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Le blog de Bernard SARLANDIE

education

Syndicalisme étudiant.

21 Février 2021, 10:07am

Publié par Bernardoc

Lorsque j'étais étudiant (vers la fin des années '60), l'Unef n'était déjà plus le seul syndicat, elle était concurrencée par la Fnef (droite), mais elle était encore majoritaire, ce qui n'est plus le cas. D'aucuns ont déploré qu'elle se fasse représenter par des étudiantes mettant en avant leurs convictions religieuses de façon ostentatoire. Les cathos du PSU étaient moins tapageurs à l'époque. Maintenant c'est la Fage qui est le syndicat majoritaire et qui, vu de l'extérieur, me paraît faire son boulot corporatiste. Quant à l'Unef, son avenir est aussi brillant que le fut celui de la Mnef.

Il y a environ deux ans, j'allais à une réunion à la Bourse du Travail et le hall était occupé par le congrès fondateur d'un nouveau syndicat, la Fédération Syndicale Etudiante. Je pensais qu'il s'agissait d'une scission de gauche d'anciens militants de l'Unef, lassés de ses compro/soumissions. Si l'on peut regretter l'émiettement syndical, si dommageable, faire revenir un syndicat de gauche au sein de l'université pouvait cependant être acceptable. Il aurait pu être universaliste et laisser de côté décolonialisme et fantasmes « racisés ». Or je viens de voir la composition du bureau élu (?) le mois dernier. Apparemment la secrétaire générale n'hésite pas à twitter ce genre de messages : « Je m'en fiche de notre Dame de Paris car je m'en fiche de l'histoire de France » ou bien « On devrait gazer tous les blancs cette sous race ». Une autre membre du bureau (avec deux membres masculins sur sept) est chargée des « oppressions systémiques ».

C'est bien que la CGT ait proposé son accueil à des étudiants, mais dommage qu'il en soit sorti des responsables avec lesquels il me semble que nous avons quand même nous, de la grande maison, quelques différences.

Si Campus Vox, média de la « conservatosphère » (donc pas encore de la fachosphère?) ment, je suis prêt à retirer ce billet.

Et ce n'est pas fini...

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Communiqué des professeurs du lycée de la Plaine de Neauphle

15 Février 2021, 10:51am

Publié par Bernardoc

NDLR Respublica n° 959 :

                                        Après la séquence de Trappes : menaces et pressions de l’islam politique sur Didier Lemaire, professeur de philo du lycée, sa polémique avec le maire hamoniste de la commune, sa polémique avec le préfet (ce dernier sera désavoué ultérieurement), sa mise sous protection policière par le ministère de l’intérieur, l’annulation de l’élection municipale de Trappes par le tribunal pour actions illégales du maire hamoniste pendant la campagne électorale, et enfin l’intrusion illégale du maire et des partisans dans l’enceinte de l’école pour distribuer des tracts contre l’avis de la proviseure – intrusion interdite par la circulaire du 1er juillet 1936 de Jean Zay, ministre du Front populaire –, les enseignants du lycée ont voté en assemblée le communiqué ci-après :

Les professeurs de la Plaine de Neauphle travaillent dans un environnement de plus en plus complexe : la crise sanitaire de ces derniers mois n’a fait qu’ajouter aux difficultés existantes. L’assassinat de Samuel Paty a exercé une pression supplémentaire en mettant au jour le positionnement de certains élèves notamment dans le rapport ambivalent qui se noue entre leur foi, la loi et la liberté d’expression. Dès le mois de novembre, nous nous sommes engagés collectivement dans une réflexion suivie d’actions à court et moyen terme pour mieux expliciter encore, au sein de notre établissement, les valeurs de la République. Notre collègue Didier Lemaire s’est exposé à titre personnel pour défendre nos élèves contre l’emprise du radicalisme, emprise dont nous percevons régulièrement les échos. La sincérité de son engagement ne fait aucun doute pour nous qui avons travaillé avec lui au quotidien.

Qu’est-ce qu’un lycée, si ce n’est un lieu protégé d’apprentissage et de transmission au sein duquel les échos de la société ne doivent parvenir qu’au travers du filtre de la raison et de l’analyse ? La récupération politique actuelle dont notre lycée fait l’objet est profondément insupportable et doit immédiatement cesser. L’utilisation d’un lieu d’éducation à des fins politiques va exactement à l’encontre de ses objectifs, à savoir permettre aux élèves de devenir des citoyens livres, maîtres de leur destin. Les interventions politiques ne font qu’exacerber les tensions : ceux de nos élèves qui ont une vision apaisée d’un Islam républicain se trouvent mis sous pression ; ceux qui trouvent dans la situation actuelle un avantage tirent les fruits d’une situation qui favorisent leurs visées et les met en position de force.

Notre mission consiste à amener nos élèves à la réussite et pour cela, nous avons besoin de temps, un temps qui n’est ni celui de la politique, ni celui des médias.

Nous demandons que cessent les intrusions d’élus et le harcèlement médiatique dont nous faisons l’objet afin de nous laisser accomplir notre travail en paix. Notre communauté éducative, par son expertise, est la mieux placée tant pour analyser les problèmes qui se posent que pour trouver les moyens de les résoudre.

Nous n’avons pas attendu le battage médiatique de ces derniers jours pour engager une réflexion de fond sur notre lycée, nos pratiques et le meilleur moyen d’atteindre nos objectifs. Aussi serons-nous heureux que ces initiatives et propositions fassent l’objet du même intérêt médiatique lorsque nous pouvons les présenter.

Merci de nous laisser les moyens de faire notre travail.

Nous vous prions de croire à la sincérité de notre engagement.

Et ce n'est pas fini...

 

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Quitte à passer pour un radoteur...

12 Février 2021, 09:26am

Publié par Bernardoc

La volonté de permettre l'école à la maison seulement après autorisation préalable vient d'être retoquée à l'assemblée.

Pourtant, s'il y a bien quelque chose d'important pour l'unité de notre République Laïque et Sociale, c'est bien son école, même si on n'a pas réussi à créer le Grand SPULEN (Service Public Unifié et Laïque d'Education Nationale) qu'on aurait réussi en nationalisant toutes les officines privées, bien entendu sans indemnité ni rachat. En effet, l'école publique est vraiment la seule qui permette de lutter contre le « séparatisme » ; c'est le véritable creuset qui permet de former des citoyens éclairés.

Les écoles privées, chantres du « séparatisme » sont une première attaque contre cette unité nationale. Et dire qu'en plus nous les finançons par nos impôts.

Mais il y a pire : l'école à la maison. Comment peut-on espérer former des citoyens en privant les jeunes du nécessaire brassage entre les différentes classes sociales dont ils sont issus ? Quelle vision de la vraie vie auront-ils entre papa et maman ? Quelle discipline pourront-ils acquérir ? Sûrement qu'on ne les trouvera pas parmi les leaders syndicaux le jour où ils seront amenés à travailler dans une entreprise (avant de se proclamer « autoentrepreneur »?).

J'ai dirigé pendant six ans un collège situé en Zone Urbaine Sensible, avec une équipe de profs remarquable. J'ai découvert que j'avais parmi les élèves les filles d'un représentant du Medef, que j'affrontais avec une autre casquette dans d'autres instances. Un jour il m'a dit qu'ils avaient déménagé et qu'ils ne dépendaient plus de mon secteur de recrutement, mais qu'il était hors de question qu'ils changent leurs filles de collège, car je transmettais de grandes valeurs. La FCPE locale (de gauche et non infiltrée à l'époque) me disait à peu près la même chose. Et quand un Inspecteur d'Académie m'encourageait à continuer mon action parce que j'étais un grand défenseur de l'école publique, je me disais que décidément on ne faisait pas mieux que cette école.

Et ce n'est pas fini...

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Souvenirs, souvenirs...

10 Février 2021, 15:22pm

Publié par Bernardoc

« Au Royaume-Uni, le prestigieux collège de Winchester va s’ouvrir aux filles...Cette petite révolution s’inscrit dans le cadre d’une réforme visant à inscrire « dans le XXIe siècle » cette école où les frais de scolarité s’élèvent à près de 42 000 livres par an (environ 47 400 euros). »

In Lemonde.fr du 10 février 2021

C'était l'été 1982, j'accompagnais pour CLTC (Ligue de l'enseignement) un groupe d'ados (16-18 ans) à Winchester. J'avais juste traversé cette ville quelques années auparavant avec des copains de fac. C'était la fameuse chanson « Winchester cathedral » qui nous avait incité à y passer en route pour la Cornouailles. Je ne connaissais pas ce que la ville nous réservait, mais pendant quatre semaines je devais organiser les après-midi en faisant alterner activités sportives et culturelles. Finalement je ne m'en suis pas si mal sorti et les jeunes m'ont chanté dans le train du retour « Merci Bernard », plagiant le générique d'une émission télévisuelle de cette époque.

D'excellents souvenirs de ce mois, avec bien sûr une visite du « college » (guillemets pour remplacer l'accent grave), de la cathédrale, et découverte de La Table Ronde (oui, oui, celle des chevaliers). Nous avons aussi profité de la piscine...qui a brûlé quelques mois plus tard !

Mais surtout, une profonde amitié avec Doreen et Tony, le couple qui m'hébergeait et qui est même venu nous voir à BoraBora. Devenue veuve, Doreen est venue nous voir à Aiguillon et nous l'avons emmenée en Dordogne, traversant des champs de tournesols qui l'ont éblouie. Son commentaire fut : « Je comprends que les Anglais aiment ce pays, car il est beau ». Cette amitié s'est interrompue lorsqu'elle a perdu son combat contre le cancer.

Mais la lutte pour l'entrée des filles dans les pensionnats de garçons fut longue et difficile. Déjà en 1969, lors de ma première année d'assistanat, dans une grammar school – volontary aided (c'est à dire que les parents avaient payé entre autres le labo de chimie et la piscine), la majorité des élèves étaient farouchement opposés à l'inscription de filles dans leur école, présence qui ne manquerait pas d'en faire baisser le niveau. Je m'étais régalé de défendre le point de vue contraire lors d'un débat de la « debating society ». Elles ont fini par forcer les portes au moins en 6th form, et bien entendu dans le cadre de l'externat.

Alors bravo à Winchester College d'entrer, avec vingt ans de retard, dans le XXI° siècle.

Et ce n'est pas fini...


 

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La Maif évolue.

29 Janvier 2021, 15:17pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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A la source des infos.

26 Janvier 2021, 09:44am

Publié par Bernardoc

Grenelle Blanquer : mascarade inacceptable

Depuis des mois, alors que nous veillons à la sécurité sanitaire de tous et toutes, nous devons faire avec un gouvernement inconséquent, aucune anticipation, des mesures incohérentes, une gestion de crise calamiteuse.

Alors que les conditions d’études sont très difficiles (notamment pour les étudiant/es) et que les personnels se mobilisent au quotidien pour la réussite des élèves, Blanquer avance sur sa ligne de casse de service public d’éducation : moins 1800 postes, contractualisation massive, casse de la formation, transformation des missions, fonctionnement managérial.

A cela s’ajoute le mépris permanent de Blanquer (voir l’hommage à Samuel Paty. une honte !), son absence totale d’écoute, la répression, ses mensonges répétés (chiffres contamination dix fois inférieur à ceux de l’ARS) et les révélations sur son syndicat Avenir

Mépris, dévalorisation, répression, destruction du service public :

Les organisations syndicales Fnec fp FO, CGT éduc’action et FSU de la Gironde appellent les personnels à poursuivre les mobilisations en cours, à s’engager dans l’action et à préparer dans les écoles, les établissements et les services la grève dès le mardi 26 janvier pour exiger « un plan d’urgence pour l’Ecole » :

  • Augmentation des salaires : dégel et revalorisation du point d’indice rattrapage de 20% des pertes subies, revalorisation indiciaire et immédiate de 400€ pour tous.

  • Arrêt de la contractualisation et titularisation de tous les des précaires dans le cadre de la Fonction publique de l'Etat

  • Créations de postes statutaires pour toutes les catégories de personnels à la hauteur des besoins : ouverture des listes complémentaires des concours, allégement des effectifs par classe.

  • Arrêt des suppressions d’emplois

  • Arrêt de la répression, levé des sanctions !

  • Abrogation des lois Blanquer et de l'ensemble des contre-réformes, de la maternelle à l’université.

 

La Fnec fp FO, la CGT éduc’action et la FSU engagent les personnels de l’Education, à construire dès maintenant la mobilisation en prenant position dans les établissements via des motions et en participant aux réunions informations syndicales et AG organisées dans les écoles , établissements et services

Dans ce contexte de ras-le-bol généralisé et de rejet de la politique du gouvernement, nous appelons à soutenir la grève des AED à partir du 19 janvier, à poursuivre la lutte en construisant et en rejoignant le plus largement les mobilisations interprofessionnelles des travailleurs, comme pour le 4 février. Face à la remise en cause de nos libertés fondamentales, de nos droits contenus notamment dans la loi de sécurité globale et l’extension par décret de fichiers de renseignement policier, nos organisations syndicales appellent également l’ensemble des personnels de l’éducation nationale à participer massivement aux mobilisations des samedis 16 et 30 janvier à Bordeaux et Paris.

Et ce n'est pas fini...

 

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ÉCOLES-USINES : DÉTRUIRE LES PEUPLES AUTOCHTONES AU NOM DE L’ÉDUCATION

11 Janvier 2021, 11:55am

Publié par Bernardoc

Extrait d'un article de survivalinternational.fr ; j'ignorais l'existence de ces « écoles-usines ».

Aujourd’hui, environ deux millions d’enfants autochtones dans le monde étudient dans des « écoles-usines », où ils sont dépouillés de leur identité autochtone et endoctrinés pour se fondre dans la société dominante.

Les écoles-usines prétendent qu’elles donnent aux enfants autochtones les moyens de « réussir » dans la société dominante, mais l’histoire montre que les écoles-usines détruisent des vies, traumatisant et dévastant les enfants, leurs familles et leurs communautés pour des générations.

Au XIXème et XXème siècles, les écoles-usines au Canada, en Australie et aux États-Unis étaient connues sous le nom de pensionnats autochtones ou écoles résidentielles. Rien qu’au Canada, plus de 6.000 enfants sont morts dans ces écoles – soit un enfant sur 25 les ayant fréquentées.

Le traumatisme inimaginable causé par ce système a laissé un héritage douloureux dans de nombreuses communautés, dont les taux de dépression, de suicide et de dépendance à l’alcool et à la drogue sont élevés.

Il paraît inconcevable que de telles écoles continuent d’exister. Pourtant il en existe actuellement des milliers en Afrique, en Asie et en Amérique du Sud.

Dans ces écoles, les enfants sont coupés de leur foyer, de leur famille, de leur langue et de leur culture ; ils subissent souvent des abus moraux, physiques ou sexuels. Rien que dans l’État indien du Maharashtra par exemple, près de 1.500 enfants autochtones sont morts dans des écoles-usines entre 2001 et 2016, dont environ 30 par suicide.

Ces pensionnats d’assimilation enseignent aux enfants que les croyances et le savoir de leur propre peuple sont « arriérés », inférieurs ou mauvais.

Des millions d’enfants autochtones sont dissuadés ou se voient interdire de parler leur langue maternelle à l’école. Cela menace la survie des langues autochtones. La principale cause expliquant l’extinction des langues est le fait que les enfants ne parlent plus la langue de leurs parents. C’est une catastrophe car les langues autochtones sont fondamentales pour comprendre le monde dans lequel nous vivons, qui nous sommes vraiment.

En cette Année internationale des langues autochtones, Survival dénonce les écoles-usines, ou pensionnats d’assimilation, comme l’une des menaces les plus importantes pour les langues en danger.

Les industries extractives en Inde et au Mexique soutiennent des écoles qui enseignent aux enfants de se réjouir de l’exploitation minière et de rejeter comme « primitif » le lien qu’ont leurs peuples à la terre.

Les États utilisent l’éducation comme un moyen d’inculquer le patriotisme et d’étouffer les mouvements d’indépendance, comme en Papouasie occidentale, où le gouvernement indonésien tente d’« indonésianiser » les autochtones papous et réprime violemment les dissidents.

La conversion religieuse est un autre motif. Au Bangladesh et en Indonésie, le prosélytisme islamique sous-tend la majorité de l’éducation autochtone ; en Amérique du Sud, différentes églises chrétiennes dirigent des pensionnats. Les fondamentalistes hindous en Inde ciblent les enfants autochtones pour une conversion à travers l’éducation.

Ce mépris pour la connaissance et la culture autochtones finit par détruire les peuples autochtones et leurs cultures, ainsi que leurs connaissances uniques.

Chez eux, les enfants autochtones acquièrent des compétences et des connaissances complexes et sophistiquées, qui leur permettent de s’épanouir sur leurs terres et de les entretenir pour l’avenir. Bien que ces modes de transmission du savoir aient survécu pendant des centaines de générations, une seule est suffisante pour les réduire à néant.

L’instruction des peuples autochtones et tribaux doit être sous leur contrôle. Elle doit être enracinée dans les terres, la langue et la culture de ces peuples, de même qu’elle doit donner aux enfants à la fois une éducation solide.

Faisons de cela une réalité pour tous les enfants autochtones – avant qu’il ne soit trop tard.

Et ce n'est pas fini...

 

 

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Priorité aux vaincus !

19 Décembre 2020, 15:48pm

Publié par Bernardoc

Il faut donner en matière d’éducation priorité aux vaincus de la compétition scolaire ! Dans un article publié par l’observatoire des inégalités François Dubet et Marie Duru-Bellat analysent à nouveau l’échec du système scolaire français et de son élitiste méritocratique à combattre les inégalités sociales.

Ici un extrait de l’article (tiré de la revue Questions de classe(s) du 16/12/20

Comme la plupart des pays comparables, la France a connu soixante années de massification scolaire. Le changement est considérable : le nombre de lycéens et d’étudiants a été multiplié par huit et le bilan est largement positif si l’on considère l’accroissement de l’accès aux études. Même si nous sommes loin d’une égalité parfaite, les enfants des classes populaires accèdent désormais aux études longues dont ils étaient très largement exclus encore au milieu du XXe siècle.

Mais cette égalité relative d’accès au baccalauréat et à l’université a profondément transformé le mode de production des inégalités scolaires en déplaçant les inégalités au sein même de l’école et des parcours scolaires. Alors que la grande inégalité opposait naguère la jeunesse étudiante à la jeunesse laborieuse, un régime d’inégalités plus ou moins fines s’est installé à l’intérieur même du système scolaire. Si de plus en plus de jeunes étudient aujourd’hui, ils ne font pas tous les mêmes études. En se multipliant, le baccalauréat s’est diversifié et hiérarchisé à l’infini, en fonction des filières, des options, des combinaisons de disciplines choisies…Dans l’enseignement supérieur, l’université de masse se distingue des formations sélectives qui se multiplient (classes préparatoires, grandes écoles, mais aussi BTS et IUT), tout en développant en son sein même des filières également sélectives (double licence, master…).

À terme, les vainqueurs de la compétition scolaire sont toujours les mêmes, et les vaincus aussi : l’origine sociale reste le facteur déterminant des parcours et des compétences scolaires. On comprend la déception qui résulte de ce constat puisque nous sommes loin du compte de la promesse de l’égalité des chances portée par la massification scolaire. Les vainqueurs de la compétition à laquelle accèdent de plus en plus de jeunes sont toujours les enfants des classes moyennes supérieures, pendant que les vaincus restent ceux des classes populaires les plus défavorisées.

La déception est d’autant plus grande que l’école française s’est longtemps perçue comme un îlot de justice dans un monde injuste et, surtout, parce que dans notre pays les inégalités scolaires entre enfants de milieux sociaux différents sont beaucoup plus grandes que ce que supposerait l’impact des seules inégalités sociales, relativement modérées par rapport aux autres pays comparables comme le démontrent obstinément toutes les comparaisons internationales. Comment expliquer ce paradoxe ? Comment expliquer que les vaincus s’en sortent si mal chez nous ?

Tradition élitiste et emprise des diplômes

Les inégalités scolaires sont d’autant plus fortes et d’autant plus mal vécues en France que tout s’est passé comme si la longue période de massification n’avait pas mis en cause la tradition élitiste de l’école française. Le problème n’est pas que l’école produise des élites – tous les systèmes le font – mais, dans une société attachée à l’égalité de principe de tous, tout le monde devrait avoir le droit, voire le devoir, d’accéder aux élites.

Ainsi, les formations restent extrêmement hiérarchisées, les classes préparatoires et les grandes écoles coexistent avec les formations de masse. On donne beaucoup plus de moyens éducatifs aux bons élèves, qui sont aussi les plus riches. Les élèves sont évalués et notés en fonction de la distance qui les sépare des élites, etc. Cet élitisme scolaire est si fortement intériorisé par le monde de l’école que la critique des inégalités scolaires en adopte souvent les catégories de pensée.

(...)

Le poids de cet élitisme scolaire n’est pas une simple croyance et il affecte fortement les parcours individuels. Il explique en partie la très forte emprise des diplômes dans notre société : bien plus qu’ailleurs, le diplôme fixe le type d’emploi et le revenu auxquels accèdent les jeunes. Alors que les vainqueurs de la compétition scolaire bénéficient quasiment de rentes, les vaincus sont condamnés au chômage et à la précarité, pendant que les étudiants des formations non sélectives s’inscrivent dans une longue période d’insertion durant laquelle ils essaieront de transformer leur niveau académique en compétences professionnelles. Or, plus l’emprise des diplômes est élevée dans une société, plus les inégalités scolaires sont fortes, ce qui se comprend aisément puisqu’il n’y a guère d’autre planche de salut que l’école. Ainsi, le mérite scolaire devient l’équivalent général de tout le mérite des individus ; il ignore des compétences et des qualités des « derniers de cordée » dont l’économie et la société ont pourtant besoin.

Élitisme de la culture scolaire d’un côté, emprise des diplômes de l’autre, l’école française croit à l’égalité des chances méritocratique. Si le principe de l’égalité des chances n’est pas en soi contestable, il fonde les « privilèges » et l’honneur des plus « méritants » et dégrade – et parfois humilie – ceux qui n’ont pas manifesté assez de « mérite » alors qu’en réalité – souvent – ils n’ont pas hérité de celui de leurs parents...Cette croyance n’est pas sans avoir des effets négatifs sur les individus, la cohésion sociale et la démocratie.

Des jeunes disqualifiés

Alors qu’il semblait aller de soi qu’une école qui éduque longuement les jeunes produit des citoyens plus à même de s’insérer dans la vie et d’exercer plus librement leurs droits civiques, la réalité est toute différente.

La généralisation des diplômes contribuant à en renforcer l’emprise, il n’est plus possible aujourd’hui de prétendre à une insertion professionnelle correcte sans qualification scolaire. Les jeunes les moins dotés scolairement abordent cette épreuve bien moins armés psychologiquement : leurs échecs, accumulés souvent dès l’école primaire, minent leur confiance en eux-mêmes, alors qu’à l’inverse, les élèves jugés très tôt comme « bons », davantage stimulés par leurs enseignants, gagnent en estime de soi au fil de leurs progressions.

Les valeurs partagées par les jeunes tendent également à diverger. En France, le niveau d’éducation renforce le libéralisme culturel, mais ceci ne vaut qu’en moyenne : par exemple, les inégalités liées à l’origine ethnique sont jugées inacceptables par 75 % des titulaires d’un deuxième cycle universitaire, mais par 54 % seulement des titulaires du seul brevet des collèges ou des non-diplômés. La contrepartie de l’effet du diplôme sur les valeurs libérales est que les moins éduqués adhèrent plus souvent que les autres aux valeurs antidémocratiques ; ils sont plus favorables aux gouvernements autoritaires, aux hommes forts, et plus hostiles aux immigrés…

En revanche, les moins diplômés défendent davantage l’égalité sociale que les diplômés, et se montrent plus critiques envers les inégalités : les trois quarts des personnes dotées au plus d’un niveau brevet estiment que les différences de revenus, en France, sont trop grandes, alors que 58 % des diplômés d’un second cycle universitaire soutiennent ce point de vue. Les moins diplômés sont également plus critiques envers les injustices scolaires.

Et ce n'est pas fini...

 

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Séparatisme ?

29 Novembre 2020, 15:45pm

Publié par Bernardoc

Je viens de lire l'interview d'une étudiante de première année de classe prépa. Elle aurait pu être intitulée « Hors des classes prépa, point de salut ».

Je suis absolument sidéré du mépris qu'elle exprime vis à vis de l'université : « ...exigence de discipline et de régularité dans le travail, enseignements de haut niveau, objectifs clairs, contrairement à l'université ».

J'ai envie de lui répondre, « Mais elle se prend pour qui celle-la ? ». Macron aurait-il définitivement gagné ? Gloire aux premiers de cordée et malheur aux premier de corvée ? Ce n'est décidément pas ce vers quoi j'essayais de tendre après mes quarante ans à l'éducation nationale. Il m'étonnerait que cette jeune femme ait manifesté avec nous hier.

Ayant débuté ma carrière comme PLP, j'étais fier de voir comment nous arrivions à aider les élèves à se reconstruire après que les collèges s'en soient débarrassés à la fin de la 5ème. Et, à l'époque leur CAP les conduisait vers un métier dans lequel ils pouvaient s'épanouir, sans tenter d'enfoncer les autres pour cela.

Rappelons-nous à qui nous devons la Sécu, que d'aucuns se plairaient à voir disparaître au profit de leurs amis assureurs. Ambroise CROIZAT n'avait pas fait d'études supérieures, ce qui ne l'a pas empêché de nous léguer ce précieux joyau.

Je n'ai pas fait de classe prépa. Dans ce qui était alors un petit lycée (qui a pris de l'embonpoint depuis) il n'y avait pas de classe post-bac. J'étais en Philo, et je sais que deux camarades de Math-élem sont partis en Math-sup à Toulon.

Lorsque j'étais en deuxième année de fac à Nice, je vis arriver de nouveaux étudiants qui arrivaient d'une classe d'Hypokhâgne à Toulon : c'est là que j'appris l'existence des classes prépa. De toute façon je serai parti tout de suite en fac, soif de liberté et besoin d'autonomie. Et je dois dire, mais je suis vieux, que l'exigence de discipline (que je m'imposais), la régularité dans le travail, les enseignements de haut niveau (nous avions des profs internationalement reconnus) étaient tout à fait présents dans cette nouvelle université de Nice, y compris pour ceux qui, comme moi, étaient issus d'un milieu ouvrier.

Et ce n'est pas fini...

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Avenir lycéen.

21 Novembre 2020, 11:29am

Publié par Bernardoc

Je n'en avais jamais entendu parler avant la matinale de France inter ce matin. Dans nos manifestations, sur les banderoles les sigles Fidl et/ou Unl (je ne sais pas vraiment la différence entre les deux) apparaissent parfois, mais jamais « Avenir lycéen ». Heureusement que la presse est là pour nous informer et nous ouvrir les yeux, et pas qu'à nous, citoyens lambdas, puisque suite aux investigations journalistiques des députés réclament une enquête parlementaire.

Une enquête parlementaire pour une association fantôme, est-ce bien nécessaire ? Sûrement, puisque cette association, pilotée en direct du ministère, recevait des fonds publics d'un montant sans commune mesure avec sa représentativité, argent qui était dépensé à la mode de l'ancien temps : on n'appelle pas cela « prise illégale d'intérêts », pour ne pas dire corruption ?

En tant qu'éducateurs, on ne peut qu'être choqué d'assister à la manipulation de jeunes esprits attirés par de l'argent facile alors que notre boulot c'est de développer l'esprit critique, ce qui ne veut pas dire être systématiquement contre, mais oblige à argumenter et à ne pas croire en une seule parole descendante. Laissons cela aux prêcheurs de toutes les religions !

Donc vivement que la justice se prononce et fasse toute la lumière sur ces faits. Notre Education Nationale a besoin de cette transparence.

Et ce n'est pas fini...

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