les enfants des justes.
C’est le titre du dernier livre de Christian SIGNOL, publié en octobre 2012, et c’est le premier que je lis. Situé pendant la guerre, autour de la ligne de démarcation en Dordogne, il s’agit d’un roman populaire, décrivant la vie de gens pauvres, simples et généreux qui vont se trouver embarquer quasi malgré eux dans la Résistance.
Cela commence par l’accompagnement de clandestin lors du passage de personnes en danger qui veulent rejoindre la zone libre, puis l’accueil d’une petite fille juive, qui partira, sera remplacé par un garçon orphelin, qui sera rejoint par la première. Nous découvrons comment ce couple sans enfant, Virgile et Victoria, va apprivoiser puis aimer ces enfants qui vont devenir les leurs.
Très intéressant de voir l’évolution des mentalités au cours de ces quelques mois d’une des périodes les plus sombres de notre histoire, avec la suspicion qui s’instaure entre les membres des communautés villageoises, jusqu’à ce que, lors d’une rafle, chacun s’étonne avec plaisir de voir que la majorité des villageois périgourdins sont engagés dans la lutte pour la Libération.
Dans son avant-propos, l’auteur cite le président de la République qui, à propos de l’arrestation, l’internement et la déportation des juifs parlait de « crime commis contre la France par la France » pour le contester en écrivant « Ma France à moi n’est coupable de rien. », rappelant ainsi la chanson de Ferrat : « Celle qui chante en moi la belle la rebelle ». Et effectivement Signol nous montre sa France à lui, ou plutôt celle de ses parents, car comme moi lui n’a pas vécu cette guerre.
L’épilogue voit revenir Victoria des camps d’extermination ; elle montre son numéro tatoué sur son bras et n’a que deux phrases pour décrire ce qu’elle vient de vivre : « J’ai bien pâti, tu sais. » et « J’en ai eu, de la misère. », ce qui suffit à résumer le caractère de cette femme.
Un roman qui vous prend aux tripes et pourra même vous arracher quelques larmes.
Et ce n’est pas fini…