Mercredi : congrès fermé.
C’est la journée consacrée aux excursions, seul ou en groupe, ou au repos. Pour nous ce fut Varadero dans la province de Matanzas au nord-est de La Havane.
Nous étions de nouveau avec Alexis, mais le commentaire venait surtout du chauffeur, un brave homme de 72 ans qui connaissait cette région comme sa poche avec les anecdotes afférentes ; donc le guide se contentait de traduire en esperanto les explications cubaines. Nous avons longé la côte pendant plus d’une heure, beaux paysages, villages de marins, mais aussi torchères qui pointaient au dessus des réserves de gaz naturel et petite exploitation pétrolière construite avec l’aide de la Chine populaire : il fallait bien trouver un nouveau parrain pour remplacer feue l’URSS.

Nous sommes également passés à proximité d’une gare où arrivaient les trains de La Havane qui amenaient les gens à la mer.

Au bout de deux heures à travers de nombreuses plantations agricoles, nous arrivâmes à destination. Alexis nous avait assuré que c’était la plus belle plage du monde. Après avoir vécu deux ans à Matira, nous en doutions un peu…et nous avions raison ! Rien à voir avec Cayo Levisa, mais plutôt une sorte d’Almanarre agitée avec un ressac qui rendait difficile l’entrée dans l’eau. Heureusement l’hôtel dans lequel nous avons mangé (au bord de la plage) comportait une fort accueillante piscine. Nous sommes restés au tout début de la péninsule, encore préservée, car il paraît que tout au long des 18 kilomètres cela ressemble souvent à un mur de béton.

Dans l’après-midi, Alexis nous a interviewés Estelle et moi pour savoir comment nous vivions le congrès et ce que nous en pensions. Ces entretiens, en esperanto bien sûr, ont été diffusés sur radio Havane le surlendemain.

Au retour Alexis a été très déçu de notre réponse quant à « la plus belle plage du monde ». Et c’est Rolland qui a le mieux résumé la journée : « En somme on a fait deux heures de car pour prendre un bain avant de revenir.
»

Et ce n’est pas fini…

















Puis, nous arrivons à la vieille ville, où alternent des immeubles de toute beauté et des bâtiments qui auraient bien besoin d’être rénovés, et c’est là que le blocus se fait sentir, en empêchant l’arrivée de certaines matières premières non produites à Cuba.




C’est au cours de ce trajet depuis Viñales que Marta nous parla des 5 Cubains emprisonnés aux USA, prisonniers dont les portraits ou les monuments commémoratifs figurent partout. Et là, on sentait bien que c’était son cœur, comme le cœur de tout le peuple cubain, qui parlait pour réclamer la libération de ces cinq intellectuels prisonniers depuis plus d’une dizaine d’années. Et le slogan récurrent est : « Ils reviendront ! »

