New Zealand
Premier « été » à BoraBora : Rose faisait un remplacement à l’infirmerie de l’île, et je décidai donc de continuer ce que j’avais fait pendant deux ans avec le CLTC (de la Ligue de l’Enseignement) en direction de l’Angleterre, c'est-à-dire accompagner des jeunes à l’étranger. La Ligue polynésienne ne faisait pas partie du dispositif, mais elle me mit en relation avec une association de parents d’élèves (surtout du privé ! ) qui organisait des voyages vers la Nouvelle Zélande.
J’obtins un poste sans problème, d’autant que nous étions payés avec un lance-pierres et que nous y étions pas mal de notre poche. Mon boulot, à part le convoyage, consistait à visiter l’ensemble des écoles dans lesquelles étaient scolarisés les jeunes Tahitiens venus se frotter à la langue anglaise. J’étais basé à Christchurch, dans l’île sud, la plus anglaise des villes neo-zélandaises.
Mon contact sur place était Lloyd UPTON, consul honoraire de France, qui tenait absolument à parler en français alors que moi j’insistais pour parler anglais. L’explication me fut donnée plus tard : Lloyd était marié avec une Sarladaise et le français était la langue commune à la maison (sauf quand les trois enfants étaient seuls, auquel cas l’anglais reprenait bien vite le dessus).
Il m’avait trouvé un hébergement chez June, une veuve dont le portrait du défunt mari en tenue de franc-maçon ornait les murs de la maison. Elle m’a appris certains détails sur la Nouvelle Zélande. Par exemple, il y avait fort peu de temps qu’elle fermait sa porte à clé ; c’était une action qui était inconnue dans sa jeunesse. De même elle me dit qu’il avait fallu qu’elle devienne adulte avant de rencontrer un Maori, alors que, lorsque nous avons débarqué à Auckland, nous avions été accueillis traditionnellement par un groupe maori et que les mots qui étaient au fronton de l’aéroport n’étaient pas « Welcome » mais « Haere Mai ». Elle me permettait aussi d’utiliser librement son téléphone, et lorsque je voulus payer, elle me dit qu’il s’agissait d’un véritable service public, gratuit à l’intérieur de l’agglomération.
Mais la découverte de ce pays allait m’apporter d’autres satisfactions que j’avais envie de faire partager à ma famille lors d’un voyage ultérieur.
Et ce n’est pas fini…
Les vacances de Pâques ayant déjà commencé en France, Rose et Estelle vinrent me chercher. Elles débarquèrent donc à l’aéroport de Shannon, et ce furent les dernières surprises irlandaises.
Avec Rose et Estelle, nous allâmes jusqu’à Galway,
aux portes du Connemara, après avoir traversé le Burren, un désert calcaire très accueillant pour…les lichens.

mes visites. La côte ouest de l’Irlande, face à l’Amérique, est très découpée. Dans le county Clare se dressent face à l’océan les fameuse falaises de Moher, peu éloignées des iles d’Aran (dont j’ignore si elles ont une relation avec l’opéra de Gilbert Bécaud).
battus, avec nos cartes anglaises, il n’est pas évident de se repérer au milieu de ces petits murets de pierres sèches, car lorsque l’on arrive à un croisement, lorsqu’il y a des panneaux indicateurs, ils sont rédigés en…gaëlique, et les noms locaux n’ont absolument rien à voir avec leur traduction anglaise.
Shannon, on arrive à Dingle, un doigt qui s’avance dans l’océan atlantique. Là encore des paysages superbes et un col qui s’appelle le ‘Khyber pass’ mais quand même beaucoup plus sûr que le col du même nom au Pakistan.

Je pris donc la route en direction du nord, mon voyage maritime m’ayant permis de récupérer de la fatigue de la conduite depuis Lormont. Lorsque j’arrivais à Ennis, il était convenu que j’appelle le Principal-adjoint, Philip McMahon si je me souviens bien. Mais il était 6h30, ce qui, compte-tenu des habitudes britanniques était bien trop tôt pour déranger les gens. J’allongeais mon siège et tentais de sommeiller à nouveau, mais au bout d’une heure, le froid était si saisissant que je me décidai quand même à l’avertir de mon arrivée. Il arriva rapidement et me conduisit chez lui pour le breakfast traditionnel, avant de me montrer la maison que Kathleen avait réservée pour moi, au milieu de nulle part, en face d’un pub qui avait malencontreusement brûlé la semaine précédente. J’allais donc être contraint à une sobriété forcée pendant tout mon séjour !

Je me souviens avoir été mis en joue par un fusil mitrailleur à Ouidah pour m’être approché d’un soldat pour lui demander un
renseignement !...Ouidah, cité esclavagiste avec ses pythons sacrés, berceau du vaudou,
fut notre première étape ; c’est une des raisons pour lesquelles j’ai beaucoup apprécié Les passagers du vent, car j’y retrouvais des paysages visités.
En route pour Abomey, l’ancienne et riche capitale du Dan-Homey, nous avons croisé de grands élèves d’une école primaire qui étaient occupés aux travaux des champs avec leur maître. A notre passage ils se sont relevés et dressant leurs outils, ils ont proclamés les slogans révolutionnaires tels : « Vive la révolution ! A bas l’impérialisme !...). Plus tard, étant redevenu partisan d’une économie de marché, le « général » M. Kerekou s’est fait élire Président de la République.
Abomey demeure sans conteste la capitale artistique du Bénin : les palais royaux, le musée national et les fameux tableaux en patchwork l’ont qualifiée pour entrer au patrimoine de l’Unesco.

Enfin, notre dernière sortie à l‘« étranger » fut pour la Côte d’Ivoire, qui ne fut en fait qu’un court séjour à Abidjan, où nous sommes allés nous étonner de la patinoire au sein de l’hôtel « Ivoire » et nous frotter à la population du marché de Treichville, visite qui
a d’ailleurs failli nous coûter la disparition de quelques objets : un moment d’inattention et je sens et entends la fermeture éclair de mon sac glisser ; je resserre alors mon bras et un grand noir me dit : « Attention patron, on peut te piquer tes affaires si tu ne fais pas attention ! ». Et c’était lui qui avait la main dans mon sac ! Il avait tenté quelque chose, il avait perdu et un grand sourire barrait son visage.