Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.
Rebelle silencieuse
délicate comme de la dentelle
enrobée de lumière
ton corps doré-bourbier
du reflet de ta rivière
Hausser les ailes turquoises verdoyantes !
Tu veux exploser, cracheuse du feu d’artifice!
Tu en as marre du tremblement incessant
Dans ton âme amoureuse, terminé le silence patient.
Ne voltige plus,
voler loin
caresser les vents du Nord
utiliser les nuages
pleurer tout ce que tu veux
hurler à faire peur.
Il faut prévenir La Terre
de la défaillance finale.
Plus jamais d’impitoyable loi de silence.
Chantonner, bourdonner,
rigoler jusqu’au retour
à ta chère rivière.
Ta voix retrouvée
dans une sagesse transparente.
Il essaie des fois de défaire ce nœud
Essentiel, sa force, sa faiblesse
Une couronne imaginaire posée sur la tête,
Une brioche croquée dans la pénombre,
Loin du regard des autres
Le soleil brille sur lui
Il ne le voit pas
L’estragon de son hémisphère,
Il pourrait laisser ses bagages derrière lui
Et aller dans les roses de son enfance
Embrasser le sable des jours oubliés
Pourquoi se cache-t-il quand le vent se lève ?
Ses poches sont vides de toute façon.
Le chien errant en lui le suit depuis toujours
Mais n’a jamais la force pour le rattraper
Son ciel de l’absolu est entouré d’horizons
Mais il l’écarte, un mensonge démenti
Installé confortablement sur son canapé
Au milieu d’un champ de poussière
Il ne vit que la moitié de son existence
BYZANCE, mon berceau, jamais tes janissaires
Du Musulman paisible ont-ils forcé le seuil ?
Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires,
Porter l’épouvante et le deuil ?
Son harem ne connaît, invisible retraite,
Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs.
Là, sûr du lendemain, il repose sa tête,
Sans craindre au sein de ses plaisirs,
Que cent nouvelles lois qu’une nuit a fait naître,
De juges assassins un tribunal pervers,
Lancent sur son réveil, avec le nom de traître,
La mort, la ruine, ou les fers.
Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche
Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir ;
S’il osait tout braver ; et dérober sa bouche
Au frein de l’antique devoir.
Voilà donc une digue où la toute-puissance
Voit briser le torrent de ses vastes progrès !
Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ;
Tu planes sur ses minarets !
Spectatrice, j’observe la scène de la vie
Où des personnages surgissent,
Dans les moments de joie ou de dépit
Où le rêve devient illusion et meurt avec mépris
Où le mensonge devient vrai et la vérité au fond du puits
Mais qui suis-je dans ce monde plein d’acteurs ?
Où chacun monte sur l’estrade,
Joue son rôle comme ses prédécesseurs
Qui suis-je quand moi-même j’ai un rôle dans cette scène ?
J’observe, je souffre
Mais j’applaudis tous ces mensonges réels
Que serait le monde s’il n’était pas une fiction
Si ces scènes étaient bien réelles et faites avec passion
Je jure devant Dieu que j’assisterais tous les jours
Je serais l’héroïne de la gaieté
De la confiance et de l’amour
J’applaudirais jusqu’à ne plus en pouvoir
Et j’appellerais les âmes chagrinées pour venir la voir
Mais hélas la scène de la vie demeure la même
Et je demeure aux premières loges
Avec ou sans mes applaudissements le rideau s’ouvre et se ferme
Cette fois-ci nous n’avons pas loupé l’expo aux Bassins des Lumières, nous y sommes allés dès la première semaine. C’était les vacances, donc beaucoup d’enfants qui n’avaient rien à cirer de l’expo et qui courraient partout. Ce n’est pas trop gênant, mais je me demande toujours comment ils font pour ne pas se rentrer dedans.
Nous sommes arrivés au milieu de la projection de Frida KAHLO et nous avons donc pu assister à Matisse, en entier et depuis le début. Je pense que c’est un des meilleurs spectacles, sans doute parce qu’il était très pédagogique avec des paroles du peintre qui nous expliquait l’évolution de sa création.
Comme d’habitude nous avons terminé par Le Cube, consacré aux créations numériques ; une première diffusion de lignes en mouvement (à déconseiller aux épileptiques) et une deuxième:Oniria, qui elle aussi était une des meilleures que nous ayons vues.
Une visite qui s’impose, mais couvrez-vous, il ne fait pas très chaud dans la base sous-marine.
C’était une première hier soir : un concert aux chandelles (naïvement je pensais qu’il se serait agi de vraies bougies) dans un lieu que nous ne connaissions pas : l’auditorium de la Cité du vin.
Dans un endroit pratiquement plein, belle performance du quatuor à cordes féminin Stretta, mais expérience à renouveler avec un spectacle d’un autre genre, au milieu de ces 3 500 lumignons.
Nous avions choisi de nous faire photographier au milieu des bougies, mais cela est à éviter.
Enfin, nous avons terminé la soirée juste à côté, aux Halles de Bacalan avec des crêpes originales.
Bref, une très bonne soirée après une après-midi avec l’ADMD.
Ce fut pour le musée Picasso, non pas les œuvres du peintre déjà vues à maintes reprises, mais une double exposition temporaire, qui en était à ses derniers jours puisqu’elle s’achève le 1er mars.
D’abord, Philip GUSTON dans une « Ironie de l’histoire ». Au début des années vingt, Philip est exclu de l’école d’art de Los Angeles pour avoir produit des images satiriques du corps enseignant. L’art ne cessera pour lui d’être l’outil d’un combat contre les figures d’autorité. Ses premières œuvres qui mettent en scène les exactions commises par les membres du KKK, sont vandalisées par les hommes cagoulés lors de leur exposition publique.
À la fin des années soixante il fait scandale en revenant à une figuration inspirée de la bande dessinée.
En 1969, un écrivain en rupture de ban avec le milieu littéraire New Yorkais, Philip ROTH s’installe à quelques maisons de l’atelier de Guston. L’écrivain vient d’entreprendre un ouvrage satirique qui met en scène le Président Nixon et son entourage (Our gang). Guston réalise plus de 80 dessins qui font écho au texte de Roth. Leur style, leur iconographie s’inspire des « planches » des Songes et mensonges de Franco réalisés par Picasso en 1937.
De la série des « Nixon Drawings » aux ultimes peintures de l’artiste, l’exposition du Musée Picasso met en lumière la porosité savamment entretenue par Guston entre la verve grotesque et caricaturale de ses dessins et la puissance expressive de sa peinture. Un transfert d’énergie s’y opère, nourri d’un humour noir qui confère à son œuvre une profondeur grinçante, faisant de lui une sorte de Kafka ou de Gogol de la peinture.
Ensuite, Raymond PETTIBON nous présente « Underground ». Artiste autodidacte, né en 1957 à Tucson, en Arizona, Raymond PETTIBON fait son apparition à la fin des années 1970 sur la scène punk-rock californienne en réalisant les pochettes d’albums du groupe Black Flag. Il commence aussi à exposer et publier à son compte ses premiers dessins, qui s’inscrivent dans l’esthétique do-it-yourself des bandes dessinées, flyers ou fanzines, caractéristique du mouvement punk. Les dessins de Pettibon puisent à un large éventail de sources, de la littérature à l’histoire de l’art, de la culture populaire à la religion, de la politique au sport.
Résolument antiautoritaire, l’œuvre de Pettibon brosse, à travers des images grinçantes, accompagnées d'inscriptions fracassantes, le portrait acerbe d’une société américaine nihiliste et violente, marquée par la fin du rêve hippie et le retour du conservatisme. Volontiers perturbante et indisciplinée, questionnant sans relâche le rêve américain, comme avait pu le faire en son temps Philip GUSTON - admiré par Pettibon - elle place le visiteur dans une situation inconfortable, le poussant à reconsidérer ses propres valeurs.
Après avoir obtenu son diplôme en économie à l'UCLA en 1977, Raymond PETTIBONse consacre à l'art. Ses dessins font désormais partie des collections de grands musées internationaux tels que le MoMA (New York), le Centre Pompidou (Paris), la Tate (Royaume-Uni).
Deux expositions dérangeantes, je veux dire qui interrogent et qui sûrement déplairaient fortement à Trump.
Après avoir séduit plus de 20 millions de visiteurs à travers le monde, l'exposition arrive enfin à La Monnaie de Paris ! Jusqu’au 1er mars 2026, tu pourras y admirer plus de 150 œuvres originales de Maurits Cornelis ESCHER, le génie hollandais des illusions d’optique et des constructions impossibles. Plonge dans son univers fascinant : perspectives déroutantes, images oniriques et bien plus encore. L’exposition proposera aussi des salles immersives, des vidéos et des expériences didactiques pour t’aider à comprendre son art tout en t’amusant.
Lorsque j’y suis allé, c’était bondé, donc difficile de prendre du temps voire de s’approcher suffisamment près des œuvres. Je connaissais pratiquement tout, le plus étant l’animation de certains tableaux. Je conseille cependant : il vous reste deux semaines.