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Le blog de Bernard SARLANDIE

culture

Si vous êtes aussi doué que moi...

3 Avril 2020, 10:00am

Publié par Bernardoc

On appelle ça « des astuces de grand-mère »

En cette période de confinement, avoir un jardin est une véritable opportunité. En plus de nous permettre de nous aérer au maximum, en dehors des rares sorties autorisées, il nous offre un loisir agréable au quotidien et nous permet de renouer plus que jamais avec la nature. Malgré l’impossibilité de faire ses achats dans des magasins spécialisés, il existe toute une série d’astuces pour s’occuper au mieux de son jardin !

Utiliser de l’eau de cuisson pour désherber

Le désherbage fait naturellement partie des actions essentielles du jardinage, auxquelles il faut procéder le plus fréquemment possible. Vous n’avez plus de produit désherbant sous la main et n’avez pas la possibilité de vous en procurer ?

Privilégiez alors une méthode naturelle, davantage bénéfique pour la nature. Le meilleur produit naturel pour lutter contre les mauvaises herbes est l’eau de cuisson, puisque celle-ci, en plus d’être très chaude, contient généralement une bonne quantité de sel.

Après chacune de vos cuissons nécessitant de l’eau, pour les pâtes, le riz ou les pommes de terre par exemple, récupérez immédiatement l’eau de cuisson. Agissez au plus vite car plus elle est chaude, plus elle est efficace. Rendez-vous ensuite dans votre jardin avec votre contenant et déversez-la sur les mauvaises herbes.

Pailler le sol à l’aide de carton ou de papier journal

Votre jardin ne dispose pas de méthodes de paillage naturel ? Le paillage présente de vrais atouts pour la pousse des plantes. En plus d’éviter l’apparition de mauvaises herbes, le paillage permet d’engorger de l’eau et ainsi de faire des économies non négligeable lors de la période d’arrosage.

Pour fabriquer un paillage en n’utilisant que ce que vous avez sous la main pendant cette période de confinement, munissez-vous d’abord de papier journal ou encore de carton. Attention, celui-ci ne doit pas être coloré, comme la plupart des cartons d’emballage industriels !

Ensuite, superposez l’ensemble des feuilles ou des cartons.

Terminez en arrosant abondamment les plantes de manière à ce que votre paillage soit suffisamment imbibé pour nourrir vos plantes plusieurs jours.

Fabriquer son propre engrais naturel… avec des peaux de bananes !

L’engrais est souvent indispensable pour avoir la garantie d’obtenir de magnifiques plantes une fois les beaux jours arrivés. Toutefois, en pleine période de confinement, il peut être difficile de mettre la main sur ses engrais habituels en magasin.

A nouveau, soyez astucieux et utilisez ce que vous avez sous la main ! Les peaux de banane constituent ainsi un engrais efficace grâce aux nombreux minéraux qu’elles contiennent.

Deux solutions s’offrent à vous pour en faire usage : laissez tremper les peaux dans l’eau quelques jours et utilisez cette eau pour arroser tout simplement vos plantes ! Sinon, coupez les peaux en petits morceaux et disposez-les directement dans la terre.

Le marc de café ou la cendre de cheminée : efficaces contre les escargots et les limaces du jardin

Si printemps rime avec verdure et fleurs en éclosion, il rime aussi avec les nombreux insectes qui viennent envahir nos jardins ! Pour lutter contre ces petites bêtes qui peuvent endommager nos plantes, rien de tel que le marc de café.

Disponible dans la plupart des maisons, il suffit de le récupérer et de le disposer autour des plantes. L’objectifs ? Les escargots et autres limaces n’oseront s’aventurer au-delà de cette barrière et ne grimperont pas sur vos plantes.

Ceux qui ont une cheminée bénéficient d’ailleurs d’une option supplémentaire. La cendre fonctionne de la même manière et est extrêmement pratique également.

Faire les semis avec du matériel de récupération

Vous avez pour objectif de faire pousser de nouvelles plantes dans un espace restreint et n’avez pas de terre dans laquelle les planter directement ? Récupérez toutes vos barquettes transparentes telles que celles contenant de la viande ou des fruits, voire même des boîtes d’oeufs vides. Vous voici muni de semis écologique parfaits pour vous lancer dans la culture en mini-serres !

Avant toute utilisation, nettoyez bien le contenant qui servira de mini-serre à vos plantes. N’oubliez pas de faire des trous de drainage au fond de chacun d’entre eux.

Et ce n'est pas fini...

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Voyages et visites virtuels.

2 Avril 2020, 11:00am

Publié par Bernardoc

Est-ce vraiment mieux pour la planète ? Si l'on en roit les cartes de la pollution atmosphérique, c'est possible, car malgré l'utilisation accrue d'internet, la nature semble reprendre ses droits.

Donc, bonnes visites !

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Coro-reconnaissance.

28 Mars 2020, 09:21am

Publié par Bernardoc

Il y a deux et trois jours j'ai reçu la même enquête nationale concernant les problèmes liés au confinement, relayée par deux villes mitoyennes de la mienne : une dirigée par la droite, l'autre dirigée par la gauche. Le seul lien que j'avais avec ces deux villes était qu'elles avaient accueilli – à titre gracieux bien entendu - l'assemblée générale départementale de l'association que je préside. Le maire socialiste de l'une nous avait même fait l'honneur d'y participer et de signer notre livre d'or.

Nous n'avons pas eu ce plaisir dans la ville où je réside depuis bientôt quatorze ans, où je reçois l'ensemble du courrier de l'association et dont j'ai été élu pendant un mandat. J'aurais dû, enfin l'association aurait dû payer 250 € de location de salle, ce qui a fortement choqué notre bureau et notamment, bien sûr, la trésorière qui s'y est fortement opposée. Je m'étonne que mon homologue et ami Yves PERPIGNAN ait accepté de payer une telle somme pour les médaillés de la Jeunesse, des Sports et de l'Engagement associatif...à moins que...

Enfin, ce préambule pour dire que ma commune ne m'a pas envoyé le questionnaire mentionné ci-dessus, alors que je suis responsable d'une petite association culturelle communale, et pour celle-ci les réponses auraient été différentes, car là les problèmes financiers risquent d'être plus importants.

Mais comme toujours, je dois être mauvaise langue et le questionnaire n'est sûrement pas arrivé dans ma ville, et sans doute l'éventuelle disparition d'une association locale dans le paysage culturel ne dérangera personne.

Et ce n'est pas fini...

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La mort du loup

23 Mars 2020, 09:16am

Publié par Bernardoc

I

Les nuages couraient sur la lune enflammée
Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
Nous marchions sans parler, dans l’humide gazon,
Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes,
Nous avons aperçu les grands ongles marqués
Par les loups voyageurs que nous avions traqués.
Nous avons écouté, retenant notre haleine
Et le pas suspendu. — Ni le bois, ni la plaine
Ne poussait un soupir dans les airs ; Seulement
La girouette en deuil criait au firmament ;
Car le vent élevé bien au dessus des terres,
N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
Et les chênes d’en-bas, contre les rocs penchés,
Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
Rien ne bruissait donc, lorsque baissant la tête,
Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
A regardé le sable en s’y couchant ; Bientôt,
Lui que jamais ici on ne vit en défaut,
A déclaré tout bas que ces marques récentes
Annonçait la démarche et les griffes puissantes
De deux grands loups-cerviers et de deux louveteaux.
Nous avons tous alors préparé nos couteaux,
Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
Nous allions pas à pas en écartant les branches.
Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
Et je vois au delà quatre formes légères
Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
Comme font chaque jour, à grand bruit sous nos yeux,
Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
Leur forme était semblable et semblable la danse ;
Mais les enfants du loup se jouaient en silence,
Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.
Le père était debout, et plus loin, contre un arbre,
Sa louve reposait comme celle de marbre
Qu’adorait les romains, et dont les flancs velus
Couvaient les demi-dieux Rémus et Romulus.
Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
Du chien le plus hardi la gorge pantelante
Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
Et, sans daigner savoir comment il a péri,
Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

II

J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
A poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,
Sans ses deux louveteaux la belle et sombre veuve
Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
Mais son devoir était de les sauver, afin
De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
A ne jamais entrer dans le pacte des villes
Que l’homme a fait avec les animaux serviles
Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
C’est vous qui le savez, sublimes animaux !
A voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse
Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
– Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au coeur !
Il disait :  » Si tu peux, fais que ton âme arrive,
A force de rester studieuse et pensive,
Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.
Gémir, pleurer, prier est également lâche.
Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
Puis après, comme moi, souffre et meurs sans parler. « 

Alfred de Vigny, Les Destinées

Et ce n'est pas fini...

 

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La chanson de Roland (extrait)

22 Mars 2020, 11:12am

Publié par Bernardoc

Durs sont les coups, cruel est le combat.
Bien grande perte il y a des chrétiens.
Celui qui vit Olivier et Roland
Frapper, tailler de leurs bonnes épées,
De bons guerriers pourra se souvenir !
Notre archevêque avec son épieu frappe.
Des païens morts on connaît bien le nombre,
Car c'est écrit dans les chartes et brefs.
La geste dit plus de quatre milliers.
A quatre chocs les Franks ont résisté ;
Mais le cinquième est cruel et funeste !
Tous sont occis, ces chevaliers français,
Soixante hormis, Dieu les a épargnés !
Ils se vendront bien cher avant qu'ils meurent.
Roland des siens a vu la grande perte.
Il interpelle Olivier son ami.
« Beau cher ami, par Dieu qui vous protège,
« Voyez gésir à terre tant de braves !
« Plaindre, pouvons douce France, la belle,
« De tels barons qu'elle reste déserte !
« Roi notre ami, que n'êtes-vous ici ?
« Frère Olivier comment pourrons-nous faire ?
« Comment à Charles envoyer des nouvelles ?
Olivier dit : « Je ne sais nul moyen.
« Mieux vaut mourir que d'encourir la honte. »
Roland lui dit : « Je sonnerai du cor :
« Charles entendra, qui passe aux défilés.
« Je garantis que les Franks reviendront ! »
Olivier dit : « Ce serait grande honte ;
« Pour vos parents ce serait un affront
« Qui durerait pendant toute leur vie.
« Quand j'en parlai, vous ne le fîtes pas.
« Ne m'est avis qu'à présent le fassiez :
« Vous ne pourrez corner avec vigueur,
« Vous avez déjà les bras ensanglantés. »
Roland répond : « J'ai frappé de beaux coups ! »
Il dit encore : « Notre bataille est dure !
« Je cornerai : le roi Charles entendra ! »
Olivier dit : « Ce ne serait pas brave !
« Quand je l'ai dit, vous l'avez dédaigné.
« Que Charles y fût, vous n'eussions rien souffert.
« Ceux qui sont loin ne sont pas à blâmer. »
Olivier dit encore : « Par cette barbe,
« Si je revois Aude, ma noble sœur,
« Vous ne serez jamais entre ses bras. »
Roland répond : « Pourquoi cette colère ?
Olivier dit : « Ami, c'est votre faute.
« Car le courage est sens et non folie.
« Mesure vaut mieux que témérité.
Et ce n'est pas fini...

 

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Du courage

21 Mars 2020, 09:18am

Publié par Bernardoc

Il faut avoir le courage de se faire face,
De regarder son âme dans cette glace,
Au travers de ses fissures et blessures,
De ses brisures et de toutes ses ratures.

Il faut trouver le courage de se faire face,
Tous les jours oeuvrer, demeurer coriace,
Chercher un moyen de relever le regard,
Se relever et avancer, sans rester hagard.

Il faut avoir le courage de se faire face,
Malgré ses échecs et ses disgrâces,
Essayer d’oblitérer son abjecte lâcheté,
Agir, réagir et ne jamais laisser tomber.

Il faut trouver le courage de se faire face,
De se pardonner ses mauvaises passes,
Ses fautes monumentales et ses erreurs,
Avec bienveillance, patience et sans peur.

Le courage est une bataille quotidienne,
Il n’est jamais acquis, et ainsi se construit,
En nous modelant; à chaque jour sa peine,
À chaque détour, le coeur se révèle et éblouit.

Nashmia NOORMOHAMED, 2017

Et ce n'est pas fini...

 

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Le laboureur et ses enfants

20 Mars 2020, 10:05am

Publié par Bernardoc

Travaillez, prenez de la peine :
C’est le fonds qui manque le moins.
Un riche Laboureur, sentant sa mort prochaine,
Fit venir ses enfants, leur parla sans témoins.
Gardez-vous, leur dit-il, de vendre l’héritage
Que nous ont laissé nos parents.
Un trésor est caché dedans.
Je ne sais pas l’endroit ; mais un peu de courage
Vous le fera trouver, vous en viendrez à bout.
Remuez votre champ dès qu’on aura fait l’Oût.
Creusez, fouiller, bêchez ; ne laissez nulle place
Où la main ne passe et repasse.
Le père mort, les fils vous retournent le champ
Deçà, delà, partout ; si bien qu’au bout de l’an
Il en rapporta davantage.
D’argent, point de caché. Mais le père fut sage
De leur montrer avant sa mort
Que le travail est un trésor.

Jean de La Fontaine

Et ce n'est pas fini...

 

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Si…

19 Mars 2020, 08:51am

Publié par Bernardoc

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre,
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les rois,
Et si tu peux aimer tous tes amis en frère,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaitre,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur,
Rêver, mais sans laisser ton rêve être ton maitre,
Penser sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu sais être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer Triomphe après Défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront,

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis,
Et, ce qui vaut mieux que les Rois et la Gloire
Tu seras un homme, mon fils.

Rudyard KIPLING (1909)

traduit en 1918 par André MAUROIS

Et ce n'est pas fini...

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Le pêcheur

18 Mars 2020, 09:02am

Publié par Bernardoc

L'homme est en mer. Depuis l'enfance matelot,
Il livre au hasard sombre une rude bataille.
Pluie ou bourrasque, il faut qu'il sorte, il faut qu'il aille,
Car les petits enfants ont faim. Il part le soir,
Quand l'eau profonde monte aux marches du musoir.
Il gouverne à lui seul sa barque à quatre voiles.
La femme est au logis, cousant les vieilles toiles,
Remmaillant les filets, préparant l'hameçon,
Surveillant l'âtre ou bout la soupe de poisson,
Puis priant Dieu sitôt que les cinq enfants dorment.
Lui, seul, battu des flots qui toujours se reforment,
Il s'en va dans l'abime et s'en va dans la nuit.
Dur labeur! Tout est noir, tout est froid; rien ne luit.
Dans les brisants, parmi les lames en démence;
L'endroit bon à la pêche, et, sur la mer immense,
Le lieu mobile, obscur, capricieux, changeant,
Où se plait le poisson aux nageoires d'argent,
Ce n'est qu'un point; c'est grand deux fois comme la chambre.
Or, la nuit, dans l'ondée et la brume, en décembre,
Pour rencontrer ce point sur le désert mouvant,
Comme il faut calculer la marée et le vent!
Comme il faut combiner surement les manœuvres!
Les flots le long du bord glissent, vertes couleuvres;
Le gouffre roule et tord ses plis démesures
Et fait râler d'horreur les agrès effarés.
Lui songe à sa Jeannie, au sein des mers glacées,
Et Jeannie en pleurant l'appelle; et leurs pensées
Se croisent dans la nuit, divins oiseaux du cœur.

Victor HUGO La légende des siècles

Et ce n'est pas fini...

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Complainte du petit cheval blanc

16 Mars 2020, 08:53am

Publié par Bernardoc

Le petit cheval dans le mauvais temps, qu'il avait donc du courage !
C'était un petit cheval blanc, tous derrière et lui devant.

Il n'y avait jamais de beau temps dans ce pauvre paysage.
Il n'y avait jamais de printemps, ni derrière ni devant.

Mais toujours il était content, menant les gars du village,
A travers la pluie noire des champs, tous derrière et lui devant.

Sa voiture allait poursuivant sa belle petite queue sauvage.
C'est alors qu'il était content, eux derrière et lui devant.

Mais un jour, dans le mauvais temps, un jour qu'il était si sage,
Il est mort par un éclair blanc, tous derrière et lui devant.

Il est mort sans voir le beau temps, qu'il avait donc du courage !
Il est mort sans voir le printemps ni derrière ni devant.

Paul FORT

Et ce n'est pas fini...

 

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