Les organisateurs du congrès de La Grande Motte avaient bien fait les choses en prévoyant pour nous une soirée en Camargue. Nous nous attendions à une soirée musicale et dansante, mais pas à une démonstrations proposée par les gardian(ne)s dans une arène qui ne servit non pas à une corrida mais à un exercice de conduite des chevaux et des taureaux, séparés ou ensemble. Le spectacle s'est achevé alors que les premières gouttes de pluie commençaient à tomber.
Et c'est alors, en nous dirigeant vers l'apéro, que nous eûmes droit à un accueil musical gipsy.
Le repas était effectivement dansant, mais la plupart des congressistes se précipitèrent vers le premier car qui rentrait aux hôtels : le lendemain à 9 heures commençait l'assemblée générale.
Cet article, chronologiquement, aurait dû se situer avant Béziers. Mea culpa.
Après Le 9 bordelais était chargé, il s'agit du deuxième polar d'Eric BECQUET, ancien président de la section football du BEC.
Comme le premier, ce livre nous peint une histoire qui tourne autour du foot, et notamment des Girondins. Toujours la même héroïne, Mélissa MARCHAND, journaliste sportive pour un canard local, bien fictif celui-là. L'auteur prend la précaution de nous avertir : « Cet ouvrage est une fiction qui s'inspire parfois, librement, de quelques faits réels.
Nous naviguons entre Bordeaux et le pays basque, lieux reliés entre eux par une sombre affaire de prostitution, qui touche non seulement le mileu sportif, mais aussi le milieu politique avec l'implication d'élus municipaux bordelais.
Multiples cadavres, agressions, chantage, intervention d'un détective privé dont on se rappelle l'existence à la fin, mais dont à mon avis on aurait pu se passer, tous les ingrédients nécessaires donc à une belle histoire. Mais nous sommes au pays basque, et n'oublions pas que ce dernier a été agité pendant des années par l'ETA, dont on découvrirra l'importance au fur et à mesure de l'avancée du roman.
Je ne vous en dirai pas plus, pas question pour moi de divulgâcher.
Deuxième et dernier polar (à moins qu'il y en ait un posthume ) de Philippe MEDIAVILLA. Nous quittons la forêt, bien qu'elle ne soit pas totalement absente, pour la mer et le trouble milieu du surf. Nous retrouvons les mêmes personnages qui ont un peu évolué depuis le premier roman. L'auteur avait donc bien l'intention d'écrire une saga basco-landaise. ..s'il en avait eu le temps.
Chaque chapitre commence par une citation ou un proverbe d'origines diverses, de l'Occitanie à Ghandi, en passant par Amélie NOTHOMB, censés nous mettre dans l'ambiance du développement à venir.
Les chapitres écrits à la première personne sont rédigés par Laurent, le responsable syndical de l'UL (Union Locale) de Bayonne. Les autres chapitres intercalés font progresser l'histoire ; ils mettent en scène les autres personnages vus par un regard extérieur.
Dans cette histoire, contrairement à la première, les morts se succèdent et les coups de théâtre nous promènent autant qu'ils affectent nos héros. Mais je n'en dirai pas plus, je ne voudrais pas gâcher votre plaisir !
Non, il n'y a pas de faute d'orthographe, c'est le titre du premier polar du regretté Philippe MEDIAVILLA, ancien secrétaire régional de la CGT Aquitaine.
Le bouquin est sorti des presses il y a trois ans, mais je ne l'ai acheté que lors de la dernière Escale du livre de Bordeaux.
L'histoire se déroule à Bayonne (notre camarade était basque) après la tempête qui avait détruit une grande partie de la forêt landaise. Et de tout temps la forêt a été un endroit de luttes syndicales. Quoi d'étonnant donc que ce thème ait été choisi ?
La construction est intéressante avec de très nombreux chapitres de longueurs différentes qui dépeignent chacun une partie des aventures des différents personnages qui finiront, après ce tissage de toile, par être rassemblés au sein de la même affaire.
Les syndicalistes ont la part belle, ce qui est normal, et Philippe s'est inspiré de son expérience tandis que les portraits choisis paraissent vraiment tirés de la réalité.
Plus surprenant la description de la vie policière bayonnaise et des contraintes administratives dont il faut savoir se libérer si l'on veut avancer.
Bien que peu décrite, la vie politique est néanmoins omniprésente en arrière-plan, ce qui évite toute caricature.
Arrivé à la fin du roman, d'un seul coup une comparaison s'est imposée à moi : Léo MALET ; non pas à cause de Nestor BURMA (il n'y a pas d'équivalent de ce détective dans le livre), mais par la description sociale du milieu dans lequel se situe l'action.
Je vais maintenant m'attaquer au second (et dernier) roman voir si l'auteur, fauché en pleine création, confirme son talent. A priori je n'en doute pas. Je verrai bien ce premier roman mis en scène pour une des émissions policières de F3.
Notre-Dame est bien vieille : on la verra peut-être
Enterrer cependant Paris qu’elle a vu naître ;
Mais, dans quelque mille ans, le Temps fera broncher
Comme un loup fait un boeuf, cette carcasse lourde,
Tordra ses nerfs de fer, et puis d’une dent sourde
Rongera tristement ses vieux os de rocher !
Bien des hommes, de tous les pays de la terre
Viendront, pour contempler cette ruine austère,
Rêveurs, et relisant le livre de Victor :
- Alors ils croiront voir la vieille basilique,
Toute ainsi qu’elle était, puissante et magnifique,
Se lever devant eux comme l’ombre d’un mort !