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Le blog de Bernard SARLANDIE

education

Anecdotes.

31 Mai 2020, 16:42pm

Publié par Bernardoc

Après Devedjian, c'est Goasguen, un autre ancien d'Occident qui a été victime de la covid. Au fait, quelqu'un a des nouvelles de Longuet ?

Contrairement au premier, Goasguen semblait s'en être sorti : il est mort d'une crise cardiaque. On en parle peu, mais cette conséquence n'est pas rare. Un ami de mon fils est mort dans les mêmes circonstances, et il n'avait que 40 ans.

Venons-en aux anecdotes.

Claude GOASGUEN était inspecteur général de l'éducation nationale. Le bulletin officiel de la dite administration nous a avertis de son départ à la retraite à 58 ans. Je me suis alors fendu de deux courriels ; le premier était adressé à l'IGEN pour lui souhaiter une bonne retraite, le second au député RPR lui demandant de convaincre ses camarades (ou ses compagnons, comme ils disent chez eux ) que ce qui était bon pour lui serait vraisemblablement aussi bon pour les autres agents de l'éducation nationale.

Eh bien, ça n'a pas marché : je n'ai même pas eu d'accusés de réception ! Et j'ai dû aller jusqu'à 60 ans (42 annuités) pour me retirer.

Et ce n'est pas fini. ..

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Plaidoyer pour le contrôle continu.

4 Avril 2020, 10:32am

Publié par Bernardoc

Je n'y ai pas tellement pensé lorsque j'étais lycéen, mais j'y ai beaucoup pensé en fac (c'était avant l'instauration généralisée des partiels) : un accident était toujours possible, ce qui aurait ruiné une année de travail.

Je l'ai pratiqué en Polynésie pendant 6 ans, et cela n'a jamais posé aucun problème : ce qui garantissait l'équité de diplôme territorial (Certificat d'Aptitude au Développement) des Marquises aux îles australes, c'était la présence d'un regard extérieur qui permettait de lisser les évaluations.

J'ai participé au concours de recrutement spécifique des CPE il y a quelques décennies : il n'y avait pas d'écrit anonyme, mais les candidats arrivaient avec un court mémoire, rédigé en situation, qu'ils devaient défendre ; et bien c'était le concours de recrutement le plus sélectif.

Mais, bien évidemment, cela risque de bousculer les habitudes pédagogiques (?) de certains enseignants, je pense notamment aux profs de maths, dont certains prennent plaisir à sous-noter leurs élèves, dégoûtant à tout jamais ceux-ci de se diriger vers des études scientifiques. J'ai vécu cela dans mon dernier bahut. J'essayais de le faire comprendre à l'équipe, mais qu'est-ce que j'y connaissais moi le littéraire angliciste ? Autant dire que lorsque les inspecteurs de maths ont débarqué (ce n'était pas à ma demande), je buvais du petit lait lorsqu'ils ont fait les mêmes remarques que moi !

Et hélas, cette attitude semble perdurer si j'en crois l'expression d'une prof de maths à la radio il y a deux jours.

Alors oui, passons à une pédagogie de la réussite et croyons à l'éducabilité de chacun(e) ; cela permettra en plus de ne pas saborder le mois de juin.

Et ce n'est pas fini...

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Autour de Jacques Decour.

23 Février 2020, 10:06am

Publié par Bernardoc

Quand je suis du côté de Montmartre, je ne manque jamais de faire un pèlerinage vers le lycée où je suis entré en 6ème et que j'ai quitté à la fin du premier trimestre de 5ème pour rejoindre Jean Aicard à Hyères. Et à chaque fois je suis désolé de voir la dégradation de ce lycée, devenu cité scolaire. Je me suis même demandé s'il n'était pas définitivement fermé.

A l'époque c'était un lycée de grande réputation, et moi, fils d'ouvrier, je côtoyais les enfants de la haute pour la première fois et qui était au lycée depuis la 11ème (CP). Lorsque j'arrivais, les classes primaires venaient de fermer et si je suis par la suite devenu prof d'anglais, c'est grâce aux deux profs qui m'ont donné les bases en anglais, Mrs Torcq et M. Addes.

Qu'est-il devenu ? Apparemment il était tombé bien bas : en 2015 105/108 sur Paris et 2203/2277 en France. En 2018, il semble y avoir eu un redressement puisque les chiffres étaient 81/108 et 1174/2277. C'est loin d'être fameux pour un bahut qui peut s'enorgueillir d'avoir eu comme enseignants : Jules Michelet (1798-1874) qui y a enseigné l'histoire à partir de 1821

  • Henri Wallon (1812-1904), historien et homme politique, auteur de l'amendement Wallon de 1875, y exerça au début de sa carrière en qualité de professeur d'histoire

  •  Stéphane Mallarmé (1842-1898), poète, professeur d'anglais

  •  Édouard Branly (1844-1940), physicien et médecin, professeur de physique

  •  Henri Bergson (1859-1941), professeur de philosophie de 1889 à 1890. Prix Nobel de littérature en 1927

  • Jules Romains (1885-1972), professeur de philosophie en 1916-1917

  • Camille Lebossé (1905-1995), mathématicien (du fameux duo Lebossé-Hémery)

  • Robert Dauvergne (1908-1977), professeur d'histoire et géographie

  • Daniel Decourdemanche (1910-1942), professeur d'allemand, résistant sous le nom de Jacques Decour, dont le nom a été donné à l'établissement

  • Irène Frain (née en 1950), femme de lettres française, romancière et historienne

  • M. Lop, professeur d'arts plastiques et auteur de la fresque à la gloire de Jacques Decour dans la salle des actes.

  • M. France (anthologie Rouget-France)

  • Jean-Pierre LAZZERI, prof d'anglais, mon ami de la fac de Nice.

     

Parmi les élèves, on peut noter :

  •  Victor Duruy28 (1811-1894), homme politique et historien français, ministre de l'instruction publique de 1863 à 1869

  •  Gustave Moreau (1826-1898), peintre, graveur, dessinateur et sculpteur, élève de 1838 à 1840

  •  Francisque Poulbot28 (1879-1946), affichiste, dessinateur et illustrateur, élève de 1890 à 1896

  • Willy Ronis (1910-2009), photographe, élève de 1923 à 1929

  • Joël Le Tac (1918-2005), résistant, Compagnon de la Libération, député de Paris

  • Claude Lalet (1920-1941), résistant, fusillé comme otage au camp de Châteaubriant le 22 octobre 1941

  • Claude Nougaro (1929-2004), auteur-compositeur-interprète et poète, élève en 6e A2 en 1943

  • François Truffaut (1932-1984), réalisateur, scénariste, critique et acteur de cinéma.

  • Guy Claisse (1934-2016), journaliste, écrivain et viticulteur

  • Boris Cyrulnik (né en 1937), neurologue, psychiatre, éthologue et psychanalyste

  •  Roland Topor28 (1938-1997), illustrateur, dessinateur, peintre, écrivain, poète, metteur en scène, chansonnier, acteur et cinéaste

  • Gims (né en 1986), rappeur,

  • Philippe Chariéras, ancien secrétaire général de l'IA 33,

  • Daniel Bilalian, et bien entendu

  • Bernard SARLANDIE, 6e M7 puis 5e M7 (septembre 1959 – décembre 1960).

    Et ce n'est pas fini...

 

Autour de Jacques Decour.Autour de Jacques Decour.
Autour de Jacques Decour.Autour de Jacques Decour.
Autour de Jacques Decour.Autour de Jacques Decour.
Autour de Jacques Decour.Autour de Jacques Decour.

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Enfin !

4 Février 2020, 09:42am

Publié par Bernardoc

Titre dans libération.fr aujourd'hui

Réforme du bac : «On punit les mômes parce qu’ils osent dénoncer la situation ?»

Gardes à vue d’ados de 16 ans, répressions policières aux abords des lycées, menace de zéro à l’examen…Rodrigo ARENAS, le président de la fédération des parents d’élèves FCPE, est en colère.

Il était temps ! La FCPE, qui doit toujours être la première fédération de parents d'élèves, se réveille et donne de la voix. Après l'erreur de communication communautariste de la rentrée, elle semble prendre conscience de ce qu'il se passe véritablement dans les établissements.

La FCPE, mon premier engagement en tant que parendélev, fut assez court : il cessa le jour où en conseil d'école une maîtresse me dit : « Vous qui êtes de la maison... ». A partir de ce jour, tout en restant fidèle à cet engagment laïque, ce fut mon épouse, qui n'était pas encore « de la maison », qui reprit le flambeau. Car il est indispensable pour l'institution de pouvoir s'appuyer sur des parents d'élèves responsables et fédérés, plutôt que sur un agrégat d'individus qui voient surtout le cas de leur propre enfant plutôt que les problèmes généraux. C'est ce qui m'a toujours fait préférer les syndicats aux « collectifs », les mouvements structurés aux « indépendants ».

Je me souviens d'un jeune président d'un conseil local qui avait été émerveillé de tout ce que le conseil départemental des parents d'élèves pouvait lui apporter pour l'aider.

Donc, merci Monsieur Arenas de ce coup de gueule, en espérant qu'il ne reste pas lettre morte.

Et ce n'est pas fini...

 

 

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Liberté (encadrée) du consommateur.

27 Décembre 2019, 15:13pm

Publié par Bernardoc

Un vieil article de 2017 trouvé sur le net, mais qui rappelle toujours des choses utiles à comprendre.

Qu'elle est douce l'odeur du pain brioché lorsque vous vous approchez du rayon viennoiseries au supermarché. Simple coïncidence ou stratégie bien orchestrée ?

N’allez pas croire que le produit qui se trouve juste à la hauteur de vos yeux a été placé là par le simple fait du hasard… Dans le monde merveilleux de la grande distribution, tout est stratégie et les moyens pour vous donner envie d’acheter plus sont légion. On les appelle : les méthodes de merchandising. Comprenez : "l’ensemble des stratégies et des techniques qui permettent d'optimiser la rencontre quotidienne d'un produit et d'un client sur le point de vente" selon la définition de l’IFM (Institut français du merchandising).

Un parcours client savamment étudié

Poids et solidité des chariots, taille des paniers… Tout est réfléchi, pensé, brainstormé afin que le contenant soit adapté à vos objectifs d’achat et qu’à aucun moment vous ne vous sentiez freiné dans votre parcours. Côté rayons, même son de cloche. L’agencement de ces derniers se révèle primordial. Surtout lorsqu’ils sont situés à l’entrée. Certaines enseignes privilégieront de placer des fruits et des légumes en devanture quand d’autres opteront pour des promotions (rentrée, Noël, etc.) en fonction des saisons. Là encore le choix est libre. Tout dépend du parti-pris de votre supermarché et du message qu’il souhaite véhiculer. A cela s’ajoute une considération essentielle que bon nombre d’enseignes conservent à l’esprit : celle de créer des transitions douces afin que vous ne vous perdiez pas dans les rayons. Car plus un client est perdu, plus celui-ci commence à s’agacer et moins il est susceptible d’acheter.

Jouer la carte de l’achat compulsif

Les acteurs de la grande distribution l’ont bien compris par ailleurs. Le fait de miser sur la notion d’achat compulsif pour vous inciter à acheter des friandises à la caisse constitue un point essentiel de leur stratégie. Même son de cloche pour ce qui est des fameuses têtes de gondoles qui disposent d’une vraie belle visibilité. Leur emplacement est négocié par les marques. Bref, tout est une question de positionnement, de stratégie de positionnement, de mise en place à juste hauteur d’yeux pour attirer votre regard. Et ça marche ! Puisqu’en procédant de la sorte, ces techniques permettent aux supermarchés de vendre plus.

Du beau et du son

Certes, l’agencement des rayons est primordial. Mais un rayon qui n’est pas mis en valeur par un éclairage adapté ne vous incitera pas particulièrement à acheter. Il en est de même pour ce qui est du son. "Un magasin qui ne diffuse pas de son n'est pas silencieux. Il y a des sons pas forcément agréables (cris des enfants, bruits des chariots, bip de la caisse...) qui ont un impact négatif sur le comportement d'un client : il passe moins de temps à faire ses courses et évalue moins bien le magasin, est de mauvaise humeur et plus stressé", souligne Alain Goudey, directeur associé au sein d'AtooMedia (une agence de marketing sonore) et professeur en marketing à la Neoma Business School dans un entretien accordé à l’Express. Là encore la sentence tombe : l’ambiance musicale joue un rôle déterminant dans la mesure où elle permet aux enseignes de vous inciter à acheter tel ou tel produit. D’où la volonté des supermarchés de réduire tout bruit pouvant vous sembler brusque. Tout en sachant que quantité de décisions se prennent au moment même où vous effectuez vos achats. Pas étonnant, dès lors, que votre supermarché multiplie les annonces auditives pour annoncer des promotions.

A fond les effluves

Stratégiquement parlant, le fait de vous donner une bonne première impression olfactive importe tout autant. Tout du moins aux yeux des acteurs de la grande distribution qui mettent en place des stratégies complètes et qui injectent des odeurs spécifiques zone par zone. Et si elles ont plutôt tendance à instaurer des ambiances fraiches et citronnées à l’entrée, sachez qu’aux rayons viandes ou rôtisserie, elles ne font rien pour les minimiser. Un seul objectif : vous faire saliver en vue d’acheter.

Quid des dégustations ?

Enfin, qui dit grande surface dit bien souvent concours, dégustations et autres animations. Ici, le but de la manœuvre consiste à prouver par A+B à quel point un produit se révèle qualitatif. Au final, tout l’enjeu consiste à rendre vos courses agréables. Organiser des produits pour vous donner davantage envie d’acheter, limiter votre potentielle irritabilité, rendre ce moment agréable… Tel est l’enjeu des supermarchés. Et si la technique a fait ses preuves, charge à vous, désormais de ne plus tomber dans le panneau.

Et ce n'est pas fini...

 

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Le SNU contre les droits de l’enfant.

8 Décembre 2019, 12:04pm

Publié par Bernardoc

A sa façon, la France célèbre les 30 ans de la Convention internationale des droits de l’enfant (CIDE), adoptée par l’ONU le 20 novembre 1989 : en instituant une période d’encasernement obligatoire pour tous les jeunes de 15-16 ans, elle s’essuie les pieds sur une déclaration pourtant juridiquement contraignante, qu’elle a ratifiée et qu’elle s’est engagée à respecter. Mais quand la chose militaire est en cause, que valent les engagements officiels de la France ?

Article 1 : « Au sens de la présente Convention, un enfant s’entend de tout être humain âgé de moins de dix-huit ans, sauf si la majorité est atteinte plus tôt en vertu de la législation qui lui est applicable.  » Au regard du droit international, ce sont donc bien les enfants qui sont concernés par le SNU. Après plusieurs mois de tergiversation, une vertigineuse pirouette a fait passer l’âge envisagé de 25 à 15 ans, façon bien pratique pour le gouvernement d’éviter une contestation étudiante et lycéenne, qui, effectivement, est aujourd’hui quasi inaudible. L’annonce faite par le ministre de l’EN d’une révision des programmes de collège, visant à « articuler les programmes d’EMC des classes de troisième et de seconde avec les différents contenus du SNU » ne laisse planer aucun doute sur cette lourde menace déjà observée d’un embrigadement des élèves de plus en plus jeunes.

Article 9 : « Les Etats parties veillent à ce que l’enfant ne soit pas séparé de ses parents contre leur gré (…)  » Si, jusqu’à présent, les initiateurs du projet ont pu se contenter d’amuser la galerie en exposant sous les projecteurs une poignée de jeunes volontaires soigneusement sélectionnés, ils ne pourront très longtemps faire semblant d’ignorer que le SNU, dans son principe, par un internement non consenti de deux semaines, accorde à l’état un privilège exorbitant contraire au droit de la famille, des parents et des enfants.

Article 12 : « Les Etats parties garantissent à l’enfant qui est capable de discernement le droit d’exprimer librement son opinion sur toute question l’intéressant, les opinions de l’enfant étant dûment prises en considération eu égard à son âge et à son degré de maturité. » En faisant de l’obligation la pierre angulaire du dispositif – avec de lourdes sanctions prévues contre les réfractaires (interdiction de s’inscrire aux examens, de passer le bac, le permis de conduire etc) – le SNU est en contradiction flagrante avec la consultation normale d’un enfant pour tout ce qui touche à son avenir.

Article 13 : « L’enfant a droit à la liberté d’expression (…) » Sauf au SNU où on lui demande exclusivement de se taire et d’obéir.

Article 19 : « Les Etats parties prennent toutes les mesures législatives, administratives, sociales et éducatives appropriées pour protéger l’enfant contre toute forme de violence, d’atteinte ou de brutalités physiques ou mentales (…), de mauvais traitements ou d’exploitation (…), pendant qu’il est sous la garde de ses parents ou de l’un d’eux, de son ou ses représentants légaux ou de toute autre personne à qui il est confié. » Punitions collectives, discipline abrutissante, brimades, mauvais traitements (marches forcées, stations debout prolongées en pleine canicule etc) : la première phase expérimentale du SNU, en juin 2019, n’aura pas manquer de remettre au goût du jour les vieux réflexes sadiques de la discipline militaire, caractéristiques d’une maltraitance institutionnelle revendiquée comme éducative.

Article 29. 1 : « Les Etats parties conviennent que l’éducation de l’enfant doit viser à (…) préparer l’enfant à assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance (…) » Tout le contraire du SNU qui ne fait plus guère mystère de sa dimension principalement militaire : un dispositif imaginé par une commission dirigée par un militaire, organisé autour de rituels d’essence militaire et d’une vie quotidienne militarisée (uniforme, cérémonie quotidienne devant le drapeau, discipline tournant à la mise au pas des élèves), encadrement en partie militaire. De fait, il s’agit bien d’un dispositif répondant fondamentalement à deux objectifs militaires : d’une part assurer le recrutement des armées, d’autre part, en soumettant les élèves à une propagande récurrente, à sens unique, sans regard critique, sur les interventions militaires de la France à l’extérieur, légitimer l’augmentation continue des dépenses militaires (37, 5 milliards d’euros en 2020, 300 milliards d’euros pour la période 2019-2025) et les commandes extravagantes passées aux industriels de l’armement. Une dimension militaire, donc, clairement revendiquée qui n’en fait que davantage ressortir l’autre particularité du SNU : un financement assuré non pas par le budget militaire mais par celui de l’Education nationale qui, en outre, met à sa disposition ses locaux, son administration, une partie de son personnel, à vrai dire assez peu regardant et peu critique sur la nature de cette nouvelle mission. Avec le SNU, qui ne reconstitue pas le « service » militaire à proprement parler – aucun service n’étant pour l’instant demandé – il s’agit bien d’une période d’instruction militaire incluse dans la scolarité habituelle des élèves, à mi-chemin entre les bataillons scolaires et les enfants-soldats.

Il faut alors relire l’article 29.1 de la CIDE pour comprendre ce qui est en jeu : « … assumer les responsabilités de la vie dans une société libre, dans un esprit de compréhension, de paix, de tolérance  ». Des principes rendus caduques pour des générations de jeunes Français.

Article 37 : « Les Etats parties veillent à ce que (…) nul enfant ne doit être privé de liberté de façon illégale ou arbitraire (…) » Avec le SNU, cas sans doute unique dans un pays démocratique, la France prive les jeunes de 15 ans des libertés et des droits les plus élémentaires officiellement garantis par la CIDE. A l’heure présente, le Défenseur des droits ne s’est toujours pas exprimé sur le sujet, pas davantage que les organisations de défense des droits de l’homme dont le silence en dit long sur le peu de cas qu’elles font des droits de l’enfant quand ils sont gravement et concrètement menacés.

Et ce n'est pas fini...


 

 

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Y a un problème ? Chut !

2 Décembre 2019, 07:56am

Publié par Bernardoc

Tribune intersyndicale publiée le vendredi 22 novembre 2019

Dans un discours prononcé le 25 novembre 2017, Emmanuel Macron prenait l’engagement solennel que son gouvernement ferait de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail la « grande cause de son quinquennat ». Plus de deux ans après, les faits démentent le discours. Les enseignantes seront dans la rue le 23 novembre à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Dans un collège de Villejuif en mai 2019, une enseignante demande au rectorat de la protéger suite à la plainte qu’elle dépose pour viol contre un collègue.

Dans un collège d’Épinay-sur-Seine, neuf enseignantes demandent en juin 2019 à leur hiérarchie de les protéger d’une situation de harcèlement sexuel qui perdure pour certaines d’entre elles depuis plusieurs années.

Dans un collège à Toulouse, à la fin du mois d’octobre 2019, une assistante d’éducation dénonce auprès du rectorat des viols perpétrés par des collégiens sur des collégiennes aux alentours de leur établissement.

Dans un grand lycée de Nancy, en octobre 2019, un enseignant a été placé en détention préventive pour des faits de harcèlement, d’agressions et de viol sur des élèves. Les faits, dont certains remontent à 2012, avaient alors été classés sans suite.

Dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, nous sommes régulièrement alertés sur des situations très alarmantes et inacceptables que vivent de trop nombreuses doctorantes et étudiantes, ainsi que des personnels.

Généralement, l’administration leur oppose un silence intolérable. Aucune mesure d’accompagnement des victimes n’est mise en place par l’administration. Pire encore, l’institution tente souvent d’étouffer les affaires qui la secouent : elle conseille aux personnels, et parfois même aux organisations syndicales, de garder le silence. Elle va jusqu’à enjoindre les victimes à accepter des mutations dans l’intérêt du service, comme si elles étaient la cause d’un dysfonctionnement. On se heurte également trop souvent au silence complice de l’administration lorsque ce sont des élèves qui sont victimes de violences sexuelles. Ce problème, bien qu’inacceptable, est invisibilisé dans les bilans sociaux produits par le ministère et les rectorats. Dans les faits, l’Éducation nationale garantit l’omerta et l’impunité aux agresseurs, qu’ils soient élèves ou personnels. L’administration se réfugie derrière le secret professionnel ou conditionne sa réponse à une éventuelle décision de justice.

Alors qu’une femme sur trois est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa vie, les procédures prévues par la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la Fonction Publique ne sont jamais appliquées dans l’Éducation nationale, ministère pourtant féminisé à plus de 68 %. Dans l’accord Égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, il est écrit explicitement que les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et qu’il leur est demandé un principe de tolérance 0. Or le ministère de l’Éducation nationale n’a toujours pas mis en place de négociations pour rendre ses mesures effectives dans des textes réglementaires.

Toutes les six minutes, une femme subit un viol ou une tentative de viol. Quand elles trouvent le courage de porter plainte, dans 70 % de cas elle est classée sans suites, et quand elle est instruite, les crimes sont souvent déqualifiés en agressions sexuelles. Le ministre de l’Éducation nationale est directement responsable de la santé et de la sécurité des personnels qui travaillent dans son administration et de celles des élèves. Il doit mettre en œuvre sans délai une véritable politique de lutte contre les violences faites aux femmes.

Nous n’acceptons de subir ni le sexisme ordinaire, ni les agressions, ni les viols dans la société comme au travail.

Nous exigeons une véritable campagne de prévention et de formation pour tous les personnels afin que plus jamais un supérieur hiérarchique ne se permette de demander à une femme qui dénonce une agression sexuelle quelle était sa tenue au moment des faits.

Nous exigeons que cesse cette culture du viol qui veut que les victimes, à défaut d’être secourues et assistées, soient rendues coupables.

Nous exigeons la mise en place de formations contre la culture du viol et sur le consentement, tant pour les personnels que pour les élèves et étudiant-e-s ; ainsi que la mise en place de cellules d’écoute et de cellules psychologiques pour soutenir les victimes.

Nous exigeons des mesures effectives de protection des victimes, aujourd’hui contraintes de choisir entre côtoyer quotidiennement leur agresseur ou quitter leur poste ou l’établissement dans lequel elles suivent leur scolarité ou font leurs études.

Nous exigeons que des procédures disciplinaires à l’encontre des agresseurs soient engagées indépendamment de plaintes pénales, comme le prévoit la loi et que les victimes soient protégées et puissent occuper leur poste ou poursuivre leur scolarité dans des conditions sereines.

Nous exigeons que des mesures conservatoires immédiates soient prises à l’encontre des membres de l’institution ayant laissé dégénérer cette situation, qu’ils appartiennent ou non à l’établissement.

Nous exigeons que les victimes ayant dénoncé cette situation ne subissent aucune forme de pression et bénéficient immédiatement de la protection fonctionnelle à laquelle elles ont droit.

Les femmes sont les premières victimes d’une administration sourde aux préoccupations et aux souffrances des personnels. Avec un médecin de prévention pour 20 000 agent-e-s et des suppressions de postes toujours plus importantes chez les personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé, l’Éducation nationale comme l’Enseignement Supérieur et Recherche ne se donnent pas les moyens de lutter sérieusement contre les violences faites aux femmes.

À l’heure où la lutte contre les féminicides et le mouvement #metoo ont jeté une lumière crue sur l’ampleur des violences sexistes et sexuelles dans la société française, le ministère ne peut plus mener la politique de l’autruche.

Il est nécessaire et urgent, de créer les conditions dans lesquelles les victimes seront écoutées pour briser ce mécanisme d’oppression des femmes, qui sont toujours placées dans une situation d’inégalité au travail : salaires moins élevés que leurs collègues masculins, temps partiels imposés, pensions plus faibles…

Sophie Abraham (chargée des questions femmes au SNUipp-FSU), Sylvie Aebischer (CGT Éduc’action, représentante au CSE), Lisa Badet (vice-présidente de la FIDL), Cendrine Berger (secrétaire générale de la CGT FERC Sup, élue CTMESR), Marie Buisson (secrétaire générale de la FERC CGT), Louise Bihan (commission antipatriarcat de Solidaires étudiant-e-s syndicats de luttes), Luce Desseaux (chargée des questions femmes au SNUipp-FSU), Sigrid Gérardin (co-secrétaire générale SNUEP FSU), Janique Guiramand (secrétaire nationale de SUD Recherche EPST, élue CTMESR), Pauline Guittot (représentante SUD éducation en CAPN), Louise Gury (co-secrétaire fédérale SUD éducation, représentante au CSE), Armelle Mabon (SUD éducation, élue CNESER), Mélanie Luce, Présidente de l’UNEF, Francette POPINEAU (co-secrétaire générale SNUipp-Fsu), Héloïse Moreau (présidente de l’UNL), Emmanuelle Puissant (CGT FERC Sup, élue 5e section du Conseil National des Universités), Cécile Quantin (SUD éducation, élue CTU), Christele Rissel (secrétaire nationale de la CGT Educ’action, élue CAPN), Anne Roger (Co-secrétaire générale SNESUP-FSU), Frédérique Rolet (secrétaire générale SNES FSU), Aurélia Sarrasin (secrétaire nationale SNES FSU), Fatna Seghrouchni (co-secrétaire fédérale SUD éducation) Valérie Sipahimalani (secrétaire générale adjointe SNES FSU), Josiane Tack (secrétaire générale du SNTRS CGT, élue CTMESR), Maud Valegeas (représentante SUD éducation au CSE), Charlotte Vanbesien (secrétaire fédérale de la FERC CGT), Sophie Vénétitay (sécrétaire générale adjointe SNES FSU), Isabelle Vuillet (secrétaire nationale de la CGT Educ’action, élue CTMEN)

Et ce n'est pas fini...

 

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Journée syndicalo-pédagogique.

28 Novembre 2019, 22:55pm

Publié par Bernardoc

La dernière fois que j'avais entendu parler pédagogie au syndicat, c'était lors d'un congrès régional, il y a plusieurs années.

Aujourd'hui était proposée une journée de formation syndicale sur le thème « Segpa -enseignement adapté - ulis -inclusion du handicap ». Ayant dirigé pendant six ans un collège avec Segpa et UPI, père d'une enfant handicapée et membre CGT du bureau de la Formation Spécialisée pour les Personnes Handicapées du CDCA (Conseil Départemental pour la Citoyenneté et l'Autonomie), je ne pouvais faire autrement que participer à cette journée. Et je n'étais pas le seul : nous étions 26 et la salle de réunion du syndicat était pleine. Il y avait de nombreuses catégories : certifiés, PE, AESH, CPE, PLP,...

Jean, un des trois référents syndicaux nationaux responsables de l'ASH rappela les positions de la CGT sur ces thèmes et brossa un tableau sur l'évolution au cours de ces vingt dernières années. Les problèmes qu'il soulevait étaient corroborés par les témoignages des présents, tous militants pédagogiques engagés et enthousiastes dans leurs combats et dans leurs réussites. J'aurais pu avoir plaisir à travailler avec eux, comme j'en avais eu en travaillant avec Jean-François, mon directeur de Segpa.

Je suis rassuré, tant qu'il y aura de tels militants pour défendre l'école de la République, nos enfants seront en de bonnes mains.

Nous nous sommes séparés en nous promettant de prolonger ces réflexions et Jean nous a suggéré d'organiser un second stage avec un mouvement pédagogique, et pourquoi pas l'ICEM, Freinet étant toujours d'une brûlante actualité, notamment avec ce genre d'EBEP (Elèves aux Besoins Educatifs Particuliers).

Et ce n'est pas fini...

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Précarité étudiante.

19 Novembre 2019, 10:49am

Publié par Bernardoc

Un drame horrible vient de se produire et met en émoi toute la communauté éducative (au moins). Ce que cet étudiant crie contient une énorme part de vérité quant à la dégradation des conditions de la vie étudiante.

J'avais été boursier pendant toutes ma scolarité secondaire, ma bourse avait même été doublée car j'avais de bons résultats. Et tout d'un coup, en arrivant à la fac, à 180 kilomètres de la maison, tout est supprimé. Heureusement j'ai pu bénéficier d'une chambre en cité-U et à l'époque il me semble que le ticket du restau-U était à 1,37 francs pour un repas complet. Après deux ans à l'université, une bourse m'était proposée et j'ai dû la refuser comme je partais en Angleterre comme assistant.

Au retour, j'obtins un poste de surveillant d'externat : 28 heures de travail et un salaire aligné sur l'indice du premier échelon des instits : on pouvait donc bien vivre, même si c'est la première fois où j'ai dû aller repasser la moitié de mes unités de valeur en septembre. Ma dernière année de pionnicat, j'étais maître d'internat dans ma ville universitaire : même salaire et logé dans le lycée ; c'était royal comparé au statut actuel des différents acteurs précaires de la vie scolaire.

Mais à l'époque, les futurs enseignants pouvaient bénéficier de pré-recrutements salariés, ce qui était une aide fantastique pour la démocratisation des études et l'accès facilté pour les étudiants issus de milieux modestes. A la fin de la 3ème, les élèves les plus brillants pouvaient passer le concours de l'Ecole Normale et leurs études étaient encadrées et prises en charge. Certains ne s'arrêtaient pas au CAP d'instit et poursuivaient vers des études supérieures. A la fin de la première année de fac existait le concours des IPES qui procurait un salaire et facilitait l'accès au CAPES.

Tout cela a disparu et les rustines mises en place pour suppléer à cette disparition sont loin d'être suffisantes. Comment s'étonner alors de voir certains acculés au désespoir ?

Et ce n'est pas fini...

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Je fais partie des 63%.

8 Novembre 2019, 08:17am

Publié par Bernardoc

C'est vrai que je me retrouve pas mal dans cet autoportrait de Tanguy PASTUREAU.

 

https://www.franceinter.fr/emissions/le-billet-de-tanguy-pastureau/le-billet-de-tanguy-pastureau-07-novembre-2019

 

Et ce n'est pas fini...

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