Je suis le Ténébreux, – le Veuf, – l’Inconsolé,
Le prince d’Aquitaine à la tour abolie :
Ma seule étoile est morte, – et mon luth constellé
Porte le Soleil noir de la Mélancolie.
Dans la nuit du tombeau, toi qui m’as consolé,
Rends-moi le Pausilippe et la mer d’Italie,
La fleur qui plaisait tant à mon cœur désolé,
Et la treille où le pampre à la rose s’allie.
Suis-je Amour ou Phébus ?… Lusignan ou Biron ?
Mon front est rouge encor du baiser de la reine ;
J’ai rêvé dans la grotte où nage la syrène…
Et j’ai deux fois vainqueur traversé l’Achéron :
Modulant tour à tour sur la lyre d’Orphée
Les soupirs de la sainte et les cris de la fée.
Gérard de Nerval Les Chimères, Michel Lévy frères, 1856
C'était un vieux volcan
Qui dormait depuis si longtemps
Et ce matin, il n'a plus sommeil
Il sort de sa torpeur et soudain s'éveille
La chaleur du magma le pousse
Il éternue, il crache et tousse
Régurgitant ses cendres, ses fumerolles
Et son nuage noir qui fait des cabrioles
Le ciel soudain devient silencieux
Les tarmacs du vieux monde sont comme mort
La panique, la consternation dans les aéroports
Ce maudit volcan leur vole leur temps si précieux
Le volcan ça le fait bien rire
De voir tous ces pauvres humains
Qui se croient maîtres des éléments, du destin
Il s'est bien amusé, il va se rendormir