Encore une balade au Père Lachaise
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Et ce n'est pas fini...
Pour éviter d'avoir à me répéter, notes en vrac d'un retraité, incorrigible militant.
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Et ce n'est pas fini...
Un week-end de théâtre entre deux semaines militantes : pouce !
Et ce n'est pas fini...
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En marge du 53ème congrès de la CGT, dont je vous parlerai peut-être plus tard. Des photos avec des têtes et des lieux différents, de la place du 1er mai à la place de Jaude, dominée par la statue de Vercingétorix brandissant fièrement le drapeau rouge de la CGT.
Et ce n'est pas fini...
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Que pouvez-vous
mânes de nos ancêtres
Phéniciens inventeurs
de l’alphabet ?
Un cratère
de quarante-trois mètres
réponse des explosions
à votre apport
à l’humanité
et une ville en proie
à la dévastation
Libanais, Libanais,
peuple dont la culture
depuis longtemps
s’est éprise
patrie de Gibran
qu’arbitrairement
l’on martyrise
Beyrouth ancienne capitale
de la joie d’exister
maintes fois meurtrie et pourtant
toujours debout
à présent frappée à mort
par des puissances
qui transforment
l’or de vivre
en funèbre boue
Kamal ZERDOUMI, 2020
Et ce n'est pas fini...
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Regarde cet arc-en-ciel.
Vois la couleur jaune.
Remonte ton regard un peu.
Vois la couleur orange.
Rabaisse ton regard juste un peu.
À la fin de l’orange, au début du jaune.
Vois cette frontière entre la jaune et l’orange.
Cette frontière n’est pas une barrière.
Écoute le son de la note »DO ».
Écoute maintenant le son de la note »RÉ ».
Que ton oreille écoute maintenant.
Entre le »DO » et le »RÉ ».
Entends cette frontière entre deux notes de musique.
Cette frontière n’est pas une barrière.
Ta raison fixe ses limites.
Tu les inventes au bout de ton regard.
Après c’est l’inconnu, la peur.
Ces limites que tu te fixes,
Ce sont des frontières, pas une barrière.
De toi seul dépendent frontières et barrières.
Une frontière n’est pas une barrière,
C’est un signal, le signal d’un changement.
Quand tu rencontreras ton prochain obstacle,
Dis-toi que ce n’est pas une barrière.
Dis-toi que c’est une frontière.
Et fais en pas de plus.
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Que voulais-tu de moi hiver
Tant de frontières déjà
Morsures lambeaux dentelles
Parures d’oiseaux muets —Je cours
Un monde décousu à ma fenêtre
La couleur n’est pas loin
Mais ce n’est pas son heure
.
Si minces apparaissent d’un coup
Les lèvres de la chambre
Le verrou du ruisseau
Une haie — la muraille
Enjamber farder lourdement
Les paupières
.
Il en faut plus au poète
Pour couper le ruban de sa route
Et s’il a peur du froid
Choisir quand même l’eau
.
Et ce n'est pas fini...
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Et ce Londres de fonte et de bronze, mon âme,
Où des plaques de fer claquent sous des hangars,
Où des voiles s’en vont, sans Notre-Dame
Pour étoile, s’en vont, là-bas, vers les hasards.
Gares de suie et de fumée, où du gaz pleure
Ses spleens d’argent lointain vers des chemins d’éclair,
Où des bêtes d’ennui bâillent à l’heure
Dolente immensément, qui tinte à Westminster.
Et ces quais infinis de lanternes fatales,
Parques dont les fuseaux plongent aux profondeurs,
Et ces marins noyés, sous des pétales
De fleurs de boue où la flamme met des lueurs.
Et ces châles et ces gestes de femmes soûles,
Et ces alcools en lettres d’or jusques au toit,
Et tout à coup la mort parmi ces foules,
O mon âme du soir, ce Londres noir qui traîne en toi !
Emile VERHAEREN, Les soirs
Et ce n'est pas fini...
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Y’a ceux qui fument de longs cigares
Dans des voitures blanches à rallonges
Qui coincent leur cul sur les boul’vards
Tell’ment elles s’traînent comme des éponges
V’là l’Hudson River qui dégorge
Ses flots noueux lourds comme du fiel
Qui sentent la graisse sous l’fer qui ronge
Cette vie fragile sous son coin d’ciel
Soudain l’orage chute comme une masse
Et vient répandre son vitriol
Qui défigure ces grandes Jorasses
Gainées d’acier et d’alvéoles
Le soir sous l’arc des néons
La poussière colle au macadam
On cherche sa vie comme un filon
On ronge ses nuits au feu des flammes
On puise nos rêves dans ses artères
Sur les fantasmes d’Indiens morts
Dans cette musique à fleur de nerf
Dans son ciné multicolore
Elle est aussi bête inhumaine
Quand elle s’entête à dévorer
La chair de ses fils comme une chienne
Sous ses crocs blancs et acérés
Elle expire d’un poumon asthmatique
Ses métamorphoses excessives
Qui sous ses fièvres épileptiques
Animent son ventre de fille active
Elle est crédule comme un enfant
Et cherche Dieu au coin d’un bloc
Sous la voix de ses noirs prêchants
A coups de muscles, à coups de crosses
Didier VENTURINI, 1997
Et ce n'est pas fini...
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Quand j’étais Russe, il m’arrivait
de m’appeler Katia, Masha, Tania.
J’avais une niania,
une baba, tout ce qui chante en « a »
dans les noms russes.
Dans notre isba
Notre-Dame de Portchaïef luisait
comme une étoile et dehors les étoiles
luisaient comme la mosaïque
de notre église à Pâques.
Et sur la terre pâle
de sa pâleur de neige ou rouge
de ses coquelicots, courait comme le vent
mon beau petit cheval de Sibérie.
Traîneaux, bateaux, troupeaux, blanche et rouge Russie,
danses, musique de chez moi, quand j’étais Russe…
Pouvoir de tant souffrir, d’être si vieux, si jeune,
de faire un geste de la main sans pleur ni cri.
J’avais de longues tresses blondes
comme aujourd’hui.
Sabine SICAUD, Les poèmes de Sabine Sicaud, 1958 (Recueil posthume)
Et ce n'est pas fini...