Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

« Dégoût », « désespoir », « ennui »…

6 Mars 2021, 16:55pm

Publié par Bernardoc

Comment les Français perçoivent-ils émotionnellement leurs hommes politiques ? C’est la question à laquelle tente de répondre un nouveau baromètre lancé ce jeudi 4 mars par Viavoice et la Fondation Jean-Jaurès pour Le Point (et repris par Valeurs actuelles, entre autres), le premier du genre. Si ce sondage s’attarde sur les émotions éprouvées par la population en ces temps de crise, il révèle surtout ce que lui inspire, au plus profond d’elle, les principales figures politiques du moment. Et pour certains, le résultat est peu flatteur…

C’est notamment le cas des deux têtes de l’exécutif. Emmanuel Macron, par exemple, semble excéder les Français. Il représente la « colère » pour 28% des personnes interrogées, du « dégoût » et du « désespoir » (21%), de la « honte » (18%) et de l’« espoir » pour seulement 16% d’entre eux. Son Premier ministre, Jean Castex, suscite surtout… l’« ennui » et l’« indifférence » pour 19% des Français, mais aussi le « désespoir » (16%) et la « colère » (15%). Finalement la personnalité politique qui inspire le plus « confiance » aux Français, à un peu plus d’un an de l’élection présidentielle se nomme… Edouard Philippe, avec 19%. 

Parmi les opposants à LREM, les deux figures politiques qui suscitent le plus d’« espoir » sont Marine Le Pen (16%) et Marion Maréchal (14%). Elles inspirent en revanche le « dégoût » (27% pour la première, 19% pour la seconde) et la « honte » (22% pour la première, 14% pour la seconde). Les Français sont mitigés vis-à-vis des autres candidats, déclarés ou non, à la présidentielle 2022. Ainsi, Xavier Bertrand suscite surtout l’« indifférence » (17%), mais aussi la « confiance » (11%) et l’« espoir » (12%). Si Jean-Luc Mélenchon inspire également l’« espoir » pour 8% des personnes interrogées, il est surtout perçu avec « dégoût » (25%) et « colère » (21%).

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Mourir dans la dignité : écrivez à vos sénateurs

5 Mars 2021, 13:25pm

Publié par Bernardoc

Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur,

Le jeudi 11 mars prochain, dans le cadre d’une niche parlementaire du groupe Socialiste, Ecologiste et Républicain, sera examinée par le Sénat la proposition de loi de votre collègue, Marie-Pierre de la Gontrie, sénatrice de Paris, visant à établir le droit de mourir dans la dignité. Une telle loi de liberté est attendue par l’immense majorité des Français, puisque les sondages – constants depuis de très nombreuses années – donnent un niveau d’adhésion de nos compatriotes à la légalisation de l’aide active à mourir à hauteur de plus de 90%. Certains de nos voisins (Suisses, Néerlandais, Belges, Luxembourgeois) ont déjà légiféré en la matière ; d’autres (Portugais, Espagnols) s’apprêtent à le faire dans les tout prochains mois ; d’autres, encore, peuvent s’appuyer sur des décisions des plus hautes instances de l’ordre judiciaire pour avancer dans les prochaines années (Italiens, Allemands).

Je sais qu’il n’est pas de coutume que les parlementaires d’un groupe votent les propositions de loi inscrites dans le cadre des niches parlementaires d’un groupe différent. Cette liberté – que vous pourriez rendre aux Français – justifie pourtant cette exception. En 2010/2011, Communistes, Parti de gauche, UMP et Socialistes au Sénat s’étaient regroupés derrière un même texte proposé en commission des affaires sociales. Aujourd’hui, à l’Assemblée Nationale, la France Insoumise, Les Républicains, le groupe Libertés et Territoires, La République en Marche, les Socialistes portent des textes qui, tous, souhaitent légaliser l’aide active à mourir. Ce sujet dépasse largement les clivages politiques…

C’est pourquoi, je vous demande d’être présent(e) en séance ce jeudi 11 mars pour voter la proposition de loi de Marie-Pierre de la Gontrie visant à établir le droit de mourir dans la dignité. Les 74 000 adhérents de l’ADMD seront collectivement vigilants sur les travaux de la Haute Assemblée en la matière.

Je vous prie d'agréer, Madame la Sénatrice, Monsieur le Sénateur, l’expression de mes salutations laïques et républicaines.

Et ce n'est pas fini...

 

 

Voir les commentaires

Où est l'espoir ?

3 Mars 2021, 12:14pm

Publié par Bernardoc

Tout hier la ministre du travail a répété que les futurs chômeurs ne pâtiraient pas de la « réforme » des allocations puisque, même si elles étaient baissées, elles dureraient plus longtemps.

Mais qu'est-ce que cela veut dire ? Que l'espoir de retrouver du boulot sera encore plus éloigné qu'avant la pandémie ? Je suis toujours choqué de voir que beaucoup (trop) de gens pensent que les chômeurs sont des fainéants qui ne font aucun effort pour retrouver du boulot. C'est faux ! Ayant passé un premier concours de la fonction publique, puis plusieurs autres pour progresser dans ma carrière, je n'ai jamais été confronté aux problèmes que rencontrent les privés d'emploi. C'est donc uniquement en me confrontant à ces personnes que j'ai pu me rendre compte du cataclysme qui avait affecté leur vie. Souvenez-vous de la chanson d'Eddy MITCHELL « Il ne rentre pas ce soir » et du drame qu'elle décrit.

Oui, les privés d'emploi font tout pour s'en sortir, et le plus rapidement possible. C'est pourquoi prolonger des allocations-chômage de quelques mois après les avoir diminuées ne constitue vraiment pas l'aide et le soutien que notre République SOCIALE doit à ses citoyens dans le besoin.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Je ne suis pas antisémite.

1 Mars 2021, 16:11pm

Publié par Bernardoc

Sur l’initiative de plusieurs anciens responsables israéliens, 442 députés et sénateurs d’une vingtaine de pays d’Europe ont signé une lettre envoyée dans la nuit de dimanche à lundi aux ministères des Affaires étrangères des différents pays européens. Dénonçant une « annexion de facto » de la Cisjordanie par Israël, ils appellent à profiter de l’arrivée de Joe Biden à Washington pour se mobiliser contre la colonisation des territoires palestiniens occupés. La presse

J'ai mis ce titre car on sait bien que critiquer la politique israélienne est souvent assimilée à de l'antisémitisme, alors que cet état se comporte comme un colonisateur violent et intransigeant, semblant n'avoir qu'un but : rejeter les Palestiniens à la mer.

Pour se rendre compte de la volonté impérialiste et conquérante de l'Etat hébreu, il suffit de comparer deux cartes de la région : à la fin des années 1940 et à la fin des années 2010. A moins d'avoir des difficultés de vision, aucun doute n'est permis.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Une solution ?

28 Février 2021, 14:14pm

Publié par Bernardoc

« Un an avant la présidentielle, un nombre grandissant d’électeurs de gauche l’affirment : même au second tour, ils n’iront pas voter pour le chef de l’Etat, de plus en plus ancré à droite. » In Alerte Libé le 27 février 2021

Ce qui est surprenant, c'est que des électeurs qui se disent « de gauche » remarquent maintenant que le chef de l'Etat est « de plus en plus ancré à droite ». Mais ils ne s'intéressaient pas à la politique avant ? Ils n'avaient pas remarqué qu'il avait été ministre de Hollande sous le gouvernement Valls ? La politique qu'ils menaient était-elle une politique de gauche ? Pour moi, clairement, c'était non !

Alors quelle solution ? Si Macron se représente et arrive au second tour, c'est l'autre qui passera. On ne peut guère s'attendre à ce qu'elle abroge la loi « Sécurité globale » ou qu'elle fasse passer le Smic à 1 800 €.

Deux possibilités : soit le sortant prend la même décision que son prédécesseur (qui l'a mis en selle, rappelons-le encore), soit un candidat de gauche arrive au second tour. Mais lequel ou laquelle, il y a pléthore : Fabien ROUSSEL ? Jean-Luc MELENCHON ? Yannick JADOT ? Anne HIDALGO ? Nathalie ARTHAUD ? Arnaud MONTEBOURG ? Vu le nombre, sans aucun doute, la gauche a envie de gagner ! Alors, préparez vos mouchoirs.

Et ce n'est pas fini...

 

 

Voir les commentaires

Un vaccin disponible pour toutes et tous le plus tôt possible

24 Février 2021, 10:24am

Publié par Bernardoc

Dans le contexte particulièrement anxiogène généré par la pandémie, la découverte et la production de vaccins, surs et efficaces, contre la Covid 19 sont vécues comme le seul espoir de voir la situation s’améliorer. Au-delà des débats sur la nature et l’efficacité de chacun des vaccins, c’est la campagne de vaccination qui nous inquiète gravement. Il semble que la stratégie de « vaccination progressive » annoncée par le gouvernement, masque une situation dramatique de pénurie d’approvisionnement des vaccins. Nos organisations nous rapportent en effet les difficultés rencontrées par les salariés assurant des missions essentielles de service public et les retraité·e·s âgés de plus de 75 ans qui le souhaitent, pour obtenir des rendez-vous et à fortiori pour se faire vacciner.

¥ Il est de la responsabilité du gouvernement de créer les conditions d’un approvisionnement suffisant en vaccins pour l’ensemble de la population.

¥ Il nous paraît également indispensable de multiplier les centres de vaccination et de les doter de personnels qualifiés suffisants afin que l’accès soit possible pour les personnes âgées isolées et éloignées des lieux de vaccination. Face à une épidémie mondiale qui ne pourra être surmontée que si l’ensemble des pays bénéficient de la vaccination, il apparaît que les pays les plus riches ont préempté 90 % de la production des vaccins agréés de l’année 2021.

¥ Le gouvernement doit agir afin que les brevets attachés aux vaccins contre la Covid 19 soient considérés comme des biens publics internationaux afin qu’ils puissent être produits en France et dans tous les pays où cela est possible et répartis équitablement. Par ailleurs, il n’est pas acceptable qu’une société comme Sanofi, qui a largement bénéficié de subventions de l’État pour développer la recherche et vu ses profits augmentés de 340 % en 2020, annonce en pleine pandémie la suppression de 1700 emplois, dont 400 de chercheurs. Et ce, après avoir reçu la visite et les félicitations du président de la République et distribué généreusement des dividendes à ses actionnaires. ¥ Le gouvernement doit intervenir pour préserver le potentiel de recherche de cette société en l’obligeant à revenir sur cette décision.

¥ Nous demandons qu'un Pôle public du médicament soit mis en place. Dans cette situation de pénurie les différentes générations sont mises en concurrence et les retraité·e·s sommés de renoncer à leur espérance de vie. C’est inacceptable, insoutenable moralement et dangereux pour la cohésion sociale. Pour éviter cette perspective dramatique, la pénurie de vaccins et les dysfonctionnements de l’organisation des campagnes de vaccination doivent être surmontés au plus vite.

Signé à Montreuil, le 16 février 2021 par les 9 organisations de retraités

Et ce n'est pas fini...

 

Voir les commentaires

La Sécurité sociale au Panthéon

19 Février 2021, 18:52pm

Publié par Bernardoc

Parce que la Sécurité sociale est un bien commun qui nous accompagne tout au long de notre vie, une pétition demande que son bâtisseur, Ambroise Croizat, entre au Panthéon. Un symbole face aux attaques qu'elle subit. Un point d'appui pour la développer et la renforcer afin de répondre aux enjeux économiques et sociaux du XXIe siècle.

Le 17 février 1951, plus d’un million de Français défilaient, sous la pluie, dans les rues de Paris, derrière le cortège funéraire d’Ambroise Croizat. Ministre du Travail et de la Sécurité sociale à la Libération, « il a fait plus en deux ans pour les travailleurs que les autres en cinquante ans » témoignait un anonyme lors de cet hommage populaire. Soixante-dix ans après, une large majorité de citoyens ignore qui se cache sous les quelques plaques de rue qui honorent ce patronyme.

Ouvrier métallurgiste à 13 ans, il adhère très vite à la CGT et sera de toutes les luttes pour les droits sociaux de la première moitié du XXe siècle. Secrétaire de la fédération CGT des métaux et député, Croizat est nommé ministre du Travail et de la Sécurité sociale à la Libération. Il donne très vite le sens de son combat en imposant une multitude de réformes progressistes.

Au cours des dix-huit mois de son mandat, il va mettre en place l’attribution, pour la première fois au monde, d’une prime prénatale, instaurer la médecine du travail, soutenir les centres d’apprentissage, généraliser les retraites, créer les comités d’entreprises… La liste est longue !

La mise en place de la Sécurité sociale symbolise la portée novatrice de l’œuvre sociale de Croizat.

Il se battra avec acharnement pour la concrétiser. Ainsi, il imposera la cotisation sociale comme moyen de financement et organisera sa gestion par les travailleurs eux-mêmes.

Il mobilisera le corps militant de la CGT pour créer les structures nécessaires pour en faire bénéficier la population au plus vite. Ces avancées sociales, arrachées en faveur d’un rapport de forces favorable aux travailleurs et à leur famille, n’ont jamais été acceptées par le patronat et les libéraux.

La mise à l’écart du ministre des Travailleurs dans le récit national tient avant tout à la portée de son action

Depuis soixante-quinze ans, le patronat, revanchard, organise méticuleusement son détricotage en s’attaquant principalement à son financement et à son mode de gestion. Ce travail de sape a été favorisé par une législation qui a répondu aux sirènes patronales.

Mais même fragilisé, le système de protection social français a su montrer sa pertinence dans le contexte de la crise sanitaire de la Covid, comme lors de la crise financière de 2008.

Considérant que la « Sécurité sociale fait partie du patrimoine vivant de tous les Français » et « est un pilier indispensable à notre République sociale », élus, syndicalistes et intellectuels ont interpellé le président de la République afin qu’Ambroise Croizat entre au Panthéon.

L’objectif de cette démarche, qui s'accompagne d'une pétition, n’est pas de réparer une injustice.

Par ce geste symbolique, il s’agit d’« entretenir et développer » ce bien commun qu’est le système français de protection sociale.

Quand je fais visiter la Bourse du Travail de Bordeaux dont la salle principale (à l'époque la plus grande salle de spectacles de la ville) porte son nom, tous les visiteurs (groupes de lycéens, d'étudiants, visites lors des JEP) savent très bien qui fut Ambroise CROIZAT et quelle fut son œuvre.

Et ce n'est pas fini...

 

Voir les commentaires

Des nouvelles de Nouméa.

17 Février 2021, 16:38pm

Publié par Bernardoc

Extrait de L'Obs

Les indépendantistes ont remporté ce mercredi 17 février la majorité au gouvernement collégial de Nouvelle-Calédonie avec six membres sur onze, pour la première fois depuis le début de l’accord de Nouméa (1998).

L’élection d’un nouveau gouvernement, selon un scrutin de listes par les 54 élus du Congrès (assemblée délibérante), intervenait après la chute le 2 février du précédent exécutif à majorité loyaliste.

Les indépendantistes sont parvenus à remporter l’élection grâce à une alliance avec un petit parti charnière, l’Eveil océanien (EO), dont les trois élus ont voté pour la liste Union Calédonienne-FLNKS. Cette liste a obtenu trois « ministres ». L’autre liste nationaliste, celle de l’Union nationale pour l’indépendance-FLNKS (UNI-FLNKS) a également obtenu trois membres du gouvernement.

En face, les non indépendantistes étaient répartis sur deux listes. Celle de la coalition majoritaire dont était issu le président sortant, l’Avenir en Confiance (AEC), a décroché quatre portefeuilles, avec 18 voix sur 54, et Calédonie ensemble, parti de centre-droit, en obtient un seul.

L’élection ne s’est toutefois pas déroulée comme prévu car l’UC-FLNKS espérait remporter un siège de plus, 4 au lieu de 3, permettant à un représentant de l’Eveil Océanien de figurer dans le gouvernement. Mais la voix de l’élue du Parti travailliste, petite formation indépendantiste, ainsi que celle plus surprenante d’un loyaliste de l’AEC en faveur de la liste UNI-FLNKS, ont déjoué ce scénario.

Convoqués par le haut-commissaire de la République, les 11 membres du gouvernement doivent se retrouver en fin de journée pour élire en son sein un président et un vice-président.

Voilà une bonne occasion de montrer leur savoir-faire avant le prochain référendum.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Citations.

14 Février 2021, 14:14pm

Publié par Bernardoc

Je n'avais jamais entendu parler de Jean-François MARMION. Je viens de le découvrir à la faveur d'un entretien dans Sud Ouest -Dimanche, sobrement intitulé par une première citation : « La connerie, en politique, est toujours partagée », réflexion qui me plaît bien, même si le partage n'est pas toujours équitable.

« Moins on est informé, plus on a de certitudes. On a l'impression d'en savoir plus que les experts. » Cette réflexion, issue de cette période covid, est tout à fait adaptable à quantité d'autres occasions.

« Les connards se distinguent parce qu'ils veulent toujours plus de pouvoir. Et qu'ils s'en servent pour vous mépriser, vous écraser, vous humilier ». Des noms, des noms ! J'ai bien ma petite idée, mais je voudrais voir si elle correspond.

« Le complotisme, à la base, c'est le doute, ce superbe antidote à la connerie. Mais si le doute se transforme en certitude absolue, agressive et autosatisfaite, le remède est pire que le mal. » Donc, une seule solution (avant la révolution) : doutons, doutons, doutons !

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

L'habitat indigne saisi, revendu au profit du logement social

9 Février 2021, 11:49am

Publié par Bernardoc

Une fois n'est pas coutume ; aujourd'hui, c'est un article du Figaro du samedi 6 février 2021 que je partage avec vous.

« 130 à 140 biens ont été confisqués cette année et une centaine ont été vendus pour 16,5 millions d'euros » NICOLAS BESSONNES, DIRECTEUR DE L'AGRASC

FAIRE le bien avec le produit du mal. La plupart des mécanismes que l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués (Agrasc) met en place permettent d'investir l'argent du crime dans des fonds à destination des victimes de la criminalité en tout genre. Dix ans après sa création, elle est désormais à la tête d'un budget de 1,2 milliard d'euros et de 170 millions de dollars provenant du produit des saisies et confiscations qu'elle réalise chaque année et qui engendrent 8 millions d'euros d'intérêts, soit quasiment autant que son propre budget. « Nous sommes une petite entreprise qui ne connaît jamais la crise », sourit Nicolas Bessonnes, nouveau directeur de l'agence, qui a encore élargi son rayon d'action. C'est désormais à l'habitat indigne et insalubre qu'elle s'attaque, dans le sillage de la loi Elan votée en 2018 et des décrets de 2020 qui assurent son application et permettent la confiscation automatique de ces biens. L'idée : les extraire de ce marché. Ainsi l'immobilier des marchands de sommeil est saisi par la justice. L'État en devient le propriétaire et l'Agrasc, le gestionnaire. Dans bien des cas, elle effectue une mise aux normes qui permettra un droit de préemption d'une mairie par exemple, ou une vente à des professionnels de l'immobilier. Le tout au profit du logement social. « C'est un système très vertueux puisque nous avons l'aspect punitif, avec la confiscation du patrimoine qui au passage permet d'éviter la récidive, sa réhabilitation et sa remise sur le marché qui va permettre de concourir à faire de la rénovation urbaine. C'est là une dimension sociale et symbolique », explique Nicolas Bessonnes.

Contrairement aux biens mobiliers qui peuvent faire l'objet de ventes avant jugement, les biens immobiliers, auxquels est fortement attachée la notion constitutionnelle de propriété, ne peuvent être vendus pour le compte du domaine privé de l'État qu'après que justice soit définitivement rendue. « Mais nous pourrions avoir très rapidement une cinquantaine de biens immobiliers représentant un parc de 400 appartements à gérer », affirme Nicolas Bessonnes qui se félicite des premières affaires, essentiellement situées en Seine-Saint-Denis, mais aussi dans la région de Marseille et de Lyon. Ainsi à Saint-Étienne, l'Agrasc a géré neuf appartements, anciens lieux de passe, qu'elle a revendus à la Métropole pour un montant de 60 000 euros. L'ancien propriétaire avait été condamné pour proxénétisme aggravé, association de malfaiteurs, traite des êtres humain et blanchiment aggravé. Les sommes devraient être reversées au fonds de prévention et de lutte contre le proxénétisme. Dans la région de Nancy, l'agence a dû gérer et réhabiliter un bien possédé par un dealer… atteint du syndrome de Diogène. « Il y a beaucoup de marchands de sommeil chez les trafiquants de drogues », note Nicolas Bessonnes, qui, dans ce dernier cas, a fait reverser les sommes à la Mildeca.

Cette mission est bien différente des ventes immobilières habituelles jusque-là limitées aux villas luxueuses du grand banditisme ou de la délinquance en col blanc. C'est l'Agrasc par exemple qui sera en charge de la vente du riad de Marrakech et peut-être un jour du Moulin de Giverny des époux Balkany. Cette activité immobilière amenée à prendre de l'ampleur est menée par une division immobilière de seulement 6 personnes. Ce qui suppose un solide carnet d'adresses, allant de l'huissier au notaire, sans oublier les agents immobiliers et les commissaires-priseurs. « 130 à 140 biens ont été confisqués cette année et une centaine ont été vendus pour 16,5 millions d'euros », note Nicolas Bessonnes, qui s'apprête à créer des antennes de l'Agrasc à Marseille et à Lyon afin d'aider les magistrats à éviter les chausse-trappes procédurales que les avocats maîtrisent eux sur le bout des doigts pour récupérer leurs biens. ¦ P. G.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires