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Le blog de Bernard SARLANDIE

Pédagogie.

7 Décembre 2012, 23:35pm

Publié par Bernardoc

         Il en faudra beaucoup au nouveau chef de la CFDT pour expliquer aux syndiqués de Florange qu’ils ont tout faux et que la décision unanimement prise dans l’enthousiasme par le gouvernement est ce qui pouvait leur arriver de mieux. Il en est de même de toutes les décisions prises depuis sept mois et qui n’ont rien à voir avec celles préparées par le gouvernement Sarkozy-Fillon : le TSCG signé est différent de celui envisagé par Merkel-Sarkozy (quoique…) ; la TVA qui va nous tomber dessus dans trois semaines n’a rien de social, au contraire de celle qui aurait dû être appliquée au 1er octobre.

         Et ces syndicalistes ne vont-ils pas trop loin en déclarant que maintenant ils ont deux ennemis : Mittal et le gouvernement ? Ne se souviennent-ils pas des promesses du précédent président ? Ne voient-ils pas la différence qui devrait leur sauter aux yeux ? D’après moi, ce sont des gens de mauvaise foi qui devraient faire confiance à leur patron-propriétaire comme l’a fait le gouvernement. Car puisqu’il est de gauche, ce gouvernement ne pourra aller que dans le sens du progrès social sous peine d’être accusé de faire une politique de droite, ce qui, moins d’un an après sa mise en place, serait assurément incompréhensible pour les dix-huit millions d’électeurs qui ont voté pour le changement « maintenant ».

         D’ailleurs, dès qu’il a été confirmé dans ses fonctions, Mittal a, sans attendre, expliqué les mesures qu’il comptait prendre pour consolider l’emploi et la production, notamment l’arrêt des haut-fourneaux qui, il faut bien le dire, sont une verrue dans le riant paysage lorrain. Et il faut espérer que, comme à Notre-Dame des Landes, les compagnies républicaines de sécurité sauront faire appliquer la loi en ne permettant pas à ces ouvriers de tenter d’occuper les lieux. La République ne doit pas faire montre de faiblesse.

         Si vous avez constaté quelque trace d’ironie dans ce billet, vous n’avez peut-être pas tort, et de grâce, ne le prenez pas au premier degré.

Et ce n’est pas fini…

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Encore du théâtre.

6 Décembre 2012, 07:11am

Publié par Bernardoc

         …Mais contrairement à la veille, je n’étais pas acteur, mais spectateur. Deux acteurs de l’Ecume Compagnie, invités par le CTL Théâtre : Antoine DEVOUCOUX et Dominique MOREAU, interprétaient la pièce de Jean-Claude GRUMBERG : Moi je crois pas.

         D’après moi, c’est un texte qui ne passera pas à la postérité : la trivialité des propos, leur grossièreté n’étaient absolument pas nécessaires pour faire passer le message de l’incompréhension dans ce vieux couple. Le titre lui-même indique sur quel plan l’auteur désire se situer. Et je pense que cette pièce, qui aborde pourtant des sujets « universels » : l’importance des fayots dans le transit intestinal, l’immaculée conception, la taille du pénis, les programmes télé,…vieillira aussi mal que la pièce d’Edward ALBEE : Who’s afraid of Virginia WOOLF ? décidément trop connotée années ’60. Eh oui, c’était déjà le siècle dernier…Qui aurait envie de la monter de nos jours ?  

         La fin de la pièce est sûrement le point le plus fort et le plus émouvant, avec l’homme qui non seulement ne croit plus, mais ne se souvient plus : cette conne de maladie allemande  (Alzheimer, dont le nom n’est jamais prononcé) l’ayant rattrapé et quasiment « légumisé ».

         La performance des acteurs fut longuement saluée par une salle si comble qu’il aurait presque fallu en pousser les murs.

         Quelques photos sous le lien :

https://picasaweb.google.com/112734244000396611033/20121205MoiJeCroisPas?authuser=0&authkey=Gv1sRgCNr4mKDf0pnXMQ&feat=directlink

Et ce n’est pas fini…

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Panik Scenik.

5 Décembre 2012, 07:01am

Publié par Bernardoc

         C’est le nom d’un des groupes théâtraux du CTL (Centre du Temps Libre – je suppose que le nom remonte au temps où André HENRY était ministre de la chose -) du Haillan. Et c’est ce groupe qui vient de se créer et que je viens de rejoindre. Nous nous voyons régulièrement certains mardi soirs et samedi pendant la journée pour pratiquer des exercices théâtraux, qui ne sont pas sans rappeler nos réunions hebdomadaires à BoraBora il y a 25 ans, lorsque nous avons commencé à nous intéresser à cette forme d’art avec comme nom de baptême Te moe moea (il nous reste d’ailleurs encore des tricots de cette époque).

         Plus tard, de retour en métropole, il y a eu le général Cambronne, dans la pièce de GUITRY « Le mot de Cambronne ».

         Et enfin, avec La Kompanoj, nos différents spectacles en esperanto, de Brassens à la Commune, les seuls spectacles que nous ayons joués plusieurs fois.

         Avec Panik Scenik, je ne sais pas encore ce que nous allons produire, mais pour le moment, ce sont de grands moments de plaisir partagés entre les sept femmes et deux hommes de notre groupe, sans oublier notre animateur : Yasmin.

         Ce soir les exercices demandés nous ont permis d’exprimer la joie, la colère et la tristesse : des représentations qui nécessitent quelques longues secondes de repos avant de passer de l’une à l’autre.

         Autre « épreuve » : tenter de rester concentré alors que quatre autres acteurs essaient de distraire le cinquième.

Ouaouh ! Quelle soirée ! Elle avait commencé pour moi par une courte intervention à la veillée de La Rouilleuse, qui pour la première fois depuis trois ans n’avait pas attiré les foules, et c’est bien dommage. Bonne chance à eux pour leur deuxième veillée, à laquelle je ne pourrai pas participer.

Et ce n’est pas fini…

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PTT

4 Décembre 2012, 07:19am

Publié par Bernardoc

         C’est un sigle que les moins de vingt ans ne peuvent pas connaître. Il signifie, depuis 1889 : Poste Télégraphe Téléphone : c’était le grand service public de la poste, au temps où il y avait, au moins à Paris où j’habitais alors, deux distributions quotidiennes de courrier. A cette époque, le bureau de poste était présent, comme les écoles, dans le plus petit village du pays. Les boîtes aux lettres à la campagne n’étaient pas obligatoires et le facteur tapait à la porte pour remettre le courrier et donner les nouvelles, notamment les décès qui avaient eu lieu le long de sa tournée. Ma mère a pu bénéficier de cet indispensable lien social jusqu’à sa mort, mais je ne suis pas sûr que le facteur était 100% dans les règles fixées par les ordinateurs des penseurs de La Poste.

         Ce grand service public a éclaté le 1er janvier 1991 et les fonctionnaires ont dû choisir entre deux entités : La Poste et  France Télécom ; une des raisons évoquées était qu’on ne pouvait pas gérer de la même façon le « P » et le « T ». Plus tard, chacun de ces établissements fut privatisé, à des périodes différentes. La dernière étant La Poste, malgré une votation citoyenne et une résistance organisées par l’ensemble des forces de gauche, y compris le PS en 2009. Comme à son habitude, le gouvernement sarkozyen est passé outre la volonté populaire. On aurait pu penser que la gauche revenue au pouvoir allait annuler cet état de fait qu’elle avait combattu. Je n’en ai pas entendu parler, mais peut-être ne suis-je pas assez attentif.

         Mais depuis quelques jours, nous entendons une réclame pour La Poste-mobile. Ainsi donc, nous assistons à une gigantesque marche arrière, La Poste, qui avait abandonné son volet télécoms, revient sur le marché en mettant en place sa propre distribution de téléphones mobiles. Est-elle en train de débaucher (ou de réembaucher) les agents dont France Télécom cherche à se débarrasser ? Allons-nous bientôt, dans le cadre de la « concurrence libre et non faussée » assister à des offres bancaires et financières de la part de France Télécom ? Ce n’aurait rien de surprenant.

Et ce n’est pas fini…

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Cladech.

3 Décembre 2012, 07:28am

Publié par Bernardoc

         Enfin, depuis le temps que j’en entendais parler, et depuis le temps que j’étais adhérent de l’AROEVEN, j’ai découvert notre fleuron de Cladech. Et ce ne fut pas si facile ! Je devais m’y rendre avec le Président, mais les circonstances en ont décidé autrement. Je fis donc confiance au GPS qui, s’il connaissait le bourg, restait muet sur le lieu-dit « Merle ».

         Arrivé sans encombre au bourg, et n’ayant pas croisé de panneau indicateur, j’ai tenté plusieurs maisons avant de tomber sur un habitant qui m’a fort aimablement indiqué le chemin. Mais quand on pense que Las Brunhas est censé être un coin perdu, je trouve que ce n’est pas mieux !

         Donc, j’arrive juste à la fin du café d’accueil, et, chaperonné par Alain, je pars avec l’ensemble des invités à la découverte du lieu. C’est François MUŇOZ qui expliquait les restaurations consacrées à l’ancienne mine de lignite ainsi que les différentes parties de la propriété et les activités qu’elles induisaient. Il y avait d’ailleurs, en même temps que nous, une classe primaire et des lycéens de Sarlat. Par « nous » il faut comprendre les bénévoles ou salariés de l’AROEVEN, mais aussi un grand nombre d’élus locaux, maires ou conseillers généraux, ainsi que les représentants de la Fondation du Patrimoine, qui avaient grandement aidé au financement et à la mise en valeur de ce patrimoine.

         L’exposition sur « Une aventure minière en Périgord, 1867 – 1948 », dont nous avions eu la primeur, était visible dans une salle, et le livre d’Alain PAULHIAC, édité par l’AROEVEN Aquitaine (10 €), était également disponible.

         Curieusement, lors des discours, alors que Cladech est très au sud du département, deux conseillers généraux ont mentionné les forges de Savignac Lédrier, signifiant ainsi qu’ils mettaient les deux sites sur le même plan. Mais auparavant le Président et la Directrice avaient présenté l’association et le rôle éminemment pédagogique qu’elle assume.

         Quelques photos sous le lien :

https://picasaweb.google.com/112734244000396611033/20121201Cladech?authuser=0&authkey=Gv1sRgCMyGl8OigeTXXA&feat=directlink

Et ce n’est pas fini…

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Elément de langage.

2 Décembre 2012, 08:37am

Publié par Bernardoc

         Entendu très tôt hier matin sur France inter, et repris tout au long de la journée, à propos de Florange : « la menace de nationalisation » (c’est moi qui souligne).

         Mais enfin, depuis quand une nationalisation est-elle une menace, surtout venant d’un gouvernement socialiste ? Si je ne m’abuse, c’est un des moyens de lutter contre la finance et les marchés et de mettre les richesses de la nation au profit d’un projet politique qui devrait se vouloir émancipateur.

         Souvenons-nous. A la fin de la guerre, lorsque la France exsangue a réussi à se libérer du joug nazi, c’est un gouvernement présidé par le général de Gaulle, pas vraiment un gauchiste impénitent, qui a décidé la nationalisation de pans entiers de l’industrie, ce qui a conduit, après le redressement nécessaire pour mener à nouveau une vie « normale » à la période d’expansion qu’on a appelée « les trente glorieuses ».

         Nous vivons en ce moment la pire crise depuis 1929 paraît-il. Eh bien ne serait-il pas temps justement que l’Etat reprenne la main sur les activités productives de notre territoire afin de pouvoir réinvestir les bénéfices pour le bien de la nation, alors qu’en ce moment ils contribuent seulement à engraisser les actionnaires ?

         Les ouvriers lorrains ne s’y sont pas trompés, en regrettant l’abandon de la nationalisation envisagée, car ils n’ont qu’une confiance des plus réduites avec leur patron étranger, pour qui la réussite de la France est bien le cadet des soucis.

         Mais, mis à part la sidérurgie, je me souviens avoir milité avec mes camarades socialistes contre la privatisation de La Poste. Ne serait-il pas temps de mettre maintenant les actes en accord avec les engagements pris il y a un peu plus de trois ans ? Ont-ils peur de choquer ? Je rappelle une fois de plus que nous étions plus de dix-huit millions à voir voté pour le changement. Comme le dit une image qui circule sur Facebook, « Le changement, c’est maintenu ? ».

Et ce n’est pas fini…

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Morgaù ni festos Zamenhof en Cenon.

1 Décembre 2012, 08:54am

Publié par Bernardoc

Syndicalisme et espéranto

 

Motion de la Confédération Générale du Travail CGT votée le 10 octobre 1906 à Amiens lors de son quatrième congrès : “Il nous suffira d’en appeler à la mémoire de tous les congressistes qui ont assisté à des Congrès Internationaux pour montrer l’extrême difficulté qu’entraînent les sept ou huit langues qu’on y est, à l’heure présente obligé de parler et l’énorme économie de temps qui résulterait de l’emploi d’une seule langue dans ces Congrès où la traduction plus ou moins fidèle absorbe le plus clair du temps des congressistes.

Nous croyons donc que le Congrès Confédéral ferait besogne des plus utiles en s’associant aux voeux émis en faveur de l’Espéranto, dans les congrès corporatifs des peintres, des employés, des chapeliers, des céramistes, etc... et de plus, en votant l’ordre du jour suivant que nous avons l’honneur de lui proposer

Le Congrès :

        Considérant que l’émancipation intégrale des travailleurs ne peut s’opérer qu’internationalement mais que les différences de langage sont une entrave matérielle et presque insurmontable à l’entente des prolétaires de tous les pays : Constatant l’extrême facilité d’apprentissage de la langue Espéranto et les éminents services qu’elle est appelée à rendre à la classe ouvrière organisée nationalement et internationalement : Pour ces motifs : Le IVème Congrès Confédéral invite les secrétaires de Fédérations Nationales, de Bourses du Travail, de syndicats ouvriers et les militants desdites organisations, à faire la plus active propagande pour l’étude, la pratique et l’extension de la langue internationale Espéranto et à créer, partout où ce sera possible, des cours du soir pour tous les travailleurs. Pour la Fédération Nationale des syndicats de peinture et parties assimilées. Le délégué : Léon ROBERT à Bousquet, Sellier, (employés), Marie, Janvion, P. Hervier (Bourges), Bornet (bûcherons), Ch Dooghe (Reims), Gouly (Toulouse), Yvetot, David (peinture), Tabard, Robert et Ferrier (Grenoble), Peyron, à Montagne (Inscrits maritimes du Havre. Intourville (alimentation).“ Le rapport et l’ordre du jour en faveur de l’Espéranto sont adoptés à l’UNANIMITÉ.

Du camarade Jouhaux, de la C.G.T. :

                                             “Je crois nécessaire, indispensable, la diffusion dans les rapports entre prolétaires de langues diverses, d’une langue auxiliaire, intermédiaire commune. Si cela était acquis, les discussions internationales deviendraient moins fastidieuses, plus claires et plus précises. C’est un progrès à réaliser, aussi j’applaudis des deux mains à tout ce qui pourra être tenté dans ce sens. La création du Travailleur Espérantiste étant un pas de fait en cette voie, je ne puis qu’apporter avec mes souhaits de réussite, tous mes encouragements aux militants qui se sont voués à cette tâche.“

Du camarade Marie, secrétaire de l’Union des Syndicats :

                                                                               “Voici l’opinion d’un bien involontaire profane de l’Espéranto. Sur la langue elle-même, je pèche coupablement par ignorance. C’est, hélas ! le cas de nombreux militants que les préoccupations, le travail et le temps fiévreusement employé, absorbent au point qu’ils souffrent de ne pouvoir posséder d’autres sciences. C’est ce qui fait que je suis espérantiste de coeur. C’est peu, mais cela indique que ma préférence morale va vers la langue internationale que vous préconisez. Voici pourquoi : D’abord, c’est de l’Espéranto que j’ai entendu parlé en premier ; c’est cette langue que j’ai préconisée moi-même à cause du but qu’elle se promettait ; c’est encore cette langue qui eut la vogue dans les U.P. ; c’est l’Espéranto qu’approuvèrent les Congrès confédéraux ; c’est l’Espéranto dont l’Union des Syndicats de la Seine subventionne modestement un cours organisé par le Syndicat des Peintres de la Seine. A cette préférence vient s’ajouter une appréhension cruelle. L’Espéranto, né en 1887, était l’unique langue devant favoriser nos relations internationales et saper la confusion des langues nationales. C’était franc et clair. Depuis, ont surgi d’autres langues : Ido, Solrésol [remarque H.M. : erreur, le Solrésol a été proposé avant l’espéranto, en 1866], etc., lesquelles, avec l’Espéranto, compliquent encore cette confusion de langues nationales. Nous tombons dans une profonde erreur. En voulant déblayer la route, nous l’encombrons davantage [1]. Maintenant, c’est affaire de propagande pour chaque école de s’arracher des adeptes. Situation bien pénible qui entache l’âme qui se donne une bien plus haute portée. Il faut pourtant bien que l’une triomphe de l’autre, car alors, mieux vaudrait apprendre trois ou quatre langues nationales que d’être obligé demain d’apprendre quinze langues internationales.

Salut syndicaliste."

1. Depuis l’Ido, une dizaine de projets ont vu le jour. C’est pour cette raison que l’Espéranto seul doit nous intéresser si nous voulons voir notre rêve se réaliser.

Le Travailleur Espérantiste”, janvier 1912

  Et ce n'est pas fini...

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Un bateau plein de riz.

30 Novembre 2012, 06:55am

Publié par Bernardoc

         C’est le premier livre d’Alicia GIMENEZ BARTLETT que je viens de lire et il a été publié chez « Rivages/noir » en 2009. C’est donc l’histoire de l’inspectrice Petra DELICADO et de son fidèle adjoint Fermin GARZON, qui travaillent tous deux dans un commissariat de Barcelone.

         Le livre s’ouvre sur la découverte du cadavre d’un mendiant étendu sur un banc. Et voilà comment il est vu par Petra : « …personne n’avait pu effacer de son visage une expression digne et sereine. De longues mains, une barbe fleurie…il était comme le roi Lear seul contre les éléments déchaînés, abattu par une foudre arbitraire, solitaire, immobile dans la tempête et livré à son sort, rappelant par sa superbe que, même abandonné de tous, il continuait d’être roi. »

         Le ton est ainsi donné dès la première page : on se rend compte qu’on n’aura pas affaire à une enquêtrice comme les autres. D’ailleurs un grand nombre de diversions interviennent, si bien que nous n’assistons pas seulement à une enquête, mais à une succession de tranches de vies, de vies de couples, d’affrontements complices tant dans la vie professionnelle qu’autour, jusqu’à que l’enquête soit obligée de s’accélérer pour stopper l’afflux de cadavres qui, malgré les apparences du début, se rapporteront à la même affaire.

         Pour ceux qui connaissent Barcelone, ils reconnaîtront les lieux, mais, à part le quartier gothique, ce ne sont pas des lieux où on emmène les touristes.

         Quant au titre du livre, c’est l’expression d’un des mendiants qui représente ce que serait pour lui la richesse, et vers la fin du livre nos deux flics se demandent mutuellement ce que serait leur « bateau plein de riz » à eux.

         Ça vous donne envie de le lire ? N’hésitez pas, mais vous aurez du mal à l’abandonner avant la fin. Le signe d’un bon polar, non ?

Et ce n’est pas fini…

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Pour qui se prend-il ?

29 Novembre 2012, 19:17pm

Publié par Bernardoc

         Dans Marianne de cette semaine, le président d’un « Intersyndicat national des internes des hôpitaux » - moi qui milite à la CGT, j’ai du mal à comprendre ce qui se cache derrière ce titre pompeux – termine son écrit (sollicité par le journal ?) par la phrase suivante : Nous refusons que les organismes complémentaires organisent et régulent notre système de santé.

         Eh bien, je vais vous faire une confidence : moi aussi ! Militant mutualiste depuis plus de quarante ans, engagé dans la gestion de ma mutuelle pendant 18 ans, je n’ai cessé de voir la mutuelle être obligée de se substituer de plus en plus à la sécu que nos pères avaient créée au sortir de la deuxième guerre mondiale et dont la gestion est devenue de plus en plus périlleuse à force de cadeaux aux patrons (allègement, voire suppression de cotisation, retards dans le versement,…).

         Pour essayer de rétablir un peu la vérité (en attendant que Marianne leur ouvre ses colonnes ?), les présidents d’Harmonie mutuelles et de MGEN/Istya ont payé un encart dans Le Monde intitulé NOS ADHERENTS SONT AUSSI VOS PATIENTS !

         Si les étudiants et internes en médecine trouvent que la nation n’est pas assez généreuse envers eux pendant la durée de leurs études, rien ne les empêche après tout de trouver un autre pays européen : ma contribution à leurs études via mes impôts s’en trouvera peut-être allégée.

         Mais bénéficier de l’ensemble de ce que la nation met à leur disposition et refuser ensuite de s’insérer dans un effort de solidarité, avec pour seul objectif professionnel : LE FRIC, LE FRIC, LE FRIC, me conduit à penser qu’il devient nécessaire, comme dans les écoles, de réfléchir, au cours des études de médecine sur notre devise nationale : Liberté, Egalité, Fraternité.

Et ce n’est pas fini…

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Le cochon de Gaza.

28 Novembre 2012, 22:28pm

Publié par Bernardoc

         Vous connaissez ? C'est le titre du film qui était présenté lundi soir au Centre Benoît FRACHON de Courcelle sur Yvette, décidément un haut lieu culturel de la CGT, dont peuvent bénéficier les militants en formation. Et cette semaine il n'y avait pas que les militants « Culture », il y avait aussi des formations CHSCT, FAPT,...

         Le cochon de Gaza, contrairement à ce que le film pourrait laisser croire, n'est pas palestinien mais belgo-germano-français, même si les acteurs sont des Gazaouis. Malgré ce qui se passe dans ce pays, il fallait  oser traiter l'histoire sur le mode comique, et c'est une parfaite réussite. Il était projeté en version française, et je veux croire qu'en arabe ce devait être encore mieux.

         C'est l'histoire d'un pauvre pêcheur dont le toit de la maison est occupé par des soldats israéliens, et qui un jour ramène dans ses filets...un cochon. Et le film nous raconte toutes les péripéties mises en œuvre par ce pêcheur pour essayer de se débarrasser de cet animal impie dont les pattes ne sont pas censées toucher la terre de Palestine ni d'Israël.

         Il y a des épisodes de franche rigolade et d'autres d'une émouvante tendresse, notamment quand on voit Jafaar et sa femme Fatiha fraterniser avec une immigrée russe, éleveuse de porcs dans une colonie, et qui n'a qu'une envie : retourner chez elle avec son petit frère.

         Partout, tout au long du film, l'omniprésence des troupes israéliennes d'occupation dans différentes situation, montre bien ce que les Palestiniens doivent endurer dans leur vie quotidienne.

         Nous ne croyons pas trop à la dispute filmée en ombre chinoise avant la séquence finale où l'on assiste à d'incroyables acrobaties d'handicapés sur béquilles, qui en remontreraient à beaucoup de « break-dancers ».

         Vous l'aurez compris : un film à voir absolument.

Et ce n'est pas fini...

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