Avant d'aller visiter un musée dont je vous parlerai bientôt, j'ai fait un saut dans l'église St Sulpice, dans le même quartier. Construite entre 1646 et 1745, cette église occupe un lieu où l'histoire de Paris se confond avec celle de l’Église (catholique). Dans ce quartier, l'Association Diocésaine de Paris, les Sœurs de la Charité de St Vincent de Paul et les Petites Sœurs des Pauvres sont propriétaires de pas moins de 200 000 m².
J'ai cherché le cadran solaire (magnifique paraît-il), œuvre de l'astronome Le Monnier en 1743, mais je ne l'ai pas trouvé. Il faudra y revenir.
Cette église fut visitée par le pape Pie VII en 1804, pour la « laver des affronts populaires » de la Révolution. Plusieurs plaques témoignent de la position profondément réactionnaire du clergé.
Vous pouvez trouver d'autres détails dans le livre de Jocelyn BEZECOURT : Une autre visite des églises de Paris.
Samedi soir, visite nocturne et théâtralisée de ce musée situé à Lormont, ville où nous avons passé sept belles années. Ce n'était pas la première fois que j'y allais, mais là, incontestablement il y avait un plus.
Nous sommes accueillis par Dame GRADIS en costume d'époque, ancienne propriétaire du château qui abrite le musée, descendante d'une vieille famille juive portugaise ayant fait fortune dans le commerce (triangulaire au début) maritime.
Puis une guide nous fait remarquer toutes les belles décorations du hall d'entrée avant de nous parler de l'histoire de ce bâtiment depuis qu'il avait été acquis par la CPAM de la Gironde.
Après cette première présentation, nous prenons le majestueux escalier pour nous diriger vers le musée proprement dit, situé au premier étage. Nous visitons une demi-douzaine de salles, visite ponctuée par des interventions des deux comédiens sur un thème différent à chaque fois. C'est là que nous apprenons qu'Aliénor d'Aquitaine avait instauré une protection sociale pour les marins dès le XII° siècle, et que les premières cotisations sociales virent le jour sous le ministère de Colbert, en 1673. Quand on prend conscience de cela, on se rend compte que ce n'est pas de cent ans que Macron veut nous faire reculer avec la droite qu'il inspire, mais bien de plus de trois siècles !
Un échange de lettres entre un poilu et sa femme nous invite à réfléchir sur la nécessité d'augmenter la protection sociale après cette boucherie, et tout naturellement nous arrivons aux Jours heureux, prônés par le Conseil National de la Résistance. Des fragments d'un discours de Pierre LAROQUE, haut fonctionnaire, Directeur des assurances sociales précèdent l'évocation d'Ambroise CROIZAT qui mit en place la sécurité sociale en sept mois. J'ai fait remarquer par écrit, que si cela avait été possible, c'était grâce à l'investissement massif des militants de la CGT (comme l'explique très bien le film « La Sociale »).
Visite très instructive, très pédagogique, avec une guide passionnée qui visiblement ne pensait pas comme cette obscure politicienne de droite (même pas extrême) qui affirme que la sécu est un vestige communiste de 1945 et qui devait donc disparaître (aux dernières nouvelles, cette admiratrice de Trump n'est pas encore au cabinet de Macron).
Il y a pour l'instant deux visites théâtralisées par an, mais il est envisagé d'augmenter la fréquence. Allez faire un tour sur le site du musée : www.musee-assurance-maladie.fr
Après une journée de travail pour la CGT à Montreuil, et avoir récupéré ma chambre dans un hôtel de Montparnasse, en toute vers la Porte de Clignancourt pour rejoindre l'Alambic comédie, autre petit théâtre, pour mon second spectacle vivant. J'y allais sans trop savoir à quoi m'attendre : comme la plupart du temps c'est le titre qui m'avait attiré.
Nous étions...8 dans la salle ! Comme tous les spectateurs avaient pris leur billet par internet, un des comédiens avait la liste, et il ne lui a pas fallu longtemps pour retenir nos prénoms, d'autant que nous étions concentrés sur les deux premiers rangs.
L'argument : nous sommes en retenue pour réviser certains passages de notre histoire de France sous la guidance de Terrence, le surveillant. Puis arrive Malik, élève qui redouble pour la 20ème fois sa classe de 5ème. De 1515 à racine carrée de 3,2 en passant par Olive et Tom et Ravaillac sans oublier Jeanne d'Arc et son dauphin, les révisions vont aller bon train, avec bien évidemment la participation des « élèves » de la salle. Nous ne suivons pas la chronologie, et c'est Malik qui suscite l'ordre des questions, qu'il connaît par coeur à défaut d'avoir les réponses.
Terrence a commencé par nous raconter l'histoire de Rocambole, et nous devrons attendre la fin du spectacle pour connaître la façon dont Ponson du Terrail l'a ressuscité.
Une foison de détails nous sont déversés par les deux acteurs, et ce n'est pas étonnant si Terrence a effectivement un doctorat en histoire.
Une excellente soirée, malheureusement la dernière était il y a trois jours. Mais sans doute nos deux compères reviendront-ils, puisqu'ils en étaient à leur troisième série de performances depuis le 5 août 2013. je l'ai donc vu juste à temps cette fois !
C'est le titre de la comédie que je suis allé voir au Mélo d'Amélie (rue Marie Stuart) pour clôturer ma première journée à Paris. C'est un petit théâtre que j'avais déjà visité, et ce soir là il y avait environ une vingtaine de spectateurs. L'avantage de ces petites salles, c'est qu'on est pratiquement sur la scène et cela permet aussi aux acteurs d'économiser leur voix.
Quatre acteurs (deux couples) se rencontrent par hasard dans une location bretonne et vont devoir cohabiter pendant un week-end. La présentation indique : En plein mois de mai, sous des trombes d’eau bretonnes, la rencontre explosive de deux couples en escapade amoureuse. De confidences en confrontations, dans une comédie enlevée à la tension sexuelle aiguë, les désirs s’enflamment.
J'ai pris beaucoup de plaisir à ce spectacle qui laisse fort peu de répit à chacun des protagonistes et qui, à partir de situations parfois assez improbables, débouche sur des scènes tout à fait plausibles dans leur réalisme. Cela semble d'autant plus vraisemblable que les acteurs incarnent leurs personnages avec beaucoup de joie et de bonheur : on sentait le plaisir qu'ils avaient à jouer cette comédie.
La fin, en forme de coup de théâtre, m'a étonné : je ne m'attendais pas du tout à cela, et je me garderai bien de vous la dévoiler.
Il vous reste deux mois pour en profiter. Courez-y !
Il y avait un moment que je voulais visiter ce musée du chocolat, situé juste à la sortie du métro « Bonne Nouvelle ». Chocolat story fut mon point de chute après la cinémathèque et Bercy.
Petit musée sympa sur trois étages, avec des gens très accueillants. On commence par l'étage du milieu, qui est en fait le rez de chaussée et qui est consacré à l'histoire et la géographie. Le chocolat est originaire d'Amérique centrale et ce sont donc les Espagnols, qui après avoir massacré les indigènes, ont rapporté le précieux ingrédient vers les cours européennes, avant de transplanter les arbres vers l'Afrique. Ainsi, c'est maintenant la Côte d'Ivoire qui est le premier producteur mondial avec plus de 30% (ce n'est pas dit, mais Houphouet Boigny, le père de l'indépendance ivoirienne, avait construit sa fortune et ses soutiens grâce à cette plante.) Son voisin le Ghana, a perdu sa première place en 1976, mais produit encore près de 20% de la récolte mondiale. A eux deux, ces pays produisent donc la moitié du cacao mondial. Mais cet étage traitait surtout de l'histoire des Aztèques en relation avec cette plante. J'ai fait remarquer une erreur sur un des panneaux : ce ne sont pas les bananiers qui procurent l'ombre indispensable à la maturation des cabosses, mais les badamiers.
Deuxième partie : au premier étage, tout ce qui tourne autour de la consommation, solide ou liquide, du chocolat : outils de préparation, services de dégustation, boîtes très variées, albums de collections,...J'ai aussi fait une remarque sur un manque : s'il y avait bien les albums Poulain qui servaient à collecter les images, il manquait les albums Cémoi de collection de timbres.
Enfin, dernière étape, deux étages plus bas, c'est à dire au sous-sol, les œuvres artistiques : sculptures en tout genre et même robes !C'est également à cet étage que se déroulent régulièrement les ateliers cuisino-pédagogiques.
Enfin, si l'on a payé 3 € de plus à l'entrée, il y a une dégustation au choix avant de sortir.
Comme chaque fois que je suis convoqué pour une réunion à Paris, je m'efforce de partir la veille et de rentrer le lendemain pour faire quelques balades culturelles, même si dans la majorité des musées il n'y a pas de tarif « vieux » et que l'éducation nationale refuse d'attribuer le pass-éducation aux retraités (qui sont des nantis comme chacun sait, d'où l'augmentation de 22,6% de la CSG, histoire d'aider à financer la disparition de l'ISF). Mais je m'égare, et on va finir par penser que ma pensée devient aussi complexe que celle du président des riches.
Donc, motivé par l'exposition consacrée à Goscinny, je décidai de découvrir un lieu que je ne connaissais pas : la cinémathèque. Bâtiment intéressant, lieu culturel multiple qu'aucun cinéphile ne saurait ignorer. L'exposition nous replongeait bien entendu dans le monde d'Astérix, de Lucky Luke et du petit Nicolas. Ai-je mal vu, mais je ne me souviens pas avoir vu évoquer le premier héros du tandem Goscinny/Uderzo : l'indien Oumpah-Pah, personnage que les moins de soixante ans ne peuvent pas connaître. Beaucoup d'extraits de films, de décors, de costumes et plusieurs écrans interactifs fort intéressants, qui montraient les personnages réels qui avaient inspiré le dessinateur.
Trois étages plus bas se trouve le musée du cinéma avec beaucoup d'appareils datant des débuts du 7ème art, mais rien à voir avec l'immense musée de Turin. J'ai signalé que la Bourse du Travail de Bordeaux, monument historique, recelait un projecteur des années 1930, mais ça n'a pas provoqué la moindre curiosité de mon interlocutrice.
La cinémathèque se trouve à Bercy, sur la rive gauche de la Seine et juste en face de la BNF. J'ai donc décidé de traverser les jardins et la Seine à pied par la passerelle Simone de BEAUVOIR pour rejoindre le métro sur l'autre rive. C'est la première fois que je voyais la BNF de cette rive et j'ai eu la surprise de découvrir vingt et une sculptures Les Enfants du Monde réalisées en 2001 par Rachid Khimoune, qui représentent 21 enfants de 21 pays différents et symbolisent, à l'entrée dans le XXIe siècle, le respect des droits de l'enfant. Je n'ai pas pris une photo individuelle de chaque statue, car une autre visite m'attendait un peu plus loin.
Il s'agit du numéro hors-série de L'Humanité consacré aux grands discours de la République. Cet ouvrage devrait figurer dans toutes les bibliothèques, dans tous les CDI, et chez tous les militants qui s'intéressent à l'histoire ; le sous-titre indique d'ailleurs : 35 discours pour la république et l'émancipation.
Le choix est vaste puisque le premier discours, signé Robespierre, date du 25 janvier 1790, et le dernier du 23 avril 2013 par Christiane TAUBIRA. Trois autres femmes auront aussi les honneurs : Olympe de GOUGES, Hubertine AUCLERT et Simone VEIL. L'abbé GREGOIRE voisine avec Alphonse de LAMARTINE, tandis que Victor HUGO précède de peu Jean JAURES. Jacques DUCLOS est entouré de Lucien NEUWIRTH et André MALRAUX, et Dominique de VILLEPIN fera écho à Charles de GAULLE.
Je ne vais pas tous vous les citer, vous les avez en couverture et en images. Le recueil se conclut par un deuxième discours de Jean JAURES, le 30 juillet 1903 lors de la distribution des prix du lycée d'Albi : « le courage, c'est de chercher la vérité et de la dire ».
Quand je vous disais que ce numéro est une nécessité ! Et peut-être, dans une réédition augmentée, trouvera-t-on un discours de Jean-Luc MELENCHON ?
Outre l'expo du CTL (voir ma chronique d'hier), pendant trois jours se déroule au centre social municipal du Haillan une exposition de tableau d'artistes peignant avec la bouche et les pieds. Ces derniers sont beaucoup moins nombreux et les autres étaient représentés par trois hommes, dont le président de l'association Serge MAUDET, un Bordelais – que nous reverrons sans aucun doute – Joseph MARTINS et Arnaud DUBARRE, un Vendéen. Mais rassurez-vous, l'APBP n'est pas misogyne et de nombreuses toiles étaient l’œuvre de femmes.
Vendredi les artistes se sont entretenus avec des classes primaires, hier c'était le vernissage et aujourd'hui l'exposition se termine à 18h30. Les gens sont venus de toute la métropole et certains n'ont pas hésité à traverser le fleuve pour venir admirer les œuvres exposées et voir travailler les artistes, ce qui est très impressionnant, surtout pour moi qui ne suis pas fichu de faire un dessin figuratif, alors que j'ai quand même l'usage de mes deux mains.
Comme tout vernissage, celui-ci se terminait par un copieux pot de l'amitié au cours duquel on pouvait entendre les peintres rire à gorge déployée, preuve qu'ils avaient trouvé dans les rencontres autour de cet art la possibilité d'exprimer leur optimisme communicatif.
Hier c'était aussi la première nuit métropolitaine des bibliothèques, et bien entendu nous ne pouvions pas éviter ce passage obligé avant de rentrer à la maison.
...mais également belle performance de trois des sections du CTL du Haillan : deux présentations de danses avec les petits rats et d'autres plus grandes, suivies d'une rentrée scolaire par des garnements qui n'avaient rien à envier à ceux du lycée Papillon, et enfin un défilé de mode révélant le talents de la section couture.
Bien entendu, outre ces performances vivantes et animées, il y avait les expositions habituelles de toutes les sections artistiques, du cartonnage à la peinture sur porcelaine, du patchwork à la peinture,...
Une petite affluence, qu'ont pu remarquer une adjointe et une conseillère municipale, qui a pu ensuite se régaler d'un buffet accompagné de sangria préparé par les adhérents.
Une visite s'impose, notamment pour les gens qui prétendent qu'il ne se passe rien au Haillan !
En attendant, les photos seront plus parlantes qu'un long discours.