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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

Qui veut tuer le débat laïque ?

2 Juin 2024, 19:49pm

Publié par Bernardoc

Le Collectif laïque national apporte son soutien au président du Comité Laïcité République et aux autres militants laïques grossièrement attaqués par la Fédération nationale de la libre-pensée (F.N.L.P.), dans un billet paru le 1er mai 2024 sur le blog de Mediapart sous la signature de M. Eyschen.
Que reproche-t-il au C.L.R. ? Avoir dénoncé le procès en « racisme et xénophobie » intenté à l’inspecteur général honoraire Jean-Pierre OBIN pour avoir pointé les dangers de l’islamisme rampant à l’école.

La F.N.L.P., en assimilant systématiquement toute critique de l’islamisme à une attaque contre les « musulmans », emboîte en fait le pas aux islamistes, qui prétendent astreindre à leur idéologie l’ensemble des croyants.
Les associations signataires se battent aux côtés de tous ceux qui refusent que le débat et le combat d’idées soient piétinés par des fauteurs de trouble, quel que soit leur bord. Le propos de M. Eyschen est tellement outrancier qu’il pourrait être risible, s’il ne présentait un danger mortel pour le débat démocratique. En tout cas, il prive de toute crédibilité les appels récurrents de la F.N.L.P. à « l’unité des laïques ».

Notre lutte implique que nous soutenions les propos construits, raisonnés, argument contre argument, et que nous les partagions sans cesse. C’est ce qu’a notamment fait le président du C.L.R. dans son éditorial en soutenant Jean-Pierre OBIN. Il en va de la défense d’une laïcité sans adjectivation, ni accommodements déraisonnables, républicaine et universaliste.


Fait à Paris, le 23 mai 2024
COLLECTIF LAÏQUE NATIONAL



LES ASSOCIATIONS SIGNATAIRES
#Réseau 1905
Agir pour la Laïcité et les valeurs républicaines
Association de défense des laïques (AD3L)
Association des Libres Penseurs de France
Cercle Ferdinand Buisson
Chevalier de la Barre (Le)
Comité - Laïcité - République
Comité 1905 Auvergne-Rhône Alpes
Comité de réflexion et d'action laïque - CREAL76
Confédération Nationale des Associations Familiales Laïques (C.N.A.F.A.L.)
Grand Orient de France
Grand Orient Latino-Américain
Grande Loge Mixte de France
Grande Loge Mixte Universelle
Libres MarianneS
Ligue du Droit International des Femmes (la) - (L.D.I.F.)
Lumières Laïques Cercle Maurice Allard
Observatoire de la Laïcité de Provence (OLPA)
Observatoire de la Laïcité de Saint-Denis
Regards de Femmes
Union des Familles Laïques - (U.F.A.L.)
Unité Laïque
Vigilance collèges Lycées
Vigilance Travail social
Vigilance Universités

Et ce n'est pas fini...
 

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L'excellent Babouse

31 Mai 2024, 17:55pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Remarquable !

28 Mai 2024, 11:38am

Publié par Bernardoc

 C'est ce que j'ai pensé ce matin en écoutant Sonia DEVILLERS sur France inter. Elle recevait la petite fille Le Pen, qui a préféré laisser tomber ce patronyme pour se contenter de Maréchal, peut-être plus parlant.

 Qui avait choisi d'inviter cette fasciste xénophobe ? La rédaction ? La direction ? La journaliste ?

 Sans rien lâcher, la journaliste posait les questions qu'elle avait préparées, et y revenait avec obstination pour tenter d'obtenir une réponse de cette candidate qui clama haut et fort qu'il était nécessaire de privatiser l'audiovisuel public. Cette dernière n'ayant pas grand chose à répondre, elle se tournait vers les insultes que la journaliste encaissait sans se départir de son calme avant de reposer les questions dérangeantes pour l'invité car elles étaient centrées autour de l'humanisme, du droit et de la légalité républicaine, toutes idées bien loin de la pensée (?) maréchaliste.

 Pour terminer, l'interviewée a fait comme sa tata et est partie pour ne pas assister au moment d'humour qui suivait l'entretien.

  Espérons que ces idées nauséabondes retombent bien vite dans les oubliettes de l'histoire.

Et ce n'est pas fini...

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Européennes.

19 Mai 2024, 14:13pm

Publié par Bernardoc

A part quelques départements peuplés où les élections sénatoriales se font par liste, les élections européennes sont les seules (avec dans une certaine mesure les municipales) où la proportionnelle est appliquée.

Il ne s'agit toutefois pas de proportionnelle intégrale. La règle posée est qu'il faut un seuil minimum de 5% pour espérer avoir des élus. Si l'on transposait cela pour l'Assemblée nationale (il est permis de rêver), si un parti obtenait 1% des voix, il n'aurait aucun élu, alors qu'avec la proportionnelle intégrale il pourrait en avoir 6 !

On vient d'apprendre qu'il y a 37 listes déposées pour les européennes du mois prochain. Imaginons que chaque liste obtienne le même nombre de voix, cela leur ferait 2,7% des voix, donc, aucune possibilité d'avoir un élu. Imagine-t-on la France, co-fondatrice de la CEE (l'ancêtre de l'UE) ne plus être représentée au sein des institutions européennes ?

Pour y pallier, n'allons-nous pas vers une restriction de l'expression populaire et une limite imposée de 20 listes ? Pour museler le peuple, on peut s'attendre à tout de la part de ce gouvernement qui chauffe la place pour le RN.

Et ce n'est pas fini...

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AG nationale France – Cuba.

26 Mars 2024, 08:32am

Publié par Bernardoc

C'était un pari un peu fou : trois ans après la renaissance de notre comité girondin, avec ses forces pas encore totalement reconstituées, organiser une manifestation nationale dans la commune siège de notre comité, où l'ancien maire Bernard LABISTE nous avait invités. Comme j'ai eu l'occasion de le rappeler, c'était l'époque où la moitié du conseil municipal adhérait à l'association. Aujourd'hui, seul un adjoint préserve le lien.

Certains ne croyaient pas à la réussite de ce projet mais chacun s'est mis à la tâche en fonction de ses compétences et de ses disponibilités et nous étions fin prêts pour accueillir l'ambassadeur qui se fait un devoir chaque année de participer à cette assemblée générale.

L'équipe locale a été bien aidée pour la préparation finale par trois couples de camping-caristes ardéchois arrivés la veille. Et c'est à ce moment-là qu'un élu haillanais est venu nous apporter des fleurs qu'il a mis gracieusement à notre disposition pour décorer la salle. Qu'il en soit remercié !

L'assemblée proprement dite s'est déroulée le samedi matin, avec l'intervention de tous les comités représentés et après un repas africain ont commencé les interventions : celle de l'ambassadeur mêlée à celle du député LFI Rodrigo ARENAS, puis la conférence de l'universitaire Mélanie MOREAU sur la condition des femmes à Cuba.

Il était temps ensuite de passer à nouveau à table pour un repas latino avant le concert de Mariposa qui, comme les conférences, était ouvert à l'ensemble de la population. Le plancher a chauffé sous les pas de salsa, et Maeva s'est régalée avec son cavalier, qui n'était autre qu'un éducateur qui visiblement était habitué à côtoyer des personnes similaires. Jade, quant à elle, s'est aussi bien amusée avec sa maman et a même pu toucher le « grand violon » du contrebassiste.

Le lendemain s'est réuni le comité directeur élu la veille et à midi nous avons terminé les restes avec les participants qui n'étaient pas encore partis.

Tout au long de ces quatre demi-journées ce fut une atmosphère conviviale et fraternelle et chacun a mis la main à la pâte pour participer à l'ensemble des tâches.

Nous avons bien entendu été vigilants afin que personne ne s'avise de gravir les escaliers à vélo !

Nous avions demandé une subvention municipale pour événement exceptionnel ; nous avons fait sans.

Deux regrets : nous avions invité par courrier électronique représentants politiques et syndicaux ; j'avais personnellement physiquement rencontré les secrétaires fédéraux du PCF et du PS ainsi que le secrétaire de l'UD-CGT : personne n'est venu ni ne s'est manifesté, ne serait-ce qu'en envoyant un mot. La courtoisie n'existe-t-elle plus entre gens de gauche ?

Et l'autre regret, c'est le refus de servir un mojito à ceux qui étaient venus après le repas écouter le concert et danser. (Nous n'avions pas la main sur ce stand). Je ne sais pas si on va les revoir à nos manifestations après cette déception.

Enfin, malgré tout, tout s'est bien passé pour l'association et le comité girondin a reçu les félicitations et les remerciements de tous les participants.

Et ce n'est pas fini...

 

 

 

AG nationale France – Cuba.AG nationale France – Cuba.AG nationale France – Cuba.
AG nationale France – Cuba.AG nationale France – Cuba.
AG nationale France – Cuba.AG nationale France – Cuba.
AG nationale France – Cuba.AG nationale France – Cuba.

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20 000 postes d’agents supprimés en douce ?

7 Mars 2024, 10:20am

Publié par Bernardoc

In L'Humanité du 7 mars 2024 (extraits)

À en croire le gouvernement, les 10 milliards d’euros de baisse de dépenses publiques annoncée pour l’année 2024 n’auront pas le moindre effet, ni sur le quotidien des Français, ni sur les politiques menées, ni sur l’effectif de fonctionnaires. Un peu comme s’il ne s’agissait que d’un jeu d’écriture comptable, un exercice d’arithmétique indolore destiné à alléger le poids des déficits publics. Dans un récent entretien au Monde, Bruno Le Maire annonce même 12 milliards d’euros d’économies pour l’année prochaine, tout en campant sur ses positions :« Je vous rassure, on est très loin de l’austérité quand on est à 58 % de dépenses publiques dans le PIB ! Il y a 496 milliards d’euros de dépenses de l’État par an, nous faisons une économie de 10 milliards : on va s’en remettre. »

Pourtant, ce coup de rabot qui ne dit pas son nom (le ministre de l’Économie préfère parler de« refroidissement »de la politique gouvernementale) aura bel et bien des effets sur l’État, comme n’ont pas manqué de le signaler les syndicats.« Ces 10 milliards de coupes constituent aussi une nouvelle attaque contre la fonction publique dont les plus de 5 millions d’agents subissent déjà une politique d’austérité ravageuse et une dégradation continue des conditions de travail », déclare la CGT.

Ces dernières ne vont probablement pas s’améliorer. Des spécialistes ont sorti leur calculette : selon eux, entre 15 000 et quelque 20 000 postes pourraient être supprimés dans la fonction publique d’État (FPE), cette année, en raison des économies annoncées par l’exécutif. Pour aboutir à ces estimations, ils ont passé au crible le décret n° 2024-124 publié au Journal officiel le 21 février. Le document décline les effets des 10 milliards d’euros de coupe, ministère par ministère. La colonne « Titre 2 » désigne, dans la nomenclature de l’État, les crédits de masse salariale. Le gouvernement a l’intention d’amputer ces derniers de quelque 781 millions d’euros. En partant du « coût salarial » moyen d’un agent de la FPE, il est possible de chiffrer les suppressions de postes.

Arnaud BONTEMPS, cofondateur de « Nos services publics », en anticipe 19 100, dont 8 000 dans l’enseignement scolaire, 7 500 dans la recherche, 1 700 dans la défense ou 1 200 dans l’agriculture. « Il ne s’agit ici que d’un ordre de grandeur, nous indique-t-il. Lorsque vous supprimez des crédits de masse salariale, je ne vois que deux solutions : supprimer des postes ou réduire les salaires. »

Ces suppressions d’emplois se feraient de deux manières : annulation des embauches programmées cette année (7 000) et non-remplacement des départs (8 000). Chaque année, quelque 60 000 fonctionnaires partent en retraite. Au-delà du chiffre, ce qui interpelle, c’est la « discrétion » du gouvernement sur le sujet, qui refuse catégoriquement de parler de baisse d’effectifs.

Un revirement spectaculaire, quand on songe à l’élection présidentielle de 2017, au cours de laquelle les prétendants de droite s’étaient lancés dans une sorte de concours à la plus grosse baisse de l’emploi public. François FILLON, le candidat LR, promettait par exemple 500 000 suppressions de postes en cinq ans, un chiffre tellement faramineux que même les libéraux les plus exaltés s’interrogeaient sur sa crédibilité. Plus modeste, Emmanuel Macron en annonçait tout de même 120 000, avant de faire machine arrière.

« Il y a plusieurs raisons qui expliquent la difficulté à tenir ce genre d’engagement, résume François ECALLE. D’abord, je rappelle que 120 000 emplois avaient déjà été supprimés dans la FPE sous Nicolas SARKOZY : plus on supprime de postes, plus il est difficile de retirer ceux qui restent. Ensuite, bien des choses ont changé depuis 2017 : entre la pandémie de Covid et le mouvement des gilets jaunes, le climat politique sur cette question a évolué. »Gageons qu’appeler au démantèlement de l’État sera moins « tendance » lors de la prochaine présidentielle…

Et ce n'est pas fini...

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A temps de travail égal, salaire inégal : les femmes gagnent près de 15% de moins que les hommes

6 Mars 2024, 18:21pm

Publié par Bernardoc

In La Tribune du 6 mars 2024 (extraits)

Les inégalités salariales entre femmes et hommes persistent. Alors que l'écart de salaire s'établit à 4% à poste comparable, il a atteint près de 15% à temps de travail égal en 2022, d'après la dernière étude de l'Insee dans le secteur privé. Et même plus de 23% lorsque l'on regarde le revenu salarial moyen.

« Nous sommes socialisés pour penser que l'argent est moins important pour les femmes que pour les hommes », note Clotilde Coron, Professeur des universités à Paris Saclay. Les femmes ont ainsi tendance à davantage s'auto-censurer et à estimer qu'elles méritent moins.

Cet écart s'accentue donc lorsque l'on regarde le revenu salarial moyen, qui mesure la rémunération nette effective. Celui des femmes est inférieur de 23,5% à celui de leurs homologues masculins en 2022. Une légère réduction par rapport à 2021 (24,4%). Une différence qui repose en partie sur « les différences de volume de travail moyen », précise l'Insee. Autrement dit, les femmes sont moins souvent en emploi au cours de l'année et travaillent davantage à temps partiel, qu'il soit choisi ou subi.

En effet, « les femmes sont surreprésentées dans le temps partiel, et cela évolue peu, à cause de l'incompatibilité entre le fait de s'investir dans sa vie familiale et s'investir dans sa carrière », pointe Clotilde Coron. Il peut être difficile pour certaines femmes d'être davantage disponibles, de partir par exemple en déplacement du fait de leur vie familiale. « Le temps partiel peut également découler de la répartition des tâches domestiques dans les couples hétérosexuels qui a peu évolué », souligne-t-elle également. Les femmes ont donc moins de temps à consacrer à leur carrière pour s'occuper des tâches domestiques, ce qu'il fait qu'elles gagnent moins que les hommes.

« Et lorsqu'un des deux conjoints doit se mettre en temps partiel pour s'occuper par exemple des enfants, on va économiquement privilégier la femme, car elle gagne moins », argue l'experte, « c'est un phénomène qui s'autoentretient ». »

Enfin, à temps de travail égal, l'écart de salaire moyen en équivalent temps plein est réduit à 14,9% contre 15,5% en 2021. Un écart qui s'explique notamment par « la ségrégation genrée des métiers », analyse Clotilde Coron. C'est-à-dire que les hommes et les femmes ne vont pas exercer les mêmes métiers, travailler dans les mêmes secteurs ou entreprises en fonction de leur sexe. Les femmes sont surreprésentées dans les métiers de secrétaires, employées administratives ou encore nettoyeuses. Alors que les hommes le seront en tant que conducteurs routiers ou bien ingénieurs informatiques...

Les écarts salariaux vont également varier selon le secteur d'activité, la taille de l'entreprise ou encore l'âge. En prenant le salaire net en équivalent temps plein, les hommes de moins de 25 ans gagnent 4,7% de plus que les femmes de la même tranche d'âge. Un écart qui va s'intensifier avec l'âge pour atteindre 26,1% pour les personnes âgées de 60 ans ou plus.

Concernant la catégorie socio-professionnelle, les écarts les plus importants concernent les cadres, 15,7%, alors que l'écart sur le volume de travail entre les deux sexes au sein de cette catégorie n'est « que » de 4,3%. Par ailleurs, les inégalités vont également s'accroître en fonction de la taille de l'entreprise. Ainsi, l'écart de salaire en équivalent temps plein est de 7,9% pour les entreprises de moins de 10 salariés, contre 18,2% pour les entreprises de plus de 5.000 salariés.

La ségrégation professionnelle joue aussi sur le niveau de hiérarchie des femmes. Elles vont être sous-représentées parmi les plus hauts salaires. Parmi les 1% de salariés les mieux rémunérés, elles ne représentent plus que 22,8% des effectifs.

Qui plus est, les écarts de salaires en équivalent temps pleins s'accroissent en fonction du nombre d'enfants. « Ces différences proviennent à la fois de la baisse de salaire observée après la naissance mais aussi des carrières durablement ralenties des mères », pointe l'étude de l'Insee.

Du mieux tout de même malgré ces inégalités persistantes. En 1995, l'écart de salaire net en équivalent temps plein était de 22,1%. Une amélioration, donc, de 7,2 points en presque 30 ans. Parmi les facteurs explicatifs, l'Insee souligne notamment l'augmentation des femmes cadres, mieux rémunérées que les autres salariés du secteur.

L'écart de volume de travail s'est également réduit : de 14,9% en 1995 à 10,1% en 2022. Le revenu salarial moyen était donc inférieur de 34% à celui de leurs homologues masculins entre 1995 et 2001 avant d'amorcer une décrue d'en moyenne 0,5 point par an puis de 2,2 points entre 2019 et 2022. Il n'y a donc plus qu'à espérer que cette tendance se poursuive...

Et ce n'est pas fini...

 

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Monsieur Bruno Le Maire, le Livret A ce n'est pas pour l'armement, mais pour le logement social !

4 Mars 2024, 18:19pm

Publié par Bernardoc

In L'Humanité du 1er mars 2024

Monsieur le Ministre de l'Économie et des Finances,

Des parlementaires ont multiplié, ces derniers mois, les propositions de loi visant à amener les banques commerciales à financer des activités d'armement à partir de l'épargne populaire (Livret A et Livret de développement durable et solidaire, LDDS). Deux propositions de loi seront débattues, l'une au Sénat le 5 mars prochain et l'autre à l'Assemblée nationale le 14 mars.

Nous refusons catégoriquement que l'épargne populaire de près de 60 millions de nos concitoyens, soit détournée de ses missions prioritaires : le financement du logement social et de la transition écologique.

Vous avez déclaré le 23 novembre dernier sur Franceinfo : “Ce n'est pas mon choix. On peut trouver d'autres façons de financer l'effort de défense, qui est indispensable. Le Livret A, pour moi, c'est le logement social”. Pour nous aussi !

Notre pays traverse une crise du logement qui s'aggrave année après année et est marquée par un nombre croissant de mal-logés et de sans-abris. Cette criseappelle dans l'urgence des mesures énergiques en faveur de la réhabilitation et de la construction massive de logements sociaux pour toutes les catégories de population : salariés et retraités aux revenus modestes, chômeurs et précaires, familles nombreuses et monoparentales, étudiants et jeunes travailleurs… Ces mesuressont à l'opposé de la politique suggérée par le premier ministre en matière de logement social.

Orienter une partie de l'épargne populaire vers le financement des activités d'armement n'aura pour effet que de fragiliser le lien séculaire de confiance entre les citoyens et le livret A. Car ce lien tient autant à la sécurisation de cette épargne qu'à son emploi transparent dans des investissements d'intérêt général : logement social, transition écologique …

Puiser dans les ressources du livret A ne servira à rien. En effet, selon Maya Altig, directrice générale de la Fédération bancaire française, le financement des entreprises d'armement « ne fait pas l'objet d'une stigmatisation particulière de la part des banques » mais les difficultés rencontrées tiennent à « la nature même des normes imposées au financement des activités de ces entreprises » . Il s'agit des normes anti-corruption, des normes d'interdiction de certaines armes et de celles liées au devoir de vigilance. Elles sont indispensables pour réduire les atteintes graves aux droits humains et aux libertés fondamentales, à la santé et à la sécurité des personnes ainsi qu'à l'environnement.

Ces questions éthiques sont totalement ignorées par les auteurs des propositions de loi qui seront débattues les 5 et le 14 mars. Ils préfèrent organiserle détournement d'une partie de l'épargne populaire au profit « des entreprises, notamment petites et moyennes, de l'industrie de défense française ».

Nous attendons de vous une opposition résolue et déterminée à ces initiatives parlementaires manifestement inappropriées.

Nous attendons également l'exercice d'un contrôle réel sur l'utilisation des 225 milliards d'euros, soit 40 % des encours du Livret A et du LDDS, dont les banques disposent librement. En 2009, la Commission européenne a uniquement exigé que toutes les banques puissent distribuer des Livrets A à leurs clientèles.Elle n'a jamais demandé que 40 % des fonds de l'épargne populaire soient mis à disposition des banques au détriment de la Caisse des dépôts et consignations, premier financeur du logement social.

Cette «faveur» à 225 milliards d'euros, faite au secteur de loin le plus rentable de notre économie, devrait appeler nécessairement de très sérieuses contreparties en terme d'intérêt général, notamment sous l'angle du financement de la transition écologique.

Il y a nécessité que le Parlement contrôle soigneusement, chaque année, l'usage fait par les banques de ces 225 milliards d'euros. A défaut, il faudra nécessairement envisager une recentralisation complète des fonds auprès de la Caisse des dépôts et consignations placée « de la manière la plus spéciale, sous la surveillance et la garantie de l'autorité législative » depuis la loi de 1816 qui la créa.

C'est pourquoi nous appelons à ouvrir un large débat au Parlement sur l'épargne réglementée, son rôle et ses finalités au service de l'intérêt général. Nous voulons que ce débat parlementaire soit précédé d'un vaste débat public associant toutes les parties prenantes : les associations de locataires et de défense des mal-logés, les associations de lutte contre l'exclusion, les acteurs du mouvement HLM, les collectivités locales, les syndicats, les ONG, les représentants de l'économie sociale et solidaire…

Quelques signataires :

Les responsables associatifs et syndicaux :

Patrick Baudouin, président de la Ligue des Droits de l'Homme – Sophie Binet, secrétaire générale de la Confédération Générale du Travail (CGT) – Hélène Bourdel, porte-parole du Mouvement pour une Alternative Non-violente (MAN) – Patrice Bouveret, directeur de l'Observatoire des armements – Michel Canet , président de l'Union des familles laïques (UFAL) – Jean-Claude Chailley, secrétaire général de Résistance Sociale – Christian Chasseau, secrétaire national Mouvement National de Lutte pour l'Environnement (MNLE) – Jean-Marie Collin, directeur de ICAN France – Vincent Drezet, porte-parole d'Attac – Jean-Baptiste Eyraud, porte-parole de Droit au Logement (DAL) – Nicolas Galépides, pour le bureau fédéral SUD PTT – Benoit Garcia, vice président du CESE – Eddie Jacquemart, président de la Confédération Nationale du Logement (CNL) – Christian Khalifa, président de INDECOSA-CGT – Karina Knight Spencer, présidente de Stop Fuelling War – Didier Le Reste, président de la Convergence Nationale Rail – Jean-Marie Matagne, président de l'Action des Citoyens pour le Désarmement Nucléaire (ACDN) – Annick Moreau, secrétaire nationale Mouvement international de la Réconciliation MIR-France – Luigi Mosca, membre du CA d'Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance – Martial Passi, secrétaire national du Mouvement de la Paix – Roland de Penanros, président de l'Université Européenne de la Paix – Evelyne Perrin, présidente de Stop Précarité – François Sauterey, co-président du MRAP – Benoît Teste, secrétaire général de la FSU – Mathé Toullier, présidente de l'Association des Familles Victimes du Saturnisme (AFVS)

Personnalités diverses :

Jérôme Blanc économiste, Sciences Po Lyon- Jean-Marie Bonnemayre, ancien cadre dirigeant OPAC/HLM – Olivier Le Cour Grandmaison, universitaire – Laurent Mauduit, journaliste et écrivain – Bernard Thibault, ancien secrétaire général de la CGT

Les élus et responsables politiques :

Christine Arrighi, députée – Julien Bayou, député – Guy Benarroche, sénateur – Laurence Boffet, Vice-Présidente Métropole de Lyon – Manuel Bompard, député et coordinateur de la France insoumise – Anne Chicot, conseillère municipale Le Havre – Eric Coquerel, président de la commission des finances de l'Assemblée nationale – André Chassaigne, député et président du groupe Gauche démocrate et républicaine – Nupes – Gérard Filoche, porte-parole de la GDS (Gauche démocratique & sociale) – Julie Garnier, conseillère régionale IdF- Guillaume Gontard, sénateur et président du groupe Écologiste – Solidarité et Territoires – Michelle Gréaume, sénatrice – Charles Hoareau, président de l'Association Nationale des Communistes (ANC) – Monique de Marco, sénatrice – Vianney Orjebin, conseiller régional IdF – Mathilde Panot, députée et présidente du groupe La France insoumise – NUPES – Jean-François Pelissier, porte-parole d'ENSEMBLE! – Christian Pierrel pour le Parti Communiste des Ouvriers de France – Philippe Poutou, pour le NPA – Fabien Roussel, député et secrétaire national du PCF – Jean-Christophe Sellin, co-coordinateur national du Parti de Gauche – Marine Tondelier, secrétaire nationale les Écologistes EELV – Georges Ubbiali, élu départemental du canton de Besançon 4

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Témoignage.

3 Mars 2024, 11:20am

Publié par Bernardoc

  En complément des courageux tweets de Charles ENDERLIN, cet article de Siné mensuel de février 2024.

Et ce n'est pas fini...

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Après avoir raboté les dépenses de l'État, Bercy veut s'attaquer aux dépenses sociales

27 Février 2024, 14:33pm

Publié par Bernardoc

In Le Figaro du 27 février 2024 (extraits)

Pour renflouer les caisses, le gouvernement a longtemps parié sur la croissance et la baisse du chômage ; mais force est de constater que cette stratégie s'essouffle alors que la croissance patine (0,9 % attendu en 2024, au lieu de 1,4 % prévu) et que le chômage remonte (7,5 % fin 2023 contre 7,1 % un an plus tôt). Face à ce constat, l'heure est aujourd'hui à la recherche d'économies tous azimuts. D'autant que le gouvernement s'est engagé à ne pas augmenter les impôts, et même à les baisser de 2 milliards d'euros pour les classes moyennes, dès 2025. L'équation promet d'être complexe à résoudre.

Bruno Le Maire est monté en première ligne, la semaine dernière, pour annoncer 10 milliards d'économies dans la sphère de l'État : 2,2 milliards pour le ministère de l'Écologie, 1,1 milliard au ministère du Travail, 900 millions à la Recherche et à l'Enseignement supérieur, etc. Le message est clair : l'État montre l'exemple en réduisant son train de vie. Mais Bercy veut désormais aller plus loin en coupant dans les dépenses sociales, auxquelles la France consacre 849 milliards d'euros par an, soit 32,2 % de son PIB. Englobant pensions de retraite, frais de santé, minima sociaux et allocations chômage, ces dépenses sociales représentent en moyenne 12 550 euros de prestations par an et par habitant, selon les chiffres de la Drees. Un terrain politiquement miné, car il s'agit de s'attaquer au « modèle social » français.

Les comptes sociaux sont dans le rouge : le « trou de la Sécu », proche d'être comblé en 2018, est retombé à un niveau abyssal avec le Covid (39,7 milliards). Après un rebond post-pandémie, la trajectoire se dégrade à nouveau avec un déficit de 11,2 milliards d'euros attendu cette année et 17,5 milliards en 2027. « L'arrêt du redressement des comptes de la Sécurité sociale, sans événement exogène – crise économique ou sanitaire pouvant l'expliquer –, est très notable et préoccupant », s'alarmait en début d'année le Haut Conseil pour le financement de la protection sociale.

Le gouvernement a déjà durci les conditions d'indemnisation des chômeurs, réformé Pôle emploi (devenu France Travail), soumis le RSA à 15 heures d'activité hebdomadaire, et encore annoncé dernièrement la fin de l'allocation de solidarité spécifique (ASS). « C'est la première fois qu'un minima social est supprimé, il fallait le faire », se félicite Matignon. Pour aller plus loin, l'exécutif envisagerait désormais d'augmenter le taux de CSG sur les indemnités chômage : alors que la CSG sur les salaires des actifs s'élève à 9,20 %, elle est fixée à 6,2 % sur l'allocation-chômage ou 3,8 % pour les chômeurs non redevables de l'impôt sur le revenu. « Cette mesure pourrait venir financer la baisse d'impôts de 2 milliards pour les classes moyennes », indique l'entourage du premier ministre. Mais elle va faire hurler les syndicats, actuellement en pleine négociation sur l'assurance-chômage et l'emploi des seniors. En revanche, pas question à ce stade d'augmenter la CSG des retraités, qui bénéficient eux aussi d'une CSG réduite, avec quatre taux différents en fonction de leurs revenus : de l'exonération totale (0 %) pour les plus modestes à 3,8 %, 6,6 % et 8,3 % pour les plus aisés.

Les pensions constituant la majeure partie des dépenses sociales, l'objectif de la réforme des retraites, augmentant l'âge de départ de 62 à 64 ans, était d'alléger ce poids. Mais l'exécutif est décidé à s'attaquer à l'autre sphère sociale la plus coûteuse : la santé. Une gageure, alors que l'hôpital comme la médecine de ville sont en crise. « La gratuité de tout, pour tous, tout le temps, ce n'est plus possible », grince-t-on au sommet de l'État. Après le doublement de la franchise de 0,50 euro à 1 euro sur les boîtes de médicaments, qui entrera en vigueur le 31 mars, l'exécutif veut limiter les dépenses de médicaments (32,7 milliards d'euros en ambulatoire) mais aussi celles, en forte hausse, des arrêts maladie (20,9 milliards d'euros d'indemnités journalières). Deux coups de rabot récurrents dans tous les budgets de la Sécu ces dernières années, qui se sont révélés jusqu'ici plus faciles à dire qu'à faire. Le dossier des patients en affection longue durée (ALD), qui représentent 66 % des remboursements, est aussi sur la table : trop souvent ils sont remboursés à 100 % pour tous leurs soins, et pas simplement leur ALD. Les transports sanitaires (5,8 milliards d'euros en 2023) sont également en ligne de mire : la loi de finances de la Sécu pousse au « coboiturage sanitaire » pour mutualiser les trajets des patients médicalisés. Seulement 15 % des trajets sont déjà partagés ; l'idée est de réduire le coût des trajets pour la Sécu à hauteur de 100 millions d'euros par an entre 2025 et 2027. La mesure suscite l'ire des taxis, alors que dans les zones rurales le transport médical représente jusqu'à 90% de leur chiffre d'affaires.

Dans le même esprit, certains frais de santé pourraient à l'avenir être remboursés en fonction des revenus. Un scénario « confirmé » par Matignon, « sans plus de détails pour l'instant ». Un coup de canif au principe de l'universalité des soins, semblable à celui fait à la politique familiale en 2014, quand François Hollande avait instauré la modulation des allocations familiales selon les revenus.

Et ce n'est pas fini...

 

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