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Le blog de Bernard SARLANDIE

La SEGPA

7 Décembre 2009, 23:26pm

Publié par Bernardoc

         Autre particularité de Langevin : la Section des Enseignements Généraux et Professionnels Adaptés, terreur des enseignants du collège qui angoissaient à l’idée d’avoir à dispenser leurs savoirs à ces élèves déshérités, et à la gestion desquels ils n’avaient pas été préparés. Il existe bien une formation volontaire de deux cents heures, le 2C.ASH, qui débouche sur la soutenance d’un mémoire, et qui n’est « récompensée » par rien : aucune reconnaissance financière pour ces collègues qui, en plus de leur temps de travail, se seraient pliés à cette formation. Inutile de dire que, malgré la publicité faite, aucun collègue du collège ne s’est précipité sur cette formation : ils avaient bien trop peur que cela les désigne prioritairement pour enseigner en Segpa !

         Après une année de découverte avec un Directeur-adjoint, fin pédagogue que j’ai pu découvrir lors de la formation des délégués, j’ai eu le bonheur de travailler trois ans avec Jean-François, et après j’ai tenté de maintenir pendant deux ans ce que nous avions bâti ensemble.

         Dès le départ il avait souhaité que je préside un conseil de classe de Segpa, et j’ai donc suivi pendant quatre ans les mêmes élèves depuis la 6ème . Je fus un peu surpris, et Jean-François également, quand je découvris que les bulletins n’avaient pas été remplis. Cela ne se reproduisit plus.

         La présence d’une Segpa au collège a permis de bonnes initiatives pédagogiques, ainsi qu’une osmose avec les autres élèves. On y pratiquait l’intégration partielle de jeunes d’un ITEP (Institut Thérapeutique Educatif et Pédagogique) voisin, mais aussi nous avons, par le biais de la 4AES permis à certains élèves de rejoindre le cycle classique, alors que d’autres attendaient l’orientation post-3ème . De même, alors que certains parents avaient refusé l’orientation en Segpa à l’issue de l’école primaire, ils acceptaient en cours ou à la fin de la 6ème cette orientation car ils ‘étaient rendus compte que les élèves étaient tous traités avec une égale dignité. Je me souviens d’une mère me disant « Laissez-lui sa chance [de passer en 5ème ] » que j’ai réussi à convaincre en lui répliquant que sa chance, c’était justement d’être pris en charge dans une classe à effectif réduit par un maître spécialisé.

         Les enseignants de Segpa disposent chaque semaine d’une réunion de concertation qui est soit incluse dans leur service, soit payée en heures supplémentaires. J’avais connu cela au CETAD de BoraBora (voir plus haut) et c’est vraiment le minimum pour pouvoir travailler en équipe. Ce n’est pas un hasard si le B2i (Brevet Informatique & Internet) était pris en charge collectivement par l’équipe, ce que demandaient les textes officiels, alors qu’au collège on avait plutôt tendance à se reposer sur les professeurs de technologie. Les élèves de Segpa avaient aussi de meilleurs résultats à l’ASSR (Attestation Scolaire de Sécurité Routière) que ceux du collège.

         Enfin, la gratitude et la reconnaissance des enseignants faisait plaisir et me confortait dans mon action ; deux témoignages : une collègue qui, à la fin de sa première année est venue me dire : « Monsieur le Principal, vous m’avez réhabilitée », et une autre qui m’a avoué qu’elle avait passé ses six meilleures années professionnelles sous ma direction. J’aurais bien aimé pouvoir en dire autant de mes chefs à moi, mais je suis un doux rêveur.

Et ce n’est pas fini…

 

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La Zamenhof-tago

6 Décembre 2009, 23:14pm

Publié par Bernardoc

                      Non, pour cette fois, je vais écrire en français : l’esperanto viendra plus tard. Oui, car pour ceux qui l’ignoreraient, L.L. Zamenhof fut l’initiateur de l’Esperanto en 1887. Et chaque année, autour du 15 décembre, partout dans le monde les esperantistes se réunissent en hommage au fondateur de cette langue de paix qui ne véhicule pas l’idéologie d’une langue nationale et permet à tous ses locuteurs de vivre sur un plan d’égalité de l’expression.

         Pour le groupe Esperanto-Gironde, cette journée s’est déroulée aujourd’hui à Galgon, preuve s’il en est, qu’il n’est pas besoin de vivre dans une grande métropole pour pratiquer la langue a-nationale. Peut-être l’an prochain, aurons-nous la joie de l’accueillir au Haillan ?

         Mais les esperantistes ont bien d’autres occasions de se rencontrer pour partager et échanger, notamment lors de congrès nationaux ou mondiaux. J’espère pouvoir participer au prochain congrès mondial à Cuba en juillet 2010 et vous faire ensuite part de mes impressions.

         Le groupe Esperanto-Gironde qui a déjà organisé plusieurs congrès à la MPS d’Artigues-près-Bordeaux, se réunit régulièrement, soit pour des réunions statutaires (assemblée générale, bureau,…) mais aussi pour accueillir des visiteurs étrangers qui viennent soit faire des conférences, soit donner des concerts ; en effet la littérature et la musique esperantistes sont très vivantes

         Mais mon propos aujourd’hui n’était pas de vous parler de toute la richesse induite par cette langue mais d’associer mon blog à cette célébration annuelle.

Et ce n’est pas fini…

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Un plus pour Langevin : l'U.P.I.

5 Décembre 2009, 08:06am

Publié par Bernardoc

         UPI : Unité Pédagogique d’Intégration : il s’agit d’un dispositif de taille réduite permettant à des enfants en situation de handicap de poursuivre une scolarité dans le milieu socialisant que constitue le collège.

         Nous avions déjà été sollicités lors de ma troisième année à Goya pour l’ouverture d’une telle structure. Comme ce collège de ZEP me paraissait tellement ouvert, avec sa CPA, sa classe d’accueil habituée à voir défiler chaque année une quinzaine de nationalités différentes, ni Camille ni moi n’avions jugé utile de faire une pression informative sur les personnels. C’était sans compter sur les parents d’élèves ! La Présidente de l’association, qui venait d’adhérer à la FCPE, est montée au créneau, arguant de son statut d’assistante sociale pour effrayer la communauté en disant tout le mal que l’accueil des handicapés pourrait faire au collège. Il faut croire que ses arguments étaient plus percutants que les nôtres puisque la majorité de la communauté éducative se prononça contre l’accueil de cette structure, ce qui fit dire à Chantal C., l’assistante sociale du collège, qu’elle n’avait pas l’impression de faire le même métier que cette mère d’élèves. Heureusement pour nous, le collège Aliénor d’Aquitaine se montra moins réactionnaire, ce qui permit à Maeva d’être accueillie et de s’épanouir pendant un an dans cet établissement.

         Il n’était donc pas question de faire la même erreur à Langevin, et lorsque l’inspecteur me dit : « On va ouvrir une UPI ici car je sais qu’avec toi ça va marcher », nous mîmes tout en œuvre pour réussir cette implantation. Réunion de présentation pour les enseignants et les parents, projections de films aux élèves pour les préparer à côtoyer des élèves différents, rien ne fut laissé au hasard.

A la rentrée, intégration des élèves de l’UPI à l’accueil des 6ème , fréquentation assidue du CDI, participation au journal des collégiens et un prix obtenu, presque incognito, au concours de la Légion d’Honneur. Le seul hic fut l’intégration dans certains cours de Segpa qui eurent l’heur de déplaire à la directrice, mais comme le maître avait mon soutien, l’expérience put être poursuivie.

C’était avec beaucoup de plaisir que j’allais dans leur classe pour découvrir leur implication et leurs réalisations, témoins des bienfaits de ce genre de structure. Mais une fois de plus il a fallu que je m’appuie sur les textes pour maintenir la montée en charge progressive et non le doublement des effectifs en une année comme l’aurait souhaité la hiérarchie.

Et ce n’est pas fini…

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La classe-relais : une gabegie de moyens pour de bien piètres résultats

4 Décembre 2009, 19:23pm

Publié par Bernardoc

         Avant de quitter Goya, j’avais été contacté par un inspecteur qui voulait me proposer quelque chose. Il me rappela peu après la rentrée pour me proposer de prendre en charge la classe-relais de la rive gauche. Un peu naïf, je pensais que j’avais été choisi à cause des qualités qui avaient été remarquées au cours des sept années précédentes. En fait, et je pus m’en rendre compte plus tard, il s’agissait d’un boulet que le collègue qui en avait été à l’initiative sur Mérignac n’avait plus envie de traîner.

         En bon militant pédagogique qui pense, à l’instar de Philippe Meirieu, que tout adolescent est éducable, j’arrivai à obtenir un avis favorable du conseil d’administration. Deux enseignantes furent donc rattachées au collège pour s’occuper de ces élèves en difficultés comportementales : une enseignante du primaire et une certifiée de lettres modernes. Comme nous étions à la grande époque des aides-éducateurs, je dus embaucher également deux jeunes pour encadrer les élèves qui allaient nous être envoyés par les collèges alentour. La classe-relais disposait donc de quatre emplois à temps plein pour prendre en charge…8 (HUIT !)élèves !

         Ayant pour habitude d’accorder ma confiance aux personnes avec qui je travaille, j’assurais à l’équipe de la classe-relais la plus grande autonomie dans la relation éducative qu’elle pouvait avoir avec son public. Les problèmes commencèrent à surgir lorsqu’elle se mit à confondre autonomie et indépendance, dérive qui peut parfois se produire avec d’autres catégories de personnel notamment dans les pôles santé-social ou vie scolaire. Et lorsque je prétendais reprendre en mains les rênes de cette classe-relais, l’équipe se tournait vers l’inspection académique qui invariablement donnait raison aux enseignants contre leur supérieur hiérarchique.

         Pourtant, en tant que gestionnaire de base des deniers de la République, je pouvais en avoir des choses à dire : quatre adultes pour gérer huit ados dont la moitié était en stage et un quart était malade ou avait séché, il me semble que les compétences auraient pu être réparties différemment. J’avais proposé, dans un courrier à l’inspectrice d’académie, une solution qui permettait la prise en charge, dans leur collège d’origine, de quatre fois plus d’élèves ; bien entendu c’est resté lettre morte. Et pourtant, le retour dans le collège d’origine, lorsqu’il se faisait (car un certain nombre d’élèves étaient traduits en conseil de discipline pendant leur séjour en classe-relais et exclus définitivement) était loin d’être évident, j’ai pu le constater pour les deux élèves de Langevin qui y avaient été envoyés.

         Au bout de quatre ans, le collège Paul Langevin était déclassé : je perdais environ 175 € par mois. Je décidai donc d’alléger mon travail en conséquence. Le conseil d’administration se prononça donc pour le refus de la classe-relais, d’autant plus facilement que les relations entre les enseignants du collège et celles de la classe-relais étaient exécrables. Soufflon dans mes oreilles venant de la hiérarchie, mais je tins bon et le bébé fut refilé, tout à fait provisoirement à un autre collège de Mérignac, et cette fois sans l’appui de la municipalité qui avait sans doute eu l’impression d’avoir servi de simple financeur pour une action où elle n’avait pas son mot à dire.

Et ce n’est pas fini…

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Repos

16 Novembre 2009, 09:42am

Publié par Bernardoc

  Repos forcé bicoz déménagement et Orange m'a dit que je serai privé d'internet pendant au moins dix jours.
  Donc, vraisemblablement retour début décembre.
Et ce n'est pas fini... 

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Réflexions sur la demi-pension

13 Novembre 2009, 00:09am

Publié par Bernardoc

         Le réfectoire du collège Paul Langevin était le nec plus ultra…en 1972, date de sa construction. C’était ce qu’on appelait à l’époque une « salle polyvalente ». Les tables, boulonnées au sol, recouvertes de formica marron foncé avaient la particularité de pouvoir se replier, découvrant ainsi un banc qui permettait effectivement de transformer cette salle à manger en salle de conférences.

         Or, un jour, le rapport du laboratoire d’hygiène revint en indiquant que des bactéries foisonnaient sur une des tables. C’était la première fois qu’un tel rapport nous était adressé. Je demandais donc au gestionnaire de s’enquérir de ce défaut de nettoyage. Peu de temps après une agent de service débarqua dans mon bureau et me demanda de l’accompagner à la salle à manger pour me montrer où le prélèvement avait été fait ; c’était sur une table dont une petite partie du formica avait été décollée, mettant à jour le plateau aggloméré ; quoi qu’on fasse, il était impossible de nettoyer dans les plus strictes règles d’hygiène cette table, ce qui mettait en danger la santé de nos élèves (sinon le laboratoire n’aurait pas noté cette remarque).

         Tout en reconnaissant la solidité du matériel d’origine qui avait déjà résisté depuis plus de trois décennies, je demandai au Conseil général le remplacement de ce mobilier, faute de quoi, par principe de précaution, je me verrais dans l’obligation de fermer le service de restauration.

         Très rapidement, le Conseil général dépêcha un technicien, puis la Camif pour chiffrer les travaux et nous permettre de penser à l’agencement du futur mobilier. J’étais content : la collectivité propriétaire se décidait enfin à faire un effort d’entretien de son patrimoine. Tout devait se faire pendant l’été.

         Au début juin, coup de téléphone d’un cadre du Conseil général qui me demanda si les tables étaient vissées au sol. Devant ma réponse positive, il me rétorqua que le changement devait être différé ; en effet, le sol contenait de l’amiante et il n’y avait pas eu de budget prévu pour la rénovation et la mise en sécurité sanitaire du sol.

         Nous attendîmes donc un an pour avoir une belle et agréable salle à manger. Lors de la première semaine de rentrée échelonnée, je m’installai non pas dans la salle à manger de commensaux mais sur une table face à la porte d’entrée du réfectoire. Et je fus bien récompensé de mes efforts en voyant expressions ravies et étonnées des élèves qui n’avaient pas été prévenus de l’amélioration qui les attendait.

Et ce n’est pas fini…

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Ca roule !

12 Novembre 2009, 00:14am

Publié par Bernardoc

         Notre premier voyage en Angleterre avait bien failli être mort-né. En effet, les dates retenues coïncidaient avec l’envoi massif des troupes états-uniennes et britanniques vers l’Irak où elles partaient chercher des « armes de destruction massive ». (Quelques années plus tard, elles n’ont toujours rien trouvé, ont même avoué que c’était un mensonge, mais elles occupent toujours le pays en s’étonnant de subir des actions de résistance.) Craignant des attentats, au moins deux familles ont annulé leur voyage et certains enseignants étaient refroidis pour entreprendre ce voyage. Nous l’annulâmes donc et grâce à la ténacité de Viviane, nous parvînmes à le décaler dans le temps, pour le même prix alors que nous n’avions pas souscrit d’assurance, une erreur que nous ne recommettrons plus.

         L’année suivante, je décidais de faire visiter le Pays de Galles aux voyageurs, avec concours à la clé, et ce fut aussi une expérience très réussie.

         Un autre groupe partait en Italie, et ce fut l’occasion d’une belle fureur de ma part lorsque je reçus une lettre du voyagiste qui retranscrivait les propos d’un transporteur de Mérignac qui, pour faire simple, traitait nos enfants de voyous. Après une mise au point musclée, j’obtins une lettre d’excuses après avoir proposé au voyagiste de changer de transporteur puisque notre clientèle semblait lui poser problème. Cela ne se fit pas, mais nos élèves n’eurent pas droit au dernier « Pulmann » mis sur le marché !

         Ces voyages, quoi qu’ait pu en dire le Recteur, permettaient une large ouverture sur le monde, très importante pour nos élèves défavorisés de Zone Urbaine Sensible. Pour certains d’entre eux, c’était la première fois qu’ils quittaient le territoire national, voire peut-être la dernière avant des années pour beaucoup d’autres.

         Mis à part les deux destinations précitées, nos élèves ont eu la possibilité d’aller en Espagne et même en Grèce, sans compter plusieurs voyages thématiques dans la capitale. Ma présence à la gare au départ comme au retour surprenait mais rassurait élèves, parents et enseignants.

Ces multiples voyages pédagogiques « lointains » n’excluaient pas, bien entendu, la découverte des sites girondins, qui faisait partie de l’accueil des sixièmes, accueil qui se déroulait selon les préceptes du recteur Monteilh, codifiés par plus tard par Ségolène Royal.

Et ce n’est pas fini…

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Un patron-collègue

11 Novembre 2009, 14:14pm

Publié par Bernardoc

         Lorsque je suis arrivé à Langevin, il n’y avait plus de voyages en Grande Bretagne. Les professeurs m’avaient révélé leur réticence à continuer à organiser ces voyages : lors du dernier voyage, certains élèves avaient refusé d’entrer à St Paul’s cathedral à Londres, sous prétexte qu’ils étaient musulmans. Devant une telle aberration, absolument infondée, il avait été décidé de suspendre ces voyages pédagogiques enrichissants.

         Ce n’était pas la première fois que j’entendais ce genre d’intrusion dans l’école laïque : à Goya, déjà, j’avais dû me battre pour que les élèves obéissant à un dogme ne monopolisent pas une salle au moment du ramadan pour la transformer en lieu de culte, puisque, comme leurs parents ne leur faisaient pas à manger, ces derniers estimaient que l’Education nationale (publique, laïque, gratuite et obligatoire) pouvait servir de garderie. Je les encourageais, au contraire, à rentrer chez eux et profiter de cet instant de repos privilégié pour communiquer avec leurs parents. La foutaise allait même jusqu’au refus de certains de porter le pipeau à la bouche sous prétexte que les cours de musique avaient lieu dans la journée !...

         Donc, au cours de ma troisième année à Langevin, une équipe pluridisciplinaire (histoire-géographie-éducation civique, physique-chimie et anglais) décida de proposer à nouveau un voyage outre-manche et, divine surprise, ils me sollicitèrent pour participer à l’encadrement. Quel plaisir ce fut de me retrouver une nouvelle fois au contact direct des élèves pendant une semaine. Les rapports étaient totalement différents, les comportements s’amélioraient, car la discipline, plus souple, était fondée sur la confiance. Je leur signifiai que certains comportements, acceptés au cours du voyage, ne seraient, bien entendu, plus tolérés de retour au collège. Et je n’eus pas besoin de répéter cette consigne à Mérignac.

         Le retour, la projection du film réalisé par les enseignants, les parents invités avec les friandises qu’ils avaient préparées pour partager, tout ceci aura contribué à graver de forts souvenirs dans les mémoires de nos élèves.

         Et ce n’est pas fini…

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Parenthèse : l'overdose !

9 Novembre 2009, 09:36am

Publié par Bernardoc

             A moins d’être sourd, aveugle ou reclus, vous n’êtes pas sans ignorer qu’il y a aujourd’hui vingt ans, tombait le mur de Berlin. Heureusement, ce matin sur Radio France un éditorialiste a rendu hommage au grand visionnaire, prix Nobel de la Paix, qui fut à l’origine de ces changements, Mickaël Gorbatchev.

            A l’époque, après avoir manqué le vingtième anniversaire d’ « une révolution manquée qui faillit renverser l’Histoire »* pour cause de Polynésie, nous venions de célébrer le bi-centenaire de LA révolution française (et quelle ambiance sur les Champs Elysées où nous étions ! ).

            Nous étions en stage d’Esperanto à la Maison de la Promotion Sociale à Artigues près Bordeaux, et je participais à un groupe animé par Maria, une Allemande qui trouvait que j’avais un accent néerlandais ! Bien entendu, la seule idée qu’elle avait en tête, c’était de parler de ce qui se passait dans son pays. Un peu ça allait, mais je n’avais pas envie de passer toute la durée du stage sur ce sujet.

            Je proposais donc que nous réfléchissions à ce qui se passait en Afrique où toute une génération (la mienne, celle des quadras) de cadres était en train d’être décimée par le Sida, mettant ainsi en grand danger l’avenir de ce continent trente ans après le début des indépendances. Je n’obtins hélas, pas beaucoup de succès sur ce thème.

            Qu’en est-il vingt ans plus tard ? La plupart des pays d’Afrique, quand ils ne sont pas en guerre doivent obéir aux diktats du FMI pour ne pas sombrer dans la faillite alors que Die Linke, parti de gauche, est en train de progresser dans toutes les élections de l’Allemagne, preuve, s’il en était que les lendemains capitalistes ne font pas chanter tout le monde.

            Non, décidément, aujourd’hui je vais écouter mes CD qui ne sont pas encore emballés pour le déménagement.

Et ce n’est pas fini…

*Renaud, Hexagone

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Une équipe en formation

8 Novembre 2009, 16:42pm

Publié par Bernardoc

         Donc, de nombreuses arrivées en cette rentrée 2001. Un nouveau professeur de physique m’appelle dès sa nomination pour me dire qu’il était « sur ci terre ». « Sur Cythère ? » « Oui, je n’ai pas fait mon service militaire et cela me ferait de la peine d’abandonner mon poste en cours d’année. » C’était l’époque où on ne savait que faire des conscrits qu’on envoyait (en civil ! ) dans les collèges de ZEP pour des fonctions d’encadrement. Je pris donc ma plus belle plume et écrivit à qui de droit en demandant que cet enseignant, même s’il devenait « sous les drapeaux » pendant l’année scolaire, soit maintenu sur son poste de notre collège de Zone Urbaine Sensible. Le résultat alla au-delà de mes espérances puisque le Président Chirac décida quelques semaines plus tard de supprimer la conscription.

         Les nouveaux arrivants, dans quasiment toutes les disciplines, se partageaient par moitié entre hommes et femmes, ce qui était une bonne chose, tant par le renouvellement que par la mixité. Je choisis cette année-là de pratiquer ce que j’ai poursuivi jusqu’à ma retraite, c'est-à-dire de recevoir courant janvier chaque nouvel arrivant nommé à titre définitif pour un entretien qui, selon la tournure, s’étendait de trois quarts d’heure à deux heures et demie (pour l’infirmière).  

         Ces entretiens se révélèrent fort appréciés ; une collègue, qui reflétait l’opinion quasi générale, me dit : « Quand on arrive dans cet établissement (vieux « Pailleron » amianté de 1972 n’ayant jamais reçu une couche de peinture depuis), on n’a qu’une envie, c’est d’en repartir au plus vite ; mais cette occasion de vous rencontrer et de faire le point au bout d’un trimestre nous permet d’être moins catégorique. »

         Vinrent ensuite, outre les stages d’équipes, les journées banalisées (vestiges du ministère Bayrou) de réflexion pour la construction du projet d’établissement, l’investissement de l’équipe éducative (y compris donc avec les parents) lors des journées « Sport et santé » organisées dans le cadre du CESC et pilotées par le Principal-adjoint et l’infirmière, les « recadrages» nécessaires niveau par niveau avec un seul orateur, le Principal, mais avec l’ensemble du personnel (des secrétaires aux cuisiniers, des professeurs aux aides-éducateurs) qui faisait bloc derrière lui, tout cela créait vraiment un sentiment de solidarité et une volonté de progresser ensemble.

         D’ailleurs, si j’avais impulsé les premiers stages d’équipes, les années suivantes ce fut le personnel qui les proposait, je n’intervins que lors de la cinquième année pour proposer un Atelier d’Analyse de Pratiques Professionnelles auquel adhérèrent plusieurs catégories : enseignants (collège et Segpa), CPE, infirmière,… Ce stage long (six demi-journées réparties sur l’année) décida certaines à entreprendre une formation d’animatrices.

Et ce n’est pas fini…

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