A l'attaque !
Comme il l’avait promis, le président sortant va poursuivre son œuvre de destruction massive jusqu’au moment de son départ (qu’il ne souhaite visiblement pas). Dernière attaque en date : l’éducation nationale ; tiens donc, juste au moment où l’ancien ministre ancien socialiste Allègre se rapproche à nouveau de l’Elysée.
Premier levier : mettre fin au statut, ce bouclier issu de la Libération et qui garantit une certaine liberté aux fonctionnaires. Travailler plus et gagner plus, encore une fois. Les professeurs devront « être plus présents dans les établissements, sans aucun doute », avec une rémunération -tiens, on ne parle plus de traitement- « considérablement augmentée ». Comment arriver à ce tour de passe-passe en prônant les économies à tout-va ? Facile, il suffit d’accélérer les suppressions de postes, notamment en supprimant tous les postes de « vie scolaire » qui n’auront plus lieu d’être. En effet, on se dirige à toute vitesse vers un modèle à l’anglaise, où les profs arrivent pour la première heure de la journée et partent à la dernière, et leur mission implique également de prendre en charge les élèves qui auraient un trou dans leur emploi du temps (absence d’un collègue ou autre). Est-ce un progrès ? Je n’en suis pas persuadé.
Le président sortant indique aussi qu’il trouve aberrant que les enseignants ne disposent pas d’un bureau pour recevoir les parents (et faire leurs préparations et corrections, puisqu’il faudra faire apparaître qu’ils n’auront plus besoin d’emporter du travail à la maison). En a-t-il parlé aux collectivités territoriales (conseils généraux ou régionaux), responsables des locaux ? Quand on sait que maintenant, pour faire des économies, on construit des collèges sans salle de permanence, on peut douter de la précipitation des décideurs locaux à se mettre en conformité avec l’éventuelle future loi.
Faire un dogme de l’autonomie des établissements : pourquoi pas, mais à condition de rétablir la carte scolaire, condition indispensable pour que l’écart entre « bons » et « mauvais » établissements ne se creuse encore davantage. Quant au recrutement des enseignants par le chef d’établissement, je ne suis pas sûr que cela suffise à « constituer de véritables équipes de professeurs, motivés et soudés autour du chef d’établissement ». Quel paternalisme dans cette formulation !
Et pour couronner le tout, le grand bond de trente ans en arrière avec l’orientation en fin de 5ème.
Espérons que, comme pour le grand nombre de contre-réformes citées dans mon article d’hier, les acteurs et usagers de ce qui est encore un service public se mobiliseront pour faire échec à cette casse. Mais le plus simple n’est-il pas de voter Front de Gauche au printemps pour se prémunir de ces mauvais coups ?
Et ce n’est pas fini…