Vous trouvez qu'on a l'air malheureux ? Pourtant, je pense que chacun d'entre nous était content de retrouver ses pénates.
Une longue attente prévue à Paris, et contrairement à l'aller, nous avons été à nouveau contrôlés par les sbires des sociétés privées (pourtant il me semble que ce contrôle devrait faire partie des fonctions régaliennes de l'Etat et par conséquent être effectué par des fonctionnaires), et ce qui devait arriver arriva : le délit de sale gueule fut pour moi.Je commençais à m'étonner : trois passages impeccables et ça coince au quatrième.
J'ai quand même eu droit à un sourire de la part de la Roumaine qui m'a contrôlé à Paris (l'Europe en marche ! ).
Tout le monde a récupéré ses bagages à Bordeaux et dès le lendemain la vie reprenait son train-train quotidien.
Fondé en 1936 par un sociologue roumain, il fut un précurseur parmi les écomusées. Le premier de la sorte, je l'ai découvert dans les années '70 à St Ffagans, près de Cardiff au Pays de Galles, et nous avons eu l'occasion d'en voir d'autres en Scandinavie.
Celui-ci s'étend sur 14 hectares, mais nous n'en avons arpenté qu'une toute petite partie en tant que promenade apéritive, mais aussi, sans aucun doute, pour nous inciter à revenir et à aller voir ces constructions typiques sur place !
Il y a environ 300 bâtiments divers, fermes et leurs dépendances, moulins à vent ou à aubes, puits, églises,...qui ont été transportés de toutes les régions du pays et reconstruits piere à pierre sur ce site adjacent au Parc Herăstrău.
Moins d'une journée à Bucarest, c'est dommage car je suis sûr que nous avons manqué de nombreuses merveilles de ce « Paris des Balkans ».
Nous ne ferons pas comme Michael JACKSON qui au début des années '90 s'est exclamé : « Je suis fier d'être ici, à Budapest ». C'était notre dernière étape : courte visite à pied, dépense de nos derniers lei dans une boutique de souvenirs - bienvenue car un orage venait d'éclater, dîner dans une ancienne église devenue « Palais de la bière », puis hébergement dans un hôtel Rin (mais pas le même qu'à l'arrivée).
Déception pour ce qui concernait le spectacle folklorique promis : un accordéoniste, un pianiste et un violoneux qui interprétaient des mélodies bien connues en France.
Le lendemain matin, sous un beau soleil, visite en car de la ville avec la remontée de l'avenue de l'Union et ses fontaines centrales dédiées à chaque région (bulvardul Unirii), après avoir été l'avenue de la Victoire du Socialisme ; pour preuve, Ceaucescu avait envoyé ses arpenteurs sur les Champs Elysées, et l'avenue fait un mètre de plus en largeur !
Et bien sûr, arrêt obligatoire au pied du palais du Parlement (anciennement palais du Peuple), le plus gros bâtiment du monde après le Pentagone.
Tulcea, où nous avons passé la nuit à l'hôtel Delta est le point de départ de la plupart des visites sur le Danube. La visite s'effectue en petits catamarans non protégés du vent : nous avons bien supporté nos pulls et coupe-vent.
Cet endroit, réserve de biosphère, est lui aussi inscrit au Patrimoine Mondial de l'Unesco depuis 1990 comme étant la plus grande zone humide d'Europe. C'est un sanctuaire pour plus de 300 espèces d'oiseaux qui y font halte lors de leur migration entre le nord et le sud.
Univers de joncs (utilisés pour les toits), de roseaux, de saules pleureurs et de nénuphars, c'est le paradis des pélicans (qui m'a fortement rappelé un autre sanctuaire que j'avais visité au Sénégal). Chaque année le delta avance de 5 à 15 mètres dans la mer Noire.
Nous avons eu la chance de voir plusieurs envols de cormorans (les oiseaux noirs) et quelquefois de pélicans. Se sachant protégés, ils nous laissaient approcher suffisamment près pour pouvoir prendre des photos sans puissants téléobjectifs. Une expérience remarquable pour la veille de notre retour.
La « Perle des Carpates » est une station de montagne juste en dessous de 1 000 mètres. C'est le roi Carol 1er qui y fit construire le château de Peleş au XIX° siècle qui en fit sa renommée. Ce majestueux château fut bâti (en 39 ans ! ) dans le style de la néo-Renaissance allemande. Depuis 1913 la ville était même desservie par l'Orient- Express.Nous ne visiterons pas les 160 pièces du palais ! Il fut fermé de 1945 à 1975 et servait de résidence aux chefs d'états étrangers en visite (Nixon, Khadafi, Arafat,...).
Le roi Michel, qui avait dû l'abandonner lors de son départ en exil, finit par le récupérer à la chute de Ceaucescu et toucha des royalties sur les visites, gérées par l'Etat, jusqu'à sa mort en 2017.
Comme, bien entendu, les photos étaient interdites à l'intérieur (mais l'extérieur et le parc sont magnifiques) j'ai acheté un livre illustré qui permet de nous faire revivre notre visite (après ¾ d'heure de queue où l'on avait l'impression que des tas de groupes nous passaient devant) à travers le salon d'honneur, la salle d'armes, avec notamment les armures d'un cavalier et de son cheval, le cabinet de travail (audiences de 15 minutes seulement accordées par le roi), la bibliothèque et son passage secret vers les appartements royaux, l'ancien salon de musique où la reine Elizabeth (écrivaine sous le pseudonyme Carmen SYLVA) recevait des invités célèbres (Pierre LOTI, Sarah BERNHARDT,...), la salle florentine et le salon mauresque.
Puis départ pour les 400 km environ qui nous séparent de Tulcea, porte du delta du Danube, heureusement entrecoupés par un repas à Slobozia.
Tout au long de ce transfert furent abordés, entre autres sujets, les problèmes d'éducation passés et actuels.
Comme c'est une vieille cité médiévale saxonne, à l'origine, on l'appelait Kronstadt. Ce fut une courte visite avant de rejoindre notre hôtel, de la place du conseil à l'église Noire, avant de bénéficier d'un moment libre. Deux heures étaient prévues, mais nous l'avons ramené à 1h30 car nous commencions à être fatigués, non seulement de la journée, mais aussi du voyage dont nous venions de dépasser la moitié de la durée.
Surnommée la « ville à la couronne », Braşov fut une prospère cité commerciale. Aux confins de la Moldavie et de la Valachie, elle a payé son tribut au changement, et ce dès 1987 ; des traces de balles sur l'église en témoignent.
Sur la place du Conseil (Piaţa Sfatului) se dresse la maison du Conseil. Tiens je ne l'ai pas encore mentionné, mais maison, c'est « casa », rue : « strada » ; on voit aussi des noms tels que « coafor », « balansoar », « piese auto »...pour lesquels nous n'avons pas besoin de dictionnaire. Nous n'avons pas visité le musée d'histoire hébergé dans la cas.
L'église Noire est ainsi appelée car ses murs ont été noircis lors de l'incendie de la ville en 1689 ; mais je dois dire qu'ils m'ont simplement paru avoir la couleur de leur âge. Vous ne verrez que les photos de l'extérieur (cf. articles précédents).
Pas très loin se trouve un porche qui conduit à une église orthodoxe, car comme dans les cévennes ou à Amsterdam, à certains moments il fallait cacher les édifices religieux qui n'étaient pas dans la ligne.
Nous avons profité de notre temps libre pour arpenter la rue piétonne et boire un coup sur la place, mais je n'ai pas contacté Rodica, la présidente d'IFEF (Internacia Fervojista Esperanto-Federacio), résidente de cette ville.
Pour faire court, c'est le château de Dracula. Ce splendide édifice fut construit à la fin du XIV° siècle par les marchands saxons pour protéger les routes commerciales entre Transylvanie et Valachie. Il a même servi de poste de douane. Financé par les habitants alentour, il devint propriété de la famille royale, entra au patrimoine de l'Etat en 1947 et ouvra au public en 1957.
Situé sur 4 niveaux avec de multiples escaliers dont un passage secret, à l'intérieur de la muraille, que nous emprunterons, nous avons dû jouer des coudes avec les nombreux visiteurs pour rester groupés autour de Camelia et écouter ses explications.
Après le repas que nous avons pris dans le restaurant « La maison du thé » au pied du château, certains qui avaient des difficultés à se mouvoir ont préféré profiter du soleil et des boutiques et ont attendu que nous redescendions. Ils ont manqué quelque chose, dommage pour eux.
Troisième monastère de la journée ; après le bleu de Voroneţ, le rouge et les nuances dorées du monastère de Humor dont la tour-clocher faisait partie de la ligne de défense.
Fondé en 1530 par Toader BUBUOIG, dédié à St Georges, c'est Toma de Suceava qui a peint les fresques qui le décorent. C'est la première église peinte à l'extérieur. La façade sud est consacrée au siège de Constantinople en hommage à Petru RAREŞ (premier ministre régional de l'époque), qui avait demandé la construction de ce monastère. On y voit aussi en 15 vignettes (toujours la référence à la BD) la vie de St Nicolas que nous a expliqué Camélia, explications nécessaires pour le mécréant que je suis.
Comme dans la plupart des bâtiments, il était interdit de prendre des photos à l'intérieur ; la dernière photo autorisée est donc celle du Jugement dernier sur le porche d'entrée ; donc obligation pour vous de faire le voyage pour vous fabriquer des souvenirs !
Vous y croiserez peu de religieuses, pourtant, comme dans les deux précédents monastères, ce sont bien des moniales qui font vivre les lieux.
Au retour vers Piaţra Neamţ, nous dépassons plusieurs des carioles à cheval typiques du pays et nous faisons un arrêt photos, notamment pour voir un puits et le toit tarabiscoté qui le recouvre, comme c'est le cas un peu partout.
Au retour à l'hôtel 4* « Central Plaza », mauvaise surprise : notre chambre n'a pas été faite ; je ne suis pas sûr que ma protestation écrite ait été transmise à la direction !