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Le blog de Bernard SARLANDIE
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La santé n’est pas un marché , le seul profit légitime est celui du service médical rendu

15 Octobre 2026, 16:45pm

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Publié par Bernardoc

In Le Monde du 14 octobre 2026

A la Libération, la promesse du programme d’action « Les Jours heureux » du Conseil national de la Résistance semblait possible. Il s’accompagna, dès 1945, de la création de la Sécurité sociale, d’un programme de reconstruction des hôpitaux, de recherche médicale, de grandes campagnes de vaccination et de bien d’autres dispositions.

Possible, mais précaire, car le système de santé qui était au cœur de ce programme reposa d’emblée sur des équilibres mal établis entre secteurs privé et public, hôpital et ville, soins et prévention, et, surtout, entre dépenses et recettes. Les « trente glorieuses » permirent au système de santé de fonctionner.

Puis vinrent, à compter des années 1970, plus d’un demi-siècle de crises économiques, financières, démographiques – baisse de la natalité et vieillissement de la population – tant pour le système de santé que pour les politiques publiques en général. Le tout s’est progressivement transformé en crise politique majeure, telle que nous la connaissons aujourd’hui.

Pour maintenir le système, au gré d’une évolution scientifique et technologique fulgurante et coûteuse, les cinquante dernières années furent donc celles de la pose, à chaque budget, de nouvelles rustines sur la coque du navire. A ce rythme, vient un moment où les rustines cèdent et où à la lente dérive succède le risque de naufrage. Nous en sommes là.

Que voulons-nous aujourd’hui ? L’accès de tous à des soins de qualité, partout. Il faut d’abord se donner des objectifs et, par gros temps, tenir le cap : le juste soin, au bon moment, au bon endroit, au meilleur de ce que la science indique et sans injustice. Pour y parvenir, il est nécessaire de mettre en œuvre cet adage [inspiré des mots de Louis Blanc (1811-1882), qui fut journaliste et député de la IIIe République] : « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins. »

Le pouvons-nous ? Oui, car les moyens financiers nécessaires ne sont pas qu’une question de dépenses. C’est aussi une question de recettes démocratiquement décidées en vue d’être redistribuées. La santé n’est pas un marché, le seul profit légitime est celui du service médical rendu. Nous le pouvons à la condition d’une rupture radicale avec un monde à bout de souffle que ­dominent quatre immenses problèmes liés les uns aux autres.

La ruine du système de santé a été provoquée par l’introduction dans son fonctionnement d’un capitalisme ultralibéral à la recherche de toujours plus de profits par l’expansion continue de ses marchés. Depuis le XIXe siècle, la marchandisation de la santé a touché presque tous les segments du système. Certains secteurs ont été délaissés : ceux qui se prêtent mal à la production normalisée (et donc à une fixation aisée des tarifs) et ceux qui ne rapportent pas à court terme. Ainsi s’explique le délaissement progressif de l’examen clinique et de l’attention accordée au patient, la faiblesse de la prévention et, en contrepartie (largement pour rassurer le malade), la surprescription d’examens biologiques, d’imageries médicales et de médicaments. Il faut empêcher le marché d’envahir plus longtemps le monde de la santé. C’est une question de choix.

Cette lutte passe aussi par un renforcement considérable de la recherche. Lutter, c’est aussi réindustrialiser, produire ici la technique et les médicaments dont la santé a besoin. Produire plus ici a aussi pour effet d’augmenter mécaniquement la masse des cotisations et permettre, sans déficits, de financer plus facilement le système que nous voulons. Politiquement, c’est un libre projet de bien-être collectif, démocratiquement discuté et choisi, puis adapté en temps réel.

La relation humaine entre soignants et soignés s’est dégradée. Les raisons en sont plurielles, au premier rang desquelles l’injonction institutionnelle de production d’actes médicaux tarifés. Les écrans et la technique ont pris place à la table du colloque singulier. Ils absorbent parfois entièrement le médecin, qui ne regarde plus guère le patient. Les patients s’en plaignent de plus en plus. Les médecins le regrettent et éprouvent une crise de sens de leur métier. Cette dérive est d’autant plus profonde que, fondée sur le recours à la technique, elle a créé un marché du matériel médical créant des dépendances, car il est plus facile d’attribuer des tarifs à des choses techniques qu’à la qualité d’une relation humaine entre deux êtres. La technique est un puissant facteur de concentration de l’offre de santé, devenue nécessairement une recherche de profits, et qui explique largement la formation des déserts médicaux.

Il faut accepter que la santé soit un élément de notre écosystème dans toutes ses dimensions. Les grandes questions sociétales doivent être prises à bras-le-corps pour espérer une prévention efficace, comme le tabac l’est pour le cancer du poumon : changement climatique, polluants, qualité de la nourriture, conditions socio-économiques défavorables sont autant d’éléments potentiellement pathogènes qui entraînent d’ores et déjà nombre de morts et de malades.

Enfin, le dernier défi majeur est l’intelligence artificielle (IA). Ce qui pose problème n’est pas l’IA en soi, mais la capture de ce qui est un progrès scientifique et technique par les marchés financiers. Dans le domaine de la santé, l’IA doit être un bien commun, accessible à tous et scientifiquement validé, si nous voulons bénéficier de ses bienfaits comme nous le faisons encore des travaux de Thalès, Pythagore et Euclide, qui ont tant contribué à l’égalité humaine et à la démocratie par leur accès universel.

Pour chacun de ces quatre points centraux, il faudra mettre en œuvre une transformation profonde de notre système de santé. Sa cible devra être la pertinence des soins. Un seul principe d’action sera nécessaire : affirmer que la santé n’est pas un marché, en tirer toutes les conséquences pour son financement et accepter d’en discuter, ensemble, tous les enjeux.

Et ce n’est pas fini...

 

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Braquage en cours.

14 Octobre 2026, 11:12am

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Publié par Bernardoc

Après avoir regardé des tutos sur Internet, Armand THALLEAU, est convaincu qu’il est prêt pour le casse du siècle. Déguisé en livreur de pizza, il fait irruption dans une banque pour son premier braquage.

Mais rien ne se passe comme prévu : entre une banquière survoltée difficile à intimider et une cliente beaucoup trop curieuse, le plan parfait tourne rapidement à la catastrophe.

Mensonges, quiproquos, retournements de situation et maladresses en série : le plus grand danger pour un braqueur ce n’est pas la police... mais l’incompétence !

Des numéros d’acteurs qui ont essayé de sauver une histoire capillotractée. Heureusement qu’ils étaient bons !

Et ce n’est pas fini...

 

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De Montsouris à Denfert-Rochereau.

13 Octobre 2026, 08:53am

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Publié par Bernardoc

Après une journée syndicale et en attendant le théâtre, ce fut mon « itinéraire de charme » du jour. Belle découverte : je n’avais jamais vu la Cité Universitaire, point de départ de la balade, ni le parc Montsouris.

Achevé en 1878, le parc Montsouris devait être, au sud de la capitale, le pendant des Buttes Chaumont au nord, du bois de Vincennes à l’est et du bois de Boulogne à l’ouest. Il m’est apparu comme familial et très fréquenté. Tout près de l’entrée se dresse une statue, don des Hellènes de Paris.

En quittant le parc et en le longeant, j’ai découvert de petites rues bordées de maisons fleuries : on a peine à imaginer qu’on est bel et bien à Paris.

De l’avenue Reille, surplombée par un pavillon qui coiffe les réservoirs d’eau, je me dirige vers la rue de la Tombe-Issoire, que je traverse jusqu’à la rue Marie-Rose pour visiter la chapelle du couvent St François, inauguré en 1936.

Après cette visite assez surprenante (l’église est au 1er étage), direction Denfert-Rochereau depuis la rue Bezout.

Je pense que je reviendrai au printemps et passerais plus de temps au Parc Montsouris.

Et ce n’est pas fini...

De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
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De Montsouris à Denfert-Rochereau.
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De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
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De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.
De Montsouris à Denfert-Rochereau.

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Et n’oubliez pas la pièce.

12 Octobre 2026, 17:46pm

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Publié par Bernardoc

Ce 19 décembre 1978, la foule se presse au ciné-club et les ouvreuses Marie-Jo et Anita se démènent pour installer le public. Alors que la séance commence, un incident inattendu va bouleverser la soirée et nos placeuses vont devoir improviser pour faire patienter les spectateurs.

En coulisses, Amédée le projectionniste et Barnabé, le jeune ouvreur novice, tentent de sauver la soirée.

Accidents et péripéties vont alors s'enchaîner durant cette veillée inédite, propice aux confidences, aux petites chansons et aux folies que seule une nuit blanche sait provoquer.

Et si cette soirée unique était, pour nos ouvreuses, l'occasion de passer de l'ombre à la lumière ?

Un sujet original, une mise en scène qui ne l’est pas moins, la participation du public est requise et des acteurs au top. L’une d’entre elles me faisait penser à Sophie BINET !

Et ce n’est pas fini...

 

 

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Encore un samedi festif.

11 Octobre 2026, 14:57pm

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Publié par Bernardoc

 

Cela a commencé à 15 heures à La Source (dont j’avais participé à la pose de la première pierre il y a 20 ans) par une fresque sur la bio-diversité. Je ne savais pas à quoi m’attendre, et je doutais puisque mes capacités scripturales ne sont pas mon trait dominant. C’était la première fois que je participais à une « fresque ». En fait, on ne nous demande pas de dessiner, mais d’ordonner plusieurs séries de cartes de façon logique, après discussion entre les huit participants. Nous avons abouti à un résultat au bout de 2h30, moment choisi par le correspondant de Sud ouest pour venir immortaliser le résultat et les participants.

Après retour à la maison et préparation pour la soirée espagnole du Haillan mouve, annulée au mois de juin pour cause de canicule. Malgré la concurrence de la fête pour les 15 ans de l’Amap et le spectacle d’Air & Co à L’Entrepôt, ce fut un beau succès et les retours sont très positifs.

Après le verre de sangria offert, nous pûmes nous régaler d’une tortilla accompagnée de salade avant une succulente paëlla qui précéda un original dessert glace/tranches d’orange.

Mais comme d’habitude il y avait des attractions typiques : un chanteur (meilleur musicien que chanteur selon moi) et des démonstrations de sévillanes proposées par l’association Léognan-Peralta, avec des danseuses dans des robes magnifiques.

Nora, la présidente, avait des sanglots dans la voix, tant elle était émue au moment des remerciements.

Et ce n’est pas fini...

Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.
Encore un samedi festif.

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Concert symphonie philantropique.

10 Octobre 2026, 14:21pm

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Publié par Bernardoc

Philantropie : amour de l’humanité ; désintéressement.

Hier soir nous sommes allés assister à un concert à l’Espace Culturel Treulon à Bruges, un lieu que nous avons découvert et qui programme Les Goguettes à peu près au même moment où auraient dû se dérouler Les Cogitations du Haillan (si la nouvelle municipalité avait un tant soit peu le sens de l’humour!).

Nous avons commencé par un moment de restauration suivi d’une démonstration chorale de l’école de musique.

Le maire s’adressa ensuite aux quelques cinq cents personnes venues soutenir l’Hôpital suburbain du Bouscat ainsi que le responsable de l’association organisatrice et un médecin hospitalier.

Le grand orchestre symphonique Molto Assaï, avec une cinquantaine de musiciens, nous a enchantés avec une épopée musicale allant de Ludwig van BEETHOVEN jusqu’à John BARRY (Danse avec les loups) en passant par Berlioz, Emmanuel CHABRIER et Ennio MORRICONE. La virtuosité des musiciens était époustouflante et le chef s’adressait aussi bien à l’orchestre qu’aux spectateurs, mais pas de la même façon.

Très belle soirée donc, même s’il est déplorable que l’hôpital en soit réduit à ces démonstrations de charité alors que l’armée croule sous les crédits destinés à emmener nos enfants et petits-enfants à la guerre. « Monsieur le président », lui, n’ira pas bien sûr !

Et ce n’est pas fini...

 

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Au coeur du faubourg St Antoine

9 Octobre 2026, 14:37pm

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Publié par Bernardoc

 

Une grande boucle autour du métro Ledru-Rollin.

 Lorsque je débarque, les CRS sont déjà à l'intérieur du métro, mais sans violence apparente. Cette promenade va me permettre de découvrir les petites impasses et ruelles qui constituent l'un des charmes de ce quartier à la tradition artisanale fortement ancrée.

Mes déambulations me conduiront de la rue de Charonne à l'avenue Ledru-Rollin, puis du passage de la Bonne-Graine à la rue Trousseau, de la rue Faidherbe à la rue Jules VALLES (Vive la Commune !) ; un petit tour de l'église Ste Marguerite pour revenir par la rue St Bernard jusqu'à la rue du Faubourg St Antoine.

 Ce fut vraiment "un itinéraire de charme" sous un beau soleil automnal.

Et ce n'est pas fini...

Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
Au coeur du faubourg St Antoine
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Les lycéens toujours mobilisés

8 Octobre 2026, 16:04pm

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Publié par Bernardoc

 

Et comme lors des précédentes manifestations, soutenus et protégés par les adultes, enseignants ou non, mais avec les signes distinctifs de leur organisation syndicale. J'y ai vu la CGT : Educ'action, interpro, retraités, la CFDT, la FSU, SUD, la CNT.

 J'ai fait un bout de chemin avec eux en remarquant combien leurs rangs étaient compacts, avec un grand nombre de filles.

 Apparemment la prochaine manif aura lieu mardi prochain, mais que vont-ils faire jusque là ? rebloquer les bahuts ? Laissons les faire, ils ont l'air d'être mieux organisés que les gilets jaunes en leur temps.

Et ce n'est pas fini...

Les lycéens toujours mobilisésLes lycéens toujours mobilisés
Les lycéens toujours mobilisésLes lycéens toujours mobilisés

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Bonheur radiophonique

4 Octobre 2026, 11:45am

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Publié par Bernardoc

« Banlieusarde qui cause dans le poste » : c’est ainsi qu’elle se.présente sur son profil FB. Et c’est qu’elle cause bien Nora HAMADI !

Après avoir rédigé une excellente revue de presse sur France inter pendant seulement un an, elle est en charge d’une émission sociétale « Dans la place » où son regard éclaire les situations qu’elle a choisi de nous faire découvrir.

Mais ce billet est motivé par le débat qu’elle a eu ce matin avec Raphaël DOAN, jeune énarque concernant les mobilisations lycéennes. Constatation agréable, les deux interlocuteurs s’écoutaient sans se couper la parole ; donc chacun pouvait faire état de ses arguments. Comme je suis partial, j’ai surtout écouté ceux de Nora. Fort bien documentés, ils rendaient compte de tous les griefs mis en avant par les lycéens, qui ne sont qu’une demande de davantage de justice sociale et d’égalité dans les conditions d’apprentissage.

Mais à travers l’exposition de ces doléances, transparaissait la sensibilité et la profonde humanité bienveillante de cette journaliste, toujours à l’écoute du monde et pour la transcription qu’elle en fait pour les auditeurs.

Vraiment une grande voix de France inter.

Et ce n’est pas fini...

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La fièvre jeune s’étend, le gouvernement matraque

3 Octobre 2026, 22:35pm

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Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 2 octobre 2026 (extraits)

Pouvait-il vraiment en être autrement ? Ce jeudi 1er octobre, selon les remontées syndicales et policières, environ 900 actions ont secoué les lycées du pays, dont 169 étaient bloqués. Un mouvement qui s’étend même aux universités, avec près d’un quart des facs concernées par les protestations, d’après l’Union étudiante qui salue« une mobilisation historique ».

Dans la France entière, autour des poubelles renversées, des barrières empilées, et lors des différentes prises de parole enfiévrées, cette même colère provenant de ­lycéens harassés du sort qui leur est réservé. Celui d’étudier dans des établissements abandonnés, souvent au bord de l’effondrement (au sens propre du terme), jusqu’à être désertés par des professeurs impossibles à remplacer. À en croire un rapport sénatorial sur la question, près de 90 % des absences de courte durée ne sont pas remplacées au collège et au lycée. Ce qui équivaut à 10,8 millions d’heures non assurées.

« On nous avait vendu l’école comme un lieu d’émancipation sociale, on pensait que les études nous offriraient une clé de sortie vers un avenir meilleur, mais nous n’avons que des toits qui s’écroulent sur nos têtes et des professeurs absents », se désole Ryad RANI, président de l’Union syndicale lycéenne (USL).

D’après une étude du Réseau Éducation sans frontières (RESF), près de 20 % des lieux d’études souffriraient même de problèmes de sécurité liés à des bâtiments en mauvais état : murs fissurés, planchers défectueux, sanitaires dégradés.

Ces derniers mois, plusieurs lycées ont d’ailleurs fait parler d’eux en raison des risques qu’ils font courir aux élèves comme au personnel. Au mois de mai, à Vesoul (Haute-Saône), le lycée des Haberges a dû être fermé en urgence pour une « durée indéterminée » après la découverte de fissures sur la structure porteuse. Un mois plus tard, c’était au lycée Maximilien-Perret d’Alfortville (Val-de-Marne) d’inquiéter les autorités par ses infiltrations. Et ce mercredi, sous des pluies diluviennes, l’effondrement du plafond de la cantine du lycée Jean-Jaurès de Saint-Clément-de-Rivière (Hérault) a bien failli blesser des élèves attablés. Une liste non exhaustive.

Au lycée Paul-Éluard de Saint-Denis, parmi les premiers établissements à se mobiliser, les murs tiennent toujours, mais les lycéens rapportent la présence de rats, un gymnase « en décomposition » et des toilettes cassées. « En été, on étouffe. Et en hiver, on meurt de froid, complète un élève rencontré sur place. Du moins lorsqu’on a de la place : nous sommes une trentaine d’élèves pour vingt chaises. » À Gardanne, dans les Bouches-du-Rhône, Chloé BARBEY, lycéenne et conseillère nationale au Mouvement des jeunes communistes de France, témoigne même d’une cantine « trop petite pour accueillir tout le monde pendant la pause repas », obligeant certains à rater des cours s’ils veulent prendre le temps de se nourrir.

Un sursaut est nécessaire, mais peut-on vraiment l’espérer ? À la veille de l’examen du projet de loi de finances 2027, le gouvernement a annoncé une augmentation de 1,1 milliard d’euros du budget de l’éducation nationale. Une somme « en dessous des besoins réels des écoles », déplore Aurélie GAGNIER, secrétaire générale du SNUipp-FSU, pour qui « la dégradation de l’école va se poursuivre ». D’autant plus qu’un gel immédiat de 40 millions de crédits destinés à rénover les bâtiments scolaires a aussi été annoncé cet été.

Dans les rassemblements de lycéens, une autre annonce budgétaire occupe les esprits, en particulier les élèves de terminale qui pensent déjà à leurs études supérieures. Pour faire de nouvelles économies, le gouvernement prévoit de faire payer aux non-boursiers 178 euros de droits annuels en BTS et 270 euros en classes préparatoires aux grandes écoles. Mais aussi de geler les aides au logement (APL) une année de plus. Cela alors que, selon une étude de l’Unef, le coût de la vie étudiante a augmenté de plus de 35 % depuis 2017. « J’ai envie de demander : “Est-ce que monsieur Lecornu est un pyromane ?” » s’interroge Sophie BINET, secrétaire générale de la CGT, décrivant ces mesures comme autant de « provocations supplémentaires ».

L’exécutif ne met pas seulement le feu aux poudres par ses annonces budgétaires, il le fait aussi par sa politique répressive. Ce seul mercredi, 625 personnes ont été interpellées. Elles s’ajoutent aux 440 de la veille. Depuis le début des blocus, 119 élèves et membres du personnel ont été blessés par les assauts des agents de police. À Rouen, un élève a été éborgné par un tir de LBD, rapporte le SNL. À Argenteuil (Val-d’Oise), un lycéen de 16 ans est à l’hôpital après un tir de même nature ayant touché son œil. À Rennes, au lycée Descartes, une chaîne de parents mobilisés pour protéger les élèves a été chargée par un cordon de CRS matraques en avant. Même chose à Orléans où un élu municipal communiste venu soutenir les lycéens et reconnaissable à son écharpe, Jonathan BRUNEAU, a été violenté et insulté par les agents de police mobilisés.

Trois enquêtes ont été ouvertes par l’IGPN, la police des polices. La première concerne un tir de LBD dans les jambes d’une représentante de parents d’élèves à Sevran (Seine-Saint-Denis), la deuxième pour un tir au visage d’un élève lui ayant cassé des dents survenu à Saint-Ouen-l’Aumône (Val-d’Oise). Et une dernière à Tours (Indre-et-Loire) pour un tir de même nature sur un autre lycéen. Sur une vidéo, on voit ce dernier à terre penché sur une flaque de sang. « Conformément à mes instructions, les forces de sécurité intérieure sont intervenues et ont procédé à de nombreuses interpellations partout où des exactions étaient commises », a assumé Laurent NUNEZ dans un télégramme adressé aux préfets, dans un exercice d’inversion de la charge accusatoire, tout en précisant que « l’usage proportionné de la force ne doit jamais inhiber l’action pour rétablir l’ordre ».

Devant le lycée Jules-Fil de Carcassonne, Julie s’inquiète : « On a plus peur des policiers que des débordements. Par leur violence, ils essaient de nous dissuader de venir manifester. » Selon elle, les plus violents n’hésiteraient pas à« éteindre leur caméra piéton avant d’agir ».

Plutôt que de dénoncer les violences policières, et pour mieux éviter de se justifier sur ses responsabilités dans ce ras-le-bol exprimé, le gouvernement préfère allumer des contre-feux. En particulier en stigmatisant des élèves prétendument violents. En première ligne, Édouard GEFFRAY, huitième ministre de l’Éducation nationale sous Emmanuel Macron, dénonce : « Un lycée incendié, des personnels aspergés d’essence, un bilan de blessés qui s’alourdit : les violences commises depuis ce matin aux abords des lycées sont d’une extrême gravité. Elles dépassent largement la seule question de l’école. Aucune revendication ne peut justifier de tels actes. »

Matignon n’est pas en reste, pointant « LFI et ses proxys de l’ultragauche » comme étant « à l’origine »d’un mouvement qui, selon Sébastien LECORNU, a basculé vers des« violences urbaines ». « Un constat partagé par les services de renseignement sur l’origine du mouvement », selon le chef du gouvernement qui a donné comme consigne à ses ministres d’éviter les déplacements. « J’appelle le gouvernement à ne pas sombrer dans le complotisme et dans l’infantilisation des lycéens », lui a rétorqué Manuel BOMPARD, coordinateur national de LFI. Dans les pas du premier ministre, Bruno RETAILLEAU, président de LR, qui est même allé jusqu’à demander l’interdiction du mouvement de Jean-Luc MELENCHON, accusé d’encourager la violence. Il n’est pire aveugle que celui qui ne veut pas voir. On l’apprend désormais dès le lycée.

Et ce n’est pas fini...

 

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