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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

Reniement.

10 Juin 2020, 13:57pm

Publié par Bernardoc

Quelle tristesse ce matin en allant sur les réseaux sociaux de voir apparaître en premier la photo d'« insoumis », dont le chef, agenouillés lors de la manif d'hier soir. Comment ne pas voir le symbole de la soumission dans cette position d'humilité, pour ne pas dire dégradante ? Est-ce par de tels gestes qu'on peut espérer changer les choses ? Les commentaires étaient cinglants !

Mais ce n'est pas la première fois qu'on assiste à ce genre de dérive dans ce groupe « gazeux », qui évolue au gré du vent, mais toujours animé par un anti-communisme qui le conduit à faire alliance avec le PS tant honni, voire avec les verts (citons-en quelques un(e)s : de Rugy, Pompili, Cohn-Bendit,...) pour partir à l'assaut de mairies gérées par le PCF. Il est bien loin le temps où le sénateur Mélenchon, sans remettre son mandat en cause après sa démission du parti qui l'avait fait élire, était accueilli au sein du groupe communiste. Ah l'époque du Front de Gauche est bien révolue. Pourtant je suis fier d'avoir porté ces couleurs lors des dernières élections départementales : comme je l'ai dit plus haut, à cette époque, on savait où on allait.

Rappelons-nous aussi la participation à un défilé islamiste à l'automne dernier sans aucun signe critique à l'encontre de ceux qui manipulaient cette manifestation de solidarité. Houellebecq est-il prophète en son pays ?

Non décidément, moi qui avait participé avec enthousiasme à la création du PG en Gironde, je ne regrette pas de ne m'être jamais impliqué dans ce mouvement dit « insoumis ». Et pourtant, je l'ai remarqué hier une fois de plus, ce groupe est capable d'interventions remarquables à l'assemblée. On aimerait que ce soit cette ligne-là qui soit appliquée tout le temps.

Et ce n'est pas fini...

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Bégaiements.

6 Juin 2020, 12:28pm

Publié par Bernardoc

Pendant les rangements du confinement, est réapparu le Dossier du Canard n°77, intitulé : « Les fous du pouvoir : dictateurs, despotes, tyranneaux et autres graves bouffons... ». le numéro date d'octobre 2 000et coûtait à l'époque 35 francs. Pour ceux qui ne reconnaîtraient pas les illustres disparus : Saddam Hussein (Irak), Muammar al-Kadhafi (Lybie), Laurent-Désiré Kabila (RDC), Sellapan Rama Nathan (Singapour), Fidel Castro (Cuba), un taliban (Afghanistan), Slobodan Milosevic (Yougoslavie).

Dix-huit ans après, en juillet 2018, rebelote. Les dossiers coûtaient alors 6 € : une remarquable stabilité des prix. Le titre indiquait alors : « Les dingos du pouvoir : de Kim à Jupiter, de Trump à Erdogan...vol au dessus du nid des grands frappés qui nous gouvernent ». Poutine (Russie) est le seul qui apparaisse dans les deux numéros, mais il y a aussi les dynasties : Kim-Jong (Corée du nord), Kabila, Eyadema (Togo).

Ainsi à une génération d'intervalle, on ne peut que constater que le monde ne va pas mieux, peut-être même plus dangereux avec des nations majeures qui ont basculé. Mais alors que dans le premier numéro le Canard mentionnait un certain nombre de pays issus de l'URSS, dans le second il fait également référence à d'anciens pays du bloc de l'est qui ont depuis intégré l'UE : très inquiétant.

Et ce n'est pas fini...

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Liberté de manifester : la santé oui ! Le bâillon non !

5 Juin 2020, 11:19am

Publié par Bernardoc

Il ne suffit pas dans un régime démocratique de proclamer l'existence de droits politiques, économiques, sociaux et culturels. Encore faut-il pouvoir les exercer effectivement. Et l'un des moyens pour y parvenir, c'est en usant de la liberté fondamentale que constitue le droit de se rassembler et de manifester dans l'espace public.

Le droit de manifester est un droit garanti par la Constitution. Alors même que la liberté de circuler sur notre territoire a été rétablie, que les bars-restaurants ont été réouverts avec bien souvent plus de 10 personnes sur les terrasses, de même que certains parcs d’attraction, que la reprise des célébrations religieuses a été autorisée, il n’est pas cohérent que les

rassemblements - et donc les manifestations - à plus de 10 personnes sur la voie publique restent purement et simplement interdits.

L'état d'urgence sanitaire ne peut plus le justifier dans la mesure où les prescriptions d'ordre sanitaire nécessaires sont mises en oeuvre pour permettre de concilier la protection de la santé et la liberté de manifestation.

Il ne saurait être dérogé au droit constitutionnel, fondamental individuel et collectif, que constitue le droit de manifester.

Alors que les élections municipales sont programmées, alors que les droits des salariés sont menacés, alors que des choix cruciaux pour le monde d’après doivent être décidés, le confinement de notre liberté d’expression ne peut nous être imposé plus longtemps.

C'est pourquoi, les organisations syndicales CGT, FSU, SAF , Syndicat de la Magistrature et Union Syndicale Solidaires, engagent devant le Conseil d'État une procédure de référé-liberté afin que toutes et tous puissent continuer à jouir pleinement de leurs droits fondamentaux.

Et ce n'est pas fini...

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Visions parlementaires.

25 Mai 2020, 17:35pm

Publié par Bernardoc

Quand je suis à la maison, et même avant le confinement, je passe mon après-midi du mardi devant la télévision qui retransmet, sur LCP, les questions au gouvernement. Cela permet de se rendre compte de la pertinence des interventions de nos représentants.

Passons sur le groupe le plus important dont le seul rôle est de faire mousser le gouvernement en demandant aux ministres de rappeler les bienfaits de leur action. Ils sont d'ailleurs toujours ravis de la réponse qu'ils ne manquent pas d'applaudir à tout rompre, soutenus par l'ensemble du groupe, debout pour l'occasion.

A côté des marcheurs, c'est à peu près la même chose pour les groupes Modem et Udi.

La droite, qui compte plusieurs dizaines de députés, applaudit systématiquement son orateur.

De l'autre côté de l'hémicycle, le PS pose souvent des questions pointues et pertinentes et propose des solutions qu'il n'a jamais mis en place lorsqu'il était au pouvoir.

Le PC mériterait d'être plus écouté ; les interventions du député indépendantiste polynésien, affilié à ce groupe, qui commencent toujours et se terminent par des salutations en reo maohi, prouvent qu'il maîtrise bien son sujet.

Le groupe LFI dénote : après avoir imposé la non nécessité de la cravate (abandonnée par certains membres de tous les autres groupes ), chacun(e) intervient selon son style, parfois déroutant. Rappelons nous le filet de provisions à 5€ ou l'intervention silencieuse puisque signée, par le député girondin. Comme pour le groupe communiste, sa préoccupation est la défense des plus faibles (les "riens"). C'est le seul groupe qui reçoit systématiquement des réponses teintées de mépris quand ce n'est pas de la haine. C'est trop criant pour ne pas y voir une consigne gouvernementale.

Du bas de l'assemblée leur répondent les ministres. Le premier d'entre eux est extrêmement habile. Toujours courtois, mesuré et pédagogue (le contraire du méprisant de la République), c'est lui qui répond systématiquement aux présidents des groupes et une fois j'ai même vu Mélenchon demander à son groupe de se lever pour applaudir la réponse.

Mais je voudrais signaler l'attitude ignominieuse de deux transfuges, l'un de la droite socialiste, l'autre du sarkozysme : Dussopt et Darmanin. Les réponses qu'ils font aux groupes dont ils sont issus sont ahurissantes de cynisme et la trahison à chaque fois hautement proclamée et revendiquée. Comment peuvent -ils encore se regarder dans la glace le matin ?

Et ce n'est pas fini. ..

 

 

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De la liberté de parole.

7 Mai 2020, 15:06pm

Publié par Bernardoc

Une députée marcheuse vient d'être exclue de son mouvement pour avoir exercé son rôle de contrôleuse de l'exécutif et avoir voté contre un projet gouvernemental. J'entends des voix « de gauche » crier au déni de démocratie. Mais seraient-ils des perdreaux du printemps ? Cela se passe partout.

Je vous rafraîchis un peu la mémoire. Le calamiteux quinquennat précédent a fait perdre au parti, monopoliste au début, tous les leviers du pouvoir et a ouvert l'autoroute au duel Macron/La Pen du second tour. Il y avait au sein de la majorité certains qui se disaient frondeurs. Ont-ils osé signer une quelconque motion de censure au moment des 49.3 pour renverser le gouvernement réactionnaire du sinistre Valls ? Que nenni ! Il y avait des investitures à venir, et il ne fallait surtout pas faire entendre une voix différente.

Mais c'est valable à toutes les échelles. J'ai eu milité dans un parti où certaines voix discordantes se faisaient entendre dans le département : d'abord mise sous tutelle, puis exclusions.

Lorsque, modeste conseiller municipal, j'ai voulu tenter de sortir du placard où j'étais confiné (déjà!) pour plaider les idées auxquelles je croyais et pour lesquelles, bien innocemment, je pensais avoir été choisi, j'ai eu droit à une magnifique remontée de bretelles par le tribunal politique local.

Alors oui, quand une députée abandonne ses godillots et ne vote pas comme la majorité qui l'a fait élire, je ne vois pas, dans l'état actuel de notre démocratie, comment on pourrait être choqué de son exclusion de cette majorité. Hélas ??

Et ce n'est pas fini...

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Mises au point.

3 Mai 2020, 09:08am

Publié par Bernardoc

Intéressante émission méridienne hier sur France inter avec des choses qui ont eu le mérite d'être dites dans les bouches de ceux qu'on n'attendait pas forcément.

Tout d'abord il fut question d'« union nationale » et du regret du gouvernement que l'opposition ne jouait pas le jeu. Et ce fut Natacha POLONY qui expliqua au journaliste de la radio qu'il ne pouvait y avoir « union nationale » si cela devait se traduire uniquement par « ralliement », sans prise de responsabilité de ceux qui ne font pas partie de la majorité. Effectivement, on voit mal LFI, le groupe GDR ou « Libertés et territoires » appliquer une politique sur l'élaboration de laquelle ils ne sont pas associés. Je ne parle pas du PS ou des Républicains, qui de Philippe à Dussopt marchent depuis longtemps.

On a parlé ensuite de la future élection présidentielle, qui s'avère très problématique pour le sortant s'il décidait d'être à nouveau candidat, car les Français ne pardonnent pas l'accumulation de mensonges depuis trois ans, sans parler du mépris pour les pauvres, les classes moyennes et les fonctionnaires qui n'en peuvent plus. Le seul espoir (??!) serait d'arriver à un deuxième tour identique au dernier.

Enfin, fut abordé le problème du vocabulaire dont l'importance est très révélatrice : parler de « distanciation sociale » est une erreur fondamentale tendant à accroître encore la fracture du peuple. Mieux vaut parler de « distanciation physique ». Et je commente : nous avons hélas vécu cette différenciation sociale quand on a vu le méprisant de la République se balader épaule contre épaule dans certains quartiers et des petits vieux se faire taxer de 135 € parce qu'ils avaient fait une halte sur un banc (ce n'était pas à Béziers où il n'y en a plus) au cours de leur promenade quotidienne.

Quel plaisir d'entendre de tels propos sur la radio nationale

Et ce n'est pas fini...

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Froid dans le dos.

2 Mai 2020, 13:46pm

Publié par Bernardoc

Avez-vous vu ces images terrifiantes hier soir à la télé ?

Article tiré du net.

C’est à la suite des propos de Donald TRUMP, qu’un groupe d’hommes armés à envahi le Capitole du Michigan. Ces derniers exigeaient la fin du confinement dans leur État.

Trump avait conseillé aux Américains de « libérer » leur État confiné. Deux semaines plus tard, un groupe d’hommes armés entre de force dans le Capitole du Michigan. Cette intrusion a eu lieu jeudi 30 avril, durant une réunion de parlementaires ; des manifestants sont entrés en réclamant des mesures de confinement plus assouplies.

Cette entrée très remarquée a fait le tour des médias du monde. Un groupe de personnes armées et sans masques ont fait intrusion dans l’entrée du Capitole. Dayna POLEHANKI, sénatrice du Michigan a tweeté : « Juste au-dessus de moi, des hommes avec des fusils nous crient dessus. Certains de mes collègues qui possèdent des gilets pare-balles les portent ». Toutefois, cet acte est entièrement légal, tout comme le port d’arme confirme la police à NBC News.

Malgré la présence de policiers masqués, les manifestants ont continué leur intrusion avec des pancartes contre le confinement. La manifestation, surnommée, « le rassemblement patriote américain » et a été organisée par un groupe du nom de « le Michigan uni pour la liberté ».

Le mois d’avril a connu deux manifestations de ce type, car les Américains sont contre le confinement. Malgré cet acte de rébellion, la gestion de la crise par la gouverneure Gretchen WHITMER (grimée en Hitler par les manifestants) est bien perçue par la population selon des enquêtes.

La gouverneure est apparue malgré tout sereine et déterminée. Bravo à elle !

Et dire que certains s'appliquent à tenter d'imiter ce pays où les dégénérés sont légion et qui malheureusement va reconduire le président sortant, j'en ai peur, à moins que le covid19...

Et ce n'est pas fini...


 

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A quelque chose malheur est bon.

30 Avril 2020, 14:09pm

Publié par Bernardoc

Article du monde.fr du 30 avril 2020

Afin d’éviter que le déconfinement soit synonyme d’une hausse massive de la pollution de l’air, le vélo est promu. Le ministère de la transition écologique et solidaire a notamment annoncé, mercredi 29 avril, un plan doté de 20 millions d’euros pour faciliter la pratique de la bicyclette et éviter que les Français privilégient trop leur voiture lorsqu’ils seront autorisés à se déplacer à nouveau, notamment pour se rendre au travail.

« Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement en quelque sorte », a ainsi assuré Elisabeth BORNE.

La pratique du vélo pour se déplacer au quotidien est en retard en France par rapport à d’autres pays, quand 60 % des « trajets effectués dans l’Hexagone en temps normal font moins de 5 kilomètres », observe le ministère.

Le fond de 20 millions d’euros permettra de prendre « en charge des réparations, l’installation de places de stationnement ou encore des formations », précise la ministre.

Le plan, mis en place en partenariat avec la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), comprend un forfait de 50 euros pour la remise en état d’un vélo (changement de chaîne, frein, pneu, dérailleur…) au sein d’un réseau référencé de réparateurs, qui seront répertoriés sur le site Internet de la FUB et sur une plateforme dédiée. Il y aurait 30 millions de vélos d’occasion en France.

La création de places de stationnement temporaires pour les bicyclettes sera également financée, ainsi que des « formations à la reprise d’un vélo en confiance, assurées gratuitement ».

Le décret d’application dans le secteur privé pour la mise en place du forfait mobilités durables, qui peut monter à 400 euros, sera pris « le plus rapidement possible ».

Des villes et des départements prévoient aussi de mettre en place des pistes cyclables et des aménagements piétons temporaires. Pour encourager les collectivités dans cette démarche, le ministère leur propose un soutien technique et la dispense d’autorisations préalables, « notamment des Architectes des bâtiments de France ». « Le fonds de dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) est mobilisé par les préfets pour cofinancer des pistes cyclables temporaires au cas par cas avec les collectivités territoriales qui ne disposeraient pas de ressources suffisantes », précise le ministère.

Le gouvernement invite aussi à maintenir « les voies vertes accessibles lorsque les conditions d’ouverture pour les cyclistes y sont remplies ». Et il rappelle que la vente et la réparation de vélos sont autorisées pendant le confinement.

Et ce n'est pas fini...

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Eloge du mensonge.

29 Avril 2020, 14:23pm

Publié par Bernardoc

Malgré tous les efforts de ce gouvernement de droite extrême, je n'arrive pas à m'y faire. C'est contraire à tout ce que mes parents et l'école de la République m'ont inculqué. Je ne suis pas capable d'utiliser ce mode de fonctionnement que je réprouve de toutes mes forces.

Il y a belle lurette que je ne crois plus aux « promesses » électorales. Mais une fois qu'ils ont été légitimement élus (pas forcément par moi) on pourrait espérer que nos dirigeants expliquent clairement ce qu'ils sont en train de mettre en place.

Pour cela, il existe un(e) porte-parole du gouvernement et Sibeth N'DIAYE n'a rien à envier à celle qui officiait sous le gouvernement Ayrault pour manier la langue de bois et expliquer l'inexplicable. Il faut dire que les ministres (ou anciens ministres) ne sont pas en reste et font tout pour l'aider dans cette tâche d'enfumage.

Au mois de janvier, il y a donc une éternité, la ministre affirmait que le coronavirus avait fort peu de chance d'arriver jusque chez nous.

Février : fermer des écoles ? Vous n'y pensez pas, il n'en est pas question !

Au mois de mars on nous enjoignait d'aller voter (ce que nous nous sommes bien gardés de faire), c'était sans aucun risque, deux jours après il était interdit de sortir de chez nous. La contamination avait frappé à la vitesse de la foudre, prenant le gouvernement (c'est comme ça qu'il faut l'appeler) de court.

Début avril les masques étaient inutiles, d'ailleurs c'est un geste trop technique pour être maîtrisé par le citoyen lambda (dixit l'autre citée ci-dessus).

Fin avril, il est conseillé.

Le 11 mai, il sera obligatoire.

Ne parlons pas des tests que nous n'avons pas et pour lesquels il faut trouver des excuses.

Les écoles rouvriront, peut-être, si les parents y envoient leurs enfants (facultatif). Les normes seraient de 4m² par élève, mais comme les classes sont trop petites, on propose de ramener cette aire de sécurité à 3m² ; envoyer moins d'élèves à la fois ne semble pas avoir effleuré les esprits. Les lycées ne rouvriront peut-être pas au mois de juin...

Ce ne sont pas des mensonges ? Vous avez sans doute raison. Ceux qui nous gouvernent sont toujours de bonne foi, ils sont juste incompétents !

Et ce n'est pas fini...

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J'ai (encore) écrit à mon député.

28 Avril 2020, 09:55am

Publié par Bernardoc

LIGUE                                                                                                                                       

DES                                                                                                                        

DROITS DE L'HOMME

Bernard P. SARLANDIE

Section de Mérignac

Lettre ouverte

  Le Haillan, le 27 avril 2020

 

Objet : Vote sur la mise en œuvre de l’application StopCovid

Monsieur le député,

En principe, demain à l’Assemblée nationale, vous serez appelé à un débat suivi d’un vote sur l’éventuelle mise en œuvre de l’application de suivi de contacts StopCovid, destinée à lutter contre la pandémie Covid-19 et présentée comme une application de déconfinement.

Installée sur les intelliphones, cette application serait capable d’alerter son propriétaire s’il a « croisé », dans les jours qui précèdent, une personne atteinte de la maladie afin qu’il prenne les précautions d’usage pour arrêter la propagation de la maladie. Un service d’attribution de pseudonymes permettrait à StopCovid de ne pas révéler l’identité de la personne infectée croisée, et le Bluetooth ne permettrait pas la géolocalisation.

Annoncée comme conforme, notamment aux principes du Règlement général sur la protection des données (RGPD), elle respecterait la vie privée dans la mesure où l’anonymat des alertes serait garanti, et où l’utilisation du Bluetooth ne permettrait pas de géolocaliser les personnes, elle ne serait installée que sur la base du volontariat.

Présentée comme étant d’une grande simplicité, StopCovid comporte pourtant de nombreux paramètres qui posent problème, qu’ils soient d’ordre technologiques, médicaux, scientifiques ou éthiques.

Si le Bluetooth ne permet pas de géolocaliser les personnes, il ne permet pas non plus d’évaluer avec précision la distance entre celles-ci, ni même de détecter si elles étaient séparées par un plexiglas, une vitre ou un mur.

Comme il permet d’accéder aux données du téléphone, y compris contre la volonté de son propriétaire, son activation est généralement déconseillée et doit donc être volontaire mais il peut être désactivé par certaines fonctions du téléphone, comme la lecture de sa messagerie ou autre, ce qui rendra StopCovid inopérant.

Entre les deux principaux systèmes opérationnels sur les intelliphones, (IoS pour les Iphones d’Apple et Android de Google pour la plupart des autres marques) les connexions Bluetooth passent mal, c’est pourquoi les deux entreprises proposent exceptionnellement un protocole de communication entre leurs deux systèmes, protocole dont on peut craindre qu’il permette aux deux « géants » d’avoir accès à quelques données du téléphone. C’est aussi la raison pour laquelle le secrétaire d’Etat au numérique a demandé à Apple de modifier cette désactivation du Bluetooth par défaut, allant ainsi à l’encontre des principes du RGPD alors qu’il devrait en être l’un des garants.

Par ailleurs quelles que soient les promesses d’anonymat, il n’est techniquement pas possible de le garantir, même si l’on nous affirme qu’un serveur central qui distribuerait des pseudonymes sera « honnête et sécurisé ».

Les connaissances sur les modes de transmission du virus sont encore incertaines, et comme le Bluetooth ne permet pas de mesurer la distance entre les personnes ni la durée du « contact », les alertes de l’application pourraient signaler de nombreux « faux positifs ». D’un autre côté, se déclarer atteint du Covid-19 (ou être déclaré par une autorité non encore définie) nécessite d’avoir été testé, or les tests manquent et sont pratiqués avec parcimonie. Par ailleurs, selon les projections mathématiques, il serait nécessaire pour que StopCovid soit efficace qu’au moins 60 % de la population l’installe, or même dans un Etat comme Singapour, pourtant donné en exemple, moins de 20 % de la population a installé l’application équivalente (et le confinement a dû être rétabli).

Le choix d’utiliser les intelliphones est un facteur de discrimination qui mettra toute une partie de la population à l’écart. En effet seulement 44 % des « plus de 70 ans » possèdent un téléphone mobile tandis qu’au moins 14 % des Français ne sont pas à l’aise avec les manipulations comme l’activation du Bluetooth ou l’installation d’une application, pourtant ce sont souvent les populations considérées comme les plus « à risques ».

Les problèmes techniques relevés pourraient, a contrario, mettre en danger les individus trop confiants dans l’application qui ne pourra pas signaler qu’un malade qu’ils n’ont jamais croisé a touché la poignée de porte de leur boutique préférée.

L’installation de StopCovid sur la base du volontariat traduirait le consentement des individus, mais le caractère libre et éclairé de celui-ci n’est pas avéré. En effet la pression sociale et patronale, l’éventuel refus d’accès à certains services, la stigmatisation des « réfractaires » risque d’obliger un grand nombre de personnes à l’installer.

Enfin la solution technologique que l’on vous propose de voter pour mettre fin à la pandémie porte en elle le risque d’une habituation à une surveillance généralisée, banalisée et pérenne. La fin de la pandémie étant tout à fait incertaine, la suppression de l’application, que l’on nous promet à la fin de la crise sanitaire, risque de ne jamais intervenir, d’autant plus qu’elle pourrait bien servir pour prévenir d’autres risques à venir.

Les risques d’atteinte au respect de la vie privée et au secret médical, les risques de surveillance généralisée au regard d’une efficacité tout à fait incertaine conduisent la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) à vous demander instamment de vous opposer au projet StopCovid.

Vous comprendrez que cette démarche soit rendue publique.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le député, l’expression de mes salutations laïques et républicaines. 

B.Sarlandie

 

 

 


 

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