Overblog Tous les blogs Top blogs Lifestyle
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Le blog de Bernard SARLANDIE

De la liberté de parole.

7 Mai 2020, 15:06pm

Publié par Bernardoc

Une députée marcheuse vient d'être exclue de son mouvement pour avoir exercé son rôle de contrôleuse de l'exécutif et avoir voté contre un projet gouvernemental. J'entends des voix « de gauche » crier au déni de démocratie. Mais seraient-ils des perdreaux du printemps ? Cela se passe partout.

Je vous rafraîchis un peu la mémoire. Le calamiteux quinquennat précédent a fait perdre au parti, monopoliste au début, tous les leviers du pouvoir et a ouvert l'autoroute au duel Macron/La Pen du second tour. Il y avait au sein de la majorité certains qui se disaient frondeurs. Ont-ils osé signer une quelconque motion de censure au moment des 49.3 pour renverser le gouvernement réactionnaire du sinistre Valls ? Que nenni ! Il y avait des investitures à venir, et il ne fallait surtout pas faire entendre une voix différente.

Mais c'est valable à toutes les échelles. J'ai eu milité dans un parti où certaines voix discordantes se faisaient entendre dans le département : d'abord mise sous tutelle, puis exclusions.

Lorsque, modeste conseiller municipal, j'ai voulu tenter de sortir du placard où j'étais confiné (déjà!) pour plaider les idées auxquelles je croyais et pour lesquelles, bien innocemment, je pensais avoir été choisi, j'ai eu droit à une magnifique remontée de bretelles par le tribunal politique local.

Alors oui, quand une députée abandonne ses godillots et ne vote pas comme la majorité qui l'a fait élire, je ne vois pas, dans l'état actuel de notre démocratie, comment on pourrait être choqué de son exclusion de cette majorité. Hélas ??

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Derniers retranchements.

6 Mai 2020, 12:11pm

Publié par Bernardoc

Ce n'est pas un roman, mais un recueil de nouvelles d'Hervé Le Corre, publié en 2011 aux éditions Payot, dans la collection « Rivages/Noir ».

Pour ceux qui connaissent les autres écrits de cet auteur, vous trouverez beaucoup moins d'hémoglobine dans ces dix nouvelles. La plupart sont des chroniques sociales qui rappellent bien que Le Corre a été au moins un soutien, sinon un militant, du Front de Gauche.

J'avais commencé par une série de polars régionaux, là il s'agit surtout de l'auteur, (ancien?) prof de lettres dans un collège bordelais plutôt que des lieux, même si l'on évolue en Gironde, et jusqu'au commissariat central de Bordeaux.

Il y a aussi De l'autre côté du trottoir, escapade à Los Angeles, pour un hommage à Chandler, qui frise le fantastique un peu morbide.

Mais les deux nouvelles que j'ai préférées sont Dernier jour et L'arrestation qui vient. Ce sont aussi les plus longues du recueil et ce sont deux magnifiques histoires d'amour, la première entre un vieux couple retiré dans les Pyrénées, l'autre entre deux paumés qui s'étaient reconstruits autour de leur fille et qui est centrée autour d'une usine qui va fermer et la lutte syndicale pour refuser cette fermeture.

Un bon bouquin pour découvrir cet auteur au style ciselé qui parfois me faisait penser à Maupassant pour la précision des descriptions des paysages ou des sentiments.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Bonne nouvelle (pour le jour d'après?)

5 Mai 2020, 11:29am

Publié par Bernardoc

Tiré du net.

Depuis le début du confinement, les abeilles produisent énormément plus de miel qu’en temps normal. Cela sonne comme une renaissance pour les apiculteurs.

La nature ressent indéniablement les bienfaits du confinement des humains. Des animaux sauvages ont été aperçus dans les villes. Et dorénavant, les abeilles font un retour en force sur le sol français.

Un apiculteur alsacien, Pierre STEPHAN, a eu cette agréable découverte ce printemps. Il a été interrogé par la chaîne France 3 Grand Est. Dans cette interview, il raconte que son début de saison est incroyable. Il constate : « En l’espace de trois jours, j’ai eu des rentrées de nectar exceptionnelles. Autour de quatre kilos par jour… Je n’ai jamais vu ça, en 20 ans de métier. »

En effet, sans les touristes, agriculteurs, bûcherons et promeneurs, les abeilles ont pu s’adonner à leurs activités et cela se passe pour le mieux.

Pour cet apiculteur, cette année donne un relent d’espoir à son activité. Il confie : « L’an dernier, j’étais découragé au point où je pensais m’arrêter. Cette année, c’est comme une renaissance, il y a des fleurs partout et c’est calme comme jamais. »

En temps normal, cet apiculteur produit jusqu’à six tonnes de miel par an. Pourtant cette année, l’apiculteur pourrait bien récolter bien plus. Toutefois, Pierre STEPHAN ne leur prélèvera pas plus de nectar à ses abeilles. 

Il explique son choix : « Je leur laisse toujours toute la couronne de miel autour de la reine et du couvain. Elle n’a jamais été aussi pleine, mais c’est leur réserve, pour qu’elles aient tout ce dont elles ont besoin. Ça les rend plus résistantes en période de sécheresse ou de grand froid. »

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Lettre ouverte à Emmanuel Macron

4 Mai 2020, 10:59am

Publié par Bernardoc

Le 30 avril 2020,

Monsieur le Président de la République,

Nous – États Généraux des Migrations, associations, syndicats et collectifs (317 au total) – vous demandons de procéder à la régularisation immédiate, pérenne et inconditionnelle des personnes sans-papiers.

La pandémie à laquelle nous faisons face aujourd’hui révèle au grand jour les inégalités sociales, économiques et sanitaires qui minent notre société. Dans cette période, la situation des personnes sans papiers est des plus inquiétantes. L’absence de titre de séjour les privant de l’accès aux droits sociaux fondamentaux tels que le droit au travail, au logement, aux prestations sociales, l’état d’urgence sanitaire démultiplie leur précarité. Durant le confinement, l’absence de droit à l’assurance chômage, alors que la plupart travaillent, le risque d’être contrôlé·es, placé·es en rétention – car les centres de rétention administrative ne sont pas tous fermés et sont des lieux autant propices à la propagation du Covid-19 que les prisons – et, l’absence de logement à leur nom font des personnes sans papiers des victimes potentielles de l’épidémie davantage que le reste de la population.

Si leur sort a pu réapparaître dans le débat public aujourd’hui, c’est uniquement en termes de santé publique, et les quelques solutions apportées ici ou là pour permettre à certain·es d’obtenir un lieu d’hébergement plus conforme aux exigences sanitaires ne sont qu’un pis-aller, au demeurant très provisoire. La situation de ces personnes auxquelles l’État refuse d’accorder le droit au séjour est le résultat de politiques migratoires toujours plus restrictives et déshumanisantes, d’un choix du non-accueil, du primat de la logique utilitariste sur celle de l’égalité et de la dignité humaine.

Cette situation va perdurer une fois la crise sanitaire passée. Les personnes sans papiers continueront d’être maintenues dans une situation de non droit qui les rend vulnérables à l’exploitation et aux abus de toutes sortes, en sus de la menace du contrôle, du risque de placement en centre de rétention et d’expulsion. Leur traitement comme main d’œuvre flexible et à bas prix contribue depuis de nombreuses années à la dégradation des droits du travail de toutes et tous.

Parce que l’accès à la dignité et aux droits fondamentaux ne peut ni être affaire de circonstances, ni servir des intérêts économiques, mais doit constituer au contraire une exigence non négociable d’égalité, nous vous demandons de régulariser immédiatement, de façon pérenne et inconditionnelle toutes les personnes sans papiers, étape nécessaire du changement radical des politiques migratoires que nous revendiquons toutes et tous depuis de nombreuses années.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Mises au point.

3 Mai 2020, 09:08am

Publié par Bernardoc

Intéressante émission méridienne hier sur France inter avec des choses qui ont eu le mérite d'être dites dans les bouches de ceux qu'on n'attendait pas forcément.

Tout d'abord il fut question d'« union nationale » et du regret du gouvernement que l'opposition ne jouait pas le jeu. Et ce fut Natacha POLONY qui expliqua au journaliste de la radio qu'il ne pouvait y avoir « union nationale » si cela devait se traduire uniquement par « ralliement », sans prise de responsabilité de ceux qui ne font pas partie de la majorité. Effectivement, on voit mal LFI, le groupe GDR ou « Libertés et territoires » appliquer une politique sur l'élaboration de laquelle ils ne sont pas associés. Je ne parle pas du PS ou des Républicains, qui de Philippe à Dussopt marchent depuis longtemps.

On a parlé ensuite de la future élection présidentielle, qui s'avère très problématique pour le sortant s'il décidait d'être à nouveau candidat, car les Français ne pardonnent pas l'accumulation de mensonges depuis trois ans, sans parler du mépris pour les pauvres, les classes moyennes et les fonctionnaires qui n'en peuvent plus. Le seul espoir (??!) serait d'arriver à un deuxième tour identique au dernier.

Enfin, fut abordé le problème du vocabulaire dont l'importance est très révélatrice : parler de « distanciation sociale » est une erreur fondamentale tendant à accroître encore la fracture du peuple. Mieux vaut parler de « distanciation physique ». Et je commente : nous avons hélas vécu cette différenciation sociale quand on a vu le méprisant de la République se balader épaule contre épaule dans certains quartiers et des petits vieux se faire taxer de 135 € parce qu'ils avaient fait une halte sur un banc (ce n'était pas à Béziers où il n'y en a plus) au cours de leur promenade quotidienne.

Quel plaisir d'entendre de tels propos sur la radio nationale

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Froid dans le dos.

2 Mai 2020, 13:46pm

Publié par Bernardoc

Avez-vous vu ces images terrifiantes hier soir à la télé ?

Article tiré du net.

C’est à la suite des propos de Donald TRUMP, qu’un groupe d’hommes armés à envahi le Capitole du Michigan. Ces derniers exigeaient la fin du confinement dans leur État.

Trump avait conseillé aux Américains de « libérer » leur État confiné. Deux semaines plus tard, un groupe d’hommes armés entre de force dans le Capitole du Michigan. Cette intrusion a eu lieu jeudi 30 avril, durant une réunion de parlementaires ; des manifestants sont entrés en réclamant des mesures de confinement plus assouplies.

Cette entrée très remarquée a fait le tour des médias du monde. Un groupe de personnes armées et sans masques ont fait intrusion dans l’entrée du Capitole. Dayna POLEHANKI, sénatrice du Michigan a tweeté : « Juste au-dessus de moi, des hommes avec des fusils nous crient dessus. Certains de mes collègues qui possèdent des gilets pare-balles les portent ». Toutefois, cet acte est entièrement légal, tout comme le port d’arme confirme la police à NBC News.

Malgré la présence de policiers masqués, les manifestants ont continué leur intrusion avec des pancartes contre le confinement. La manifestation, surnommée, « le rassemblement patriote américain » et a été organisée par un groupe du nom de « le Michigan uni pour la liberté ».

Le mois d’avril a connu deux manifestations de ce type, car les Américains sont contre le confinement. Malgré cet acte de rébellion, la gestion de la crise par la gouverneure Gretchen WHITMER (grimée en Hitler par les manifestants) est bien perçue par la population selon des enquêtes.

La gouverneure est apparue malgré tout sereine et déterminée. Bravo à elle !

Et dire que certains s'appliquent à tenter d'imiter ce pays où les dégénérés sont légion et qui malheureusement va reconduire le président sortant, j'en ai peur, à moins que le covid19...

Et ce n'est pas fini...


 

Voir les commentaires

Le drapeau rouge

1 Mai 2020, 08:56am

Publié par Bernardoc

Les révoltés du Moyen-Âge
L’ont arboré sur maints beffrois.
Emblème éclatant du courage,
Toujours il fit pâlir les rois.

Refrain
Le voilà !, Le voilà ! Regardez !
Il flotte et fièrement il bouge,
Ses longs plis au combat préparés,
Osez, osez le défier !
Notre superbe drapeau rouge !
Rouge du sang de l’ouvrier ! (bis)

Puis planté sur les barricades,
Par le peuple de février
Il devint pour les camarades,
Le drapeau du peuple ouvrier.

Sous la Commune il flotte encore
À la tête des bataillons
Et chaque barricade arbore
Ses longs plis taillés en haillons !

Noble étendard du prolétaire,
Des opprimés sois l’éclaireur.
À tous les peuples de la terre
Porte la paix et le bonheur !

Paul BROUSSE (1877)

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

A quelque chose malheur est bon.

30 Avril 2020, 14:09pm

Publié par Bernardoc

Article du monde.fr du 30 avril 2020

Afin d’éviter que le déconfinement soit synonyme d’une hausse massive de la pollution de l’air, le vélo est promu. Le ministère de la transition écologique et solidaire a notamment annoncé, mercredi 29 avril, un plan doté de 20 millions d’euros pour faciliter la pratique de la bicyclette et éviter que les Français privilégient trop leur voiture lorsqu’ils seront autorisés à se déplacer à nouveau, notamment pour se rendre au travail.

« Nous voulons que cette période fasse franchir une étape dans la culture vélo, et que la bicyclette soit la petite reine du déconfinement en quelque sorte », a ainsi assuré Elisabeth BORNE.

La pratique du vélo pour se déplacer au quotidien est en retard en France par rapport à d’autres pays, quand 60 % des « trajets effectués dans l’Hexagone en temps normal font moins de 5 kilomètres », observe le ministère.

Le fond de 20 millions d’euros permettra de prendre « en charge des réparations, l’installation de places de stationnement ou encore des formations », précise la ministre.

Le plan, mis en place en partenariat avec la Fédération des usagers de la bicyclette (FUB), comprend un forfait de 50 euros pour la remise en état d’un vélo (changement de chaîne, frein, pneu, dérailleur…) au sein d’un réseau référencé de réparateurs, qui seront répertoriés sur le site Internet de la FUB et sur une plateforme dédiée. Il y aurait 30 millions de vélos d’occasion en France.

La création de places de stationnement temporaires pour les bicyclettes sera également financée, ainsi que des « formations à la reprise d’un vélo en confiance, assurées gratuitement ».

Le décret d’application dans le secteur privé pour la mise en place du forfait mobilités durables, qui peut monter à 400 euros, sera pris « le plus rapidement possible ».

Des villes et des départements prévoient aussi de mettre en place des pistes cyclables et des aménagements piétons temporaires. Pour encourager les collectivités dans cette démarche, le ministère leur propose un soutien technique et la dispense d’autorisations préalables, « notamment des Architectes des bâtiments de France ». « Le fonds de dotation de soutien à l’investissement local (DSIL) est mobilisé par les préfets pour cofinancer des pistes cyclables temporaires au cas par cas avec les collectivités territoriales qui ne disposeraient pas de ressources suffisantes », précise le ministère.

Le gouvernement invite aussi à maintenir « les voies vertes accessibles lorsque les conditions d’ouverture pour les cyclistes y sont remplies ». Et il rappelle que la vente et la réparation de vélos sont autorisées pendant le confinement.

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

Eloge du mensonge.

29 Avril 2020, 14:23pm

Publié par Bernardoc

Malgré tous les efforts de ce gouvernement de droite extrême, je n'arrive pas à m'y faire. C'est contraire à tout ce que mes parents et l'école de la République m'ont inculqué. Je ne suis pas capable d'utiliser ce mode de fonctionnement que je réprouve de toutes mes forces.

Il y a belle lurette que je ne crois plus aux « promesses » électorales. Mais une fois qu'ils ont été légitimement élus (pas forcément par moi) on pourrait espérer que nos dirigeants expliquent clairement ce qu'ils sont en train de mettre en place.

Pour cela, il existe un(e) porte-parole du gouvernement et Sibeth N'DIAYE n'a rien à envier à celle qui officiait sous le gouvernement Ayrault pour manier la langue de bois et expliquer l'inexplicable. Il faut dire que les ministres (ou anciens ministres) ne sont pas en reste et font tout pour l'aider dans cette tâche d'enfumage.

Au mois de janvier, il y a donc une éternité, la ministre affirmait que le coronavirus avait fort peu de chance d'arriver jusque chez nous.

Février : fermer des écoles ? Vous n'y pensez pas, il n'en est pas question !

Au mois de mars on nous enjoignait d'aller voter (ce que nous nous sommes bien gardés de faire), c'était sans aucun risque, deux jours après il était interdit de sortir de chez nous. La contamination avait frappé à la vitesse de la foudre, prenant le gouvernement (c'est comme ça qu'il faut l'appeler) de court.

Début avril les masques étaient inutiles, d'ailleurs c'est un geste trop technique pour être maîtrisé par le citoyen lambda (dixit l'autre citée ci-dessus).

Fin avril, il est conseillé.

Le 11 mai, il sera obligatoire.

Ne parlons pas des tests que nous n'avons pas et pour lesquels il faut trouver des excuses.

Les écoles rouvriront, peut-être, si les parents y envoient leurs enfants (facultatif). Les normes seraient de 4m² par élève, mais comme les classes sont trop petites, on propose de ramener cette aire de sécurité à 3m² ; envoyer moins d'élèves à la fois ne semble pas avoir effleuré les esprits. Les lycées ne rouvriront peut-être pas au mois de juin...

Ce ne sont pas des mensonges ? Vous avez sans doute raison. Ceux qui nous gouvernent sont toujours de bonne foi, ils sont juste incompétents !

Et ce n'est pas fini...

Voir les commentaires

J'ai (encore) écrit à mon député.

28 Avril 2020, 09:55am

Publié par Bernardoc

LIGUE                                                                                                                                       

DES                                                                                                                        

DROITS DE L'HOMME

Bernard P. SARLANDIE

Section de Mérignac

Lettre ouverte

  Le Haillan, le 27 avril 2020

 

Objet : Vote sur la mise en œuvre de l’application StopCovid

Monsieur le député,

En principe, demain à l’Assemblée nationale, vous serez appelé à un débat suivi d’un vote sur l’éventuelle mise en œuvre de l’application de suivi de contacts StopCovid, destinée à lutter contre la pandémie Covid-19 et présentée comme une application de déconfinement.

Installée sur les intelliphones, cette application serait capable d’alerter son propriétaire s’il a « croisé », dans les jours qui précèdent, une personne atteinte de la maladie afin qu’il prenne les précautions d’usage pour arrêter la propagation de la maladie. Un service d’attribution de pseudonymes permettrait à StopCovid de ne pas révéler l’identité de la personne infectée croisée, et le Bluetooth ne permettrait pas la géolocalisation.

Annoncée comme conforme, notamment aux principes du Règlement général sur la protection des données (RGPD), elle respecterait la vie privée dans la mesure où l’anonymat des alertes serait garanti, et où l’utilisation du Bluetooth ne permettrait pas de géolocaliser les personnes, elle ne serait installée que sur la base du volontariat.

Présentée comme étant d’une grande simplicité, StopCovid comporte pourtant de nombreux paramètres qui posent problème, qu’ils soient d’ordre technologiques, médicaux, scientifiques ou éthiques.

Si le Bluetooth ne permet pas de géolocaliser les personnes, il ne permet pas non plus d’évaluer avec précision la distance entre celles-ci, ni même de détecter si elles étaient séparées par un plexiglas, une vitre ou un mur.

Comme il permet d’accéder aux données du téléphone, y compris contre la volonté de son propriétaire, son activation est généralement déconseillée et doit donc être volontaire mais il peut être désactivé par certaines fonctions du téléphone, comme la lecture de sa messagerie ou autre, ce qui rendra StopCovid inopérant.

Entre les deux principaux systèmes opérationnels sur les intelliphones, (IoS pour les Iphones d’Apple et Android de Google pour la plupart des autres marques) les connexions Bluetooth passent mal, c’est pourquoi les deux entreprises proposent exceptionnellement un protocole de communication entre leurs deux systèmes, protocole dont on peut craindre qu’il permette aux deux « géants » d’avoir accès à quelques données du téléphone. C’est aussi la raison pour laquelle le secrétaire d’Etat au numérique a demandé à Apple de modifier cette désactivation du Bluetooth par défaut, allant ainsi à l’encontre des principes du RGPD alors qu’il devrait en être l’un des garants.

Par ailleurs quelles que soient les promesses d’anonymat, il n’est techniquement pas possible de le garantir, même si l’on nous affirme qu’un serveur central qui distribuerait des pseudonymes sera « honnête et sécurisé ».

Les connaissances sur les modes de transmission du virus sont encore incertaines, et comme le Bluetooth ne permet pas de mesurer la distance entre les personnes ni la durée du « contact », les alertes de l’application pourraient signaler de nombreux « faux positifs ». D’un autre côté, se déclarer atteint du Covid-19 (ou être déclaré par une autorité non encore définie) nécessite d’avoir été testé, or les tests manquent et sont pratiqués avec parcimonie. Par ailleurs, selon les projections mathématiques, il serait nécessaire pour que StopCovid soit efficace qu’au moins 60 % de la population l’installe, or même dans un Etat comme Singapour, pourtant donné en exemple, moins de 20 % de la population a installé l’application équivalente (et le confinement a dû être rétabli).

Le choix d’utiliser les intelliphones est un facteur de discrimination qui mettra toute une partie de la population à l’écart. En effet seulement 44 % des « plus de 70 ans » possèdent un téléphone mobile tandis qu’au moins 14 % des Français ne sont pas à l’aise avec les manipulations comme l’activation du Bluetooth ou l’installation d’une application, pourtant ce sont souvent les populations considérées comme les plus « à risques ».

Les problèmes techniques relevés pourraient, a contrario, mettre en danger les individus trop confiants dans l’application qui ne pourra pas signaler qu’un malade qu’ils n’ont jamais croisé a touché la poignée de porte de leur boutique préférée.

L’installation de StopCovid sur la base du volontariat traduirait le consentement des individus, mais le caractère libre et éclairé de celui-ci n’est pas avéré. En effet la pression sociale et patronale, l’éventuel refus d’accès à certains services, la stigmatisation des « réfractaires » risque d’obliger un grand nombre de personnes à l’installer.

Enfin la solution technologique que l’on vous propose de voter pour mettre fin à la pandémie porte en elle le risque d’une habituation à une surveillance généralisée, banalisée et pérenne. La fin de la pandémie étant tout à fait incertaine, la suppression de l’application, que l’on nous promet à la fin de la crise sanitaire, risque de ne jamais intervenir, d’autant plus qu’elle pourrait bien servir pour prévenir d’autres risques à venir.

Les risques d’atteinte au respect de la vie privée et au secret médical, les risques de surveillance généralisée au regard d’une efficacité tout à fait incertaine conduisent la Ligue des Droits de l’Homme (LDH) à vous demander instamment de vous opposer au projet StopCovid.

Vous comprendrez que cette démarche soit rendue publique.

Je vous prie d’agréer, Monsieur le député, l’expression de mes salutations laïques et républicaines. 

B.Sarlandie

 

 

 


 

Voir les commentaires