"La santé est plus taxée que le hamburger"
C’est une citation de Thierry BEAUDET, président de la MGEN, plus grosse mutuelle de France.
Et oui, c’est comme ça que le gouvernement obéit au Medef et continue de détricoter le pacte social et républicain issu de la Résistance. Après les retraites, l’Ecole (toujours en train d’être vidée de sa substance éducative et instructrice), maintenant la Sécu. Cette dernière est seulement bonne pour permettre à « nos » sportifs logés à l’étranger et ne payant pas d’impôts en France de venir se faire soigner gratis leurs bobos aux frais des travailleurs qui, eux, participent à cette solidarité nationale, contrairement au patronat qui continue à bénéficier d’allègement de « charges sociales » (oh ! l’affreux vocabulaire de droite !) mettant ainsi chaque année en péril l’équilibre de nos comptes sociaux. En effet, depuis plusieurs années – entre 1983 et 2009 le financement issu des entreprises a baissé de 17% -, les entreprises contribuent moins que les ménages à la sécurité sociale, et les comptes de l’assurance maladie n’ont plus été positifs depuis 1988. C’était au XX° siècle !
Vingt ans plus tard, en 2008, 16,5% de la population a renoncé aux soins pour des raisons financières, pourcentage qui atteint 25% chez les étudiants. Il faut dire que pour la médecine ambulatoire (la médecine de ville), un euro sur deux n’est plus pris en charge par l’assurance maladie, et que 7% de la population n’a pas les moyens de se payer une mutuelle complémentaire.
Entre 1990 et 2006, les dépassements d’honoraires (ce qui permet aux médecins libéraux, y compris ceux qui bénéficient pour leurs consultations de toutes les infrastructures de l’hôpital public, de rouler en 4X4 BMW et d’entretenir leur bateau) ont augmenté de 68% ! Et vos revenus à vous ? Ils ont suivi ? Vous en avez de la chance, pas les miens !
On assiste donc à un transfert de charges vers les mutuelles (231 millions d’euros) et vers les familles (3 milliards !) : augmentation du ticket modérateur, franchises, taxes qui doivent être récupérées en partie par une augmentation des cotisations,… Ainsi en sept ans, entre 2004 et 2011, les taxes que devra verser la MGEN passeront de 16,4 millions d’euros à 141,3 millions d’euros.
Il est vraiment temps de donner du travail à tout le monde et d’arrêter les cadeaux au patronat : c’est le meilleur moyen de revenir à un équilibre qui permettra de maintenir cette conquête pour laquelle nos (grand) parents se sont battus.
Et ce n’est pas fini…
















