Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Bernard SARLANDIE

J’aime la solitude

22 Mars 2026, 09:08am

Publié par Bernardoc

J’aime la solitude
Quand les mots se voilent
Quand le silence chérit le murmure des étoiles

J’aime la solitude
Quand elle m’enveloppe de sa tendresse
L’esprit libéré des dictatures de la sagesse

J’aime la solitude
Elle seule connaît la vérité
Aux haillons de fortune, je préfère la nudité

J’aime la solitude
Mère de renaissance
Cousine de l’abandon néanmoins sœur de résilience

J’aime la solitude
Quand elle m’absout de l’œil humain
Et m’épargne le supplice des molles poignées de main

J’aime la solitude
Elle renforce mon armure
Quand l’amour haineux use de fers souillés

J’aime la solitude
Celle du voyageur
Seul…
Mais dont le sourire inonde le monde entier

Jérôme MATIN, 2021

Et ce n’est pas fini...

Voir les commentaires

Gavroche du crayon

21 Mars 2026, 11:53am

Publié par Bernardoc

A Cabu

Il est mort, le rieur, les doigts pleins d’encre
Gavroche du crayon, espiègle diablotin
Qui croquait la bêtise de sa plume épicée.
Son regard, lampion contre l’obscurantisme
S’est éteint ce matin. Ravivons la lumière
Nulle voix ne va jamais se taire
Face à la barbarie encagoulée.
Debout les vivants !
Aucune peur ne musellera nos paroles :
Sans bâillon ni camisole,
Par un cri accordé à nos gorges éraillées
D’une seule et même voix clamons :
Le rire vole plus haut que les plombs !
Rions, rions de l’ignorance crasse
Des fanatismes de tout poil.
Poètes, affûtons nos crayons
Osons être plus audacieux en créant
Ce rien et ce tout qui se nourrit d’âme
Et qui fait vivre intensément.

Michelle GRENIER

Et ce n’est pas fini...

Voir les commentaires

Far-niente

20 Mars 2026, 08:47am

Publié par Bernardoc

Quand je n’ai rien à faire, et qu’à peine un nuage
Dans les champs bleus du ciel, flocon de laine, nage,
J’aime à m’écouter vivre, et, libre de soucis,
Loin des chemins poudreux, à demeurer assis
Sur un moelleux tapis de fougère et de mousse,
Au bord des bois touffus où la chaleur s’émousse.
Là, pour tuer le temps, j’observe la fourmi
Qui, pensant au retour de l’hiver ennemi,
Pour son grenier dérobe un grain d’orge à la gerbe,
Le puceron qui grimpe et se pend au brin d’herbe,
La chenille traînant ses anneaux veloutés,
La limace baveuse aux sillons argentés,
Et le frais papillon qui de fleurs en fleurs vole.
Ensuite je regarde, amusement frivole,
La lumière brisant dans chacun de mes cils,
Palissade opposée à ses rayons subtils,
Les sept couleurs du prisme, ou le duvet qui flotte
En l’air, comme sur l’onde un vaisseau sans pilote ;
Et lorsque je suis las je me laisse endormir,
Au murmure de l’eau qu’un caillou fait gémir,
Ou j’écoute chanter près de moi la fauvette,
Et là-haut dans l’azur gazouiller l’alouette.

Théophile GAUTIER, Premières Poésies

Et ce n’est pas fini...

Voir les commentaires

Liberté

19 Mars 2026, 17:49pm

Publié par Bernardoc

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul ELUARD

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Éditions de Minuit)

Et ce n’est pas fini...

 

Voir les commentaires

Citoyenne Libellule

18 Mars 2026, 08:48am

Publié par Bernardoc

Rebelle silencieuse
délicate comme de la dentelle
enrobée de lumière
ton corps doré-bourbier
du reflet de ta rivière

Hausser les ailes turquoises verdoyantes !
Tu veux exploser, cracheuse du feu d’artifice!

Tu en as marre du tremblement incessant
Dans ton âme amoureuse, terminé le silence patient.

Ne voltige plus,
voler loin
caresser les vents du Nord
utiliser les nuages
pleurer tout ce que tu veux
hurler à faire peur.

Il faut prévenir La Terre
de la défaillance finale.
Plus jamais d’impitoyable loi de silence.
Chantonner, bourdonner,
rigoler jusqu’au retour
à ta chère rivière.
Ta voix retrouvée
dans une sagesse transparente.

Chloé DOUGLAS, 2014

Et ce n’est pas fini...

Voir les commentaires

Chien errant

17 Mars 2026, 10:04am

Publié par Bernardoc

Il essaie des fois de défaire ce nœud
Essentiel, sa force, sa faiblesse
Une couronne imaginaire posée sur la tête,
Une brioche croquée dans la pénombre,
Loin du regard des autres

Le soleil brille sur lui
Il ne le voit pas

L’estragon de son hémisphère,
Il pourrait laisser ses bagages derrière lui
Et aller dans les roses de son enfance
Embrasser le sable des jours oubliés

Pourquoi se cache-t-il quand le vent se lève ?
Ses poches sont vides de toute façon.
Le chien errant en lui le suit depuis toujours
Mais n’a jamais la force pour le rattraper

Son ciel de l’absolu est entouré d’horizons
Mais il l’écarte, un mensonge démenti

Installé confortablement sur son canapé
Au milieu d’un champ de poussière
Il ne vit que la moitié de son existence

Jules DELAVIGNE, 2006

Et ce n’est pas fini...

 

Voir les commentaires

Byzance, mon berceau

16 Mars 2026, 16:00pm

Publié par Bernardoc

ODE III.

BYZANCE, mon berceau, jamais tes janissaires
Du Musulman paisible ont-ils forcé le seuil ?
Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires,
Porter l’épouvante et le deuil ?

Son harem ne connaît, invisible retraite,
Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs.
Là, sûr du lendemain, il repose sa tête,
Sans craindre au sein de ses plaisirs,

Que cent nouvelles lois qu’une nuit a fait naître,
De juges assassins un tribunal pervers,
Lancent sur son réveil, avec le nom de traître,
La mort, la ruine, ou les fers.

Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche
Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir ;
S’il osait tout braver ; et dérober sa bouche
Au frein de l’antique devoir.

Voilà donc une digue où la toute-puissance
Voit briser le torrent de ses vastes progrès !
Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ;
Tu planes sur ses minarets !

André CHENIER

Et ce n’est pas fini...

 

Voir les commentaires

Des mots…

15 Mars 2026, 08:18am

Publié par Bernardoc

Des mots dans l’infamie
Des mots dans le mépris

La parole en filature
Pour redresser les tordus
Qui osent encore espérer

Des mots pour secouer
Des mots pour diviser

La parole en villégiature
Pour tresser l’ennui
Contre ceux qui osent encore rêver

Des mots pour soumettre
Des mots pour démettre

La parole entre parenthèses
Et imposer le silence
Contre le bruit des consciences

Dominique BLANCHEMAIN, 2017

Et ce n’est pas fini...

 

Voir les commentaires

Aux premières loges

14 Mars 2026, 13:07pm

Publié par Bernardoc

Spectatrice, j’observe la scène de la vie
Où des personnages surgissent,
Dans les moments de joie ou de dépit
Où le rêve devient illusion et meurt avec mépris
Où le mensonge devient vrai et la vérité au fond du puits
Mais qui suis-je dans ce monde plein d’acteurs ?
Où chacun monte sur l’estrade,
Joue son rôle comme ses prédécesseurs
Qui suis-je quand moi-même j’ai un rôle dans cette scène ?
J’observe, je souffre
Mais j’applaudis tous ces mensonges réels
Que serait le monde s’il n’était pas une fiction
Si ces scènes étaient bien réelles et faites avec passion
Je jure devant Dieu que j’assisterais tous les jours
Je serais l’héroïne de la gaieté
De la confiance et de l’amour
J’applaudirais jusqu’à ne plus en pouvoir
Et j’appellerais les âmes chagrinées pour venir la voir
Mais hélas la scène de la vie demeure la même
Et je demeure aux premières loges
Avec ou sans mes applaudissements le rideau s’ouvre et se ferme

Rhita BENJELLOUN, 2011

Et ce n’est pas fini...

Voir les commentaires

Le long chemin des profs qui souhaitent se reconvertir

13 Mars 2026, 18:59pm

Publié par Bernardoc

In La Croix du 11 mars 2026

C’est un phénomène circonscrit mais qui prend de l’ampleur : en cinq ans, les départs volontaires d’enseignants ont été multipliés par dix, avec 2 400 professeurs sur l’année scolaire 2023-2024, sur un total de 850 000 enseignants.

Partir, mais pour faire quoi ? Les professeurs qui veulent changer d’air peuvent d’abord envisager d’évoluer en interne : concours pour devenir chef d’établissement ou inspecteur, départ à l’étranger, postes en détachement… Mais certains choisissent de quitter pour de bon l’éducation nationale. Malgré les près de 400 responsables ressources humaines de proximité implantés depuis 2019 dans les académies, ils doivent souvent solliciter des tiers associatifs pour réussir à partir, faute d’informations claires et d’accompagnement.

La première motivation de ces professeurs semble de fuir leurs conditions de travail. « Surcharge d’effectifs, formations hors temps scolaires, injonctions de la hiérarchie, difficulté de mobilité, rémunération… », égrène Matthieu DROUHIN, secrétaire national du syndicat d’enseignants SE-Unsa qui propose régulièrement des stages dédiés à la mobilité des enseignants.

C’est en effet un « ras-le-bol » dû à la charge mentale et à l’épuisement liés à des classes surchargées et à un manque d’AESH qui a poussé Dominique, 58 ans, à démissionner il y a deux ans, après vingt ans d’enseignement en maternelle au nord de Grenoble. Ancienne ingénieure dans l’industrie déjà reconvertie par goût de transmettre aux élèves, elle ne voulait pas y finir sa carrière.

Mais le parcours n’a pas été simple. Ne sachant où s’orienter, elle commence par un bilan de compétences puis découvre la graphothérapie (la rééducation de l’écriture), à laquelle elle se forme pendant les vacances, avant de demander une rupture conventionnelle pour ouvrir son cabinet. Celle-ci lui est refusée pour « nécessité de service », c’est-à-dire pour assurer la continuité du service public. Décidée à partir, elle finit par démissionner trois jours avant la rentrée scolaire, soutenue par l’association Aide aux profs, qui accompagne les professeurs à se reconvertir, et lance son activité.

Coaching, artisanat, rachat de franchise, salariat, ouverture de commerce… Les reconversions constatées par Rémi BOYER, président et fondateur de l’association Aide aux profs, sont variées. Lui explique la hausse des départs par le recul de l’âge de la retraite et par le Covid, qui a agi comme un déclic, et relève la difficulté des enseignants à « cerner leurs compétences transférables » pour s’orienter.

Frédéric, 51 ans, a lui aussi bataillé pour quitter son métier d’enseignant en élémentaire dans les Yvelines, un territoire en tension. Sa demande de prolongation de sa mise en disponibilité – afin de créer son entreprise de maquettes en relief pour enfants – lui a également été refusée pour les mêmes motifs. Après un long chemin pour négocier son départ et pour faire reconnaître son diagnostic d’autisme, il a fini par démissionner. Un départ selon lui « impossible » sans le soutien d’Aide aux profs. « On ne quitte pas l’éducation nationale comme ça », insiste celui qui a lancé son entreprise.

Stéphanie, agrégée d’anglais de 42 ans, a réussi à jeter l’éponge avec l’aide de l’association, après des années où le plaisir d’enseigner « ne pesait plus assez lourd dans la balance ». Celle qui a quitté son poste en 2021 après onze ans dans un lycée de banlieue parisienne puis trois ans dans des classes Ulis évoque le poids de la charge mentale, l’impression « de ne servir à rien », et un manque de reconnaissance. Mais le coup de grâce a lieu en 2015, quand elle confie son souhait de partir à un inspecteur. « Vous n’allez quand même pas quitter la grande maison ! », lui répond-il. Une phrase symptomatique selon elle : « L’éducation nationale ne veut pas reconnaître qu’on a besoin de seconde carrière. Aujourd’hui, on ne veut plus faire ça toute sa vie », s’insurge celle qui, après un long cheminement, a fini par trouver un poste en détachement au sein de France Éducation International, un établissement public administratif (EPA) rattaché au ministère, où elle s’épanouit.

L’éducation nationale tente en effet de juguler le phénomène des départs pour réguler les effectifs, alors que 2 500 professeurs manquaient à l’appel à la rentrée 2025. Le motif de « nécessité de service » est souvent invoqué pour refuser des mises en disponibilité ou des ruptures conventionnelles. Ce mode de départ permettant de toucher le chômage a récemment été pérennisé pour la fonction publique, mais quatre demandes sur cinq seraient refusées.

Et ce n’est pas fini...

 

Voir les commentaires