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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

A l’Assemblée nationale, deux ans de vote RN

28 Juin 2024, 11:37am

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 28 juin 2024 (extraits)

Les députés d’extrême droite se sont surtout attachés, depuis 2022, à favoriser les propriétaires, les ménages aisés et les grandes entreprises

Hégémonique au sein de l’électorat populaire qui se déplace encore pour voter, le RN se révèle favorable aux intérêts des grandes entreprises, des propriétaires immobiliers et des ménages aisés.

Logement : priorité aux propriétaires : Pour tenter de régler la crise du logement, le RN a fait le choix depuis deux ans de défendre les intérêts des propriétaires bailleurs, y compris au détriment des personnes en situation de mal-logement.

Les députés RN se sont aussi opposés au coup de rabot sur la niche fiscale dite « Airbnb », estimant qu’il relevait de « la contrainte et [de] la punition des propriétaires ». Pour ne pas « terroriser des propriétaires », ils ont aussi cherché à supprimer l’amende administrative de 15 000 euros infligée à ceux qui falsifiaient des documents lors de l’enregistrement électronique de leur meublé de tourisme.

Fiscalité : des baisses d’impôts bénéficiant aux plus fortunés Lors de l’examen des lois de finances, le RN a défendu les grandes lignes de son programme présidentiel de 2022. Dont les mesures de baisses d’impôts bénéficient souvent à un public très large… et aisé. Ainsi, la baisse de la TVA sur les carburants vise à alléger la facture des familles vivant loin de leur lieu de travail, mais profiterait à tous les conducteurs, y compris urbains et aisés, disposant de gros véhicules gourmands en essence. Le soutien aux détenteurs de SUV se retrouve dans la position adoptée contre le malus au poids pour les véhicules thermiques, en 2023 : le RN s’y est opposé – comme LR – arguant qu’il s’agissait de « l’outil de travail des Français ».

De même, la baisse de la TVA sur les énergies bénéficierait aux occupants de grands logements. « L’ensemble des taux réduits confèrent un gain en euros plus élevé aux ménages les plus aisés », relevait la Cour des comptes en 2023 dans un rapport sur la TVA, soulignant l’inefficacité de la mesure. Cependant, le poids de la TVA dans le revenu disponible des ménages est par nature plus important pour les revenus modestes.

L’exonération d’impôts sur le revenu pour les moins de 30 ans et pour leurs entreprises bénéficierait, elle aussi, principalement aux ménages et aux entrepreneurs fortunés. Les ménages les plus modestes ne sont en effet pas imposables. Selon une note du cabinet Asteres en 2022, les 10 % de moins de 30 ans les plus aisés capteraient les deux tiers de cette manne puisée dans le budget de l’Etat.

Le RN a également soumis des propositions propres à avantager les détenteurs de patrimoine, avec l’abrogation des droits de succession pour les héritages inférieurs à 150 000 euros et le remplacement de l’impôt sur la fortune immobilière par un impôt sur la fortune ­financière. Là encore, au bénéfice des plus aisés : selon la dernière étude de l’Insee, en 2018, moins de 15 % des Français transmettaient des héritages supérieurs à 100 000 euros et étaient donc soumis à l’impôt. De même, la fin de l’impôt sur la fortune immobilière bénéficierait aux propriétaires.

Agriculture : contre toute forme de contrainte Les députés RN ont voté contre l’inscription dans la loi d’objectifs à 2030 de surfaces en agriculture biologique, contre l’instauration de diagnostics climatiques lors de l’installation, contre la mise en place de stages de sensibilisation en cas d’atteintes à l’environnement. Au final, le RN a voté contre l’ensemble de la loi d’orientation agricole, l’estimant décroissante.

En matière de santé publique, le parti fait régulièrement passer les mesures de prévention après la défense des intérêts économiques. Les députés ont ainsi voté contre l’interdiction des nitrites dans les charcuteries, s’alignant avec la position des industriels charcutiers, malgré les preuves abondantes du rôle de ces additifs dans la survenue de cancers.

S’ils disent soutenir le « manger français », les élus du RN ont voté contre un amendement écologiste proposant un approvisionnement 100 % français pour la viande servie en restauration collective.

Social : un entre-deux qui penche à droite Sur l’emploi et le social, le RN a tenté de tenir une position d’équilibriste au prix d’un discours ambigu : une défense de certains acquis sociaux mâtinée d’une remise en cause de certains droits. Ce qui les conduit à défendre les plus modestes et les plus précaires tout en stigmatisant les « assistés ».

Même chose sur les réformes de l’assurance-chômage du gouvernement depuis 2022. Les élus RN ont voté en faveur de la première, instaurant notamment le principe de contracyclicité qui durcit les règles d’indemnisation quand le chômage baisse et les assouplit quand le marché du travail se détériore. Le RN a, par exemple, défendu la fin de l’indemnisation des chômeurs ayant refusé un CDI à la fin d’un CDD et voté pour assimiler les abandons de poste à des démissions.

Le parti d’extrême droite s’est systématiquement opposé à une augmentation du smic ou à l’indexation des salaires sur l’inflation.

Sur le monde du travail, le parti a plutôt montré une volonté de favoriser la division entre employés, avec des amendements sur la représentativité syndicale, privant de droit de vote aux élections professionnelles les travailleurs précaires et les employés ne maîtrisant pas la langue française.

Réindustrialisation : un soutien aux entreprises, sauf celles engagées dans la transition énergétique Le RN entend poursuivre la baisse des impôts de production et la « simplification » des normes juridiques et environnementales.

Et ce n’est pas fini...

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Clarification

24 Juin 2024, 11:20am

Publié par Bernardoc

in Libération du 24 juin 2024

Antisémitisme : le Nouveau Front populaire dénonce une «odieuse campagne de diffamation menée par une macronie en déroute»

Dans un communiqué diffusé ce dimanche 23 juin, les quatre chefs des principaux partis de l’union de la gauche condamnent «avec la plus grande fermeté ceux qui utilisent nos compatriotes juifs comme boucs émissaires de tous les maux de la planète» et rappellent leurs propositions pour lutter contre l’antisémitisme.

Ce dimanche après-midi, alors que commençait dans le XVIe arrondissement de Paris un rassemblement en soutien aux Juifs de France, les chefs des quatre principaux partis qui composent le Nouveau Front populaire ont diffusé un communiqué appelant à «combat[tre] l’antisémitisme et toutes formes de racisme» et dénonçant des «campagnes de diffamation». «Le drame du viol antisémite de Courbevoie nous bouleverse, affirment d’emblée Marine TONDELIER (Les Ecologistes), Fabien ROUSSEL (Parti communiste français), Manuel BOMPARD (La France insoumise) et Olivier FAURE (Parti socialiste). Cet acte à l’encontre d’une enfant de 12 ans traitée par ses agresseurs de “sale juive” est une abomination. Nous affirmons tout notre soutien à la victime et à ses proches.» Pour couper court à l’idée, propagée par l’extrême droite et certains responsables de la majorité, que cette nouvelle union à gauche n’est pas claire sur le sujet, les quatre martèlent : «Ce crime témoigne de la résurgence inquiétante des actes antisémites dans notre société, et de la culture du viol qui gangrène les comportements masculins dès le plus jeune âge. Cela doit nous interpeller et nous mobiliser.»

Et je complète en disant qu’affirmer que Netanyahou est un fasciste n’est pas une manifestation d’antisémitisme.

Et ce n’est pas fini...

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Des faits, rien que des faits.

23 Juin 2024, 19:19pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Une interview de Marylise LEON, SG de la CFDT

21 Juin 2024, 17:59pm

Publié par Bernardoc

In Libération du 21 juin 2024

La secrétaire générale de la CFDT appelle ses 630 000 adhérents à se mobiliser dans la campagne pour empêcher l’accession du Rassemblement national au pouvoir.

Près de 80 organisations du Pacte du pouvoir de vivre et de l’Alliance écologique et sociale ont lancé mercredi la Coalition 2024, qui «appelle à la mobilisation autour de seize mesures prioritaires à engager dès le 8 juillet». On trouve dans la liste des signataires Attac, la Fondation Abbé-Pierre, la Ligue des droits de l’homme ou encore Oxfam, mais aussi cinq syndicats réunis en intersyndicale : la CFDT, la CGT, l’Unsa, la FSU et Solidaires. Marylise Léon, secrétaire générale de la CFDT, évoque les enjeux et les difficultés de cette campagne éclair pour empêcher l’accession de l’extrême droite au pouvoir.

Quel est l’objectif de cette coalition ?

C’est une centaine d’associations, d’ONG, de syndicats opposés à l’extrême droite et réunis autour de seize mesures qui permettent à tous de dire : «Ça oui, c’est important», et de se demander quelle formation politique les propose. Par exemple, revenir sur la réforme des retraites, donner accès au RSA dès 18 ans, garantir l’accès aux services publics sans condition de nationalité et partout sur le territoire… Et puis, ça implique la mobilisation de toutes les troupes des organisations qui font partie de cette coalition. Et ça fait du monde.

Comment décliner cela concrètement ?

Une des priorités de la CFDT depuis toujours, c’est de s’engager contre l’extrême droite, l’enjeu étant de se mettre en ordre de marche pour agir efficacement d’ici à 2027. Là, le soir de l’annonce de la dissolution, on se dit qu’on va devoir faire en trois semaines ce qu’on devait faire en trois ans ! Notre mot d’ordre, c’est «tous sur le pont». Pour convaincre de l’importance d’aller voter et de l’impasse qu’est l’extrême droite. Le tout, c’est de dépasser le cercle des responsables pour embarquer tout le monde. On a fait des tracts, des vidéos, des argumentaires, et on va sur deux terrains. D’abord la question des valeurs, c’est-à-dire que, dans notre conception de la société, l’émancipation, la solidarité, la démocratie sont incompatibles avec ce que porte le RN, qui défend des principes d’inégalité de droits entre individus, de discrimination, de préférence nationale. Ensuite, on a les exemples des pays européens qui ont vu l’extrême droite arriver au pouvoir. Systématiquement sont remises en question l’indépendance de la justice, la liberté de la presse, les libertés syndicales.

Comment ça se passe sur le terrain ?

L’idée qu’on défend, c’est qu’il faut débattre. Dans cette période, il n’y a rien de pire que le silence et l’évitement. Je préfère un débat musclé, où on va se confronter et argumenter de part et d’autre, au silence. Sur le terrain, on a des remontées diverses. Des militants pointent la difficulté d’aborder ces questions sur les lieux de travail, donc l’organisation doit être en renfort pour les aider, les accompagner. Les discussions peuvent aussi être âpres. On nous explique que ce n’est pas le rôle d’un syndicat de se positionner sur ces questions. Je ne vais pas jouer la langue de bois, on a des adhérents qui partent.

Pourquoi ?

Parce qu’on a pris position contre l’extrême droite. Mais un adhérent qui part fait toujours plus de bruit qu’un adhérent qui arrive. Et on en a aussi beaucoup qui arrivent.

Et du côté des employeurs ?

Certains disent qu’il ne faut pas distribuer de tracts. C’est la première fois que je vois ça. Ça se produit dans des très grosses boîtes où les syndicats ont accès aux messageries. Je leur réponds que c’est de la liberté d’expression syndicale, qu’on est pleinement dans notre rôle, fidèles à notre histoire. Et qu’on est dans un moment inédit pour tout le monde.

Que dites-vous aux salariés pour les convaincre que voter RN revient à voter contre leurs droits ?

Qu’il y a ce que le RN dit et il y a ce qu’il fait. Au Parlement européen comme en France, ils n’ont jamais pris position en faveur des droits des travailleurs. Les trois directives de progrès, même petites à l’échelle européenne, ils ont voté contre : celle sur les travailleurs des plateformes, celle sur le devoir de vigilance, celle sur la transparence sur l’égalité salariale entre femmes et hommes. En France, c’est le groupe qui compte le plus de députés ayant voté contre ou s’étant abstenu sur la constitutionnalisation de l’IVG. Et leur politique est un tout, basé sur la discrimination et la préférence nationale. Je trouve extrêmement éclairantes - et inquiétantes - les dernières déclarations de Jordan Bardella qui nous parle de Français d’origine étrangère. Il y aurait deux types de Français selon les origines ? Quand Laure Lavalette [députée RN du Var, ndlr] dépose un amendement expliquant que les travailleurs étrangers en situation régulière ne peuvent plus participer aux élections professionnelles, c’est bien qu’ils sont obnubilés par les étrangers et ne comprennent pas ce qu’est un collectif de travail.

Vous n’envisagez toujours pas d’aller au-delà d’un appel à voter contre le RN en soutenant explicitement le Nouveau Front populaire ? Vous disiez mardi à Albi qu’il fallait un «vote de progrès»

J’ai dit ça parce que je ne veux pas désespérer tout le monde en expliquant qu’il faut voter contre. Je crois à l’intelligence de la liberté de réflexion et de choix. C’est aussi la démarche de la coalition dans laquelle la CFDT est investie. C’est en liberté que les travailleurs doivent pouvoir voter pour un choix de progrès, donc de formations politiques qui ont des choses à dire sur le travail et la solidarité. Mais moi, je ne vais pas leur dire de voter pour untel, sachant qu’il y a 577 élections. Notre position, c’est : pas de consigne de vote au premier tour, si ce n’est de faire barrage au RN. Et la CFDT sera très claire au deuxième tour sur un appel à voter pour tous les candidats qui seront face au RN.

Et ce n'est pas fini...

 

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Eh oui !

20 Juin 2024, 16:50pm

Publié par Bernardoc

Les inégalités d’accès aux services publics, carburant pour le RN ?

in Le Monde du 20 juin 2024

Fermeture de bureaux de poste, de centres des impôts, de services de maternité, suppression de classes, de petites lignes de train… En plus de fragiliser des territoires, contraignant leurs habitants à parcourir des kilomètres pour accéder à leurs droits, les restructurations de services publics, qui ont cours depuis plus de vingt ans, alimentent le vote pour le Rassemblement national (RN), lequel exploite opportunément le sentiment d’abandon et de déclassement qui en résulte.

Le politologue Jérôme FOURQUET y voit « un carburant du RN dans les petites villes et les villages ». Dans son ouvrage La France d’après (Seuil, 2023), il montre la corrélation entre la progression du vote RN entre 2002 et 2022 et la fermeture de toute une série de services publics, dans des préfectures, des sous-préfectures et d’anciens chefs-lieux de canton. Des disparitions « douloureusement vécues par les habitants et les élus », qui, rappelle-t-il, y voient une « rétrogradation » du rang de leur ville.

Dans une étude sur la mobilité des jeunes ruraux publiée en mai, l’Institut Terram, un groupe de réflexion qui se consacre à l’étude des territoires, et l’association Chemins d’avenirs, qui lutte contre l’inégalité des chances des jeunes ruraux, estiment que les entraves à la mobilité, faute d’offre de transports publics, et l’isolement géographique ressenti par nombre de jeunes ruraux concourent à alimenter le vote en faveur du RN – les critères socio-économiques renforcent l’effet de lieu.

Coautrice de La Valeur du service public (La Découverte, 2021), l’historienne Claire LEMERCIER rappelle « la portée symbolique de ces services publics à la française dans l’imaginaire collectif. Bureau de poste et ligne de train matérialisent l’aménagement et la desserte du territoire jusque dans chaque canton, comme l’avait voulu la “République”, à la fin du XIXe siècle, avec des bâtiments donnant une majesté à ce qui appartient à tout le monde ». Donc, une fierté. Leur fermeture est vécue comme un déclassement en même temps qu’un désengagement de la puissance publique.« Voir se dégrader ces bâtiments n’est pas non plus sans effet », rappelle l’historienne.

La sociologie du vote RN dépasse désormais largement les catégories populaires. Sur ses terrains, on constate que les notables locaux vivent tout aussi mal le recul des services publics, « symbole d’un déclassement territorial ». « Les élus locaux du RN l’ont bien compris, qui viennent grossir les cortèges dès qu’un service public est menacé, profitant du vide laissé par la gauche. »

« Si la gauche espère reconquérir le vote des catégories populaires, celles des bourgs mais aussi des banlieues et des villes, cela doit passer par des propositions fortes en matière de services publics », dit Julia CAGE, coautrice d’Une histoire du conflit politique (Seuil, 2023) et engagée aux côtés des forces progressistes de gauche – par ailleurs présidente de la société des lecteurs du Monde. L’économiste considère que l’injustice dans l’accès aux services publics est l’un des principaux déterminants du vote RN, avec le pouvoir d’achat. Et ce, avant la question migratoire.

Quant au monde rural, il n’est pas structurellement conservateur, estime-t-elle, mais a en revanche été déçu par une offre politique de gauche essentiellement urbaine et peu attentive à ses préoccupations. « Si vous devez faire des kilomètres pour accoucher ou avorter, comment voulez-vous que des discours sur la constitutionnalisation de l’avortement et la PMA pour toutes vous parlent ? », rappelle-t-elle. Proposition de l’économiste : « Réintroduire l’ISF en ciblant toutes les recettes vers le financement des services publics sur tout le territoire. »De quoi rapporter 30 milliards d’euros par an, d’après ses calculs.

En matière de programmes pour les législatives des 30 juin et 7 juillet, le Nouveau Front populaire s’engage à un « plan d’investissement » afin que « personne ne [puisse] habiter à moins de trente minutes d’un accueil physique des services publics ». Mais aussi au « rattrapage des postes manquants de fonctionnaires », de l’hôpital à l’école publique.Dans sa profession de foi, le RN parle, quant à lui, de « réduire les déserts médicaux, soutenir l’hôpital public et sécuriser l’approvisionnement en médicaments », sans davantage de précisions, pour l’heure. La majorité devrait, quant à elle, s’appuyer sur ses engagements pris en avril pour simplifier les démarches administratives et améliorer les services publics.

Et ce n’est pas fini...

 

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Ce sont eux qui le disent

10 Juin 2024, 16:10pm

Publié par Bernardoc

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Un excellent résumé.

7 Juin 2024, 17:33pm

Publié par Bernardoc

Encore Siné mensuel.

Et ce n'est pas fini...

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Boomerang.

5 Juin 2024, 15:09pm

Publié par Bernardoc

in Siné-mensuel de juin 2024

(il a besoin de sous !)

Et ce n'est pas fini...

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Une large unité

4 Juin 2024, 17:17pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Ces travailleurs qui n’arrivent pas à se loger

3 Juin 2024, 15:55pm

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 1er juin 2024 (extraits)

 

L’Ile-de-France connaît des prix de l’immobilier et des loyers ­particulièrement élevés, et compte 836 000 ménages en ­attente d’un logement social, soit deux fois plus qu’en 2010. Mais les salariés d’autres régions sont, eux aussi, victimes de la crise du logement. A Bordeaux, dans l’association d’aide et de soins à domicile dont Karima AMARA est déléguée syndicale, « on a désormais une bonne dizaine de collègues concernés chaque année, sur environ trois cents ». Une assistante ­sociale privée a été recrutée pour les aider à se reloger, et intervient de plus en plus longuement.

Les villes moyennes du littoral ouest ne sont pas épargnées. ­Arrivé à La Rochelle en février pour une reconversion dans le ­développement informatique, Ludovic LACOMBE gagne 1 800 euros et sa compagne, ­restée en Gironde, se porte garante. « Je n’ai pourtant trouvé que des colocations qui m’ont refusé ou des propriétaires préférant garder leur appartement vide en attendant de le louer l’été, très cher, sur Airbnb. » Il a fini par se rabattre sur une chambre chez l’habitant, louée sans bail, qu’il doit quitter le week-end ainsi qu’en juillet-août.

A Bayonne, où les résidences ­secondaires et les locations ­touristiques se sont aussi multipliées, ­Sarah, 28 ans, et son compagnon veulent s’installer ensemble depuis six mois. Educatrice canine à son compte, elle dort sur le canapé d’une amie. Son conjoint, en CDI dans la restauration, n’a pas quitté son foyer de jeunes ­travailleurs. Elle avait pourtant réussi à trouver, en 2019 et 2021, avec des critères identiques et des revenus moins élevés et réguliers.

Sur la rive sud du bassin d’Arcachon aussi,Jean-Roland Barthélémy a vu les locations à l’année se raréfier : « Dans ma rue de six maisons, dont une seule résidence secondaire, la proportion s’est ­inversée : je suis devenu le seul ­habitant permanent. » Il voit grossir le nombre de sans-domicile, au fil des maraudes avec son association, Entraide 33. « Ils sont environ 160, une vingtaine de plus qu’en 2023. Au moins la moitié ­travaillent.Parmi eux, certains sont considérés comme saisonniers, même s’ils vivent ici à l’année, enchaînant les CDD dans différents secteurs. Beaucoup vivent dans des camions aménagés ou leur voiture, ou alternent périodes sous tente et chez des proches… »

Ces situations individuelles ­deviennent-elles de plus en plus fréquentes ? « Le travail, surtout stable, reste un accélérateur de ­logement déterminant, rappelle le directeur des études de la Fondation Abbé Pierre, Manuel DOMERGUE. Mais il y a une persistance, voire une certaine aggravation du phénomène des travailleurs sans domicile ou sans logement ­personnel. »

Le nombre d’adultes en emploi qui vivent chez leurs parents ou chez des tiers est quasi stable ­depuis 2013 (il est passé de 1,458 à 1,454 million), montre une note de la Fondation Abbé Pierre exploitant l’enquête nationale Logement de l’Insee, réalisée en 2020. Une autre étude publique constate qu’en 2021 près de 17 000 adultes vivant en centre d’hébergement avaient un emploi déclaré (à 7 % en CDI), contre 4 000 en 2016 – des chiffres qui n’incluent pas les adultes hébergés dans des hôtels, dont le nombre a explosé.

Quelques indices laissent ­présumer une accentuation. En 2023, la Mission locale de Paris a accompagné 1 255 jeunes de 16 à 25 ans qui, malgré un emploi (à 75 % en CDI ou en CDD de plus de six mois), étaient à la rue ou ­hébergés de façon très précaire. « Ils avaient pourtant des emplois plus stables que les jeunes de même profil qu’on accompagnait en 2019 », remarque son directeur général, Nicolas Garnier. En un an, les délais pour obtenir un ­rendez-vous sont passés de deux semaines à un mois et demi. Au niveau national, les Comités ­locaux pour le logement autonome des jeunes « ont été plus sollicités par les jeunes en emploi, et même en emploi durable, qui ont plus de mal à trouver un logement autonome », indique leur déléguée nationale, Théodora LIZOP.

Le sociologue Gaspard Lion a, pour sa part, enquêté sur la nette expansion, depuis le début des années 2000, du camping résidentiel  : « Surtout pratiqué par des personnes en emploi, ce camping résidentiel illustre les difficultés croissantes à se maintenir dans le logement ordinaire », ­résume le maître de conférences à l’université Sorbonne-Paris-Nord. Dans son ouvrage Vivre au camping (Seuil, 320 pages, 24 euros), il raconte le déclassement ressenti par un chauffeur routier, un agent de maîtrise ou encore un peintre en bâtiment, installés en mobil-home ou caravane sur un terrain municipal, à40 kilomètres de ­Paris, tout en espérant retrouver un « vrai » logement.

Matthieu Zacharie, 29 ans, débutait un CDI dans la restauration après s’être séparé de sa compagne et avoir dû revendre leur maison. « Ce [dispositif] m’a rapproché de mon lieu de travail, alors que j’étais hébergé par des amis à une heure et demie de route. J’ai ainsi eu le temps d’obtenir les trois fiches de paie demandées pour devenir locataire, d’obtenir la garantie Visale [qui remplace un garant] et d’économiser pour régler la caution et un loyer d’avance », salue-t-il. ­Devant le succès rencontré et la file d’attente qui s’allonge, le dispositif est déjà passé de cinq à dix studios, et pourrait être dupliqué ailleurs dans le département.

Et ce n'est pas fini...

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