Continuité du service public.
Article d’Hervé CHASSAIN dans Sud-ouest Dordogne du
jeudi 19 janvier 2012
Surprise hier matin à l'école primaire d'Antonne et Trigonant dans la grande banlieue de Périgueux. Un enseignant malade n'ayant pu être remplacé, c'est l'inspecteur de l'Education nationale du secteur qui a assuré la classe.
Devant les élèves de CM2 il a fait des maths et du français. Une action qui a reçu le soutien du maire socialiste de la commune, Daniel Le Mao, ainsi que du syndicat FSU qui a salué le courage de cette action le jour de la visite du recteur d'Académie en Dordogne.
L’évènement était si particulier que le journal en a rendu compte. Pourtant, quoiqu’aient pu en dire les commentaires postés à la suite de l’article par quelques imbéciles, ce n’est pas le rôle d’un inspecteur de se substituer à un enseignant, pas plus que ce n’est le rôle d’un chef d’établissement de prendre une classe lorsqu’un enseignant est défaillant. Mais ce qui a motivé le collègue était d’abord l’intérêt des élèves et la volonté de donner à ces enfants ce que notre République laïque est censée, non, DOIT, leur apporter.
Qu’un inspecteur soit amené à abandonner les tâches d’animation et de conseil qui sont son cœur de métier pour tenter de suppléer, provisoirement, à l’absence non remplacée –faute de moyens- d’un professeur des écoles, montre bien l’état de délabrement dans lequel cinq ans de RGPP ont conduit notre système éducatif. Un élu girondin me disait il y a quelques mois que la casse avait atteint un tel niveau qu’une seule législature ne suffirait pas à retrouver le niveau antérieur.
Refusant d’entendre les voix de la raison, qui vont encore se manifester dans la rue le 31 janvier, le gouvernement sortant poursuit dans la ligne qu’il s’est tracée, à savoir la suppression massive de postes, mettant ainsi gravement en danger l’avenir de notre pays, comme d’autres inspecteurs, généraux ceux-là, l’avaient pointé lors de la rentrée 2010.
Il est vraiment temps qu’on en finisse, mais attendez-vous à voir les retournements de veste de ceux qui depuis cinq ans font du zèle pour mettre en place cette politique désastreuse : les résistants de la 25ème heure vont fleurir.
Et ce n’est pas fini…



