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Le blog de Bernard SARLANDIE

education

Mampong Ashanti.

6 Août 2019, 12:12pm

Publié par Bernardoc

Comme je l'ai dit précédemment, nous sommes arrivés là par hasard, pour ne pas dire par défaut. Et là, on ne nous a pas accompagnés : nous avons utilisé la compagnie nationale de transports par car (très performante à l'époque). Après un arrêt technique (pipi et restauration – il m'a fallu deux grandes bières pour arriver au bout de la kebab tellement elle était épicée !) à mi chemin, nous arrivons à Kumasi, l'ancienne capitale du royaume ashanti. Changement de décor à la gare routière : nous quittons le car Setra (qui était fabriqué en RDA si je ne m'abuse) pour un « tro-tro », ce brinquebalant taxi-brousse qui allait nous déposer à l'entrée de St Monica's Secondary School. Je me souviens d'avoir vu charger notre malle de 40 kilos sur la tête d'un gamin d'une douzaine d'années et j'ai eu l'impression de le voir se tasser de 10 centimètres avant qu'il n'arrive à notre nouveau moyen de transport !

En débarquant nous sommes accueillis chez la directrice, Grace P. BONNEY, qui commençait sa carrière de directrice, la première Ghanéenne après les bonnes sœurs anglicanes. Après nous avoir offert un raffraîchissement, elle nous conduit vers notre bungalow dans lequel se trouvait déjà notre boy, Maxwell. Nous étions mariés depuis moins d'un an et nous n'avions pas envisagé de partager notre vie avec une tierce personne, mais Daniel et Fanny qui étaient programmés sur le poste double, s'étaient engagés à le reprendre. Nous avons donc décidé de le garder à mi-temps mais de le payer au Smic local à temps complet. Nous nous sommes fait incendier par d'autres VSNA car on bousculait les prix. Il nous a revendu le tuyau d'arrosage (pour quand il y avait de l'eau) que lui avaient laissé nos deux prédécesseurs, et que nous lui avons laissé à notre tour deux ans plus tard.

Nous étions entourés de deux couples mixtes, les Cole et les Moss, ce qui a grandement favorisé notre intégration et la découverte des traditions.

Maxwell, qui était logé sur le campus, a été viré par la directrice et il a demandé à être logé chez nous avec sa femme temporairement avant que la maison de son village soit en état. Nous avons d'abord dit non, car il voulait occuper une pièce noire en face de la cuisine, mais devant sa détresse nous avons fini par céder. Finalement, cela s'est bien passé et son épouse était charmante.

Au cours de la deuxième année, il est venu nous voir : son boy avait fait des bêtises sur sa plantation de cacao et il devait aller y remettre de l'ordre. Il nous proposait d'embaucher son frère pendant son absence, et c'est ainsi que nous sommes passés de Maxwell à Johnson.

Ce premier texte est surtout accompagné de photos de personnes : collègues, élèves et trois photos plus récentes prises sur internet.

Et ce n'est pas fini...

Mampong Ashanti.
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Augmentation des dividendes, coup de pouce pour le pouvoir d’achat… des plus riches !

17 Juillet 2019, 21:45pm

Publié par Bernardoc

Le Pôle éco de la CGT vous ouvre les yeux.

L’INSEE publie chaque trimestre une note de conjoncture pleine d’informations. Dans celle de juin 2019, on remarque notamment que le calcul des dividendes versés aux ménages pour l’année 2018 révèle de bonnes surprises pour les actionnaires. En effet, les dividendes versés aux particuliers ont crû de 24% en 2018 or cela ne reflète en aucun cas l’évolution des résultats des entreprises.

Comment expliquer ce bond des dividendes ? Dès son arrivée au pouvoir, Emmanuel Macron a abaissé la fiscalité sur la rémunération du capital. Ainsi en 2018, le capital a été imposé selon le prélèvement forfaitaire unique également appelé « flat tax » à hauteur de 30%. Auparavant ces revenus étaient imposés de deux façons. Il y avait tout d’abord des prélèvements sociaux à hauteur de 15,5%, secondement ces revenus étaient taxés selon le barème de l’impôt sur le revenu. Ainsi, en cumulant les prélèvements sociaux et l’impôt sur le revenu, la taxation pouvait monter à 60,5% pour les plus riches. Au contraire, pour les citoyens ayant un revenu inférieur à 27 000€ par part fiscale, la taxation étaient inférieure aux 30% du Prélèvement Forfaitaire Unique. Ce sont donc les épargnants les plus modestes les perdants de cette réforme.

Afin de profiter au maximum de cette nouvelle fiscalité plus que généreuse pour les plus riches, les actionnaires se sont donc octroyé une forte augmentation des dividendes, qu’ils avaient immobilisés l’an dernier en prévision de ces cadeaux fiscaux.

Les plus riches, qui ont financé la quasi-totalité de la campagne électorale d’Emmanuel Macron ont donc un retour sur investissement immédiat.

Quel impact sur le pouvoir d’achat ?

Dans son discours de politique générale, Edouard Philippe s’est vanté d’une dynamique du pouvoir d’achat sans précédent depuis 10 ans. Certes le pouvoir d’achat des ménages augmente de plus de 1% pour la troisième année consécutive mais ces trois années de hausse ne sont pas non plus extravagantes (2016 : + 1,6% ; 2017 : +1,4% ; 2018 : +1,2%). De plus, pour comprendre le décalage entre ces chiffres et le ressenti de la population il convient de s’intéresser rapidement au calcul du pouvoir d’achat.

Pour rappel, l’évolution de pouvoir d’achat correspond à la différence entre l’évolution du Revenu Disponible Brut1 (RDB) et l’évolution de l’Indice des Prix à la Consommation2 (IPC). Ainsi, en 2018 le revenu disponible brut a augmenté de 2,7% tandis que l’Indice des prix a augmenté lui de 1,5% ce qui donne une augmentation du pouvoir d’achat des ménages de 1,2%.

1 Revenu Disponible Brut : Revenu dont disposent les ménages pour consommer ou investir, après opérations de redistribution. Il comprend l’ensemble des revenus d’activité (rémunérations salariales y compris cotisations légalement à la charge des employeurs, revenu mixte des non-salariés), des revenus de la propriété (intérêts, dividendes, revenus d’assurance-vie…) et des revenus fonciers (y compris les revenus locatifs imputés aux ménages propriétaires du logement qu’ils occupent). On y ajoute principalement les prestations sociales en espèces reçues par les ménages et on en retranche les cotisations sociales et les impôts versés.

2 Indice des Prix à la Consommation : L'indice des prix à la consommation (IPC) est l'instrument de mesure de l'inflation. Il permet d'estimer, entre deux périodes données, la variation moyenne des prix des produits consommés par les ménages. C'est une mesure synthétique de l'évolution de prix des produits, à qualité constante.

Cependant ces chiffres sont à nuancer. En effet, parmi les 2,7% d’augmentation du revenu disponible brut, 0,5 point (soit près de 20 % de cette augmentation) s’explique par l’augmentation des dividendes expliquée précédemment. Or ces dividendes ne sont évidemment pas distribués de façon égale dans la population. Les revenus de la propriété (loyers, dividendes, intérêts) représentent en moyenne 14% du revenu disponible brut des 20% plus riches (ce chiffre augmente de façon exponentielle lorsque l’on s’intéresse aux ultra-riches) contre 0% du revenu des 60% les plus pauvres.

Sans cette augmentation des dividendes qui n’a concerné que les plus riches, l’augmentation du pouvoir d’achat des ménages n’a augmenté que de 0,7%, de quoi nuancer l’autocongratulation du Premier Ministre.

Ce chiffre, déjà peu réjouissant est lui-même à prendre avec des pincettes puisqu’il s’agit de l’augmentation du pouvoir d’achat de l’ensemble des ménages, mais qui ne prend notamment pas en compte l’augmentation du nombre de ménages. Pour simplifier, en langage macronien, la taille du gâteau augmente certes, mais le nombre de convives également ! La part de chacun augmente donc relativement peu.

La mise en perspective de ces différents éléments permet donc de mieux saisir le décalage chronique entre les chiffres mis en avant par le gouvernement et le ressenti des français. L’exécutif ferait donc mieux de privilégier l’écoute des citoyens plutôt que la gouvernance par les chiffres.

Et ce n'est pas fini...

 

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Prépa.

11 Juillet 2019, 11:36am

Publié par Bernardoc

Voici l'accroche d'un article de lemonde.fr du 11 juillet.

« Au début, en prépa, je me demandais : mais qu’est-ce que je fous là ? »

Annelyse vient de passer deux années en prépa littéraire. Malgré des notes « qui blessent l’ego », elle dit n’avoir jamais « autant appris ». « Nous étions tous dans les mêmes difficultés, donc on se soutenait », écrit-elle.

« Un 10 en prépa, c’est bien »

 

Lorsque j'étais en Philo au lycée Jean Aicard à Hyères, je n'ai jamais entendu parler de classe prépa littéraire. Je me souviens que deux élèves de Math élem allaient tenter de s'inscrire en Maths sup, mais c'est tout. Pour nous, la poursuite d'études, c'était la fac de Nice qui allait ouvrir pour nous...et qui signifiait aussi la liberté.

Je fus surpris en deuxième année de voir arriver dans notre amphi des Toulonnais après leur année d'hypokhâgne, qui me révélèrent l'existence de ces classes post-bac. Etaient-ils meilleurs que nous ? Je n'en ai pas le souvenir. Et finalement, je ne pense pas que cette orientation m'ait désavantagé, et j'ai coûté moins cher à la nation pour mes études.

Guilhem, notre fils, connaissait l'existence de ces classes, et lui a fait de la résistance : il voulait intégrer Sciences Po directement après le bac, ce qu'il a fait.

Je sais qu'un certain nombre de mes collègues PLP sont passés par des classes prépa ; moi je suis passé par l'ENNA (eux aussi pour la plupart) et la formation était remarquable pour le public spécifique à qui nous devions transmettre les connaissances et les valeurs républicaines.

Donc, pas de regret.

Et ce n'est pas fini...

 

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Notes inventées ?

9 Juillet 2019, 11:42am

Publié par Bernardoc

Les témoignages ont été nombreux sur les réseaux sociaux. Ben oui, il fallait bien trouver un moyen, hors LBD, de contrer les « preneurs d'otages », comme a osé le méprisant de la République.

Mais en fait, ce n'est pas nouveau. Ma dernière année avant ma retraite, j'ai découvert, en allant sur un site administratif que j'avais complété (partiellement !) que l'on m'avait attribué des commentaires que je n'avais jamais écrits. Je fais alors une copie d'écran que je corrige et envoie au rectorat pour signifier que je n'acceptais pas la responsabilité de quelque chose que je n'avais pas commis. Peine perdue. Je saisis alors le juriste du rectorat pour solliciter avis et conseils : silence radio. J'ignore si l'internaute en charge du serveur avait reçu des ordres ; honnêtement je pense qu'il s'agissait de quelqu'un qui avait pour seule consigne « ne pas faire de vagues » et c'est le moyen qu'il avait trouvé. Peut-être suis-je trop naïf ?

Lorsque je mentionnais ce fait dans mon rapport annuel, ce fut très mal perçu (c'est un euphémisme) par mon supérieur hiérarchique.

Heureusement qu'à cette époque-la on avait la chance (?) de pouvoir prendre sa retraite complète à 60 ans, sinon les années suivantes auraient été très pénibles, surtout avec l'arthrose qui m'attaquait la hanche.

Et ce n'est pas fini...

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Grèves dans l'E.N.

29 Juin 2019, 21:54pm

Publié par Bernardoc

Article tiré du site Questions de classe(s) du 25 juin 2019

L’appel à la grève des examens lancé à partir du lundi 17 juin par une grande partie des syndicats, des organisations lycéennes et différents collectifs enseignants est l’occasion d’un petit retour historique. De 1905 à 2019, en passant par 1927 et 2003, rappel des faits et réflexion sur le sens de la grève des enseignant.es et sur leur fonction sociale...

Aux origines du syndicalisme enseignant

Au début du xxe siècle, rompant avec les Amicales, les premiers syndicalistes enseignant se revendiquent du syndicalisme révolutionnaire et de l’action directe. Pourtant, ils ne comptent pas utiliser la grève comme moyen d’action (1)...
Deux raisons expliquent ce rejet. La première concerne son efficacité dans le système scolaire : les enseignant.es ne « produisant rien » leur mouvement ne saurait paralyser le pays, selon l’idéal de la grève générale :

« La grève des instituteurs est un moyen si faible de pression sur les pouvoirs publics que rien n’en justifierait l’emploi. Est-ce que les classes ne sont pas fermées deux mois chaque année ? La vie nationale n’en est même pas suspendue. » (article du dirigeant syndical Émile Glay, 10 décembre 1905).

La seconde insiste sur le fait que, en cas de grève générale, le rôle des instituteurs et des institutrices est d’être fidèle à leur poste, en classe, auprès des enfants des insurgé.es, pour éviter au plus jeunes de jouer les gavroches sur les barricades mais aussi pour préparer, en classe, la société de demain qui naîtra de la grève générale expropriatrice (voir le chapitre consacré à l’école par Émile Pouget et Émile Pataud dans leur roman « d’anticipation syndicale » Comment nous ferons la révolution).

« En cas de grève générale, nous estimons que le plus grand service que nous puissions rendre à la classe ouvrière ne serait pas de descendre manifester dans la rue. La place des enfants n’est pas au milieu des mouvements ouvriers : ils constituent un danger pour les uns et pour les autres. Dans une période agitée comme celle-là, notre devoir impérieux serait d’être à notre poste, gardant les enfants pour les soustraire aux dangers de la rue. »
Manifeste du syndicat du Morbihan, en 1907.

1920 - Premier recours à la grève

Le premier fait avéré de grève dans l’EN date de 1920 et ne concerne pas directement les questions scolaires puisqu’il s’inscrit dans un cadre interprofessionnel et politique (pour la « socialisation des moyens de production et d’échanges, le respect de la journée de 8 heures, l’amnistie générale des soldats et détenus politiques et la paix avec la Russie »). Le Conseil fédéral de la CGT invite les instituteurs et institutrices à participer à la grève générale du 1er mai… Face à l’afflux des protestations émanant des AG syndicales, l’appel à la grève est annulé. Seul le syndicat des Bouches-du-Rhône maintient sa consigne de cessation du travail qui est suivie par deux cents instituteurs marseillais. Les grévistes payent un lourd tribu...

1927 - la grève des examens

En 1927, dans le 2nd degré, est organisée la première « grève du bac » : « des professeurs de lycées refusent en juin 1927 de participer aux jurys du baccalauréat (ce qui, à l’époque, était facultatif). . Ce mouvement a contribué à démontrer l’importance sociale des professeurs de l’enseignement secondaire, puisqu’à l’époque, le baccalauréat constituait une “porte d’entrée dans la bourgeoisieˮ » (2)… Mais, à l’époque, enseignant.es du primaire et enseignant.es du secondaire appartiennent à deux mondes totalement différent...

Inspirée probablement par cette action, la Fédération unitaire (CGT-U), qui regroupe les enseignant.es du 1er degré, lance un mot d’ordre d’abstention aux commissions d’examens… Soutenu du bout de lèvre par la CGT réformiste (le SN) qui, à quelques jours de l’échéance suspend son appel, ce mouvement de protestation contre la baisse des salaires des fonctionnaires échoue. Finalement, l’action se limite à un appel à l’abstention aux conférences pédagogiques du mois d’octobre – une grève « à rebours » puisque les instituteurs seront invités ce jour-là à faire classe comme d’habitude.
1933 - 30 minutes de grève...

Novembre 1932, dans un contexte de rigueur budgétaire (crise de 1929) un décret-loi annonce que les instituteurs et les institutrices ne font plus partie du cadre des fonctionnaires actifs et ne peuvent donc plus prendre leur retraite à 55 ans. Les salaires sont autoritairement baissés. Le 20 février 1933 a lieu la première grève enseignante : l’arrêt de travail prend la forme d’une rentrée retardée d’une demi-heure l’après-midi. Psychologiquement, pour la profession, c’est une victoire… revendicativement, un échec !

1965, 1968, 2003… Le tabou de la grève des examens

Après guerre, depuis que le droit de grève est reconnu aux fonctionnaires (3), la puissante Fédération de l’Éducation nationale (FEN) cadre les mobilisations qui se limitent à des journées d’action de 24 heures (avec quelques exceptions, comme la grève parisienne de 1947). Même si, lors du congrès du SNES d’avril 1965, une consultation individuelle des adhérents est organisée sur la poursuite de l’action en cours (à savoir une « grève administrative » contre la mise en place du système des filières ABCDEFG voulue par le ministre de l’Éducation nationale Christian Fouchet). Le mouvement avorte (4)... l’idée est abandonnée. Le mouvement de 68 ne débouche pas, lui non plus, sur une grève du bac, même si celui-ci est particulièrement désorganisé.

En juin 2003, alors que des AG de grévistes se réunissent quotidiennement depuis des semaines, voire des mois, la question de la grève le jour du bac est tabou. Dans ce mouvement contre la réforme des retraites mais aussi contre la décentralisation de l’Éducation nationale, les personnels enseignants sont en pointe et très fortement mobilisés. Mais l’idée de perturber les épreuves du bac est rejetée par une grande majorité des grévistes. Rares sont les villes, comme à Perpignan, où des actions sont conduites pour empêcher la tenue des examens…
Dès lors, l’échec du mouvement de 2003, pour les militant.es les plus radicalisés, sera régulièrement imputé à ce refus d’aller jusqu’au bout . Analyse qui ne fait pas non plus l’unanimité. Par exemple pour Gérard Aschieri, alors secrétaire national de la FSU,

« Une telle décision [la grève du bac] était en rupture avec la culture professionnelle des enseignants qui s’étaient exprimée dans la grève elle-même. » « La grève de 2003, leçon d’un traumatisme », La grève enseignante en quête d’efficacité

17 juin 2019 – Un tournant ?

L’ambiance est toute autre en 2019. Sans présager du succès de la mobilisation le 1er jour des épreuves du bac, force est de constater que les plus engagé.es portent de manière radicale et sans état d’âme l’idée que la grève des examens est l’ultime arme qui pourra faire plier le gouvernement. Un tournant dans la représentation (consciente ou inconsciente) que la profession se fait de son rôle d’agent de tri social.

Grégory CHAMBAT, collectif Questions de classe(s)

Et ce n'est pas fini...

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Rajeunissant.

23 Mai 2019, 11:58am

Publié par Bernardoc

Ce matin, en revenant de mon tour de vélo, que j'essaie de rendre quotidien, je croise sur la piste cyclable une ribambelle de jeunes en file indienne, casqués sur leurs petits vélos et bien encadrés par des adultes en gilets jaunes (comme moi). Je ne savais pas d'où ils venaient lorsque Jérôme, un des policiers municipaux du Haillan me salue ; c'était plus facile pour lui de me voir, car à cette heure-là j'avais le soleil dans les yeux. Il s'agissait donc d'une école du Haillan.

J'ai hésité pour le titre de cette chronique entre rafraîchissant et réconfortant. Quel bonheur de constater que malgré les normes de plus en plus strictes et décourageantes des instits osent encore sortir de leur classe et confronter leurs élèves à la vraie vie. C'est là qu'on peut se rendre compte du génie de Célestin FREINET qui a toute sa vie voulu ouvrir sa classe sur le monde, notamment grâce à la correspondance. Et c'est ce que moi, modestement à mon échelle, bien avant internet, j'ai tenté de faire en procurant des correspondants (de langue anglaise ou française selon le pays où je me trouvais) à mes élèves.

Mais pour en revenir au vélo, je me souviens d'une année, dans mon collège ZEP, du récit que m'avait fait un collègue d'EPS au retour d'une journée plein air avec une classe de 3ème. Lorsqu'ils arrivent à la base et veulent prendre les vélos mis à leur disposition, un élève avoue ne pas savoir en faire. Eh bien le prof a laissé un moment le groupe à ses autres collègues pour apprendre le vélo à cet élève. Et je ne vous dis pas le bonheur au retour pour cet élève désavantagé au départ !

Comme chaque année je reprends la ronde des écoles/collèges/lycées pour remettre les récompenses aux élèves qui eux aussi ont été incités à regarder ailleurs, et l'enthousiasme des collègues au sein de leur classe, au milieu de leurs élèves fait plaisir à voir. Espérons que « l'école de la confiance » ne va pas briser ces élans innovateurs et progressistes.

Et ce n'est pas fini...

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École de la confiance ?

22 Mai 2019, 08:44am

Publié par Bernardoc

Je lis dans Le Monde (gracieusement fourni par l'aéroport de Bordeaux ) du 14 mai que 3 enseignants du collège République de Bobigny vont recevoir des sanctions, allant jusqu'à des mutations "dans l'intérêt du service ". Tous trois étaient syndiqués à Sud - Éducation.

Je me souviens, il y a 15 ans, avoir reçu le dossier d'une CPE dans lequel figurait une liste de candidats de ce syndicat avec son nom entouré en rouge.

Choqué, j'appelais le service juridique du rectorat qui me confirma que ce document n'avait rien à faire dans un dossier administratif. Je convoquais donc la dite CPE et devant elle détruisit ce document qui se voulait compromettant.

Autre temps, autres moeurs...

Posté à mon retour de Roumanie.

Et ce n'est pas fini. ..

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Histoire et vocabulaire.

8 Mai 2019, 11:11am

Publié par Bernardoc

Armistice : Convention par laquelle les belligérants suspendent les hostilités.

Reddition : Acte par lequel une troupe ou une forteresse met bas les armes.

Victoire : succès militaire remporté sur les ennemis.

 

Désireux de laver l'humiliation de 1918, Hitler exige de signer l'armistice le 22 juin 1940, à Rethondes, en forêt de Compiègne, dans le wagon historique où le maréchal Foch et les plénipotentiaires allemands se retrouvèrent pour l'Armistice du 11 novembre 1918.

Le 8 mai 1945 est la date de la victoire des Alliés sur l'Allemagne nazie et la fin de la Seconde Guerre mondiale en Europe marquée par l'annonce de la capitulation de l'Allemagne.

La loi du 7 mai 1946 prévoit que la commémoration du 8 mai 1945 soit fixée au 8 mai de chaque année, si ce jour est un dimanche, ou le dimanche suivant. Dès cette année et plus nettement dans les années suivantes, c'est-à-dire jusqu'en 1951, la commémoration perd de son importance alors que les associations d'anciens combattants réclament la reconnaissance du 8 mai comme jour férié et chômé. Ces associations organisent ainsi leur propre manifestation. L'adoption de la loi n° 53-225 du 20 mars 1953 clarifie la situation : le 8 Mai est déclaré jour férié (mais non chômé) de commémoration en France.

Dans une logique de réconciliation avec l'Allemagne, le président Charles de Gaulle supprime le caractère férié de ce jour par le décret du 11 avril 1959 qui fixe la date de la commémoration au deuxième dimanche du mois de mai. Puis le décret du 17 janvier 1968 décide que le 8 mai sera commémoré chaque année, à sa date, en fin de journée.

En 1975, dans cette même logique afin de souligner la volonté des Européens d'organiser en commun leur avenir pacifique, le président Giscard d'Estaing supprime également la commémoration de la victoire alliée de 1945. Cette décision suscite un tollé général de la part des associations d'anciens combattants.

C'est à la demande du président François Mitterrand que cette commémoration et ce jour férié seront rétablis, par la loi n° 81-893 du 2 octobre 1981 qui ajoute cette date à la liste des jours fériés désignés par le code du travail.

Voilà : marre d'entendre parler de l'armistice du 8 mai 1945 !

Et ce n'est pas fini...

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2019 : Travaux Personnels Envolés

3 Mai 2019, 16:11pm

Publié par Bernardoc

Il est des articles qu'il n'est point besoin de commenter, tel celui-ci tiré d'une ancienne publication du Café pédagogique.

Adieu les TPE ! En ce mois de janvier 2019, dans tous les lycées, les 1ères achèvent leurs Travaux Personnels Encadrés et écrivent la fin d’une belle histoire pédagogique. Car la réforme du lycée supprime les TPE : un dispositif lancé en l’an 2000 pour mettre en œuvre au lycée la pédagogie de projet, le travail de groupe, l’interdisciplinarité, le développement de compétences transversales (informationnelles, numériques, collaboratives, créatives …) : pour favoriser l’implication des élèves dans les apprentissages. Fallait-il supprimer ce dispositif au lieu de le rénover et le revitaliser ? Le grand oral annoncé en terminale pourra-t-il en être le prolongement alors qu’il n’est pas prévu d’horaire spécifique ? Le Café pédagogique a interrogé des lycéens qui durant 2 décennies ont goûté aux TPE. Des années après, devenus ingénieurs, enseignants, infirmiers, architectes, médecins, étudiants …, ils disent combien les TPE leur ont permis de resserrer les liens avec l’Ecole et les savoirs tout en les préparant aux études, au travail, à la vie. Et ils interrogent : pourquoi donc supprime-t-on les TPE ? 

 Quelques rappels

 1997 : un grand mouvement lycéen débouche sur une enquête nationale dont émerge l’aspiration des élèves à plus d’autonomie et de responsabilité dans la classe et au lycée.

2000-2001 : les Travaux Personnels Encadrés sont progressivement mis en place en 1ère.

2001-2002 : les TPE sont étendus à la terminale sur le mode d’une épreuve facultative.

2005-2006 : les TPE sont supprimés en terminale, le travail de 1ère devenant le support de notation pour le bac.

2019 : les TPE sont supprimés en 1ère par la réforme du lycée de Jean-Michel Blanquer.

Les TPE en 1ère se déroulent durant le 1er semestre de l’année sur une plage de 2 heures hebdomadaires. Les élèves sont encadrés par 2 enseignant.es de 2 matières différentes. Les élèves y disposent de certaines libertés : constitution du groupe, choix du sujet (qui doit être en lien avec des thèmes nationaux et avec les disciplines représentées), définition de la problématique, adaptation des démarches (recherches, lectures, enquêtes, interviews …), planification du travail, répartition des tâches, forme(s) de la production finale (dossier, site web, écriture créative, vidéo …). Au final, les élèves passent un oral devant un jury : ils exposent le résultat de leur travail et répondent aux questions du jury, ils justifient leurs choix et témoignent des connaissances et compétences acquises.

Et ce n'est pas fini...

 

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Mathématiques : le niveau des écoliers français en chute libre.

11 Avril 2019, 08:35am

Publié par Bernardoc

Article tiré de radins.com du 10 avril 2019

La nouvelle organisation des lycées va-telle améliorer ces résultats ou va-t-elle simplement casser le thermomètre ?

Selon une étude de l'agence des statistiques du ministère de l'Éducation, le niveau en mathématiques et notamment en calcul des élèves de CM2 a littéralement plongé en 30 ans.

Comme quoi le niveau de mathématiques pouvait encore tomber plus bas... Selon une récente note d’information de la direction de l'évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) du ministère de l'Éducation, le niveau des élèves de CM2 en additions, soustractions, divisions et problèmes… est problématique ! Cette enquête lancée en 1987 passe au crible leurs résultats à peu près sur quatre décennies : 1987, 1999, 2007, 2017. Le verdict actuel est affligeant : alors que, déjà, les performances des élèves avaient fortement baissé entre 1987 et 1999, les meilleurs élèves d’aujourd’hui sont en fait au niveau des pires d’hier.

En effet, le niveau en calcul des élèves de CM2 a encore baissé entre 2007 et 2017, selon l’étude la DEPP. Quand la génération d’élèves de 1987 obtenait une moyenne de 250 points, ceux de 1999 en ont perdu 40, la chute se ralentissant entre 1999 et 2007 (-8 points), avant d’accélérer à nouveau pour s’effondrer à 176 points (-26). Seuls 1% des élèves actuels dépasseraient le niveau le plus élevé, contre 10% en 1987, selon les chiffres de la DEPP.

Dit autrement, une part croissante des enfants ne maîtrise pas ou plus les bases du calcul : additions, soustractions, multiplications, divisions, résolution de problèmes… Ce constat rejoint les résultats d’un autre indicateur, le palmarès Timss (Trends in International Mathematics and Science Study) qui porte sur les élèves de CM1 en 2015. Selon ce palmarès, la France se situe en deçà de la moyenne (500 points), avec un score de 488 points en mathématiques.

Mais ces résultats posent question : à qui la faute ? Si autant d’élèves sont en difficulté en matière de calcul, est-ce à dire que l’enseignement lui-même n’est pas suffisant ? Serait-ce une question d’insuffisance de nombre d’heures de cours ? Jean-Michel BLANQUER, l’actuel ministre de l’Éducation nationale, a d’ailleurs demandé que « le sens des quatre opérations soit donné dès le CP » et « les automatismes de calcul travaillés ». Moins que les horaires, ce que l’on appelle les « fondamentaux » occupant une grande place dans les emplois du temps des élèves, semble se poser la question du niveau, du recrutement et de l’accompagnement des enseignants de primaire. Une question de formation, donc, alors que les écoles du professorat sont en pleine refonte.

Me trompé-je ou bien n'était-ce pas Sarkozy qui avait supprimé la formation des maîtres ? Rappelons également qu'avec un bac+5 le choix de devenir enseignant avec le salaire de misère proposé est souvent un choix par défaut.

Et ce n'est pas fini...

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