Punition pour les malades.
L’aviez-vous remarqué ? Depuis le 1er janvier 2015, les pharmaciens facturent 0,82 euro pour la délivrance de chaque boîte de médicament remboursable ; ceci devrait passer à 1 euro en 2016. Mais attention, ce n’est pas une taxe supplémentaire (les 50 centimes non pris en charge depuis le ministère Bachelot – si je ne m’abuse – et que le gouvernement qui se dit socialiste, qui donc devrait appliquer une politique sociale, s’est bien gardé de supprimer). Non, cette contribution supplémentaire réclamée aux malades (bien fait pour leur gueule, ils n’avaient qu’à rester en bonne santé !) est censée « rétribuer la fonction du conseil de pharmacien ». En fait, c’est tout bonnement un alibi pour maintenir la rentabilité des officines sur le dos des usagers. Car n’oublions pas qu’une pharmacie, tout comme La Poste, est d’abord un commerce qui doit faire du profit.
Je me souviens, il y a une trentaine d’années, mon toubib qui en avait assez de me prescrire des antibiotiques, m’a fait la confidence suivante : « Je te prescris un vieux remède que je tiens de mes années d’internat ; ça va faire râler le pharmacien car il va être obligé de le préparer et il ne fera guère de bénéfice sur ce produit ! »
Il existe 22 500 officines en France, et un tiers d’entre elles (plus de 7 000) ont écrit au directeur de la Cnam (Caisse nationale d'assurance maladie) pour ne pas passer à l'étape de 2016. Cela montre bien qu’une partie non négligeable des pharmaciens se considèrent comme des acteurs de santé et non comme de simples commerçants.
Mais qu’il est loin le programme commun qui envisageait un grand pôle public du médicament. Oui, je sais, je suis archéo, mais on ne se refait pas.
Et ce n’est pas fini…