voient 9 millions de spectateurs, 38 centres dramatiques nationaux et 78 scènes nationales sans parler des centres chorégraphiques…» «On ne parle que de ça» donc. Parmi les professionnels en tout cas. Car tout l’enjeu est de mobiliser les spectateurs. Savent-ils que, ces dernières années, les saisons ont été resserrées, commençant début octobre et finissant souvent dès mai, pour limiter le nombre de levers de rideau et les coûts de fonctionnement ?

La pétition «Culture partout, 1 % obligatoire», lancée début juillet par le Syndeac, et réclamant que l’État consacre 1 % de son budget à la culture − contre 0,7 % aujourd’hui −, a recueilli plus de 28 000 signatures en deux semaines. Mais quel est son poids face au rouleau compresseur du populisme et de l’accusation en élitisme ? Car même auprès de certains signataires de la tribune, une petite musique gagne du terrain et l’un d’eux précise que, s’il rallie le mouvement, ce n’est sûrement «pas pour financer des œuvres de cinq heures ou autre marathons qui ne peuvent pas intéresser les publics populaires».

Lors de la manifestation intersyndicale du 13 juillet, au départ du palais des papes, combien de spectateurs en vadrouille dans les rues ont rejoint spontanément le cortège quand il s’est mis en marche ? Combien l’ont pris pour une parade comme une autre ? A Avignon persiste toujours ce risque, ironie ou paradoxe, que la lutte soit diluée dans le spectacle généralisé.

Et ce n’est pas fini...

 

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« La Macronie déteste l’inspection du travail »

20 Juillet 2026, 11:09am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 17 juillet 2026

Les agents se sont réunis, ce jeudi, pour protester contre la non-titularisation de six inspecteurs stagiaires, ainsi que pour soutenir deux collègues syndicalistes confrontés à une procédure disciplinaire.

Un peu plus d’une centaine de personnes, inspecteurs du travail, stagiaires et soutiens politiques, étaient rassemblées ce jeudi matin devant la direction des ressources humaines des ministères sociaux, dans le 15earrondissement de Paris. À l’intérieur du bâtiment, une commission administrative paritaire (CAP) étudie l’avenir de six stagiaires de la promotion 2025 de l’Institut national du travail, de l’emploi et de la formation professionnelle (INTEFP).

Cette CAP, pourtant, n’était à l’origine pas prévue pour statuer sur l’avenir de ces stagiaires. « Initialement, il s’agissait d’une procédure disciplinaire pour envisager des sanctions à l’encontre de deux de nos collègues en Isère », explique Cécile CLAMME, secrétaire générale de la CGT Travail, emploi, formation professionnelle (TEFP), également inspectrice du travail. La procédure les concernant a été renvoyée à septembre, les deux intéressés ayant demandé un report car ils ne pouvaient pas être présents. « On reproche à ces deux inspecteurs, pour résumer, de ne pas rentrer dans le rang »,poursuit Cécile CLAMME.« Ils sont très investis dans leur mission de défense des travailleuses et des travailleurs, mais sont aussi représentants syndicaux, donc ils défendent les conditions de travail de leurs collègues, et ont dénoncé sans relâche la situation dans l’Isère. »

Car il y a un point commun entre l’affaire des deux inspecteurs du travail menacés de sanctions, et la révocation des six stagiaires : quatre d’entre eux sont syndicalistes, tout comme Pierre et Benoît, les deux inspecteurs. Pour cette raison, les syndicats et les soutiens politiques dénoncent une répression syndicale à peine dissimulée. Sur les six dossiers, quatre avaient reçu un avis « très favorable » de leur service d’affectation. Pour Cécile CLAMME,« c’est un très mauvais signal envoyé par le ministère. Deux syndicalistes mis sur la sellette, et trois stagiaires syndicalistes aux avis très favorables menacés de révocation, soit c’est une très grosse coïncidence, soit c’est clairement de la discrimination ».

D’autant que pour deux des stagiaires, le jury se serait appuyé sur un rapport du directeur de l’INTEFP mentionnant leur action syndicale durant le tronc commun. Marc (le prénom a été changé) est l’un des deux élèves concernés : « J’ai des avis favorables de mon maître de stage, de ma direction d’affectation et de ma référente pédagogique, c’est-à-dire de l’agent de l’INTEFP, mon école. » Seule ombre au tableau, une note de l’ancien directeur, qui l’accuse d’avoir participé à une action syndicale, puis d’avoir refusé de se présenter à une convocation, où il garantit pourtant s’être rendu avant que l’entretien soit annulé en raison du rassemblement de soutien organisé par ses camarades. « Je vois ça évidemment comme de la répression syndicale, puisque le reste de mon dossier est excellent et que ce n’est que sur cette base que je suis aujourd’hui en commission administrative. Il y a une volonté de faire un exemple, de m’écarter et de faire comprendre aux inspecteurs qu’il vaut mieux se tenir tranquille, autant en formation que dans les services, comme le démontre le cas de nos deux collègues de l’Isère. »

Au-delà de leurs cas personnels, les inspecteurs et futurs inspecteurs s’alarment des conséquences de leur révocation sur un service déjà largement en tension, comme le pointait un rapport du cabinet Aptéis paru en juin, qui révèle de graves risques psychosociaux chez les agents de l’inspection du travail. « Six inspecteurs du travail en moins, ce sont six secteurs qui restent vacants pendant au moins un an, dénonce Cécile CLAMME. On était 2 400 en 2014. Aujourd’hui, nous ne sommes que 1800, et on a impérativement besoin de l’arrivée de collègues dans les services. » Pour Anthony SMITH, député européen GUE/NGL et également inspecteur du travail, le gouvernement mène une« bataille idéologique ». « La Macronie, comme le capital, déteste l’inspection du travail, et des agents se font sanctionner notamment pour faits syndicaux. Le ministre du Travail nous parle sans cesse de contrôles pendant la canicule, mais comment faire avec 1 800 agents pour 20 millions de salariés et 2 millions d’entreprises assujetties ? »

À l’issue des délibérations, quatre des élèves se sont vus affectés à une prolongation de stage de quatre mois, avant nouvel avis du jury. Un stagiaire a été titularisé, et un autre ne sera finalement pas intégré à l’inspection du travail.

Et ce n’est pas fini...

 

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