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Le blog de Bernard SARLANDIE

culture

Miroir de nos peines.

20 Mai 2021, 21:38pm

Publié par Bernardoc

C'est le troisième volume de la trilogie Les enfants du désastre, commencée avec Au revoir là-haut, qui avait valu à son auteur, Pierre LEMAITRE, le prix Goncourt en 2013.

On ne retrouve pas les personnages du deuxième tome, Couleurs de l'incendie, dont la suite des aventures avait été brièvement résumée dans l'épilogue.

Nous sommes maintenant le 6 avril 1940, ce qu'on appelait « la drôle de guerre ». Trois histoires semblent se dérouler en parallèle : celle d'une institutrice qui fait des extras week-end au restaurant du coin ; celle de soldats sur une ligne de défense le long de la frontière allemande ; celle d'un avocat au barreau de Rouen.

Petit à petit, ces trois histoires vont se rejoindre jusqu'à s'imbriquer très profondément. Au bout de quelques chapitres on apprend que Louise était la petite fille qui allait voir le soldat à la gueule cassée que sa mère hébergeait dans le premier volume. Une paire de soldats, dissemblables au possible, Raoul, un trafiquant de haute volée, et Gabriel, un prof de maths – son supérieur hiérarchique – vont se détacher de la masse et bon gré mal gré vont se trouver embringués dans une aventure picaresque au milieu de la débâcle et de l'exode. Quant à l'avocat, Désiré, il se révèlera être un génial faussaire/imposteur, passant avec autant de réussite de la robe à la soutane, sans oublier son passage au ministère de l'information, et réussissant chaque fois son « interprétation » à la perfection. Fernand et sa femme Alice apparaissent vers le milieu du roman, au moment où lui, gendarme mobile parisien, envoie son épouse à l'abri vers le sud.

L'auteur sait fort bien alterner des scènes poignantes et d'autres absolument hilarantes qui dépeignent fort bien cette première année de guerre.

Encore une fois l'épilogue va nous dire en quelques pages ce que sont devenus ces personnages de la fin de la deuxième guerre mondiale jusqu'à la guerre d'Algérie.

Je me suis réveillé en pleine nuit dernière pour lire les quelques dizaines de pages qui m'amenaient au bout des 571 !

Et ce n'est pas fini...

 

 

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Tais-toi !

14 Mai 2021, 18:56pm

Publié par Bernardoc

J'avais complètement zappé ce film de Francis VEBER sorti en 2003, et c'est avec grand plaisir que je l'ai vu à la télé hier soir ; sans le couvre-feu, j'aurais sûrement fait autre chose.

Deux vedettes dans cette comédie policière : Gérard DEPARDIEU (encore svelte) et Jean RENO, égal à lui-même. Ils se rencontrent en prison ; c'est la quatrième cellule pour Depardieu, alias « Quentin de Montargis », qui a été séparé de deux détenus précédents qu'il avait failli étrangler puis mis à l'isolement. Sa nouvelle « affectation » est ce qu'on appelle un rôle de mouton dont il ne rend pas compte, tant il est con (dixit le psychiatre).

« Quentin de Montargis » va s'attacher à Ruby le tueur, qu'il appelle son ami, telle une arapède à son rocher.

Après une évasion rocambolesque (qui n'était pas celle organisée par Ruby), le vol de deux voitures de police, le retour à Montargis et la fusillade finale, Ruby va finir par se rendre compte des qualités de cœur, après avoir bénéficié des qualités de force, de Quentin de Montargis.

Une grosse tranche de rigolade rythmée par les interventions de deux seconds rôles : André DUSSOLIER , le psychiatre, et Richard BERRY, le commissaire. C'était le but du film : nous amuser.

Et ce n'est pas fini...

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Merci CHARLIE !

9 Mai 2021, 17:39pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Les rendez-vous du 1er mai.

29 Avril 2021, 11:00am

Publié par Bernardoc

C'est pour le centenaire de la Commune que les francs-maçons ont commencé à se rassembler au Père Lachaise, devant le mur des Fédérés le 1er mai. Après une interruption, ils ont repris cet hommage, devenu annuel, en 1998.

Il n'eut pas lieu l'an dernier pour cause de pandémie (le grand-maître de l'époque a enregistré un discours) et cette année, c'est le 29 mai (date anniversaire de la chute de la Commune) que celle-ci sera célébrée et que certaines tombes seront fleuries. En 2018 j'étais passé au cimetière le 3 mai et j'avais pu remarquer que la tombe fleurie était celle de Jean-Baptiste CLEMENT, auteur du Temps des cerises.

Alors, en attendant le 29, je vous suggère un petit livre intitulé Commune de Paris et franc-maçonnerie qui est un recueil de six discours de l'adjoint au maire du XX°, Pascal JOSEPH, prononcés lors de cette cérémonie entre 2008 et 2013. Ce sont des discours vibrant d'émotion et s'attachant à resituer les faits historiques de cette (trop) courte période qui a tant marqué notre histoire et constitue toujours un des fondements de la gauche 150 ans après.

Devant le silence du gouvernement, c'est bien à nous d'en parler.

Et ce n'est pas fini...

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Un bijou !

27 Avril 2021, 10:56am

Publié par Bernardoc

Je viens de finir de déguster un recueil de nouvelles publié chez Agullo, un éditeur girondin. Je dis bien « déguster » car je ne lisais qu'une nouvelle à la fois, quelle que soit sa longueur, deux pages ou une dizaine.

Certaines sont noires, voire très noires, ce qui explique peut-être qu'Hervé Le Corre en ait écrit la préface.

Presqu'îles : c'est curieux ce pluriel pour des histoires qui se déroulent dans le Médoc, mais en fait je pense que « îles » se rapporte justement à la somme des nouvelles, chacune formant un tout, sans liaison apparente avec la suivante hormis le lieu, entre la plage, les villages et la forêt médocaine.

Chaque histoire est remarquablement ciselée ; en quelques phrases le portrait du personnage prend une consistance réaliste, et il n'y a pas besoin d'en rajouter pour le voir devant nous. Parfois la chute est moralisante et souvent la forme m'a fait penser aux Caractères de La Bruyère. (J'ignore si cet auteur est encore étudié au XXI° siècle.) C'est après avoir observé le milieu où il a grandi que Yan LESPOUX a pu nous faire partager, même à nous les « Bordelais », la rudesse de ce Médoc, trop souvent considéré seulement comme le « bronze-cul de l'Europe » (ce terme n'est pas mentionné), territoire qui vit pourtant tout au long de l'année et pas seulement pendant les trois mois d'été. La couverture reflète d'ailleurs parfaitement le contenu des 185 pages.

Un grand écrivain est né, et en plus il est prof d'occitan à la fac de Montpellier !

Vite, un nouveau bouquin !

Et ce n'est pas fini...

 

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Suis-je trop vieux ?

24 Avril 2021, 15:15pm

Publié par Bernardoc

D'après une étude réalisée par le cabinet BearingPoint, 35% des personnes interrogées affirment détenir entre trois et cinq abonnements numériques, et paient entre 39 et 85€ mensuels

Eh bien nous, nous n'avons que les 23 chaînes de la TNT, et ça nous suffit amplement. Il faut dire que entre la chorale, le théâtre et les autres réunions, nous restions fort peu devant la télé. Et comme le cinéma était aussi une sortie plus qu'exceptionnelle, depuis un an nous jonglons entre les différentes chaînes et nous y trouvons notre bonheur. Nous n'avons fait appel que très rarement à notre DVD-thèque pour voir (ou revoir) un film.

Cependant, je regrette que les chaînes se mettent à la mode des « plateformes » payantes et nous abreuvent de deux (voire plus) épisodes de séries à la file. J'ai un certain nombre de livres sur ma table de chevet et j'aime bien pouvoir lire avant de m'endormir, ce qui fait que je manque une partie de l'histoire ; le seul sacrifice auquel je consens c'est lorsque la série tire à sa fin et là je regarde les deux épisodes.

Il y a beaucoup de rediffusions me direz-vous ? Mais comme nous n'avions pas vu les premières, cela ne nous gêne pas. Nous n'avons jamais payé d'abonnement à Canal+, et nous n'allons pas commencer maintenant. Mais qu'est-ce que nous avons hâte de pouvoir reprendre nos activités culturelles « normales » !

Et ce n'est pas fini...

 

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Couleurs de l'incendie.

22 Avril 2021, 13:11pm

Publié par Bernardoc

Il s'agit du deuxième tome de la trilogie Les enfants du désastre de Pierre LEMAITRE, commencé avec Au revoir là-haut, prix Goncourt 2013. Si le premier volume se déroulait autour de la guerre de 14-18, avec le scandale des monuments aux morts, celui-ci se déroule entre 1927 et 1933, période troublée s'il en fut.

On retrouve la génération suivante des personnages gravitant autour de la famille Péricourt à la déchéance (provoquée) de laquelle on assiste. Ceci débouchera sur une vengeance froide et calculée de Madeleine, l'héritière spoliée.

Et c'est là qu'on découvrira le talent de l'écrivain, plusieurs fois récompensé pour des romans policiers. En effet, on est happé par le récit et plus on avance dans la lecture, plus il est difficile de s'en séparer.

Inspirée de faits réels romancés, l'histoire nous dresse un portrait réaliste de cette période qui vit la montée du fascisme, soutenu par la grande industrie et une presse d'extrême droite florissante. Les magouilles politiciennes dépeintes n'avaient rien à envier dans leur opportunisme intéressé avec ce à quoi nous assistons aujourd'hui.

Comme le précédent, ce volume de 541 pages s'achève par une liste de sources et d'« inspirateurs » qui vont de Tolstoï à Aragon en passant entre autres par Brassens.

Comme le disait François BUSNEL, j'ai été « embarqué, scotché, médusé ».

A votre tour (c'est en Livre de poche) !

Et ce n'est pas fini...

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Qui est Rachel KHAN ?

18 Avril 2021, 15:11pm

Publié par Bernardoc

Elle cumule toutes les tares : métisse polono-franco-gambienne, juive, de gauche et universaliste.

Je l'ai entendue au poste l'autre matin, et quel bol de bon air au milieu des discours nauséabonds décoloniaux et « racisés ». Son dernier livre d'ailleurs, dans un pied de nez, est intitulé Racée, ce qui, en plus, convient parfaitement à une ancienne championne de sprint. Nulle surprise alors qu'elle soit considérée comme traître à la « cause » ! Pourquoi ? Tout simplement parce qu'elle refuse le discours victimaire qui voudrait nous rendre tous coupables sous prétexte que notre peau serait davantage dépigmentée que celle du voisin.

Si j'ai bien compris, c'est ce qu'on appelle la culture « woke », importée des puritains Etats-unis d'Amérique du nord, qui avait déjà mis la France à genoux en signe de protestation, attitude qui n'a rien à voir avec nos traditions (poing levé et drapeau rouge ou noir).

Encore une fois, c'est un fantastique bond en arrière que je me refuse à faire. Je dois toujours être un archéo qui pense que la lutte des classes est ce qui permet de faire avancer le monde, et qu'on a tort d'abandonner trop souvent ce slogan du siècle dernier : « Travailleurs français-immigrés, même patron, même combat ».

Sinon, mais je n'ai encore entendu nul ne le citer, le vrai modèle décolonial me semble être Idi Amin Dada. Mais est-ce bien ce que nous voulons ?

Merci Madame Khan, je vais me précipiter sur votre livre aux Editions de l'Observatoire.

Et ce n'est pas fini...

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L'Arabe du futur.

15 Avril 2021, 11:32am

Publié par Bernardoc

Lorsque j'ai vu cet album il y a plusieurs années, je n'étais vraiment pas attiré par ce genre de thème. Et puis j'ai eu l'occasion d'entendre Riad SATTOUF de nombreuses fois à la radio et j'ai trouvé intéressantes ses réflexions sur le tiraillement entre deux cultures. Puis j'ai vu ce qu'il dessinait dans l'album qu'il avait offert à Reporters Sans Frontières.

Dernièrement, alors que je faisais mes courses à Leclerc, j'ai découvert que dans le magasin il y avait tout un rayon librairie (l'espace culturel, situé dans la galerie marchande est fermé). Et lorsque je vois des livres, il est rare que je n'en achète pas au moins un, et donc parmi ceux exposés il y avait le tome 1 de L'Arabe du futur.

Je n'ai pas regretté mon achat, j'ai bien retrouvé l'artiste que j'avais entendu. Ce premier tome se déroule entre la Lybie de Kadhafi et la Syrie de Hafez-Al-Assad (le père de l'actuel), entrecoupé de quelques courts séjours en France. Riad, qui ne parle pas arabe, se sent complètement étranger dans ces pays, y compris au milieu de la famille de son père en Syrie. Il est aussi étonné du comportement de son père, qui n'a rien à voir avec celui qu'il adopte en France.

Ce premier tome se termine par un nouvel envol vers la Syrie, au grand désespoir de l'auteur.

Nous en sommes au tome 5, mais vu le prix (plus de 20 €), je pense que j'emprunterai les suivants à la bibliothèque.

Et ce n'est pas fini...

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Elle n'est pas morte.

30 Mars 2021, 09:54am

Publié par Bernardoc

On l'a tuée à coups de Chassepot
A coups de mitrailleuse
Et roulée avec son drapeau
Dans la terre argileuse
Et la tourbe des bourreaux gras

Se croyait la plus forte

(Refrain x2)
Tout ça n'empêche pas, Nicolas,
Qu' la Commune n'est pas morte !

Comme faucheurs rasant un pré
Comme on abat des pommes
Les Versaillais ont massacré
Pour le moins cent mille hommes
Et les cent mille assassinats
Voyez ce que ça rapporte

(Refrain x2)

On a bien fusillé Varlin,

Flourens, Duval, Millière,
Ferré, Rigault, Tony Moilin,
Gavé le cimetière.
On croyait lui couper les bras
Et lui vider l'aorte

(Refrain x2)

Ils ont fait acte de bandits
Comptant sur le silence
Achevé les blessés dans leur lit
Dans leur lit d'ambulance
Et le sang inondant les draps
Ruisselait sous la porte

 

Refrain x2)


Les journalistes policiers
Marchands de calomnies
Ont répandu sur nos charniers
Leurs flots d'ignominie
Les Maxime Ducamp, les Dumas
Ont vomi leur eau-forte

(Refrain x2)

C'est la hache de Damoclès
Qui plane sur leurs têtes
A l'enterrement de Vallès
Ils en étaient tout bêtes

Fait est qu'on était un fier tas
A lui servir d'escorte

(x2)
C'qui prouve en tous cas, Nicolas,
Qu' la Commune n'est pas morte !

Bref, tout ça prouve au combattant
Qu' Marianne a la peau brune
Du chien dans l'ventre et qu'il est temps
D'crier "Vive la Commune !"
Et ça prouve à tous les Judas
Qu' si ça marche de la sorte

(x2)
Ils sentiront dans peu, nom de Dieu,
Qu'la Commune n'est pas morte !

 

Eugène POTTIER

Et ce n'est pas fini...

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