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Le blog de Bernard SARLANDIE

Procès de l'accident du Burdigala II à Bordeaux

11 Décembre 2025, 17:34pm

Publié par Bernardoc

Ici Gironde

Le 19 août 2019, le bateau de croisière le Burdigala II heurtait une pile du pont Chaban-Delmas à Bordeaux, blessant plusieurs dizaines de passagers à bord. "Le capitaine avait autant d’aptitude à naviguer qu’à piloter une navette spatiale", déclare l’avocat d’une partie civile.

A l’image de la croisière ce jour-là sur la Garonne, la première demi-journée d’audience n’a pas été un long fleuve tranquille. Ce jeudi 11 décembre s’est ouvert le procès de l’accident du Burdigala II devant le tribunal correctionnel de Bordeaux. Il y a six ans, ce navire percutait une pile du pont Chaban-Delmas, occasionnant de nombreux blessés parmi les 97 passagers. Le capitaine Denis LARROSE comparaît jusqu’à vendredi pour blessures involontaires et manquement délibéré à une obligation de prudence et de sécurité. Le prévenu, sexagénaire aujourd’hui, aurait pris les commandes du bateau sans en avoir les capacités.

Ce 19 août 2019, les passagers du Burdigala II embarquent "sous le soleil" pour une croisière de deux heures sur la Garonne. L’immense majorité d’entre eux est alors conviée par un ami, Bernard SARLANDIE qui célèbre son 70e anniversaire. "Ça devait être la croisière s’amuse", raconte ce Girondin né en Dordogne. Le champagne est servi et l'orgue de Barbarie tourne déjà.

Mais, quelques minutes seulement après avoir largué les amarres, le navire heurte une pile "babord" du pont Chaban-Delmas. "Ça a tapé", se souvient sobrement le capitaine. Les passagers eux craignent alors le pire surtout que le bateau percute ensuite le quai de Brazza. "Le choc a été violent, beaucoup de personnes sont tombés sur le pont", déclare M. Sarlandie. Son épouse est projetée au sol, blessée, "elle souffre d’une double fracture du bassin."

"Votre licence de patron-pilote n’était plus à jour depuis 1997", relève le président du tribunal à l’adresse du capitaine. "Il n’a pas de certificat de capacité de navigation", ajoutent les avocats des parties civiles. "Le prévenu a eu quatre heures de formation sur ce navire" pour apprendre "la marche avant et la marche arrière".

Les inscriptions dans la timonerie, là où se trouvent les instruments de navigation, n’étaient pas en français. "Les manuels, le mode d’emploi du bateau était en hollandais. Mais est-ce vous parlez le hollandais", demande le président au capitaine. "Non", répond ce dernier. Abasourdie, l'une des passagères bordelaises préfère se gausser : "On le surnomme Vasco de Gama", du nom du célèbre navigateur ayant découvert les Indes orientales.

Sur une photo projetée dans la salle d’audience apparaît la console des commandes du bateau, le capitaine n’est pas en mesure de désigner du doigt où se trouve le bouton d’arrêt d’urgence des moteurs. "Le problème, c’est qu’il ne le sait toujours pas, six ans après", remarque une ancienne passagère. Au moment du choc, aucun signal d'alerte n'est activé par l'équipage. C'est un passager qui conseille aux autres de se mettre en position de sécurité.

"Ce qui choque, c’est qu’il n’a pas conscience d’avoir mis en danger des dizaines de personnes, dont des enfants", s’insurge l’un des avocats des parties civiles. "Effectivement, je n’avais pas compté les gilets de sauvetage", reconnaît Denis LARROSE entraînant un murmure de consternation dans la salle d’audience. A propos de l’absence de certificats de navigation, "mes papiers ont brûlé", indique le capitaine. "Si vous perdez votre permis de conduire, ce n'est pas pour cela que vous ne savez plus conduire", estiment ses avocates avant de plaider la relaxe.

"Un bateau, c'est un bateau", affirme Denis LARROSE qui parle d’un "bug informatique". Pourtant, aucun problème n’avait été constaté lors des inspections réalisées par une société spécialisée. "Je regrette cet accident, aucun capitaine ne le souhaite, j’ai fait tout ce que j’ai pu", insiste le prévenu sans convaincre les victimes. "Vous ne conduisez quand même pas des avions aussi", ironise un avocat des parties civiles. "Vous n'êtes pas plus capitaine que moi je suis archevêque".

Et ce n’est pas fini...

 

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À contre-courant de l’austérité généralisée, le gouvernement veut faire exploser le budget des armées

10 Décembre 2025, 16:12pm

Publié par Bernardoc

In L’Humatinale du 10 décembre 2025

Le gouvernement organise ce mercredi 10 décembre un débat à l’Assemblée sur la défense nationale, après une multiplication des discours martiaux. Dans un contexte d’austérité, l’enveloppe consacrée aux armées est l’une des seules à augmenter.

Les moyens alloués au ministère des Armées connaissent en France une montée en puissance vertigineuse. De 47 milliards d’euros en 2024, ils devraient atteindre 68,9 milliards en 2030, soit une hausse de 47 %. Sur les six ans de la loi de programmation militaire (LPM) allant de 2024 à 2030, pas moins de 400 milliards d’euros devraient être dédiés au budget des armées.

Voir plus encore, puisque la LPM pourrait être actualisée en début d’année prochaine. Le projet de budget 2026 prévoit d’ailleurs une augmentation des fonds de défense de 6,7 milliards d’euros par rapport à 2025, soit 3,5 milliards de plus que ce qui était prévu dans l’actuelle LPM, déjà dépassée.

Si le projet de loi de finances venait à être adopté en l’état, les dépenses militaires seraient au final la seule ligne de crédit à augmenter (avec la contribution à l’Union européenne et les intérêts de la dette), alors que l’éducation et l’hôpital sont au régime sec…

Et ce n’est pas fini...

 

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Pour les 120 ans, encore un arbre !

9 Décembre 2025, 16:09pm

Publié par Bernardoc

A défaut de laïcité au Haillan, je me suis rendu en famille pour assister à la plantation symbolique d’un arbre de la laïcité sur l’esplanade Charles de Gaulle à Mériadeck, par la classe de CM2 de notre petit-fils. Presque en face du buste d’Aristides da Sousa Mendes et d’un autre monument à la France libre, cet arbre est un pas de plus vers la transformation de cette esplanade en lieu de mémoire.

Trois discours, celui du président des DDEN de la Gironde, celui du maire de Bordeaux et celui du DASEN furent suivis par l’expression des élèves dont les mots agrémentèrent ensuite les branches du pin maritime.

J’assistais à cette cérémonie de façon anonyme, mais j’aurais pu sortir ma casquette de Principal honoraire, celle de Président d’Honneur de l’AMOPA-Gironde, celle de trésorier de l’Ufal Bordeaux-Métropole, celle de militant d’une association qui « attache une importance fondamentale à la laïcité », sans oublier les PEP dont les locaux sont situés dans l’école Anatole France. Mais je n'y étais pas en tant que DDEN puisque, comme je pense trop mal, ma candidature a toujours été rejetée. Tout simplement nous y étions en famille, trois générations, et j’espère que cette expérience marquera Romain comme m’avait marqué le fait d’accompagner mon père dans les escaliers du quartier de la Goutte d’or à Paris pour recueillir des signatures contre la sinistre loi Debré à la fin des années ‘50.

Et ce n’est pas fini...

 

Pour les 120 ans, encore un arbre !
Pour les 120 ans, encore un arbre !
Pour les 120 ans, encore un arbre !
Pour les 120 ans, encore un arbre !
Pour les 120 ans, encore un arbre !
Pour les 120 ans, encore un arbre !
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Pour les 120 ans, encore un arbre !
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Pour les 120 ans, encore un arbre !
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Éducation nationale : la disette au programme

8 Décembre 2025, 11:40am

Publié par Bernardoc

In Libération du 5 décembre 2025

Loin de l’image exemplaire d’un portefeuille généreux, renforcé en faveur «de l’avenir» et de l’école inclusive qu’on essaie de lui coller, le budget de l’Éducation nationale n’échappe pas à la disette budgétaire. Comme chaque automne, la dramaturgie est maîtrisée : sur scène, on vante une hausse de 200 millions d’euros de l’enveloppe allouée à l’école par rapport à 2025, la création de 5 440 postes à l’Éducation nationale ou encore l’embauche de 1 200 accompagnants des élèves en situation de handicap (AESH) supplémentaires. Et on se garde bien de mentionner les coupes dans les effectifs de profs, le gel des aides pour les élèves les plus défavorisés et les réformes abandonnées en cours de route.

Concernant l’enseignement scolaire, le projet de loi de finances (PLF) pour 2026 prévoit un budget de 64,5 milliards d’euros, hors pensions. Soit, sur le papier, une hausse de 200 millions d’euros par rapport aux 64,3 milliards d’euros prévus pour 2025. Mais c’est un écran de fumée : rien que le «glissement vieillesse technicité», ce phénomène mécanique qui alourdit les dépenses du fait de l’ancienneté et des évolutions de carrière des fonctionnaires, induit une hausse des dépenses de personnel de 419 millions d’euros pour 2026.

Côté effectifs, on se targue de la création de 5 440 postes ETP (équivalent temps plein). En farfouillant dans les méandres budgétaires relatifs à l’enseignement scolaire, la réalité s’avère bien moins reluisante : dans les grilles chiffrées, on lit la suppression de 4 018 postes d’enseignants (2 373 dans le premier degré et 1 645 dans le second). «On nous fait croire à un effort alors qu’on joue avec les chiffres. On assiste à des jeux de dupes permanents par rapport au budget de l’Éducation nationale», dénonce Elisabeth Allain-Moreno, secrétaire générale du syndicat enseignant SE-Unsa.

«Il y a des suppressions de postes d’un côté, il y a des créations de postes de l’autre», s’était défendu le nouveau ministre de l’Éducation nationale, Édouard GEFFRAY, en octobre lors d’un déplacement dans une école élémentaire en Essonne. «D’un côté, ce sont des postes qui correspondent [...] à l’effondrement démographique, et de l’autre, il y a des créations de postes qui correspondent aux concours, qui seront nos futurs professeurs. […] Le solde des deux fait que le ministère de l’Éducation nationale continue à créer des emplois cette année.»

En effet, le solde positif de 5 440 ETP tient à la création de 7 938 postes de professeurs stagiaires dans le cadre de la réforme du recrutement et de la formation initiale des personnels enseignants. Pour tenter d’enrayer la pénurie de profs qui frappe de plein fouet l’Éducation nationale, le concours sera avancé à bac + 3 au lieu de bac + 5 actuellement. Résultat : pour laisser le temps aux étudiants déjà engagés dans le parcours de passer le concours à bac + 5, deux épreuves vont coexister pendant deux ans. «Donc oui, des emplois de stagiaires sont créés, mais ils sont liés à une période transitoire. Ces créations sont purement conjoncturelles et ne disent rien d’un investissement massif pour l’avenir», tonne Sophie VENETITAY, secrétaire générale du Snes-FSU.

Pour densifier les rangs clairsemés des accompagnants d’élèves en situation de handicap, 1 200 postes seront créés. Car ils manquent largement à l’appel : en septembre 2025, sur les 320 000 élèves en situation de handicap, près de 50 000 n’avaient pas d’accompagnant. Mais les créations de postes restent moins ambitieuses que par le passé : c’est presque moitié moins que l’année dernière (+ 2 000 ETP), et encore moins que 2024 (+ 3 000 ETP).

Pour justifier les coups de rabot dans les effectifs enseignants, le gouvernement s’appuie sur l’argument démographique. Entre 2024 et 2034, la France comptera 19 % d’écoliers en moins, anticipe l’Institut des politiques publiques (IPP), conséquence de l’effondrement de la natalité. Mais prendre cette évolution attendue pour sabrer dès à présent est un argument fallacieux, aux yeux de l’économiste de l’IPP Youssef SOUIDI : «Dans le premier degré, on est actuellement dans une période de stabilité, pas encore de baisse. Pareil dans le second degré, où on coupe alors que la baisse démographique ne s’y fait pas encore ressentir.»

Pour nombre d’économistes, la baisse du nombre d’enfants scolarisés représente surtout une opportunité en or de repenser notre système éducatif. «Soit on maintient un taux d’encadrement constant donc on baisse le nombre de professeurs. Soit on investit pour le futur et on maintient les effectifs enseignants pour diminuer le nombre d’enfants par classe, développe Youssef SOUIDI. C’est un levier efficace pour améliorer le niveau des élèves et l’attractivité du métier d’enseignant, qui pourront travailler dans de meilleures conditions.»

En douce, le PLF 2026 marque surtout un coup d’arrêt pour de nombreuses réformes annoncées par Emmanuel MACRON. Le pacte enseignant, dispositif phare porté par l’ancien ministre Pap NDIAYE en 2023 qui prévoit de rémunérer les profs volontaires qui mènent des missions supplémentaires, est à la diète : seulement 480 millions d’euros y sont consacrés pour l’année prochaine, loin des 900 millions annoncés chaque année à sa mise en place. «Deux ans plus tard, les crédits sont rabotés parce qu’il y a des choix budgétaires à faire. On est contre ce dispositif mais la logique laisse un goût amer : la rémunération des professeurs devient une variable d’ajustement quand il faut faire des économies», tacle Sophie VENETITAY.

Et le pacte est loin d’être le seul à se voir réduit comme peau de chagrin. Le Conseil national de la refondation Éducation, qui prévoyait depuis 2023 la mise en place de concertations locales pour faire émerger des initiatives autour de l’école, a pour sa part tout bonnement disparu du budget pour 2026. Tout juste évoque-t-on une dotation de «2,5 millions d’euros afin de couvrir les restes à payer» dans le premier degré. Comme annoncé en septembre par le Premier ministre, Sébastien LECORNU, le service national universel (SNU) est également enterré. Las face à tant de revirements, Bruno BOBKIEWICZ, secrétaire général du syndicat de direction SNPDEN, tonne : «On ne va pas pleurer la mort de ces dispositifs, mais c’est de l’argent et de l’énergie qu’on aurait pu mettre ailleurs. C’est terrible : on donne d’une main et on reprend de l’autre.»

Soumise à la même cure d’austérité, la part collective du pass culture, qui permet aux établissements scolaires de financer les activités artistiques et culturelles, est amputée de 10 millions d’euros et passe ainsi de 72 millions pour 2025 à 62 pour l’année prochaine. Enième sacrifice : les fonds sociaux collégiens et lycéens, ces précieux coups de pouces financiers pour les élèves les plus défavorisés qui ne peuvent faire face aux dépenses comme le transport, les fournitures scolaires ou la cantine, se voient rabotés de 1,34 million d’euros, portant l’enveloppe totale à plus de 47 millions. Si ce n’est pas la coupe la plus massive du budget, elle reste une preuve de plus d’une «école publique sacrifiée», comme le souligne Elisabeth Allain-Moreno : «Est-ce qu’on a abandonné nos élèves ? Est-ce qu’on a une autre vision de l’école ? Les moyens servent aujourd’hui une politique éducative conservatrice, à rebours des besoins réels de l’école.»

Et ce n’est pas fini...

 

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Quels étaient les prénoms les plus portés en France au Moyen Âge ?

7 Décembre 2025, 18:22pm

Publié par Bernardoc

Article de Marine CESTES

Quelle que soit la période historique, on observe des tendances qui déterminent la popularité de certains prénoms. Ceux-ci ne présentent pas forcément une signification ou un affect particuliers pour l’enfant. Ils possèdent avant tout une fonction pratique pour identifier les individus. Retour sur une liste des prénoms les plus courants au Moyen Âge.

Au cœur de la période médiévale, les prénoms n’ont pas un grand intérêt pour la population. Il peut être question de souligner l’appartenance à une communauté ou à une famille. On écarte toutefois une symbolique particulière, voire un rapprochement entre le caractère d’un individu et son patronyme. En France, au Moyen Âge, on distingue moins d’une dizaine de prénoms pour identifier près de la moitié de la population. De père en fils, les parents transmettent souvent leur propre patronyme. D’une ascendance aristocratique ou paysanne, le statut social des personnes importe aussi dans le choix des prénoms. À l’époque, l’état civil n’existe pas. Les naissances et les prénoms des enfants sont inscrits dans les registres paroissiaux.

Au Moyen Âge, la Bible constitue la principale source d’inspiration des prénoms. Pendant cette période, la popularité de Jean demeure incontestable. Il fait référence au saint et possède de nombreuses déclinaisons dans les langues européennes. À titre d’exemple, on peut évoquer Juan, Giovanni, John et Yoan. Il connaît une variante en prénom féminin avec Jeanne. La racine hébraïque de cette dernière, Yohanan, peut se traduire par « Dieu a fait grâce ». Parmi les autres prénoms courants, on retrouve Roland, en référence à la chanson éponyme.

La littérature arthurienne a joué un rôle important dans le choix des prénoms au Moyen Âge. D’après les chevaliers de la Table ronde du légendaire roi Arthur, Lancelot, Gauvain et Tristan sont très appréciés. Certaines grandes figures inspirent également l’admiration et expliquent la popularité de certains prénoms. C’est le cas d’Aliénor, en référence à Aliénor d’Aquitaine. Quant à celui de Mathilde, il possède une origine germanique et demeure très usité dans le nord de la France. En effet, la reine Mathilde était originaire des Flandres. Son étymologie évoque la force et la puissance au combat. On peut aussi s’attarder sur le prénom Clovis qui renvoie au souverain.

Qu’ils soient de nature masculine ou féminine, on retrouve d’autres prénoms populaires, au cours du Moyen Âge. Parmi ceux-ci figurent Baudouin, Edwin, Eudes, Gauthier et Guillaume en français. Les garçons pouvaient aussi s’appeler Philippe, Gervais ou René. Pour une petite fille, les parents appréciaient Emma, Constance et Adélaïde. À cela s’ajoutent Éléonore, Agnès, Marie et Isabelle. Ces prénoms, comme d’autres, pouvaient avoir un regain de popularité ou devenir plus rares selon la période.

Et ce n’est pas fini...

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Le Mexique pousse son salaire minimum toujours plus haut

6 Décembre 2025, 11:17am

Publié par Bernardoc

In Les Echos du 5 décembre 2025

Où l’on voit que la droite utilise toujours les mêmes arguments pour combattre le progrès social, quel que soit le continent.

L'annonce d'une nouvelle augmentation de 13 % du salaire minimum au Mexique confirme la politique sociale ambitieuse de la gauche.Elle a permis une réduction significative de la pauvreté, mais le recul de la productivité inquiète les milieux économiques.

Le Mexique est engagé dans une expérience socio-économique audacieuse. La présidente de gauche, Claudia SHEINBAUM, l'a annoncé ce mercredi : les Mexicains verront leur salaire minimum augmenter de 13 % en 2026. Il sera porté à 15 euros (315 pesos) par jour, soit 449 euros (9.582 pesos) par mois. Loin d'être une mesure isolée, la politique de revalorisation du salaire minimum est la pierre angulaire de l'agenda social du gouvernement mexicain, qui a permis de tripler le salaire minimum journalier entre 2018 et 2025.

« Une correction historique nécessaire qui avait été trop longtemps reportée, pour le directeur de l'Institut mexicain des experts-comptables, Rolando Silva Briceño. Ces augmentations sont perçues comme radicales, mais en réalité, elles viennent combler des décennies de retard salarial accumulé. » Les revalorisations successives auraient permis, selon une analyse de la Commission nationale des salaires minimums, de sortir de la pauvreté 6,6 millions de personnes.

« Tout cela est fantastique dans un contexte de croissance », raille Sofia RAMIREZ, directrice de l'observatoire économique 'Mexico, como vamos ?'. Mais comme le souligne cette analyste, la productivité du Mexique stagne, et a même « régressé » pour revenir à ses niveaux de 2018.

Cette divergence croissante est la principale source d'inquiétude pour les économistes, qui la décrivent comme une course contre la montre. Pour Sofia RAMIREZ - classée en 2024 par « Forbes Mexico » parmi les économistes les plus influentes du pays -, le gouvernement raisonne « de façon purement arithmétique ». Elle rappelle que la productivité avait bondi pendant la pandémie parce que l'emploi informel s'était effondré. « Une productivité artificielle, dit-elle. On ne peut pas bâtir une politique durable sur une illusion statistique. »

Le risque le plus immédiat est le transfert des coûts salariaux accrus vers les prix à la consommation. Le secteur des services est particulièrement exposé : selon les prévisions de Banamex, il devrait subir des pressions inflationnistes persistantes.

Face à cette augmentation des coûts, les entreprises pourraient être poussées à ajuster leur modèle. Rolando SILVA évoque le risque d'une substitution technologique, où les employeurs investissent dans la robotisation pour remplacer la main-d'oeuvre. L'expert évoque également le risque d'un impact sur toute la grille salariale : « Pour maintenir les écarts de rémunération, les salaires des cadres doivent aussi être augmentés », alourdissant l'ensemble de la masse salariale.

Le marché du travail montre déjà des signes de tension. La création d'emplois formels stagne, tandis que l'économie informelle a gagné du terrain, augmentant récemment de près de 2 points, pour atteindre 56 % de la main-d'oeuvre. Ce sont les micro et petites entreprises, souvent moins productives, qui sont les plus affectées. Dans ces structures, le salaire minimum annuel pèse déjà plus de 70 % du salaire moyen. « Je ne doute pas que certains chefs d'entreprise soient contraints de réduire leurs effectifs, mais ce qui m'inquiète le plus, c'est que cette augmentation se transforme en un frein à la création d'emplois. Peut-être ne licencieront-ils personne, mais si quelqu'un part, ils n'embaucheront pas de remplaçant », prévoit encore Sofia RAMIREZ.

Malgré ces avertissements, le gouvernement mexicain affiche une détermination politique sans faille à poursuivre son programme social. Claudia SHEINBAUM a clairement indiqué qu'elle continuerait à miser sur des augmentations de salaire significatives. L'objectif affiché est d'atteindre une capacité d'achat de 2,5 « canastas basicas » (ou paniers de biens essentiels, un concept utilisé au Mexique pour mesurer le pouvoir d'achat) par mois, d'ici à 2030.

Et ce n’est pas fini...

 

 

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La laïcité ? On s’en fout !

5 Décembre 2025, 20:18pm

Publié par Bernardoc

Le samedi 9 décembre 1905 était publiée la loi de séparation des Églises et de l’État. Il y aura 120 ans mardi prochain. Ce principe constitutionnel, pilier de notre République avait déjà été envisagé lors de la Révolution (Condorcet) ; il avait été mis en œuvre par la Commune (Édouard VAILLANT), et repris par Jules FERRY.

Depuis 120 ans cette loi reconnaît la liberté absolue de conscience, c’est à dire le droit de croire ou de se fier à la Raison. Comme dirait Iannis RODER : « C’est une double émancipation : du politique débarrassé de toute tutelle d’un dogme religieux ; du religieux, libéré de tout asservissement au politique. »

La laïcité j’y suis tombé dedans tout petit quand j’accompagnais mon père, cuisinier, dans les escaliers de la Goutte d’Or à Paris pour faire signer la pétition contre la loi Debré. C’est pour cela que j’y attache une importance fondamentale.

Ayant fait toute ma carrière dans l’Éducation nationale, je pensais qu’un ciné-débat autour de ce thème pouvait intéresser les collègues, surtout que dans chaque école se trouve affichée au vu de tous la charte de la laïcité. C’est pour cela que j’avais donné l’information à l’ensemble des établissements scolaires de ma commune.

Nous nous sommes retrouvés à neuf dans L’Entrepôt, et je ne peux croire que les deux réunions électorales de droite qui se déroulaient en même temps aient absorbé tous les spectateurs potentiels de ce film vieux de vingt ans qui n’a pas pris une ride.

J’espère qu’il y aura plus de monde pour assister à la plantation d’un arbre de la laïcité mardi par l’école de mes petits-enfants, car c’est vraiment à l’école LAÏQUE que cette éducation peut se faire. Et n’oublions pas ce que disait Aristide BRIAND, le rapporteur de la loi : « La loi doit protéger la foi, aussi longtemps que la foi ne prétendra pas dire la loi. »

Et ce n’est pas fini...

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Ces restos qui fraudent le fisc à fond la caisse

4 Décembre 2025, 10:37am

Publié par Bernardoc

In Le Canard enchaîné du 3 novembre 2025

Bercy traque les logiciels qui font artificiellement baisser le chiffre d'affaires.

«NOUVELLE DESCENTE, hier soir, dans 10 établissements du XIe arrondissement », « 70 restaurants perquisitionnés en trois jours », « Ils vérifient les logiciels de caisse et la compta »... Depuis plus d'un mois, des boucles WhatsApp de restaurateurs se font l'écho de coups de filet opérés au sein d'un milieu pourtant réputé peu bavard.

Selon les éléments recueillis par « Le Canard », ces visites inopinées visent des brasseries parisiennes équipées d'un matériel de caisse installé par une petite boîte de l'Aude, Morel CHR. Employant un seul salarié et dépourvue de locaux, celle-ci verse à son actionnaire unique 500 000 euros de dividendes par an. Une bonne petite affaire ! Depuis deux ou trois ans, de plus en plus de restos ont recours à ses services. « C'est un secret de polichinelle dans le milieu : elle refourgue un système avec un logiciel de caisse bidouillé qui permet de faire du black », glisse un restaurateur.

Le logiciel en question a été développé par Phare Software, une microsociété de Marseille. Il est dans le collimateur du fisc depuis que deux restaurants normands se sont fait rattraper par la patrouille : grâce à une clé USB, ils pouvaient, en deux clics, supprimer des opérations et ainsi diminuer leur chiffre d'affaires déclaré. Contactées par le Volatile, les deux boîtes ne se sont pas manifestées en retour.

Depuis 2018, les restos doivent utiliser un logiciel de caisse - certifié par un organisme accrédité - qui mémorise et enregistre au fur et à mesure tous les paiements reçus. Mais il y a un trou dans la raquette : la certification n'est pas obligatoire. Pour être conciliant, Bercy a permis aux éditeurs de logiciels de s'autocertifier en rédigeant une simple attestation affirmant que leur système « correspond aux critères de la loi ». Censé représenter l'arme absolue contre la fraude, le logiciel de caisse est ainsi devenu l'outil magique des margoulins, et l'affaire n'a pas échappé à l'administration fiscale, qui multiplie les contrôles. En 2022, un distributeur de logiciels bidouillés et ses complices ont écopé de plus de 1,2 million d'euros d'amende. Une note plutôt salée.

En théorie, l'autoattestation - qui n'existe dans aucun autre pays d'Europe — vit sa dernière année. Magnanime, Bercy a laissé aux éditeurs concernés jusqu'au 1erseptembre 2026 pour se faire certifier. Rien ne presse : il ne s'agit que de mettre en vigueur une mesure décidée en... 2016.

Depuis des mois, cependant, les parlementaires sont la cible d'un lobbying forcené contre la fin programmée des autoattestations. Une flopée de petites boîtes affolées invoquent la sauvegarde de l'emploi. A l'Assemblée, en pleine discussion sur le budget 2026, un amendement rétablissant l'autoattestation a été adopté le 20 novembre par 128 voix (RN, EPR, ciottistes et Liot), 22 contre (Écologistes) et 52 abstentions (LFI, PS et Horizons).

Au Sénat, le même amendement a été déposé dix fois, y compris par le groupe communiste, avant le débat en séance, le 2 décembre. La preuve que les parlementaires savent remettre le couvert ?

Et ce n’est pas fini...

 

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On ne fera pas taire la CGT et sa secrétaire générale !

3 Décembre 2025, 15:27pm

Publié par Bernardoc

La CGT apprend avec effarement la mise en examen de sa Secrétaire générale, Mme Sophie BINET, faisant suite à une plainte pour injures publiques déposée par l’association "Mouvement des entreprises de taille humaine indépendantes et de croissance", présidée par Mme Sophie de Menthon. RTL est également mis en examen en tant que diffuseur des propos.

On reproche à Sophie BINET ses propos tenus lors de son intervention sur RTL le 31 janvier dernier, lorsqu’elle fut interrogée sur le « chantage à l’emploi » de la part de certains grands patrons, venus se succéder dans les médias « pour alerter sur la fiscalité et les réglementations » et affirmer que « pour pousser à la délocalisation, c'est idéal ! ». Certains affirmant même « Ceux qui peuvent partir partent et ils ont raison. »

Elle avait alors dénoncé ces propos et ces comportements en disant « Moi j'ai envie de dire : les rats quittent le navire ».

Il va sans dire que cette déclaration était une image, reprenant une expression populaire bien connue visant à dénoncer les pratiques permanentes de délocalisation et de chantage à l’emploi des multinationales.

La CGT dénonce avec force cette énième procédure-bâillon de la part d’un lobby patronal, financé par un milliardaire d’extrême droite, Édouard STERIN. Il s’agit d’une attaque d’un degré inédit puisqu’elle vise directement la Secrétaire générale d’une des plus grandes organisations syndicales du pays. Empêcher un syndicat de dénoncer les pratiques patronales c’est l’empêcher de jouer son rôle et porter directement atteinte aux libertés syndicales. Cette tentative manifeste de judiciariser la critique sociale et de détourner le débat public illustre une nouvelle fois la volonté de certains lobbys patronaux au service des plus riches pour faire taire les voix qui dérangent.

La CGT rappelle que la liberté syndicale est une liberté fondamentale, indispensable au fonctionnement démocratique. Chercher à en entraver l’exercice constitue une atteinte grave à un droit essentiel, protecteur de l’ensemble du monde du travail.

Au-delà de cette affaire, la CGT alerte sur une tendance inquiétante : c’est la 5e procédure judiciaire contre un membre du bureau confédéral de la CGT en 2 ans. Sur le terrain, des centaines de militants et militantes font face à une répression de plus en plus décomplexée sur leurs lieux de travail et dans leurs pratiques syndicales.

Et ce n’est pas fini...

 

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Netanyahou demande une grâce présidentielle dans son procès pour corruption

2 Décembre 2025, 11:56am

Publié par Bernardoc

In Marianne du 30 novembre 2025

Rappel : on ne demande grâce que lorsqu’on est coupable.

Le Premier ministre israélien, Benyamin NETANYAHOU, a officiellement demandé une grâce présidentielle dans son procès pour corruption, pour mettre fin, selon lui, aux divisions suscitées dans le pays par ses démêlés judiciaires, fort du soutien de Donald TRUMP qui avait demandé un tel geste à son homologue israélien. Benyamin NETANYAHOU, qui nie toute faute dans ces affaires, est régulièrement entendu dans le cadre d'au moins trois procédures judiciaires, dans lesquelles aucun jugement n'a encore été rendu.

Les services du président israélien Isaac HERZOG ont annoncé dimanche qu'il avait adressé au président « une demande de grâce exceptionnelle, aux conséquences significatives ». « Après réception de tous les avis, le Président de l'État examinera la requête avec responsabilité et sérieux », ont-ils ajouté dans un communiqué.

Tout en affirmant vouloir mener le procès à terme pour prouver son innocence, le Premier ministre a ensuite justifié cette demande au nom de « l'intérêt public » dans une vidéo diffusée par ses services, mettant en avant les « immenses défis » que le pays doit relever.

« La poursuite du procès nous déchire de l'intérieur, suscitant de vives divisions et intensifiant les fractures », a plaidé Benyamin NETANYAHOU dans sa vidéo, sur fond de vives divisions politiques entre ses partisans et ses détracteurs. « Je suis certain, comme beaucoup d'autres dans le pays, que la fin immédiate du procès contribuera grandement à apaiser les tensions et à promouvoir la réconciliation générale dont notre pays a tant besoin », a-t-il poursuivi.

Rappelant que son procès avait débuté il y a près de six ans, il a aussi affirmé que témoigner trois fois par semaine était « une exigence impossible à satisfaire ».

Le ministre de la Défense, Israël KATZ, a affirmé dans un communiqué soutenir la demande de grâce pour « mettre fin à la déchirure profonde qui accompagne la société israélienne depuis une décennie, et de permettre à l'État de se rassembler de nouveau face aux défis et aux opportunités qui se présentent à nous ». Le ministre des Finances, Bezalel SMOTRICH, a quant à lui estimé que « Netanyahou a été persécuté pendant des années par un système judiciaire corrompu qui a fabriqué des affaires politiques contre lui ».
Dans l'opposition, les critiques contre cette demande n'ont pas tardé, le chef de l'opposition, Yaïr LAPID, demandant au président Herzog dans une vidéo de ne « pas accorder une grâce à Netanyahou sans qu'il ne reconnaisse sa culpabilité, exprime des remords et se retire immédiatement de la vie politique ». Yaïr GOLAN, chef du parti « Les Démocrates » (gauche), a lui aussi appelé, sur X, à ce que le Premier ministre « prenne ses responsabilités, reconnaisse sa culpabilité, quitte la politique et libère le peuple et l'État, seule manière d'obtenir l'unité nationale ».

En septembre, Isaac HERZOG avait laissé entendre qu'il pourrait lui accorder une grâce, déclarant dans un entretien à la radio de l'armée que le procès du Premier ministre « pes(ait) lourdement sur la société israélienne ». Donald TRUMP, avait d'ailleurs écrit à Isaac HERZOG plus tôt ce mois-ci pour lui demander d'accorder une grâce à M. Netanyahu.

Benyamin NETANYAHOU est accusé, ainsi que son épouse, Sara, d'avoir accepté des produits de luxe d'une valeur de plus de 260 000 dollars (environ 225 000 euros), tels que cigares, bijoux et champagne, de la part de milliardaires, en échange de faveurs politiques. Dans deux autres affaires, il est accusé d'avoir tenté de négocier une couverture plus favorable dans deux médias israéliens.

A 76 ans, il est le Premier ministre israélien ayant passé le plus grand nombre d'années en exercice, avec plus de 18 ans à la tête d'Israël depuis 1996. Il a annoncé qu'il se présenterait aux prochaines élections, qui auront lieu avant la fin de l'année 2026.

Au cours de son mandat actuel, qui a débuté fin 2022, son parti a proposé des réformes judiciaires de grande envergure qui, selon ses détracteurs, visaient à affaiblir les tribunaux. Son projet a déclenché des manifestations massives qui n'ont pris fin qu'après le début de la guerre dans la bande de Gaza, déclenchée par l'attaque sans précédent du mouvement islamiste palestinien Hamas en Israël le 7 octobre 2023.

Dans le passé, l'ancien Premier ministre israélien Ehud OLMERT, interrogé par la police dans une présumée affaire de corruption, avait démissionné en 2009 avant d'être jugé et condamné à 27 mois de prison pour fraude. Benyamin NETANYAHOU est le premier chef de gouvernement en fonction de l'histoire d'Israël à être mis en examen pour corruption.

Vous verrez que bientôt il candidatera au Nobel de la paix.

Et ce n’est pas fini...

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