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Le blog de Bernard SARLANDIE

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COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL

28 Mai 2020, 10:34am

Publié par Bernardoc

Composé de 26 associations ; je suis adhérent de deux d'entre elles.

Le Conseil d’État, statuant en référé, vient d’enjoindre au Premier ministre « de modifier, dans un délai de huit jours, le décret du 11 mai 2020 », pour remplacer l’interdiction totale de rassemblement dans les lieux de culte par des restrictions mieux « proportionnées » à l’objectif de santé publique.

Le Collectif laïque national contestait déjà que le Gouvernement réserve, dans le dispositif national de déconfinement, un traitement privilégié aux cultes en avançant, pour leurs rassemblements seuls, la date initiale du 11 juin au 2 juin, en l’absence de toute justification de santé publique.

Le Premier ministre avait en outre annoncé qu’elle serait avancée au 29 mai pour permettre aux catholiques de célébrer la Pentecôte. Ce privilège accordé aux cultes et à l’un d’entre eux en particulier remettait en cause le principe d’égalité des citoyens devant la loi.

C’était dans le prolongement du dispositif d’écoute et de soutien « pastoral » mis en oeuvre par certains cultes et promu par les moyens publics ; le numéro vert du Gouvernement a été officiellement communiqué aux équipes médicales et établissements de santé, faisant ainsi de l’État et de ses services publics de santé l’opérateur de la mise en contact de croyants avec certains cultes.

Dans ce contexte, le Conseil d’État ne pouvait que tirer parti de l’absence de cohérence des mesures gouvernementales en rappelant que « la liberté de culte est une liberté fondamentale ». On notera pourtant que les autres libertés fondamentales n’ont pas eu droit aux mêmes égards du Conseil d’État, qui a ainsi admis le prolongement de la détention provisoire de plein droit sans intervention d’un juge (référé du 3 avril 2020).

Le Collectif laïque national s’inquiète de la tendance jurisprudentielle actuelle qui donne à la liberté de culte la prééminence sur toutes les autres libertés fondamentales. Les convictions religieuses sont ainsi érigées en universel des consciences, le cadre républicain de la laïcité se voyant ainsi marginalisé.

C’est tourner le dos au principe fondamental de laïcité, qui repose sur le primat de la liberté de conscience et la séparation entre l’État et les cultes. En ces temps de crise sanitaire, un tel principe est essentiel. Il ne peut être mis entre parenthèses ou aménagé au gré des circonstances.

Le Collectif laïque national dénonce le fait que l’Église catholique ait réussi à obtenir un traitement privilégié que ne demandait aucune des autres autorités religieuses. Il note avec regret que les responsables du culte catholique s’en soient remis pour ester en justice à des personnalités et officines dont plusieurs relèvent de l’extrême-droite intégriste antirépublicaine, dans une convergence inquiétante déjà constatée depuis longtemps sur les questions de société (IVG, mariage, fin de vie, ...).

Le Collectif laïque national réaffirme que la République laïque ne repose que sur des citoyens libres et égaux, quelles que soient leurs convictions particulières. Les risques sanitaires encourus spécialement à l’occasion des rassemblements de personnes dans des lieux fermés sont les mêmes pour tous, croyants ou incroyants. Quitte à les préciser, le Gouvernement ne peut en aucun cas renoncer à imposer à l’exercice des cultes, dans l’intérêt général, les restrictions que nécessite la santé publique.

Fait à Paris le 25 mai 2020

Et ce n'est pas fini...

 

 

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Ce n’est pas aux salariés et aux retraités de payer la crise du Coronavirus

27 Mai 2020, 13:17pm

Publié par Bernardoc

Rien à ajouter à ce communiqué de presse

Alors que le gouvernement lance une grande concertation à travers le « Ségur de la santé », il va soumettre au Parlement 2 projets de loi visant à transférer 136 milliards d’euros de dette portée par la Sécurité sociale sur la CADES (Caisse d’amortissement de la dette sociale) et à créer une 5ème branche (ou 5ème risque) dédiée à la perte d’autonomie.

Ce transfert de dette n’est pas une réponse à la hauteur de ces enjeux. En outre, il met seulement à contribution les salariés et retraités par la CRDS (contribution pour le remboursement de la dette sociale) et la CSG (impôts, acquittés par les ménages) et ne permettra pas la pérennité du système. Rien n’est demandé ni aux entreprises ni au capital alors que certaines entreprises continuent, malgré la crise, à verser des dividendes aux actionnaires.

C’est pourquoi la CGT, lors de la consultation des caisses nationales de la Sécurité sociale, a émis un avis défavorable sur ces projets de loi.

Cette crise s’est d’ores et déjà traduite par des pertes de recettes considérables pour la Sécurité sociale, liées au chômage partiel, au report et aux exonérations de cotisations accordées à de nombreuses entreprises.

L’ACOSS (agence centrale des organismes de Sécurité sociale) a donc dû s’endetter pour permettre à la Sécurité sociale de payer les prestations (dépenses d’assurances maladies y compris les 8 milliards d’euros directement liées au Covid, paiement des retraites, prestations familiales).

Durant ces trois derniers mois, la Sécurité sociale a une nouvelle fois joué son rôle en permettant de protéger toute la population contre les effets considérables de la crise.

Pour la CGT, la mise en place d’une Sécurité sociale intégrale couvrant l’ensemble des risques sociaux et instituant notamment une véritable sécurité sociale professionnelle serait la première réponse à la crise.

Il est donc indispensable d’assurer la pérennité du financement de la Sécurité sociale, par des mesures propres lui garantissant un financement fondé sur les cotisations sociales.

Il est ainsi nécessaire de remettre en cause les dispositifs d’exonérations de cotisations sociales exponentiels ces dernières années et minant le financement de la Sécurité sociale.

Les aides, en matière d’exonérations de cotisations, apportées aux petites et moyennes entreprises fortement touchées doivent être temporaires, conditionnées et intégralement compensées par l’État.

De plus, la CGT revendique la création d’une contribution sociale sur les dividendes dégagés par les entreprises notamment multinationales.

Dans l’immédiat, l’indispensable revalorisation de la rémunération des travailleurs passe par des augmentations de salaires, l’amélioration de leur condition de travail et évolution professionnelle et pas par de l’épargne salariale ou des primes « défiscalisées et désocialisées ».

Quant à la prise en charge de la perte d’autonomie, le gouvernement profite de cette crise pour imposer une orientation libérale et inefficace. La CGT revendique qu’elle soit intégrée à la branche maladie de la Sécurité sociale et financée par des cotisations sociales, composantes du salaire socialisé et non par la CSG.

Et ce n'est pas fini...

 

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Après les applaudissements...

21 Mai 2020, 09:37am

Publié par Bernardoc

Texte du tract intersyndical

RASSEMBLEMENT TOUS ENSEMBLE !

UNISSONS-NOUS

AGISSONS POUR L’HOPITAL DE DEMAIN

Revendications locales :

- Prime optimale de 1500€, pour tous les agents présents, sur sites, sur la période COVID.

- Reprise d’activité : exigence des effectifs en adéquation avec la charge du travail sur tous les secteurs.

- Le droit à congés annuels (3 semaines d’été), pour tous, sur tous les secteurs.

- Majoration des heures supplémentaires durant la période de la crise.

- Protections individuelles pour tous les agents du CHU (masques, surblouses….).

 

Revendications nationales :

- Augmentation massive de tous les salaires et revalorisation de toutes les carrières.

- Revalorisation des indemnités de nuit et des primes week-ends et jours fériés.

- Arrêt des suppressions de lits.

- Titularisation de tous les contractuels.

- Reconnaissance en maladie professionnelle de tous les agents confirmés Covid.

 

PAS DE MEDAILLE, PAS DE HEROS !

 

VENEZ NOMBREUX :

 

LE 26 MAI 2020 DE 12H à 15H

Rond-Point des Urgences Adultes Pellegrin

 

Et LE 28 MAI 2020 DE 12H à 15H

Rond-Point Haut-Lévèque

Et ce n'est pas fini...

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Anthony Smith, inspecteur du travail suspendu depuis un mois : ça suffit !

19 Mai 2020, 11:13am

Publié par Bernardoc

Depuis un mois, Anthony Smith inspecteur du travail dans la Marne, militant CGT, est suspendu par le Ministère du travail.

Suspendu depuis un mois, pour avoir exercé ses prérogatives de contrôle dans une association d'aide à domicile où les salarié.es travaillaient sans protection (masques FFP2, surblouses, lingettes...).

Suspendu depuis un mois, pour avoir déposé un référé afin de protéger la santé de ces aides à domicile qui sont à 97% des femmes et des personnes particulièrement vulnérables face à ce virus, au domicile desquelles elles exercent leurs missions.

Suspendu depuis un mois du fait des collusions entre le président du conseil départemental, la direction de la Direccte et la direction de l'association pour faire cesser le contrôle.

Suspendu depuis un mois sans que le Ministère du Travail ne daigne répondre aux interpellations faites à tous les niveaux pour la réintégration d'Anthony Smith.

Cette mesure violente et totalement injustifiée qui remet en cause l'indépendance des inspecteurs et inspectrices du travail, garantie par la convention n°81 de l'Organisation Internationale du Travail, est la triste illustration qu'en ces temps de crise sanitaire, les droits et la santé des travailleurs et travailleuses ne sont pas prioritaires !

Elle est aussi la triste illustration que les services publics au service de l'intérêt général et qu’un statut renforcé pour une Fonction publique garantissant neutralité et impartialité de ne sont pas prioritaires !

La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme dans son avis publié le 3 mai - Etat d'urgence et état de droit, s'inquiète d'ailleurs que la « réorganisation de l'activité de l'inspection du travail par la direction générale du travail » conduise « à l'affaiblissement de sa fonction fondamentale de protection des travailleurs au moment où la crise sanitaire devrait au contraire conduire à la renforcer ».

Depuis un mois, la détermination pour défendre l'indépendance de l'inspection du travail et exiger la réintégration d'Anthony Smith est sans faille. Depuis un mois, la mobilisation syndicale est unitaire et interprofessionnelle aussi bien dans le public que le privé.

Un mois après, le soutien est toujours aussi large : syndicalistes, associatifs, politiques, médecins du travail, sociologues, économistes, féministes, artistes … animent des comités de soutien. Un mois après, 120 000 femmes et hommes ont signé la pétition !

Un mois après, une tribune à l'initiative de l'intersyndicale du Ministère du travail est publiée dans Médiapart ce 15 mai : 1052 agent.es du ministère du travail pour le retrait de la procédure disciplinaire contre Anthony Smith, inspecteur du travail de la Marne suspendu de ses fonctions, et en défense des missions d'inspection du travail.

Un mois après, 10 rassemblements dans le respect de la loi et des gestes barrières ont été organisés dans cinq villes de la Marne et un rassemblement et déploiement de banderole « Ici on musèle l'inspection du travail » au siège régional de la Direccte à Strasbourg.

Ces initiatives se poursuivent cette semaine dans plusieurs départements. Les élu.es dans les instances représentatives sont appelé.es à faire partout des déclarations unitaires pour l'indépendance de l'inspection du travail et la réintégration d'Anthony Smith.

Continuons d'amplifier la mobilisation pour obtenir le retrait des procédures disciplinaires engagées contre Anthony Smith ! Un mois ça suffit !

Communiqué de la confédération CGT, de l’UFSE-CGT (fédération CGT des syndicats de l’Etat), du SNTEFP-CGT (syndicat des agent-es du ministère du travail) de la CGT Marne, du Comité Régional CGT du Grand-Est

Le 18 mai 2020

Et ce n'est pas fini...

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Les retraités exigent un réel plan d’urgence pour la santé

14 Mai 2020, 09:42am

Publié par Bernardoc

Notre système de santé traverse une crise grave amplifiée par l’épidémie du Covid-19.

Nous payons les économies budgétaires, engagées par les derniers Gouvernements, qui ont supprimé plus de 100 000 lits hospitaliers en 15 ans ainsi que la fermeture ou restructuration de nombreux établissements, services, soins de proximité.

Pourtant, on ne pourra pas dire que les personnels n’ont pas tiré la sonnette d’alarme quand on sait que depuis mars 2019 les services d’urgences étaient en grève pour exiger des moyens supplémentaires. De nombreux collectifs exigeaient le maintien de leurs structures de santé (services d’urgences, maternités voire la disparition de certains hôpitaux comme l’Hôtel-Dieu ou le Val-de-Grâce, qui auraient été bien nécessaires dans la période).

La crise traverse tous les accès à la santé et à la médecine qu’elle soit généraliste ou spécialisée.

Il faut mettre fin aux déserts médicaux.

L’accès aux spécialistes est devenu inabordable avec des dépassements d’honoraires qui se pratiquent également à l’hôpital public.

Comment peut-on accepter que le Gouvernement engage 2 lois budgétaires rectificatives :

- Une de 300 milliards d’euros pour l’aide au crédit des entreprises.

- Une de 45 milliards d’euros pour compenser le temps partiel et le report ou

l’abandon de cotisations sociales des entreprises, et qu’aucune loi rectificative du budget de la Sécurité Sociale ne soit engagée pour attribuer des moyens supplémentaires à la santé, notamment en matière d’investissements massifs pour l’hôpital public.

Le système de santé a besoin de 30 milliards d’euros pour faire face à la situation actuelle et à venir.

Les paroles du Président devant l’hôpital de Mulhouse ne suffisent pas : nous voulons des actes !

Il faut reconstituer les stocks de matériel médical (masques, gants, surblouses et autres respirateurs) que le Gouvernement précédent avait stoppé.

Nous exigeons une relocalisation avec une maîtrise publique des productions de médicaments et matériel médical pour ne plus être dépendants des pays asiatiques.

Des centres de santé publics doivent être installés dans tous nos territoires.

100 000 embauches sont nécessaires dans le système public hospitalier pour faire face aux enjeux.

Nous devons reconstruire notre système de santé à partir des besoins des populations dans les territoires avec l’hôpital public comme pivot et un financement par une sécurité sociale intégrale prenant en charge 100 % des soins prescrits sous l’égide d’un collecteur unique et d’un prestataire unique.

Des moyens pour la santé, pas pour les actionnaires !

Montreuil, le 7 mai 2020 (extrait du communiqué de l'UCR-CGT)

Et ce n'est pas fini...

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Après ?

13 Mai 2020, 11:19am

Publié par Bernardoc

Entendu ce matin sur le répondeur de France inter : « Ca y est, on est déconfinés, tout va bien dans les hôpitaux, plus personne n'applaudit » (en substance.

Eh bien oui, Madame : nous n'avons manqué aucune occasion de faire du bruit à 20 heures pendant tout le confinement, mais nous avons cessé dimanche soir. Bien sûr, tout ne va pas bien, on a vu le personnel de l'hôpital Robert Debré manifester bruyamment au sein de l'hôpital, car rien n'a changé. Ce n'est pas d'applaudissements ni de primes dont ils ont besoin, c'est d'une augmentation de leurs salaires ainsi que d'un recrutement massif de personnel afin de pouvoir bien traiter les patients.

Vous avez peut-être vu cette image qui circule sur FB : une soignante arrive à la caisse d'un supermarché, découvre que son porte-monnaie est vide et demande si la caissière accepte les applaudissements : on en est là.

On nous bassine à longueur de journaux de la suppression des « charges » sociales, qui sont des COTISATIONS destinées à financer la Sécu et donc nos hôpitaux : le gouvernement continue de raisonner à l'envers et nous conduit droit dans le mur.

Alors, quand les soignants vont descendre à nouveau dans la rue pour revendiquer les moyens pour un système de santé digne de la sixième puissance mondiale, c'est avec eux qu'il faudra être. N'oublions pas qu'ils seront à nouveau attaqués par les forces dites « de l'ordre », matraqués, injuriés, maltraités,...Et à ce moment-là nos applaudissements ne serviront à rien !

DEBOUT !

Et ce n'est pas fini...

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Appel pour une Police Républicaine au côté du peuple travailleur !

12 Mai 2020, 11:38am

Publié par Bernardoc

in ReSPUBLICA lundi 11 mai 2020

Il était temps ! Enfin une voix connue chez les fonctionnaires de police qui s’élève pour dénoncer l’utilisation de celle-ci et de la Gendarmerie nationale contre le mouvement social. Jean-Louis ARAJOL, ancien secrétaire général du Syndicat Général de la Police (SGP) et de la Fédération Autonome des  Syndicats de Police (FASP) s’exprime en son nom propre et aux noms de nombreux collègues qui « restent dans l’ombre » pour dire son refus de « continuer comme avant le confinement ! ». Avant, c’est-à-dire les 15 mois de « guerre sociale larvée », avec le mouvement des gilets jaunes puis celui pour la défense des retraites où les forces de sécurité sont souvent apparues aux yeux du peuple comme une sorte de « garde prétorienne », chargée de faire un dernier rempart pour défendre un régime, minoritaire dans l’opinion, imposant l’austérité et parfois la misère aux couches populaires.

Faudra-t-il demain, dans la crise économique et sociale qui s’annonce, réprimer infirmières, caissières de super-marchés, routiers ou éboueurs que tout le monde applaudit aujourd’hui, à grands coups de matraque, LBD ou grenade de désenclavement ? Jean Louis ARAJOL répond que cela ne doit pas advenir. Enfin une position courageuse, alors même que le syndicalisme policier se tait depuis plusieurs années, rompant avec la tradition de la Police Républicaine qui, de l’insurrection de la préfecture de police en 1944 à la dénonciation des tueries pendant la guerre d’Algérie, était pourtant une grande histoire démocratique.

Un appel à écouter… et surtout à diffuser !

Et ce n'est pas fini...

 

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Liberté

8 Mai 2020, 10:49am

Publié par Bernardoc

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul ELUARD

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Et ce n'est pas fini...

 

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Lettre ouverte à Emmanuel Macron

4 Mai 2020, 10:59am

Publié par Bernardoc

Le 30 avril 2020,

Monsieur le Président de la République,

Nous – États Généraux des Migrations, associations, syndicats et collectifs (317 au total) – vous demandons de procéder à la régularisation immédiate, pérenne et inconditionnelle des personnes sans-papiers.

La pandémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui révèle au grand jour les inégalités sociales, économiques et sanitaires qui minent notre société. Dans cette période, la situation des personnes sans papiers est des plus inquiétantes. L’absence de titre de séjour les privant de l’accès aux droits sociaux fondamentaux tels que le droit au travail, au logement, aux prestations sociales, l’état d’urgence sanitaire démultiplie leur précarité. Durant le confinement, l’absence de droit à l’assurance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrôlé·es, placé·es en rétention – car les centres de rétention administrative ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propagation du Covid-19 que les prisons – et, l’absence de logement à leur nom font des personnes sans papiers des victimes potentielles de l’épidémie davantage que le reste de la population.

Si leur sort a pu réapparaître dans le débat public aujourd’hui, c’est uniquement en termes de santé publique, et les quelques solutions apportées ici ou là pour permettre à certain·es d’obtenir un lieu d’hébergement plus conforme aux exigences sanitaires ne sont qu’un pis-aller, au demeurant très provisoire. La situation de ces personnes auxquelles l’État refuse d’accorder le droit au séjour est le résultat de politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utilitariste sur celle de l’égalité et de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois la crise sanitaire passée. Les personnes sans papiers continueront d’être maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion. Leur traitement comme main d’œuvre flexible et à bas prix contribue depuis de nombreuses années à la dégradation des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’accès à la dignité et aux droits fondamentaux ne peut ni être affaire de circonstances, ni servir des intérêts économiques, mais doit constituer au contraire une exigence non négociable d’égalité, nous vous demandons de régulariser immédiatement, de façon pérenne et inconditionnelle toutes les personnes sans papiers, étape nécessaire du changement radical des politiques migratoires que nous revendiquons toutes et tous depuis de nombreuses années.

Et ce n'est pas fini...

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Le drapeau rouge

1 Mai 2020, 08:56am

Publié par Bernardoc

Les révoltés du Moyen-Âge
L’ont arboré sur maints beffrois.
Emblème éclatant du courage,
Toujours il fit pâlir les rois.

Refrain
Le voilà !, Le voilà ! Regardez !
Il flotte et fièrement il bouge,
Ses longs plis au combat préparés,
Osez, osez le défier !
Notre superbe drapeau rouge !
Rouge du sang de l’ouvrier ! (bis)

Puis planté sur les barricades,
Par le peuple de février
Il devint pour les camarades,
Le drapeau du peuple ouvrier.

Sous la Commune il flotte encore
À la tête des bataillons
Et chaque barricade arbore
Ses longs plis taillés en haillons !

Noble étendard du prolétaire,
Des opprimés sois l’éclaireur.
À tous les peuples de la terre
Porte la paix et le bonheur !

Paul BROUSSE (1877)

Et ce n'est pas fini...

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