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Le blog de Bernard SARLANDIE

Projet de développement des énergies renouvelables à Cuba

26 Décembre 2020, 15:52pm

Publié par Bernardoc

Malgré le blocus, Cuba poursuit ses efforts d'autonomie.

Extrait de la lettre hebdomadaire de Cuba coopération France du 24/12/20

 

Dans le cadre du Plan national de développement économique et social de Cuba pour 2030, le pays aspire à augmenter la part des énergies renouvelables sur son réseau électrique à 24%. La France contribue à ce projet au travers de l’Agence Française de Développement.

Pour atteindre cet objectif, les ajouts de capacité suivants ont été proposés : 755 MW de centrales à biomasse (bioélectrique) ; 700 MW de parcs solaires photovoltaïques ; 633 MW d’énergie éolienne ; et 56 MW de petite production hydroélectrique.

Actuellement, il y a 67 fermes photovoltaïques à Cuba, avec 13 autres en construction, ce qui ajoutera environ 42 MW à la capacité électrique installée existante. À l’heure actuelle, la production photovoltaïque contribue à environ 1,15% de la consommation d’énergie globale à Cuba, avec une capacité totale de 157 MW. En 2019, la production solaire atteignait 241442 MWh. Afin de produire 1 MW d’énergie solaire, il est nécessaire d’installer plus de 600 000 panneaux dans tout le pays.

Aujourd’hui, il y a quatre parcs éoliens à Cuba construits à titre expérimental avec une capacité globale de 11,5 MW, tandis qu’il y a 13 nouveaux projets en différentes phases d’exécution. Parmi les projets en cours de mise en œuvre, trois ont des investissements publics, neuf des investissements étrangers et un est toujours en négociation. Il y en a 10 en phase de préparation, ce qui portera la capacité globale à 375 MW.

Le potentiel hydroélectrique de Cuba n’est pas très important en raison de l’absence de rivières et de réservoirs riches. Aujourd’hui, 147 centrales hydroélectriques sont en service d’une capacité globale de 68,3 MW, tandis que deux centrales hydroélectriques de 4 MW sont en construction et on prévoit d’ériger 13 autres centrales d’une capacité totale de 10,1 MW. En outre, d’autres projets sont en cours d’exécution dans des sites identifiés à fort potentiel hydroélectrique, qui permettent d’atteindre les 56 MW supplémentaires prévus dans le programme de Cuba.

L’utilisation de la biomasse représentera environ 14% de la production totale d’électricité à partir de sources renouvelables, qui proviendra de la construction de 19 adjacents bioélectriques au même nombre de sucreries. Il est prévu de remplacer les systèmes de production d’électricité des sucreries dont la capacité de production de sucre est la plus élevée, afin de produire de l’électricité à partir du bioélectrique, en utilisant la biomasse comme combustible. Le bioélectrique génère l’énergie et la vapeur nécessaires à l’usine de sucre tout en recevant le carburant (bagasse de canne à sucre) et le condensat nécessaire pour fonctionner de l’usine de sucre. Le surplus d’électricité généré peut être vendu à la société d’État Union Eléctrica (UNE), récupérant ainsi l’investissement et promouvant la culture de la biomasse boisée dans le but d’étendre la production d’électricité en basse saison. Pour rendre la bioélectrique efficace, la culture de la biomasse de canne à sucre dans tout le pays sera augmentée. Récemment, le premier bioélectrique érigé à Cuba, qui est situé à côté de la sucrerie de Ciro Redondo dans la province de Ciego de Ávila, a été synchronisé avec le réseau national. Il s’agit d’une centrale électrique à biomasse de 60 MW avec deux chaudières capables de consommer chaque jour environ 2 100 tonnes de bagasse et 1 200 à 1 500 tonnes de marabout. On estime que l’usine permettra d’économiser environ 100 000 barils de pétrole par an et de réduire les émissions de dioxyde de carbone d’environ 300 tonnes par an. Cette bioélectrique devrait fournir environ 50% de la demande d’électricité de la province, alors qu’elle produit à un rendement d’environ 157 kWh par tonne de canne à sucre transformée par la sucrerie. Il générera environ 391 GWh par an, dont environ 300 GWh seront vendus à l’UNE. Aujourd’hui, deux bioélectriques de 20 MW sont en construction à Cuba. Le premier est près de la sucrerie Jesus Rabí dans la province de Matanzas, et le second est adjacent à l’usine sucrière Hector Rodriguez dans la province de Villa Clara. Les bioélectriques devraient consommer du marabout et de la biomasse forestière de juin à novembre, et de la bagasse de canne à sucre de décembre à mai, ce qui permettra un fonctionnement en moyenne de 300 jours par an. Autrement dit, le bioélectrique fonctionnera non seulement pendant la saison de récolte de la canne à sucre, consommant la bagasse accumulée pendant celle-ci, mais aussi dans le reste du temps prévu à partir de la disponibilité de la biomasse boisée. Pour cela, environ 89 200 hectares ont été identifiés à ce jour pour promouvoir la culture de la biomasse forestière. Le programme bioélectrique de Cuba, en plus d’avoir un impact définitif sur le processus de production de sucre et de fournir une énergie propre au bouquet énergétique du pays, aura également un impact positif sur l’environnement, favorisant ainsi l’accès à une énergie renouvelable sûre, durable et moderne.

Le programme de Cuba promeut également l’installation de lampes, de lumières et d’ampoules à technologie LED ainsi que l’utilisation et l’utilisation de radiateurs solaires, de cuisines à induction, de pompes photovoltaïques, d’usines de biogaz et de biodigesteurs. 

Et ce n'est pas fini...

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Season's greetings

25 Décembre 2020, 10:59am

Publié par Bernardoc

Comme on disait dans l'UE avant que les Britanniques ne nous quittent.

Et ce n'est pas fini...

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Quelques chiffres en ces temps de bamboche.

24 Décembre 2020, 12:00pm

Publié par Bernardoc

Dans le monde, entre 30 et 50% des aliments seraient inutilement gaspillés. 
Iraient à la poubelle :

  • 30% des céréales produites, 

  • 50% des tubercules des fruits et légumes,

  • 20% des oléagineux, de la viande et des produits laitiers, 

  • et un tiers du poisson. 

Le gaspillage alimentaire représenterait 1,3 milliard de tonnes par an dans le monde et 8% des gaz à effet de serre !

Et en France ? 

10 millions de tonnes d'aliments d'une valeur commerciale de 16 milliards d'euros sont jetées tous les ans sur le territoire français.
Les consommateurs seraient responsables d'un tiers de ce gaspillage. En moyenne, ils jetteraient 29 kg par personne, dont 7 kg de produits encore emballés dont la date de péremption est dépassée.

C'est une perte de 108 € par individu en moyenne. Cela veut dire que dans les familles, ces pertes peuvent monter à 200 ou 300 € par an.

Mais la plus grande partie du gaspillage vient de la chaîne alimentaire.

Agriculteurs, négociants, transporteurs et distributeurs jettent les deux tiers des aliments non consommés. Ce sont les légumes biscornus, abimés, tombés à terre, mal calibrés, voire tout bêtement les invendus.

Ce gâchis n'est pas qu'alimentaire : c'est le travail des agriculteurs, souvent mal payés, qui n'est pas respecté.

Ce sont également de précieuses ressources naturelles qui sont gaspillées pour rien : de l'eau, des terres arables, de l'énergie fossile.

800 millions d’affamés dans le monde 

Et évidemment, dans le même temps, des populations entières ne mangent pas à leur faim.

Les raisons de ce drame sont politiques.

Ces populations vivent dans des pays instables ou en guerre où les denrées alimentaires ne circulent pas. Les aides alimentaires ou sanitaires y sont même parfois détournées au profit des groupes de prédateurs. Ce serait cas au Yémen par exemple ou encore en Somalie.

Il n'empêche, en théorie, si l'on utilisait les denrées gaspillées pour nourrir les populations affamées, le problème de la faim dans le monde serait résolu.

Et ce n'est pas fini...

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Souriez en ces temps de fête.

23 Décembre 2020, 12:14pm

Publié par Bernardoc

In Le JDD d'aujourd'hui

Les habitants de Floride ont beau en avoir pris l'habitude, l'alerte fait toujours son effet : avec la baisse des températures attendue ces prochains jours dans le "Sunshine State", les piétons devront faire attention aux pluies… d'iguanes. "Des températures très froides sont attendues pour Noël, entre 0 et 4°C, avec de possibles chutes d'iguanes. Faites attention et restez au chaud!", ont ainsi mis en garde en début de semaine les services météorologiques de Miami et du sud de la Floride sur Twitter.

Les iguanes sont des animaux à sang-froid, c'est-à-dire que leur température interne varie en fonction de l'environnement extérieur. A moins de quatre degrés, ils peuvent geler.
Ils restent ainsi immobiles et, s'ils sont accrochés aux arbres dans lesquels ils aiment vivre, décramponnent et tombent. Ces gros lézards pouvant mesurer jusqu'à 1,5 mètre et peser cinq kilos, parfois plus, leur chute peut s'avérer dangereuse. Eux en revanche ne meurent pas, sauf si la période de froid dure trop longtemps : dès que les températures redeviennent agréables, comme c'est souvent le cas en Floride, les iguanes s'animent de nouveau.

En janvier, ce phénomène s'était déjà produit et des vidéos d'iguane au sol avaient fait la joie des réseaux sociaux.
Mais la prolifération des iguanes est un problème en Floride : cette espèce invasive dévaste la flore locale. Si bien que les autorités avaient, dans une déclaration qui avait fait polémique lors de l'été 2019, encouragé les citoyens à tuer eux-mêmes ces bêtes, sans user de cruauté.

Et ce n'est pas fini...

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Peur de rien.

22 Décembre 2020, 11:20am

Publié par Bernardoc

Une ancienne ministre, redevenue députée après s'être faite virer du gouvernement (décidément les femmes girondines font long feu en tant que ministre), me demande comme ami sur FB. Curieux ; est-ce qu'elle prend les noms girondins au hasard ? Est-ce qu'elle cherche à se faire une clientèle politique ? Elle a annoncé qu'elle souhaitait être candidate aux départementales, mais je ne suis pas de son canton, ni de la circonscription où elle a été élue.

C'est vrai qu'elle était moins connue que Sibeth ; je me souviens être rentré de Paris dans le même TGV qu'elle (pour une fois j'étais en 1ère classe, la SNCF m'ayant généreusement proposé une place moins chère qu'en 2nde) et j'étais bien le seul de la voiture à l'avoir remarquée. Au moins elle n'a pas été dérangée et a pu se pencher sur ses papiers pendant tout le trajet.

Je suis allé voir sur son profil : elle aime : « Jeunes avec Macron », « La République en Marche Bordeaux », « En Marche Bordeaux Caudéran ». Il n'y a pas vraiment de quoi m'enthousiasmer, moi qui suis plutôt « Vieux contre Macron ». Nous avons 38 amis en commun, apparemment ce sont surtout des socialistes, ou d'anciens socialistes qui sont restés à gauche. J'en conclus donc, mais peut-être me trompé-je, qu'elle a commencé à faire ses armes au PS avant, opportunément, de tourner sa veste. Elle n'a pas dû regarder mon profil ni ce que je partage sur le réseau, car sinon je doute qu'elle m'ait envoyé une invitation.

Eh bien non, Madame, je suis désolé, je vais décliner votre invitation ; le gouvernement dans lequel vous avez sévi et que vous continuez de soutenir m'a fait trop de mal à moi fonctionnaire retraité et je n'ai qu'une hâte, le virer ainsi que tous ses suppôts.

Et ce n'est pas fini...

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Effets de la crise de la Covid sur les jeunes 

21 Décembre 2020, 13:56pm

Publié par Bernardoc

Voici brièvement ses conclusions principales, en attendant que le rapport soit rendu public :

Tout d’abord, nous avons été alertés tout le long de nos auditions par les mouvements de jeunesse, les syndicats étudiants, les professionnels de l’enfance sur ce déficit de représentation de la jeunesse dans les débats et dans les politiques publiques.

Pour reprendre le terme d’un des auditionnés, nous devons mettre de l’enfance partout.

Plusieurs propositions du rapport vont dans ce sens : renforcement du collège des jeunes dans plusieurs instances comme le HCVA, création d’une délégation permanente à l’enfance au sein de l’Assemblée, participation d’un pédiatre et d’un pédopsychiatre au sein du Conseil scientifique.

Bien que sensiblement préservés, des effets dramatiques de la Covid-19, les conséquences sanitaires sont réelles pour les enfants et adolescents. En effet, les témoignages recueillis font état d’une dégradation de l’état physique de la jeunesse, à raison de deux grands facteurs de risques : en premier lieu, la sédentarité et les déséquilibres alimentaires ; en second lieu, des retards possibles dans la prévention et le suivi des traitements curatifs.

De plus, notre pays souffre d’un déficit très important en pédopsychiatrie. Le nombre de pédopsychiatres a fortement diminué au cours des dernières années : en 2006, près de 1 200 pédopsychiatres formés exerçaient leur activité en France, contre 600 actuellement, et leur moyenne d’âge atteint entre 61 à 62 ans.

Le rapport propose ainsi plusieurs pistes pour remédier à ce déficit, en agissant notamment au niveau de la spécialisation par sa revalorisation.

De même, le soutien psychologique aux étudiants et à leur santé mentale est extrêmement lacunaire, notre pays est très en retard dans ce domaine. Le ratio du nombre d’étudiants par professionnels de santé est préoccupant : le nombre d’étudiants par équivalent temps plein de médecin de service de santé universitaire atteint 15 813 et le nombre d’étudiants par équivalent temps plein de psychologue est encore plus élevé, avec 29 882 étudiants. Un psychologue pour près 30 000 étudiants alors que les standards internationaux recommandent un ratio de 1 pour 1500.

Concernant la fermeture des établissements scolaires, le constat partagé est celui du creusement des inégalités que cela a entrainé. Les disparités en termes de dotations matérielles, de connaissance du numérique, de conditions de vie ont eu un impact très significatif sur la possibilité ou non, pour les enfants, de continuer à avoir un lien avec l’école, de connaître une véritable continuité pédagogique bien que les équipes pédagogiques aient déployé l’ensemble des moyens mis à leur disposition pour maintenir ce lien. Le rapport propose ainsi un renforcement des efforts dans l’identification des difficultés des élèves et des familles en termes de matériels mais aussi d’illectronisme.

Nous avons tenu collectivement à ce que nos travaux abordent en profondeur la situation des jeunes les plus vulnérables avec leurs problématiques spécifiques et notamment les questions autour de la protection de l’enfance.

Les témoignages recueillis font d’état d’un fort engagement des personnes de l’aide sociale à l’enfance, notamment de la présence renforcée des éducateurs auprès des enfants pris en charge.

Pour les aider dans leurs missions, le rapport propose de renforcer le pilotage national et territorial de la politique de la protection de l’enfance, en réaffirmant l’impératif d’une prise en charge équivalente des enfants sur l’ensemble des territoires. Cet objectif, suppose de réaffirmer le rôle de l’État dans la définition des orientations de cette politique et dans le contrôle de leur mise en œuvre.

La pauvreté infantile atteint 21% des enfants. La crise aggrave les inégalités mais surtout la pauvreté. Les associations caritatives nous ont alerté sur l’urgence de moyens supplémentaires pour aider les ménages pauvres, amplifier la lutte contre la précarité car les enfants sont les premières victimes de la crise économique.

De même, la précarité étudiante, exacerbée par la perte des jobs étudiants, n’aura de cesse de perdurer si nous n’agissons pas structurellement sur l’accompagnement que proposent l’État et les établissements d’enseignement supérieur, le système de bourses actuel peine à répondre efficacement.

Enfin, l’absence de filet de sécurité pour notre jeunesse nous a été relatée à toutes les auditions si bien que la question des moyens de l’autonomie des jeunes doit être au cœur de notre action et le rapport propose l’engagement d’une réflexion sur les moyens de l’autonomie financière et matérielle des étudiants et l’ouverture du RSA aux moins de 25 ans.

Et ce n'est pas fini...

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Décrets scélérats.

20 Décembre 2020, 16:07pm

Publié par Bernardoc

Et dire que certains prétendaient défendre les libertés en votant Macron ! Si l'extrême droite succède à la droite extrême en 2022, rien à changer, le terrain est prêt.

Extraits d'un blog de La quadrature du net

Jusqu’à présent, les fichiers de renseignement de la police (PASP) et de la gendarmerie (GIPASP) ne concernaient que des personnes physiques considérées comme dangereuses par les autorités. Nouveauté importante : depuis la semaine dernière, les fichiers pourront aussi concerner des personnes morales ou des « groupements ». On imagine qu’il s’agira d’associations, des groupes Facebook, de squats, de ZAD ou même de manifestations.

Si une fiche est ouverte pour une manifestation, le PASP et le GIPASP permettent aussi de lister les personnes « entretenant ou ayant entretenu des relations directes et non fortuites » avec ce « groupement ». Jusqu’à présent, les fiches du PASP et du GIPASP ne pouvaient lister l’entourage des « personnes dangereuses » que de façon succincte, sur la fiche principale de la personne dangereuse. Désormais, si la police le juge nécessaire, chaque membre de l’entourage pourra avoir une fiche presque aussi complète que celle des personnes dangereuses (activités en ligne, lieux fréquentés, mode de vie, photo…).

Ces deux évolutions semblent officialiser une pratique (jusqu’alors illégale) qui commençait à apparaître dans le rapport de 2018 : « certaines notes se bornent à faire état de faits collectifs, notamment pour les phénomènes de bande ou les manifestations, avec une tendance à inclure dans le traitement toutes les personnes contrôlées ou interpellées alors qu’il n’est fait état dans la note d’aucun fait personnel qui leur est reproché ». C’est ainsi l’ensemble des participants (« ayant entretenu une relation directe et non fortuite ») à une manifestation (« groupement » considéré comme dangereux) qui pourraient se voir attribuer une fiche particulièrement détaillée sur la base d’informations obtenues par la police sur le terrain (vidéo captées par drones et caméra mobile, par exemple) ou sur les réseaux sociaux.

Les trois décrets augmentent considérablement la variété et l’ampleur des informations pouvant être enregistrées. Sont visées les « habitudes de vie » et les « activités en ligne ». Dans son avis préalable, la CNIL souligne que « l’ensemble des réseaux sociaux est concerné », « les données sont à ce titre collectées sur des pages ou des comptes ouverts » et « porteront principalement sur les commentaires postés sur les réseaux sociaux et les photos ou illustrations mises en ligne ». Une forme de surveillance devenue monnaie courante à défaut d’être encadrée dans la loi, et d’autant plus dangereuse qu’elle peut facilement être automatisée.

Inquiète, la CNIL demandait à « exclure explicitement la possibilité d’une collecte automatisée de ces données ». Le gouvernement a refusé.

Les notes individuelles peuvent désormais contenir des informations qui relèvent « des opinions politiques, des convictions philosophiques, religieuses ou une appartenance syndicale » là où, avant, seules pouvaient être enregistrées des informations se rattachant à des « des activités politiques, philosophiques, religieuses ou syndicales ».

S’agissant des personnes considérées comme dangereuses, le fichier pourra désormais recueillir des données de santé supposées « révéler une dangerosité particulière » : « addictions », « troubles psychologiques ou psychiatriques », « comportement auto-agressif ». La CNIL souligne qu’il ne s’agira pas d’une information « fournie par un professionnel de santé [mais] par les proches, la famille ou l’intéressé lui-même ». Difficile de comprendre en quoi la police aurait besoin d’une telle variété de données aussi sensibles, si ce n’est pour faire pression et abuser de la faiblesse de certaines personnes.

Encore plus grave : alors que, depuis leur origine, le PASP et le GIPASP interdisaient de ficher des enfants de moins de 13 ans, les nouveaux décrets semblent désormais indiquer que seules les mineurs considérés comme dangereux bénéficieront de cette protection d’âge. Ainsi, en théorie, plus rien n’empêche la police d’ouvrir une fiche pour un enfant de 5 ou de 10 ans se trouvant dans l’entourage d’une personne considérée comme dangereuse ou parce qu’il se trouvait dans une manifestation qui a dégénéré.

Le rapport de 2018 précité explique que « l’accès à l’application PASP se fait par le portail sécurisé « CHEOPS » qui permet de donner accès, sous une même configuration, à différentes applications de la police nationale [et qui] dispose d’une fonctionnalité originale, en cours d’enrichissement par des développements complémentaires. Il s’agit d’une gestion de liens pertinents entre individus du fichier qui aboutit à élaborer graphiquement des sociogrammes (leader d’un groupe, membres du groupe, antagonistes…) ».

Cette constitution de graphes sociaux fait directement écho à l’entourage des « groupements » décrit plus haut. Mais ce commentaire renvoie aussi à une autre réalité, décrite par la CNIL dans son avis préalable : de nombreuses catégories d’informations comprises dans les trois fichiers « seront alimentées manuellement par d’autres traitements » – les agents nourriront les fichiers PASP, GIPASP et EASP (enquêtes administratives) en allant manuellement chercher des informations dans d’autres fichiers. Pour leur faciliter le travail, les nouveaux décrets prévoient que les notes individuelles mentionneront si la personne concernée est aussi fichée dans l’un des 5 autres grands fichiers de police (TAJ, N-SIS II, fichier des personnes recherchées, FSPRT, fichiers des objets et véhicules volés ou signalés).

Autre nouveauté facilitant considérablement le recoupement des fichiers : les décrets prévoient que le PASP, le GIPASP et l’EASP participent non seulement à la sécurité publique, mais désormais aussi à la « sûreté de l’État », qui est définie comme recouvrant les « intérêts fondamentaux de la Nation ». Il s’agit d’une notion très large, que la loi renseignement de 2015 a défini comme couvrant des choses aussi variées que « les intérêts économiques et industrielles majeurs de la France », le respect des engagements internationaux pris par la France ou la lutte contre les manifestations non-déclarées et les attroupements. Un des intérêts de cette notion juridique est de donner accès aux photographies contenues dans le fichier TES, destiné à centraliser les photos de tout détenteur de passeport et de carte d’identité. Une fois obtenue, les photographies pourront être ajoutées au PASP ou au GIPASP et, pourquoi pas, aussi au TAJ, où elles pourront être analysées par reconnaissance faciale.

D’ailleurs, les décrets ont pris le soin de supprimer la mention qui, depuis leur origine, précisait que le PASP comme le GIPASP « ne comporte pas de dispositif de reconnaissance faciale ». Peut-être le gouvernement a-t-il simplement préféré remettre à plus tard la légalisation de cette fonctionnalité controversée.

Alors que la loi sécurité globale autorise des techniques de captation d’informations en masse (drones et caméra piétons), ces trois nouveaux décrets concernent la façon dont ces informations pourront être exploitées et conservées, pendant 10 ans. Si, via la loi sécurité globale, tous les manifestants pourront être filmés en manifestation et que, via le fichier TAJ, une grande partie d’entre eux pourra être identifiée par reconnaissance faciale, le PASP et le GIPASP leur a déjà préparé une fiche complète où centraliser toutes les informations les concernant, sans que cette surveillance ne soit autorisée ni même contrôlée par un juge.

Et ce n'est pas fini...

 

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Priorité aux vaincus !

19 Décembre 2020, 15:48pm

Publié par Bernardoc

Il faut donner en matière d’éducation priorité aux vaincus de la compétition scolaire ! Dans un article publié par l’observatoire des inégalités François Dubet et Marie Duru-Bellat analysent à nouveau l’échec du système scolaire français et de son élitiste méritocratique à combattre les inégalités sociales.

Ici un extrait de l’article (tiré de la revue Questions de classe(s) du 16/12/20

Comme la plupart des pays comparables, la France a connu soixante années de massification scolaire. Le changement est considérable : le nombre de lycéens et d’étudiants a été multiplié par huit et le bilan est largement positif si l’on considère l’accroissement de l’accès aux études. Même si nous sommes loin d’une égalité parfaite, les enfants des classes populaires accèdent désormais aux études longues dont ils étaient très largement exclus encore au milieu du XXe siècle.

Mais cette égalité relative d’accès au baccalauréat et à l’université a profondément transformé le mode de production des inégalités scolaires en déplaçant les inégalités au sein même de l’école et des parcours scolaires. Alors que la grande inégalité opposait naguère la jeunesse étudiante à la jeunesse laborieuse, un régime d’inégalités plus ou moins fines s’est installé à l’intérieur même du système scolaire. Si de plus en plus de jeunes étudient aujourd’hui, ils ne font pas tous les mêmes études. En se multipliant, le baccalauréat s’est diversifié et hiérarchisé à l’infini, en fonction des filières, des options, des combinaisons de disciplines choisies…Dans l’enseignement supérieur, l’université de masse se distingue des formations sélectives qui se multiplient (classes préparatoires, grandes écoles, mais aussi BTS et IUT), tout en développant en son sein même des filières également sélectives (double licence, master…).

À terme, les vainqueurs de la compétition scolaire sont toujours les mêmes, et les vaincus aussi : l’origine sociale reste le facteur déterminant des parcours et des compétences scolaires. On comprend la déception qui résulte de ce constat puisque nous sommes loin du compte de la promesse de l’égalité des chances portée par la massification scolaire. Les vainqueurs de la compétition à laquelle accèdent de plus en plus de jeunes sont toujours les enfants des classes moyennes supérieures, pendant que les vaincus restent ceux des classes populaires les plus défavorisées.

La déception est d’autant plus grande que l’école française s’est longtemps perçue comme un îlot de justice dans un monde injuste et, surtout, parce que dans notre pays les inégalités scolaires entre enfants de milieux sociaux différents sont beaucoup plus grandes que ce que supposerait l’impact des seules inégalités sociales, relativement modérées par rapport aux autres pays comparables comme le démontrent obstinément toutes les comparaisons internationales. Comment expliquer ce paradoxe ? Comment expliquer que les vaincus s’en sortent si mal chez nous ?

Tradition élitiste et emprise des diplômes

Les inégalités scolaires sont d’autant plus fortes et d’autant plus mal vécues en France que tout s’est passé comme si la longue période de massification n’avait pas mis en cause la tradition élitiste de l’école française. Le problème n’est pas que l’école produise des élites – tous les systèmes le font – mais, dans une société attachée à l’égalité de principe de tous, tout le monde devrait avoir le droit, voire le devoir, d’accéder aux élites.

Ainsi, les formations restent extrêmement hiérarchisées, les classes préparatoires et les grandes écoles coexistent avec les formations de masse. On donne beaucoup plus de moyens éducatifs aux bons élèves, qui sont aussi les plus riches. Les élèves sont évalués et notés en fonction de la distance qui les sépare des élites, etc. Cet élitisme scolaire est si fortement intériorisé par le monde de l’école que la critique des inégalités scolaires en adopte souvent les catégories de pensée.

(...)

Le poids de cet élitisme scolaire n’est pas une simple croyance et il affecte fortement les parcours individuels. Il explique en partie la très forte emprise des diplômes dans notre société : bien plus qu’ailleurs, le diplôme fixe le type d’emploi et le revenu auxquels accèdent les jeunes. Alors que les vainqueurs de la compétition scolaire bénéficient quasiment de rentes, les vaincus sont condamnés au chômage et à la précarité, pendant que les étudiants des formations non sélectives s’inscrivent dans une longue période d’insertion durant laquelle ils essaieront de transformer leur niveau académique en compétences professionnelles. Or, plus l’emprise des diplômes est élevée dans une société, plus les inégalités scolaires sont fortes, ce qui se comprend aisément puisqu’il n’y a guère d’autre planche de salut que l’école. Ainsi, le mérite scolaire devient l’équivalent général de tout le mérite des individus ; il ignore des compétences et des qualités des « derniers de cordée » dont l’économie et la société ont pourtant besoin.

Élitisme de la culture scolaire d’un côté, emprise des diplômes de l’autre, l’école française croit à l’égalité des chances méritocratique. Si le principe de l’égalité des chances n’est pas en soi contestable, il fonde les « privilèges » et l’honneur des plus « méritants » et dégrade – et parfois humilie – ceux qui n’ont pas manifesté assez de « mérite » alors qu’en réalité – souvent – ils n’ont pas hérité de celui de leurs parents...Cette croyance n’est pas sans avoir des effets négatifs sur les individus, la cohésion sociale et la démocratie.

Des jeunes disqualifiés

Alors qu’il semblait aller de soi qu’une école qui éduque longuement les jeunes produit des citoyens plus à même de s’insérer dans la vie et d’exercer plus librement leurs droits civiques, la réalité est toute différente.

La généralisation des diplômes contribuant à en renforcer l’emprise, il n’est plus possible aujourd’hui de prétendre à une insertion professionnelle correcte sans qualification scolaire. Les jeunes les moins dotés scolairement abordent cette épreuve bien moins armés psychologiquement : leurs échecs, accumulés souvent dès l’école primaire, minent leur confiance en eux-mêmes, alors qu’à l’inverse, les élèves jugés très tôt comme « bons », davantage stimulés par leurs enseignants, gagnent en estime de soi au fil de leurs progressions.

Les valeurs partagées par les jeunes tendent également à diverger. En France, le niveau d’éducation renforce le libéralisme culturel, mais ceci ne vaut qu’en moyenne : par exemple, les inégalités liées à l’origine ethnique sont jugées inacceptables par 75 % des titulaires d’un deuxième cycle universitaire, mais par 54 % seulement des titulaires du seul brevet des collèges ou des non-diplômés. La contrepartie de l’effet du diplôme sur les valeurs libérales est que les moins éduqués adhèrent plus souvent que les autres aux valeurs antidémocratiques ; ils sont plus favorables aux gouvernements autoritaires, aux hommes forts, et plus hostiles aux immigrés…

En revanche, les moins diplômés défendent davantage l’égalité sociale que les diplômés, et se montrent plus critiques envers les inégalités : les trois quarts des personnes dotées au plus d’un niveau brevet estiment que les différences de revenus, en France, sont trop grandes, alors que 58 % des diplômés d’un second cycle universitaire soutiennent ce point de vue. Les moins diplômés sont également plus critiques envers les injustices scolaires.

Et ce n'est pas fini...

 

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Black and white.

18 Décembre 2020, 13:37pm

Publié par Bernardoc

Beaucoup de plaisir à regarder cette fiction-docu sur F3 en deux épisodes (en fait quatre, mais comme cela devient habituel deux à la suite).

Cette histoire se passe au Sénégal, des années '30 jusqu'à l'aube des indépendances africaines, ce qui permet de mettre en scène, au milieu de magnifiques paysages, le jeune Leopold Sedar SENGHOR qui nous parle de son très cher ami Georges POMPIDOU, tous deux amoureux de la belle Fari CISS, qui avait épousé un capitaine métropolitain.

Le milieu colonial est extrêmement bien décrit (40 ans plus tard j'ai pu en remarquer des réminiscences au Ghana), avec un apartheid dont le nom n'avait pas encore été inventé. Les luttes paysannes montrent la maturité politique des paysans sénégalais, tout comme les luttes ouvrières décrites dans les romans de SEMBENE Ousmane (Les Bouts de bois de Dieu).

Ce qui est intéressant, c'est la volonté de certains toubab de vouloir travailler en bonne intelligence avec la population locale, même si parfois cela est difficile à faire admettre.

Les scènes du début de la guerre, avec l'allégeance à Pétain, montrent que cela peut déboucher sur une véritable et triste caricature, l'attaque de la librairie (la seule à Dakar) d'un juif allemand ayant fui le nazisme l'illustre très bien, comme l'étoile jaune sur la veste du seul médecin noir.

Pourquoi parlé-je de « fiction-docu » ? Parce que, à la fin du film, qui se termine par l'assassinat de Fari en campagne pour la mairie de Dakar, j'ai appris que l'ancien capitaine devenu le général de Bourbon (le veuf de Fari) avait fait partie des conseillers du président au début de l'indépendance.

Et ce n'est pas fini...

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On aurait pu être plus nombreux...

17 Décembre 2020, 18:42pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

On aurait pu être plus nombreux...On aurait pu être plus nombreux...On aurait pu être plus nombreux...

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