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Le blog de Bernard SARLANDIE

Prolongations.

18 Juin 2013, 16:29pm

Publié par Bernardoc

         Etant données les circonstances de mon départ de l’éducation nationale, je m’étais bien promis de ne plus jamais remettre les pieds dans un établissement scolaire. J’ai tenu bon trois ans (à part trois départs en retraite) et j’ai craqué la quatrième année. En fait, je n’ai fait que répondre aux sollicitations de divers collègues qui me reconnaissent quelques compétences.

         Cela a commencé par l’AROEVEN qui m’a demandé de participer à la co-animation d’ateliers d’analyse de pratiques professionnelles pour les CPE de la ZAP de Libourne. Comme l’association m’a fait l’honneur de me nommer comme membre qualifié au sein de son conseil d’administration, je pouvais difficilement leur refuser ce coup de main. Et lors du bilan de ces quatre séances, j’ai pu me rendre compte que j’étais encore capable de guider ce genre d’atelier avec profit pour les participants.

         La deuxième intervention fut lors d’une matinée « santé » au collège de Capeyron. Là mon intervention se situait dans le cadre de l’ADOSEN et c’était une animation, non pas en direction des adultes, mais des enfants, concernant l’alimentation. J’ai trouvé que j’avais de beaux restes en matière de pédagogie !

         Enfin, cet après-midi, j’accompagnais le Président de l’AMOPA au collège François Mauriac de St Médard en Jalles pour la remise de prix pour la participation au concours de défense et illustration de la langue française. Accueil chaleureux de la Principale qui avait invité les parents et la presse, montrant ainsi la volonté de valoriser l’engagement des enseignants, des élèves et de leurs familles dans des activités à l’ouverture enrichissante pour leur formation.

         Trois expériences, presque « à l’insu de mon plein gré », mais qui donnent envie de poursuivre : n’est-ce pas un des plus sûrs moyens de ne pas vieillir trop vite ?

Et ce n’est pas fini…

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Fin d'année.

17 Juin 2013, 07:18am

Publié par Bernardoc

         Intéressante chronique sur Le + du Nouvel Obs. concernant « Les dix galères de fin d’année des parents », et notamment le fameux cadeau à la maîtresse. Pendant les 18 ans où j’ai été parendélev en maternelle ou primaire, c’était une période très difficile pour moi prof, CPE ou Principal-adjoint. J’avais du mal à admettre que ces collègues enseignant(e)s que j’admirais, comme certaines le faisaient à mon égard, aient besoin de recevoir une gratification matérielle chaque mois de juin. Mais comment faire pour que nos enfants ne se sentent pas ostracisés ? Eh bien, à la fin, nous panurgions et versions notre écot à la caisse commune des parents, généralement d’ailleurs, pas des parents militants et investis dans les conseils d’école.

         Lorsque j’étais en CM2, je me souviens comment nous nous étions cotisés pour offrir à Noël un stylo à 4 couleurs – c’était un luxe à l’époque -  notre maître, René DUCOS, que Miroir du rugby avait surnommé « le grand échalas flegmatique ». Mais c’était un cadeau qui venait d’une classe qui appréciait particulièrement son maître. De même, deux ans plus tard, c’est ce qui nous avait conduit à offrir une cravate à notre prof d’anglais, M. ADDES, car nous imaginions que la vie était difficile pour lui vu qu’il n’avait pas porté plus de deux cravates au cours du trimestre !!!

         Quelquefois il m’est arrivé de recevoir des cadeaux « officiels » comme des chocolats à Noël, mais pour moi c’était la fonction et non l’homme qui était ainsi honoré, et j’en faisais bénéficier mes proches collaborateurs.

         J’ai été trop choqué en Afrique où tous les services se monnayaient pour accepter une telle dérive du service public en France. Battons-nous donc pour notre niveau de vie et d pour améliorer les conditions de travail : ce sera notre plus grande satisfaction.

Et ce n’est pas fini…

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Transparence.

16 Juin 2013, 11:36am

Publié par Bernardoc

         Le mariage pour tous étant entré dans les mœurs (malgré le pape), la boîte de Pandore de l’« affaire Cahuzac » n’ayant pas encore été complètement ouverte, voici de quoi alimenter les papiers des journalistes autorisés, et éviter de trop parler des conditions de vie et du chômage : les députés ont-ils un patrimoine ?

         Bien sûr, mais il n’est pas question qu’ils le dévoilent, contrairement à ce que semble souhaiter le gouvernement. Prétendant ainsi démontrer qu’ils ne sont pas des godillots, ils refusent de dire « amen » au projet de loi proposé par le gouvernement. J’aurai aimé que cette volonté de pseudo indépendance se manifeste lors du projet de loi, adopté au sénat, concernant les syndicalistes dont l’action a été criminalisée. Mais là, les députés ont manifesté leur soutien aux 9 policiers blessés par 1 œuf jeté par un manifestant.

         Y a-t-il des députés multimillionnaires comme plusieurs de nos ministres ? Sûrement, mais cela ne concerne pas, selon eux, le commun des mortels…si des fois lors des futures élections il venait l’idée aux électeurs de voter pour quelqu’un qui leur ressemble davantage ! Alors ils sont d’accord pour le révéler, mais au représentant départemental de la République, le préfet. Et chacun sera libre, dit-on, d’aller le consulter en préfecture. Comme il sera interdit d’en faire mention publiquement, je suppose que les réseaux sociaux vont remplir leur office, et que des phrases telles que : « Allez voir le patrimoine de Machin, ça vaut le coup. » vont fleurir, occasionnant dans la foulée des queues de citoyens dans certaines préfectures.

Gageons que nos élus vont faire le nécessaire pour mettre en place des procédures dissuadant leurs électeurs d’aller se rendre compte par eux-mêmes de la réalité du patrimoine.

Et ce n’est pas fini…

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Invitation au théâtre.

15 Juin 2013, 08:13am

Publié par Bernardoc

Dimanche 23 juin

A l’Entrepôt du Haillan

Entrée 7 euros

 

A 20 H 30 : « Terre Sainte »

 

Une ville en état de siège où le paysage est dévasté, où les soldats tirent sur les chats qui passent. Imen, Ian, Alia, Amin et Yad ont trouvé des échappatoires au bruit des fusillades, au ravage des incendies…Et puis un jour, Amin, le fils d’Alia et de Yad tue un soldat…

 

Texte de Mohamed Kacimi - Mis en scène par Yasmin Bau

 

Par le groupe « Panik Scenik »

 

Martine SANCHEZ, Lucile NGUYEN, Anne-Marie CHEVASSUS, Pascale MARTIN, Florent PENA, Pauline GRILLEAU, Hélène COUPE, Bernard SARLANDIE, Annie PERRAUDIN.

Et ce n’est pas fini…

 

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Haro sur les retraites !

14 Juin 2013, 09:15am

Publié par Bernardoc

 

Communiqué de la CGT

Réforme des retraites

Un rapport ouvert aux idées du Medef


 

  

 

La présidente de la Commission pour l’avenir des retraites, Yannick Moreau a rencontré les organisations syndicales et patronales. A cette occasion, elle a fait part, oralement, des pistes de réforme probablement contenues dans le rapport qui sera publié avant la prochaine conférence sociale des 20 et 21 juin.

Ces pistes s’inscrivent dans la continuité des précédentes réformes, lesquelles n’ont pourtant rien réglé en matière de financement, et ont considérablement dégradé la situation des retraités actuels et plus encore celle des retraités futurs.

 

Parmi ces pistes proposées par la commission figurent :

 

 La poursuite de l’allongement de la durée d’assurance.
 Une modification du calcul de la pension des fonctionnaires, en remplaçant la référence au salaire des six derniers mois par le salaire annuel moyen des dix dernières années.
 La désindexation de l’ensemble des pensions, à l’instar de celle en vigueur à l’ARRCO et à l’AGIRC.
 La désindexation des salaires portés au compte, y compris pour les fonctionnaires.
 Des dispositions sur la pénibilité qui apparaissent du même niveau que celles adoptées dans le cadre de la réforme Sarkozy (création d’un compte temps qui donnerait droit pour 15 ans d’exposition : 1 an de formation professionnelle ou 8 mois de temps partiel ou … 4 mois de bonification)…
 Éventuellement, une faible augmentation des cotisations.

 

Ces dispositions sont principalement orientées vers la baisse généralisée des pensions. Le rapport, ne reprend que les propositions du Medef, mais pas celles de la CGT. Le gouvernement entend faire vite.

 

Les discussions s’engageraient dès la conférence sociale et se poursuivraient jusqu’à la fin juillet il travaillerait sur un projet de loi dès le mois d’août. Les discussions reprendraient ainsi à la rentrée pour se terminer autour du 20 septembre. Ensuite, le projet de loi serait déposé au parlement.

 

La CGT s’engage à informer les salariés et les retraités, et saisir l’occasion des mobilisations de ces prochains jours pour se faire entendre sur les revendications et sur la retraite.

 

 

Rappel des propositions de la CGT sur la réforme des retraites  

Les droits

 Taux de remplacement 75 % minimum pour une carrière complète.
 Pas de pension inférieure au SMIC (revendiqué par la CGT) pour une carrière complète.
 Ouverture du droit à retraite à 60 ans pour tous.
 Départ anticipé avec pension complète dans le cadre de la reconnaissance de la pénibilité.
 Validation des années d’études.
 Validation des périodes de précarité subie.
 Indexation pensions et salaires portés au compte sur salaire moyen.
 Retour aux 10 meilleures années pour la détermination du salaire annuel moyen du privé.
 Renforcement des mesures solidaires, notamment celles qui concourent à corriger les inégalités femmes-hommes

 

Le financement
Toutes les propositions de la CGT ont pour effet de générer des emplois et donc des cotisations.
 Suppression des exonérations et instauration de la double modulation des cotisations dites « patronales » (≃10 Mds)
 Élargissement de l’assiette de cotisations à l’épargne salariale (intéressement, participation…) et aux primes pour les fonctionnaires (≃10 Mds)
 Mise à contribution des revenus financiers des entreprises (≃20 Mds).
 Augmentation en tant que de besoin des cotisations (en priorité les cotisations dites « patronales ».
 

 

Coordination et solidarité 

 La CGT propose la mise en place d’une maison commune des régimes de retraite afin de coordonner et de solidariser les régimes.
 Socle commun de droits et de garanties (nivellement par le haut) tout en tenant compte des particularités attachées à chaque régime et de la nécessité de maintenir des modes différents d’acquisition et de restitution des droits.
 Harmonisation par le haut des droits solidaires (minima, droits familiaux et conjugaux, précarité, handicap…).
 Traitement de la question des poly pensionnés.
 Pilotage des compensations entre régimes.
 Délibération réservée à des représentants des salariés élus.

 

 

 

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Les jeunes et le travail.

13 Juin 2013, 08:05am

Publié par Bernardoc

         Dans une précédente chronique, lors des chaises musicales organisées lors du départ de M. Cahuzac, ancien président de la commission des finances de l’assemblée devenu ministre du budget orchestrant la fraude fiscale, j’avais remarqué qu’un poste ministériel disparaissait, celui de la formation professionnelle. Sans doute cela devait aider à obéir au diktat européen concernant le déficit.

         Pourtant, et c’est le ministère du Travail qui le dit, 1,9 million de jeunes de 15 à 29 ans ne sont ni à l’école, ni en emploi, ni en formation. Cela représente 17% de cette classe d’âge, soit pratiquement un jeune sur 6. Pourtant, investir dans la jeunesse n’est pas un coût, mais une richesse ; il serait temps que les technocrates européens non-élus s’en rendent compte ! D’autant que sur ce nombre, 800 000, soit plus de 42%, se sentent tellement abandonnés qu’ils ont cessé toute recherche d’emploi et fréquentation de Pôle emploi.

         Mais cette disparition de ministère n’est-elle pas un prélude à la régionalisation de la formation professionnelle, réclamée à grands cris depuis des années par le Président de l’Association des Régions de France, le Président-député de la région Aquitaine, Alain ROUSSET ? La régionalisation totale de l’Education nationale, sous couvert de proximité, sape en fait les bases de notre République laïque, « une et indivisible ». Plus de diplômes nationaux, mais une compétition féroce entre régions avec soit une fuite des cerveaux pour avoir le « bon » diplôme dans la « bonne » région, soit des numerus clausus régionaux afin de respecter les consignes du Medef.  

         C’est ça le changement ?

Et ce n’est pas fini…   

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Imaginez...

12 Juin 2013, 08:48am

Publié par Bernardoc

         …la France sans F2, F3, F4, F5, FÔ, France inter, France bleu, France info, France culture, France musique, FIP ; il resterait TF1, M6, RTL, RMC, etc…c’est-à-dire des annonces publicitaires encadrées par quelques émissions de création ou d’information.

         Eh bien, la suppression de la télédiffusion publique, c’est ce qui vient d’arriver aux Grecs, sous prétexte d’économies exigées par la troïka, alors que le FMI a reconnu s’être trompé et que les mesures austéritaires prônées ne pouvaient qu’aggraver la situation. Et qu’ont fait nos camarades malmenés depuis de (trop) nombreux mois ? Ils sont descendus dans la rue pour exiger l’abandon de cette mesure inique et inutile. Pour une fois l’UE n’a pas tenté d’enfoncer la Grèce davantage, mais a fait une (légère) pression sur le gouvernement grec pour qu’il revienne sur sa décision.

         Car ce n’est pas seulement abandonner les ondes aux marchands de soupe qui, tels les vautours vont se précipiter pour s’arracher les dépouilles de ce pan de service public, c’est aussi le licenciement sec de 2 800 personnes qui travaillaient dans cet établissement. 2 800 personnes, cela implique 2 800 familles, soit 9 000 personnes touchées directement, et combien indirectement ? Plus de revenus, plus de moyens de subsistance…légaux, la Grèce n’est-elle pas en train de sombrer dans une économie parallèle qui, n’en doutons pas, finira par être récupérée par une mafia quelconque, à moins que les nazis d’Aube dorée ne tentent de rétablir le sinistre régime des colonels.

         Puisse l’Europe jouer son rôle, manifester sa solidarité et empêcher un de ses pays d’être rattrapé par les démons d’un autre siècle !

Et ce n’est pas fini…     

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Je rêve ?

11 Juin 2013, 08:55am

Publié par Bernardoc

   Ce serait plutôt un cauchemar : nous sommes dans la République Française, dans l’Europe du XXI° siècle, et que lis-je dans l’édition dominicale de mon (seul) quotidien régional ? « Une revue militaire française d’extrême droite appelle au putsch ». Et ce, juste après l’assassinat d’un jeune étudiant, qui aurait pu être mon petit-fils, par une bande de nazillons, qui eux ont sans doute eu du mal à apprendre à lire et à construire un discours cohérent.

Or, cet appel du torchon, que je ne connais pas, intitulé Revue de l’Arsenal, met en avant des officiers généraux, c’est-à-dire des gens qui ont suivi de brillantes études, aux frais du contribuable, dans les prestigieux établissements militaires de l’armée française. Et au lieu de se mettre au service de la République, voilà t-y pas qu’ils voudraient la renverser. Mais alors là il n’y a aucune hésitation à avoir, il faut les mettre à la retraite d’office, les dégrader et interdire la revue qui leur sert de haut- parleur.

Apparemment ces factieux se réclament du « printemps français », cette mouvance réactionnaire et agressive qui prétend réduire les libertés de certains de nos concitoyens, même après que la loi ait été votée par le parlement. Guidés par leur religion catholique, ils veulent partir en guerre (normal pour des militaires) contre « le cabinet franc-maçon » de leur ministre de tutelle. Tiens, et les Juifs ? Ils les ont oubliés ? Ça va bien venir sans doute.

La barjot frigide qui avait lancé ce mouvement de contestation peut être contente d’elle : le résultat de ses appels à la violence est allé au-delà de ce qu’elle pouvait espérer. Mais est-elle sûre qu’en cas de putsch, les Videla ou Pinochet en herbe la laisseraient en liberté ?

Et ce n’est pas fini… 

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Le chant des partisans.

10 Juin 2013, 07:16am

Publié par Bernardoc

Ami, entends-tu le vol noir du corbeau sur nos plaines ?
Ami, entends-tu les cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ohé ! Partisans, ouvriers et paysans c'est l'alarme.
Ce soir, l'ennemi connaîtra le prix du sang et des larmes.


 Montez de la mine, descendez des collines camarades !
Sortez de la paille les fusils, la mitraille, les grenades.
Ohé ! Les tueurs à la balle et au couteau tirez vite !
Ohé ! Saboteur, attention à ton fardeau, dynamite !

 C'est nous qui brisons les barreaux des prisons pour nos frères !
La haine à nos trousses et la faim qui nous pousse la misère !
Il est des pays où les gens aux creux des lits font des rêves !
Ici, nous vois-tu, nous on marche, nous on tue nous on crève.

 Ici chacun sait ce qu'il veut, ce qu'il fait quand il passe.
Ami si tu tombes, un ami sort de l'ombre à ta place.
Demain du sang noir séchera au grand soleil sur les routes.
Chantez compagnons dans la nuit la liberté vous écoute.

 Ami, entends-tu ces cris sourds du pays qu'on enchaîne ?
Ami, entends-tu le vol noir des corbeaux sur nos plaines ?

Kessel, Druon, Marly

Et ce n’est pas fini…

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Tu seras un homme, mon fils.

9 Juin 2013, 17:26pm

Publié par Bernardoc

Si tu peux voir détruit l’ouvrage de ta vie
Et sans dire un seul mot te mettre à rebâtir,
Ou perdre en un seul coup le gain de cent parties
Sans un geste et sans un soupir ;

Si tu peux être amant sans être fou d’amour,
Si tu peux être fort sans cesser d’être tendre
Et, te sentant haï, sans haïr à ton tour,
Pourtant lutter et te défendre ;

Si tu peux supporter d’entendre tes paroles
Travesties par des gueux pour exciter des sots,
Et d’entendre mentir sur toi leurs bouches folles,
Sans mentir toi-même d’un mot ;

Si tu peux rester digne en étant populaire,
Si tu peux rester peuple en conseillant les Rois
Et si tu peux aimer tous tes amis en frères,
Sans qu’aucun d’eux soit tout pour toi ;

Si tu sais méditer, observer et connaître,
Sans jamais devenir sceptique ou destructeur
Rêver, sans laisser ton rêve être ton maître,
Penser, sans n’être qu’un penseur ;

Si tu peux être dur sans jamais être en rage,
Si tu peux être brave et jamais imprudent,
Si tu peux être bon, si tu sais être sage,
Sans être moral ni pédant ;

Si tu peux rencontrer triomphe après défaite
Et recevoir ces deux menteurs d’un même front,
Si tu peux conserver ton courage et ta tête
Quand tous les autres les perdront ;

Alors les Rois, les Dieux, la Chance et la Victoire
Seront à tout jamais tes esclaves soumis
Et, ce qui vaut bien mieux que les Rois et la Gloire,

Tu seras un Homme, mon fils.

Rudyard Kipling, écrivain britannique (1865-1936)

Et ce n’est pas fini…

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