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Le blog de Bernard SARLANDIE

Faire et défaire, c'est toujours travailler.

20 Mai 2020, 13:56pm

Publié par Bernardoc

Oui, bien sûr, mais est-ce bien nécessaire ? Il me semble que c'est Freinet qui parlait du « travail de soldat » consistant à transborder à la brouette un tas de sable d'un coin de la caserne à l'autre puis, lorsque c'était terminé faire la même chose dans l'autre sens. C'est à la suite de cette observation qu'il avait mis en place sa « méthode » qui incitait les élèves à travailler pour produire quelque chose qui avait du sens.

Cette réflexion m'est venue ce matin en prenant mon vélo pour un circuit que je n'avais pas utilisé depuis le début du confinement.

Au-dessus de chez nous une belle piste cyclable avait été construite l'an dernier (mettant fin à ma cueillette de coulemelles automnale) et l'administration était très fière de montrer comment elle était phosphorescente la nuit, comme Sud Ouest s'en était fait l'écho, photo à l'appui. Personnellement je ne fais pas de vélo une fois la nuit tombée et en voiture on ne se rendait pas compte de cette luminescence. Eh bien donc ce matin, j'ai découvert que la piste avait été entièrement détruite sur des dizaines de mètres ; j'ai supposé qu'il s'agissait d'un problème d'égout, car la route était également creusée pour mettre à jour une bouche d'égout.

Mais alors c'est tout ce que la métropole est capable de prévoir ? Au-delà d'un an elle ne sait pas où elle va ? Les travaux ont-ils été mal réalisés ? La conception est-elle en cause ? Y a-t-il un responsable ?

Pour savoir qui va payer, ne vous en faites pas, c'est nous ! A moins qu'il y ait eu un défaut dans la construction et qu'une assurance puisse prendre cela en charge ?

Questions d'un béotien de plus en plus éloigné de la politique politicienne mais qui aimerait bien savoir.

Et ce n'est pas fini...

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Anthony Smith, inspecteur du travail suspendu depuis un mois : ça suffit !

19 Mai 2020, 11:13am

Publié par Bernardoc

Depuis un mois, Anthony Smith inspecteur du travail dans la Marne, militant CGT, est suspendu par le Ministère du travail.

Suspendu depuis un mois, pour avoir exercé ses prérogatives de contrôle dans une association d'aide à domicile où les salarié.es travaillaient sans protection (masques FFP2, surblouses, lingettes...).

Suspendu depuis un mois, pour avoir déposé un référé afin de protéger la santé de ces aides à domicile qui sont à 97% des femmes et des personnes particulièrement vulnérables face à ce virus, au domicile desquelles elles exercent leurs missions.

Suspendu depuis un mois du fait des collusions entre le président du conseil départemental, la direction de la Direccte et la direction de l'association pour faire cesser le contrôle.

Suspendu depuis un mois sans que le Ministère du Travail ne daigne répondre aux interpellations faites à tous les niveaux pour la réintégration d'Anthony Smith.

Cette mesure violente et totalement injustifiée qui remet en cause l'indépendance des inspecteurs et inspectrices du travail, garantie par la convention n°81 de l'Organisation Internationale du Travail, est la triste illustration qu'en ces temps de crise sanitaire, les droits et la santé des travailleurs et travailleuses ne sont pas prioritaires !

Elle est aussi la triste illustration que les services publics au service de l'intérêt général et qu’un statut renforcé pour une Fonction publique garantissant neutralité et impartialité de ne sont pas prioritaires !

La Commission Nationale Consultative des Droits de l'Homme dans son avis publié le 3 mai - Etat d'urgence et état de droit, s'inquiète d'ailleurs que la « réorganisation de l'activité de l'inspection du travail par la direction générale du travail » conduise « à l'affaiblissement de sa fonction fondamentale de protection des travailleurs au moment où la crise sanitaire devrait au contraire conduire à la renforcer ».

Depuis un mois, la détermination pour défendre l'indépendance de l'inspection du travail et exiger la réintégration d'Anthony Smith est sans faille. Depuis un mois, la mobilisation syndicale est unitaire et interprofessionnelle aussi bien dans le public que le privé.

Un mois après, le soutien est toujours aussi large : syndicalistes, associatifs, politiques, médecins du travail, sociologues, économistes, féministes, artistes … animent des comités de soutien. Un mois après, 120 000 femmes et hommes ont signé la pétition !

Un mois après, une tribune à l'initiative de l'intersyndicale du Ministère du travail est publiée dans Médiapart ce 15 mai : 1052 agent.es du ministère du travail pour le retrait de la procédure disciplinaire contre Anthony Smith, inspecteur du travail de la Marne suspendu de ses fonctions, et en défense des missions d'inspection du travail.

Un mois après, 10 rassemblements dans le respect de la loi et des gestes barrières ont été organisés dans cinq villes de la Marne et un rassemblement et déploiement de banderole « Ici on musèle l'inspection du travail » au siège régional de la Direccte à Strasbourg.

Ces initiatives se poursuivent cette semaine dans plusieurs départements. Les élu.es dans les instances représentatives sont appelé.es à faire partout des déclarations unitaires pour l'indépendance de l'inspection du travail et la réintégration d'Anthony Smith.

Continuons d'amplifier la mobilisation pour obtenir le retrait des procédures disciplinaires engagées contre Anthony Smith ! Un mois ça suffit !

Communiqué de la confédération CGT, de l’UFSE-CGT (fédération CGT des syndicats de l’Etat), du SNTEFP-CGT (syndicat des agent-es du ministère du travail) de la CGT Marne, du Comité Régional CGT du Grand-Est

Le 18 mai 2020

Et ce n'est pas fini...

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Déconfinement maritime.

18 Mai 2020, 18:49pm

Publié par Bernardoc

Depuis samedi les plages "dynamiques" sont ouvertes.

Nous avons bravé le sens interdit et Maeva, qui avait beaucoup marché et se reposait appuyée sur un pieu a vu l'intervention d'une fliquette municipale lui demandant de ne pas trop s'attarder.

La sortie était aussi interdite. Allions-nous rester déconfinés sur la plage dynamique ? Une nouvelle fois nous avons enfreint l'indication du panneau, d'où ce billet.

Décidément, on voit de drôles de choses en ce moment.

Et ce n'est pas fini...

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Les retraités exigent un réel plan d’urgence pour la santé

14 Mai 2020, 09:42am

Publié par Bernardoc

Notre système de santé traverse une crise grave amplifiée par l’épidémie du Covid-19.

Nous payons les économies budgétaires, engagées par les derniers Gouvernements, qui ont supprimé plus de 100 000 lits hospitaliers en 15 ans ainsi que la fermeture ou restructuration de nombreux établissements, services, soins de proximité.

Pourtant, on ne pourra pas dire que les personnels n’ont pas tiré la sonnette d’alarme quand on sait que depuis mars 2019 les services d’urgences étaient en grève pour exiger des moyens supplémentaires. De nombreux collectifs exigeaient le maintien de leurs structures de santé (services d’urgences, maternités voire la disparition de certains hôpitaux comme l’Hôtel-Dieu ou le Val-de-Grâce, qui auraient été bien nécessaires dans la période).

La crise traverse tous les accès à la santé et à la médecine qu’elle soit généraliste ou spécialisée.

Il faut mettre fin aux déserts médicaux.

L’accès aux spécialistes est devenu inabordable avec des dépassements d’honoraires qui se pratiquent également à l’hôpital public.

Comment peut-on accepter que le Gouvernement engage 2 lois budgétaires rectificatives :

- Une de 300 milliards d’euros pour l’aide au crédit des entreprises.

- Une de 45 milliards d’euros pour compenser le temps partiel et le report ou

l’abandon de cotisations sociales des entreprises, et qu’aucune loi rectificative du budget de la Sécurité Sociale ne soit engagée pour attribuer des moyens supplémentaires à la santé, notamment en matière d’investissements massifs pour l’hôpital public.

Le système de santé a besoin de 30 milliards d’euros pour faire face à la situation actuelle et à venir.

Les paroles du Président devant l’hôpital de Mulhouse ne suffisent pas : nous voulons des actes !

Il faut reconstituer les stocks de matériel médical (masques, gants, surblouses et autres respirateurs) que le Gouvernement précédent avait stoppé.

Nous exigeons une relocalisation avec une maîtrise publique des productions de médicaments et matériel médical pour ne plus être dépendants des pays asiatiques.

Des centres de santé publics doivent être installés dans tous nos territoires.

100 000 embauches sont nécessaires dans le système public hospitalier pour faire face aux enjeux.

Nous devons reconstruire notre système de santé à partir des besoins des populations dans les territoires avec l’hôpital public comme pivot et un financement par une sécurité sociale intégrale prenant en charge 100 % des soins prescrits sous l’égide d’un collecteur unique et d’un prestataire unique.

Des moyens pour la santé, pas pour les actionnaires !

Montreuil, le 7 mai 2020 (extrait du communiqué de l'UCR-CGT)

Et ce n'est pas fini...

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Après ?

13 Mai 2020, 11:19am

Publié par Bernardoc

Entendu ce matin sur le répondeur de France inter : « Ca y est, on est déconfinés, tout va bien dans les hôpitaux, plus personne n'applaudit » (en substance.

Eh bien oui, Madame : nous n'avons manqué aucune occasion de faire du bruit à 20 heures pendant tout le confinement, mais nous avons cessé dimanche soir. Bien sûr, tout ne va pas bien, on a vu le personnel de l'hôpital Robert Debré manifester bruyamment au sein de l'hôpital, car rien n'a changé. Ce n'est pas d'applaudissements ni de primes dont ils ont besoin, c'est d'une augmentation de leurs salaires ainsi que d'un recrutement massif de personnel afin de pouvoir bien traiter les patients.

Vous avez peut-être vu cette image qui circule sur FB : une soignante arrive à la caisse d'un supermarché, découvre que son porte-monnaie est vide et demande si la caissière accepte les applaudissements : on en est là.

On nous bassine à longueur de journaux de la suppression des « charges » sociales, qui sont des COTISATIONS destinées à financer la Sécu et donc nos hôpitaux : le gouvernement continue de raisonner à l'envers et nous conduit droit dans le mur.

Alors, quand les soignants vont descendre à nouveau dans la rue pour revendiquer les moyens pour un système de santé digne de la sixième puissance mondiale, c'est avec eux qu'il faudra être. N'oublions pas qu'ils seront à nouveau attaqués par les forces dites « de l'ordre », matraqués, injuriés, maltraités,...Et à ce moment-là nos applaudissements ne serviront à rien !

DEBOUT !

Et ce n'est pas fini...

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Appel pour une Police Républicaine au côté du peuple travailleur !

12 Mai 2020, 11:38am

Publié par Bernardoc

in ReSPUBLICA lundi 11 mai 2020

Il était temps ! Enfin une voix connue chez les fonctionnaires de police qui s’élève pour dénoncer l’utilisation de celle-ci et de la Gendarmerie nationale contre le mouvement social. Jean-Louis ARAJOL, ancien secrétaire général du Syndicat Général de la Police (SGP) et de la Fédération Autonome des  Syndicats de Police (FASP) s’exprime en son nom propre et aux noms de nombreux collègues qui « restent dans l’ombre » pour dire son refus de « continuer comme avant le confinement ! ». Avant, c’est-à-dire les 15 mois de « guerre sociale larvée », avec le mouvement des gilets jaunes puis celui pour la défense des retraites où les forces de sécurité sont souvent apparues aux yeux du peuple comme une sorte de « garde prétorienne », chargée de faire un dernier rempart pour défendre un régime, minoritaire dans l’opinion, imposant l’austérité et parfois la misère aux couches populaires.

Faudra-t-il demain, dans la crise économique et sociale qui s’annonce, réprimer infirmières, caissières de super-marchés, routiers ou éboueurs que tout le monde applaudit aujourd’hui, à grands coups de matraque, LBD ou grenade de désenclavement ? Jean Louis ARAJOL répond que cela ne doit pas advenir. Enfin une position courageuse, alors même que le syndicalisme policier se tait depuis plusieurs années, rompant avec la tradition de la Police Républicaine qui, de l’insurrection de la préfecture de police en 1944 à la dénonciation des tueries pendant la guerre d’Algérie, était pourtant une grande histoire démocratique.

Un appel à écouter… et surtout à diffuser !

Et ce n'est pas fini...

 

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Confinement / Dé -

11 Mai 2020, 12:09pm

Publié par Bernardoc

Ben voilà : huit semaines à trois. Ca s'est bien passé. On en a fait des choses !

Un grand ménage pour moi avec l'élimination de papiers encombrants et inutiles depuis un bon moment : une poubelle par semaine ! Une redécouverte de ma bibliothèque, rayon polars.

Rose a fait des dizaines de masques triple épaisseur de tissu qu'elle continue de distribuer.

Maeva a beaucoup progressé dans sa compréhension de ce qui arrivait.

Nous avons découvert la télé du début de semaine. Je ne comprends pas comment des gens éprouvent la nécessité de payer un abonnement à des plateformes de diffusion. Je n'ai jamais été abonné à Canal+, et 23 chaînes gratuites sur la TNT me suffisent largement. Nous n'avons mis un DVD qu'une seule fois. Ce que je regrette c'est qu'elles éprouvent quand même la nécessité de mettre plusieurs épisodes de la même série dans la même soirée. Je ne regarde toujours que la première, et ensuite je vais lire.

Nous avons découvert, avec beaucoup de tâtonnements, Skype pour l'apéro du vendredi soir, les réunions syndicales téléphoniques ou visio (pas terrible). Demain soir j'ai une autre visio, j'espère que ça marchera mieux.

Nous avons mis des masques très tôt, avant même que Sibeth ait compris comment il fallait les mettre car c'était réservé aux professionnels.

Nous avons beaucoup fait marcher les commerces de proximité, mais j'avais déjà commencé lorsque Rose était immobilisée après l'accident du Burdigala.

Nous avions notre séance quotidienne « jeux de société » avec Maeva.

Nous avons manifesté sur notre terrasse le 1er mai au son de L'Internationale et du Drapeau rouge.

Le 8 mai nous avons diffusé Le chant des partisans.

Nous avons lu et chanté pour nos petits enfants via « What's app ».

Et aujourd'hui, autre dimension.

Maeva aurait dû rentrer à son foyer avant 10h30 ce matin, mais contre ordre le 8 mai : un membre du personnel est positif, donc tous les retours sont repoussés à une date ultérieure ; grosse crise chez Maeva, mais avec l'aide téléphonique du foyer, elle ne dura pas plus d'une demi-journée.

Aujourd'hui, je voulais aller faire un peu plus que mes 4 km de vélo pour les courses, eh bien, vu le temps, ça attendra. J'ai donc pris la voiture pour aller récupérer une commande associative datant de plus de deux mois, mais il n'y en avait que la moitié.

Guilhem doit venir cet après-midi, j'espère que sa sœur ne le rendra pas responsable de la probable annulation de sa colo.

Nous avions prévu d'aller au mobile-home dès mercredi mais avec ce temps-là, nous allons vraisemblablement procrastiner.

Bon, on reste prudent et « encore heureux qu'on va vers l'été » !

Et ce n'est pas fini...

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Coule la Seine.

10 Mai 2020, 12:11pm

Publié par Bernardoc

Et pourtant on n'y parle pas du pont Mirabeau. En fait il s'agit d'un recueil de trois nouvelles de Fred VARGAS, déjà publiées entre 1997 et 2000 dans différents médias. Bien entendu toutes les trois mettent en scène le commissaire Jean-Baptiste ADAMSBERG, à l'attitude et aux méthodes non conformistes. A chaque fois il va « inventer » un meurtre alors que rien à priori ne le laissait supposer.

« Salut et Liberté » met en scène un curieux personnage qui vient camper sur un banc avec des accessoires chaque jour en face du commissariat.

« La nuit des brutes », le croirez-vous ? C'est la nuit de Noël et le commissaire est de permanence. C'est dans cette nouvelle qu'il est question de ponts.

Enfin, « Cinq francs pièce » (eh oui, le livre est daté !) relate la rencontre avec un SDF témoin d'une tentative de meurtre et qui s'échine à vendre des éponges.

La nouvelle est un genre littéraire qui demande une grande habileté pour construire en quelques pages une intrigue qui s'achève sur une chute après avoir bien campé des personnages originaux dont on se souviendra (je ne parle pas d'Adamsberg, bien sûr). Et cela permet d'abandonner un livre sans frustration même si on ne le lit pas en entier.

Et ce n'est pas fini...

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Réécriture.

9 Mai 2020, 11:33am

Publié par Bernardoc

Encore une fois, au moins, sur la radio nationale hier, on a parlé de « l'armistice du 8 mai 1945 ». J'avais protesté l'an dernier mais visiblement cela n'avait servi à rien. Donc je continuerai à pousser mon coup de gueule chaque année, comme je le fais chaque mois de novembre pour réclamer la réhabilitation des fusillés pour l'exemple, afin que l'on parle de la VICTOIRE de 1945.

Pour mémoire, rappelons que l'armistice de la seconde guerre mondiale a été signé le 22 juin 1940 à Rethondes (comme en 1918) par Pétain (celui que le méprisant de la République considère comme un grand soldat), en présence d'Hitler. A ma connaissance personne n'a jamais commémoré cet armistice.

Alors, est-ce volontaire ou bien est-ce une méconnaissance grave de l'Histoire ? Parce que si cela se répète, les gens vont finir par y croire. Déjà, dans ma commune – de gauche -, nous avons été invités, au moins une fois, à commémorer l'armistice du 8 mai.

L'animateur radio a utilisé ce terme en début d'émission. J'ai immédiatement réagi en lui demandant de rectifier ; il aurait largement eu le temps en 40 minutes. Mais rien...Certains doivent penser que s'excuser en reconnaissant ses erreurs c'est s'abaisser, alors que c'est se grandir. Du coup j'ai écrit au service « relations auditeurs », on verra bien si je reçois une réponse. Mais, on lâche rien !

Et ce n'est pas fini...

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Liberté

8 Mai 2020, 10:49am

Publié par Bernardoc

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur toutes les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom

Sur les images dorées
Sur les armes des guerriers
Sur la couronne des rois
J’écris ton nom

Sur la jungle et le désert
Sur les nids sur les genêts
Sur l’écho de mon enfance
J’écris ton nom

Sur les merveilles des nuits
Sur le pain blanc des journées
Sur les saisons fiancées
J’écris ton nom

Sur tous mes chiffons d’azur
Sur l’étang soleil moisi
Sur le lac lune vivante
J’écris ton nom

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom

Sur les formes scintillantes
Sur les cloches des couleurs
Sur la vérité physique
J’écris ton nom

Sur les sentiers éveillés
Sur les routes déployées
Sur les places qui débordent
J’écris ton nom

Sur la lampe qui s’allume
Sur la lampe qui s’éteint
Sur mes maisons réunies
J’écris ton nom

Sur le fruit coupé en deux
Du miroir et de ma chambre
Sur mon lit coquille vide
J’écris ton nom

Sur mon chien gourmand et tendre
Sur ses oreilles dressées
Sur sa patte maladroite
J’écris ton nom

Sur le tremplin de ma porte
Sur les objets familiers
Sur le flot du feu béni
J’écris ton nom

Sur toute chair accordée
Sur le front de mes amis
Sur chaque main qui se tend
J’écris ton nom

Sur la vitre des surprises
Sur les lèvres attentives
Bien au-dessus du silence
J’écris ton nom

Sur mes refuges détruits
Sur mes phares écroulés
Sur les murs de mon ennui
J’écris ton nom

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer

Liberté.

Paul ELUARD

Poésie et vérité 1942 (recueil clandestin)
Au rendez-vous allemand (1945, Les Editions de Minuit)

Et ce n'est pas fini...

 

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