Ce n'est pas avec la droite qu'on vit mieux !
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Et ce n'est pas fini...
Pour éviter d'avoir à me répéter, notes en vrac d'un retraité, incorrigible militant.
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Et ce n'est pas fini...
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Et ce n'est pas fini...
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Et ce n'est pas fini...
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Je viens de participer aux corrections du Concours National de la Résistance et de la déportation dont le thème cette année était : "La fin de la Shoah et de l’univers concentrationnaire nazi. Survivre, témoigner, juger (1944-1948)". Et coïncidence, j’étais en train de terminer de lire le livre que Claire DEYA a publié en 2024 qui est en plein dans le sujet.
L’épisode se déroule à la toute fin de la guerre dans la Provence maritime autour de Hyères, insuffisamment décrite pour qu’on puisse situer les lieux avec précision. Il s’agit de déminer les plages avec une équipe de volontaires et des prisonniers allemands qui ne doivent cependant pas être mis en danger. Il y a des descriptions de mines d’une précision incroyable (c’est un peu lassant à la fin d’ailleurs) et de ce qu’il faut faire pour les désamorcer. Mais c’est également l’occasion de décrire des amitiés qui se forgent à proximité du danger qui est bien présent comme en témoigne un drame.
A cela se greffent des souvenirs dans les camps nazis et plusieurs histoires d’amour qui ne se terminent pas comme prévu et espéré. Mais le titre est fort bien choisi : le monde à refaire, c’est l’Europe, et c’est ce qui alimente l’espoir d’un futur pacifié, illustré par le premier bal populaire après la capitulation de l’Allemagne nazie.
L’année prochaine, le thème du CNRD est : « Les étrangers dans la Résistance ». En fonction du ministre de l’éducation nationale qui sera en place, ce thème risque de faire grincer des dents.
Et ce n’est pas fini...
L'info d'ici, ici Limousin du 22 avril 2026
La SNCF et la Région envisagent la suppression des guichets dans certaines gares du Limousin. La CGT cheminots alerte et s'oppose à toute fermeture de guichets. Ils étaient mobilisés mardi matin à la gare des Bénédictins à Limoges pour inviter les voyageurs à signer une pétition contre ce projet.
La SNCF et la région Nouvelle-Aquitaine envisagent la suppression des guichets dans certaines gares du Limousin. La CGT cheminots lance une alerte et s'oppose à toute réduction des horaires voire fermeture de guichets. Ce plan, suspendu le temps des municipales grâce à un moratoire obtenu par les syndicats, doit être relancé prochainement. Les cheminots de la CGT étaient mobilisés mardi matin à la gare des Bénédictins à Limoges et dans d'autres communes du Limousin pour inviter les voyageurs à signer une pétition contre ce projet.
Gilets sur le dos, tracts à la main, les cheminots défendent ce qui est pour eux un service essentiel, Loïc GEYL, secrétaire général CGT Cheminots à Limoges, fustige. "On nous oppose systématiquement le changement des usages. Effectivement, le numérique maintenant a pris une grande part dans l'achat de son billet, mais un guichet c'est pas seulement l'achat d'un billet".
Car au-delà de la vente, les guichetiers ont une véritable mission d'accompagnement et de conseil. C'est ce que défend Nathalie CASAS. Elle travaille justement à la vente et est militante CGT. "C'est un lien essentiel pour les voyageurs pour se retrouver dans des gares qui peuvent être un peu des lieux hostiles. On a peur que ça déshumanise les gares."
Tout juste au sorti du train, Pierre a signé la pétition. Ces guichets, il les trouve indispensables. "Moi je trouve ça dommage d'enlever ce genre de choses, parce que pour nous c'est plus pratique pour plein de choses, pour les abonnements". Les gares ciblées par les premières projections sont surtout les plus petites. Pourtant, pour Sarah, c'est dans celles-là qu'il y en a le plus besoin. "C'est là où il y a peut-être le plus de manque d'informations et que les gens ont peut-être le moins de facilité pour prendre les tickets."
Gérard a lui aussi signé, mais il est presque résigné face à la montée du "tout numérique". "C'est toujours dommage quand on supprime des services évidemment... en fait on apprend à se débrouiller sans." Mais il nuance. "Il faut quand même pas supprimer les humains partout, parce que les machines elles ont des limites aussi."
Des évolutions qui ne datent pas d'hier, d'après la militante CGT Nathalie CASAS. "Ça fait 21 ans que je travaille en gare de Limoges et j'ai connu une époque où, même la nuit, la gare était ouverte, il y avait des trains qui passaient. On voit bien que la tendance est à l'économie sur les salariés, sur le dos des salariés et c'est un service moindre pour les usagers." Avec le soutien des voyageurs, les agents mobilisés espèrent bien réussir à préserver ce contact humain.
Selon les premiers plans amorcés avant le moratoire, les gares concernées pourraient notamment être Aixe-sur-Vienne, Le Dorat, Nexon, Saint-Junien, Saint-Sulpice-Laurière et Saint-Yrieix-la-Perche en Haute-Vienne et Allassac, Égletons, Objat ou encore Pompadour en Corrèze.
Saint-Yrieix, la gare de mes vacances quand j’étais petit : on y arrivait en micheline après avoir changé de train à Limoges. Et quand on commence à fermer les guichets, la fermeture de la gare n’est pas loin ; les exemples sont nombreux en Aquitaine. Mais nous aurons la LGV Bordeaux-Toulouse, ce qui fait une belle jambe aux habitants d’Objat ou de Pompadour.
Et ce n’est pas fini...
L’hécatombe continue : 5 l’an dernier et déjà un cette année. Pourtant l’Éducation nationale s’obstine : il faut bien occuper les élèves quand les profs ne sont pas disponibles. Et on oblige les candidats à faire des « lettres de motivation » pour indiquer pourquoi ils aimeraient absolument passer quelques jours dans cette entreprise dont on leur a dit le plus grand bien et qu’ils rêvent d’intégrer par la suite. Lettre à envoyer à un maximum d’entreprises, bien entendu ! FOUTAISES que tout cela !
De mon temps de collégien ou lycéen, cela n’existait pas ; au début de ma carrière de prof, on initiait les « Séquences Éducatives en Entreprise ». Si ma mémoire est bonne, il s’agissait de deux semaines au cours de la dernière année. On en est bien loin maintenant : l’État se décharge un maximum de l’éducation, considérant que l’entreprise apporte autant de savoirs que ceux dispensés par les enseignants.
Mais il n’y a pas que les élèves qui sont concernés : au cours de l’évolution de ma carrière, j’ai dû effectuer deux semaines « en entreprise » lors de mon stage de CPE, et un mois lors de mon stage de personnel de direction.
Mon stage de CPE se déroulait en Lot-et-Garonne et j’avais envoyé une « lettre de motivation » et un projet au journal départemental Le petit Bleu. Le journal me répondit qu’il pouvait m’accueillir...deux ans et demi plus tard. Je me suis donc tourné, avec appui bien sûr, vers le comité départemental du tourisme ou j’ai bullé pendant quinze jours, mais en visitant le département.
Pour mon stage de « perdir » j’étais à Bordeaux et je fis des démarches auprès de la CGFTE à qui j’exposais mon projet. Ils me demandèrent photo, CV,...Deux semaines avant le début prévu, n’ayant rien reçu, je les recontacte pour m’entendre dire (par une certaine Nadia KHELIFA – 34 ans après je n’ai pas oublié le nom) qu’ils n’étaient pas intéressés et qu’ils espéraient que mes autres demandes auraient plus de succès. Naïvement je n’avais fait que cette demande. Fort heureusement j’avais une collègue dont le mari était numéro 2 à la SNCF Aquitaine, et il me concocta un stage en moins d’une semaine, me proposant de faire un bilan des relations entre l’E.N. et l’entreprise. Les cheminots que je rencontrais me demandaient s’ils pouvaient dire la vérité ou s’ils devaient l’édulcorer. Ma réponse fut que j’attendais la vérité. Eh bien la voici : un seul établissement (le plus près de la gare) assurait un suivi efficace et effectif de ses élèves ; 25 % les visitaient de temps en temps, 25 % effectuaient un suivi téléphonique et 50 % ne se manifestaient pas.
Alors, est-il judicieux de continuer dans cette voie avec tous les dangers qui se révèlent régulièrement ?
Et ce n’est pas fini...
D’après L’Humanité du 20 avril 2026
Au mépris de la représentation populaire, Sébastien LECORNU a tranché :« Les boulangers et fleuristes artisanaux pourront ouvrir (avec leurs salariés) ce 1er mai 2026 », a-t-il déclaré vendredi, à la sortie d’une réunion avec des représentants de ces professions. Seules conditions : que les salariés « soient payés double » et que ce dispositif s’inscrive dans le cadre du « volontariat ».
Le premier ministre avait promis d’apporter « une solution négociée, sécurisante et pragmatique » pour que les artisans boulangers puissent travailler le 1er-Mai, après avoir renoncé à réunir une commission mixte paritaire sur la proposition de loi adoptée au Sénat en juillet et déposée à l’Assemblée par Gabriel ATTAL. Le texte prévoyait l’autorisation de travail le 1er Mai pour 1,5 million de salariés. Le groupe Renaissance était parvenu à faire adopter une motion de rejet afin de le renvoyer plus rapidement en CMP, pour une entrée en vigueur dès cette année.
À entendre Matignon, ces annonces constituent un « passe-droit » : « Une instruction sera donnée aux services de l’État pour que les commerces concernés ne soient pas verbalisés », rappelant que cet « engagement du gouvernement n’est que sur les professions indépendantes et les artisans ».
« Les services de l’État vont recevoir des instructions pour que les artisans de ces deux secteurs ne souffrent d’aucune conséquence d’une ouverture le 1er mai 2026 dans les règles fixées par la future loi », a par la suite précisé un communiqué. Sébastien LECORNU a par ailleurs rappelé qu’un projet de loi serait présenté cette année pour « cadrer » le travail le 1er Mai à partir de 2027. Ce projet renverra à une « discussion sociale par branche » et permettra de « faire travailler les salariés sur la base du volontariat et en les payant double », a-t-il détaillé.
Pour la CGT, qui se félicite d’avoir « gagné son retrait » avec l’intersyndicale, « la proposition de loi de Gabriel ATTAL est la pire attaque contre le 1er Mai depuis qu’il existe ; pas question qu’elle revienne par la fenêtre ». Cette journée est aujourd’hui le seul jour férié obligatoirement chômé. Le travail est strictement encadré ce jour-là, autorisé seulement dans les secteurs qui ne peuvent pas s’arrêter, et les salariés doivent être payés double. « La loi sur le 1er Mai date de 1947, elle fonctionne depuis quatre-vingts ans, il n’y a aucune urgence à la modifier. Cette journée internationale des droits des travailleurs est chômée et payée dans de très nombreux pays. Qu’en serait-il de l’image de la France si ce conquis social était ainsi balayé ? » interroge la CGT. Le Bordelais Raymond LAVIGNE doit se retourner dans sa tombe !
Se rappelant qu’il existe des députés et des sénateurs, Sébastien LECORNU précise qu’« il appartiendra au Parlement de voter ce projet de loi qui sécurisera définitivement ces accords. Sous réserve de son adoption, cette mesure entrerait donc en vigueur à compter du 1er mai 2027 ». « D’autres discussions auront lieu pour les différentes branches », a aussi annoncé le premier ministre, qui s’est engagé« à recevoir de nouveau tout le monde au début du mois de juin ».
Et ce n’est pas fini...
In La Croix du 19 avril 2026 (extrait)
La mort d’un soldat français au Liban sous les couleurs des casques bleus (la seule armée qui mérite d’exister) de la Finul, dans un Moyen-Orient en feu, est un drame à plusieurs égards. Elle pose la question des moyens actuels et futurs de la paix.
La mort, samedi 18 avril, du soldat français Florian MONTORIO, tué dans une opération de déminage menée par les casques bleus de la Finul (Force intérimaire des Nations unies au Liban) mérite qu’on s’y arrête. D’abord, pour honorer sa mémoire et celle des militaires indonésiens tombés fin mars. Pour souligner l’engagement de ses trois camarades blessés dans la même embuscade et celui de tous leurs frères d’armes. Pour prendre part à la tristesse de sa femme et de leurs deux enfants. « La nation s’incline avec respect », déclarait samedi le président de la République française.
Par souci de justice ensuite. Les opérations de la communauté internationale au Liban répondent à une résolution des Nations unies, en l’occurrence la 1701 de 2006. Car il ne s’agit pas ici de la mort d’un combattant mais du meurtre d’un acteur du droit international, « par un tir direct à l’arme légère », selon la ministre des armées Catherine VAUTRIN.
Par souci de l’avenir, enfin. Chaque fois qu’un soldat de la paix est frappé, une claire indignation doit être manifestée. Nous qui connaissons fort bien la dévastation que la guerre produit, et qui sentons chaque jour un peu plus combien sa menace se fait proche sur notre continent, nous ne pouvons nous résigner à ce que la paix soit bafouée dans le silence. Les armes ont leur fracas ; les appels à la paix doivent avoir leurs cris.
Reste l’immédiat de la géopolitique à gérer. Au 31 décembre 2026, le mandat de la Finul prendra fin. La force onusienne aura ensuite quelques mois pour cesser toute activité. C’est alors sur le seul gouvernement libanais que reposera la charge de la sécurité du Sud-Liban, face d’une part à l’armée israélienne qui empiète une nouvelle fois sur son territoire et d’autre part à la milice chiite du Hezbollah qui mine son autorité de l’intérieur.
Et ce n’est pas fini...
In Le Figaro du 19 avril 2026
L'Espagne, le Mexique et le Brésil ont exprimé samedi leur préoccupation face «à la situation dramatique» à Cuba et, sans mentionner explicitement les États-Unis qui imposent un blocus à l'île depuis plus de 60 ans, ont appelé à «un dialogue sincère et respectueux» avec La Havane.
«Nous exprimons notre énorme préoccupation face à la crise humanitaire que traverse le peuple de Cuba, et réclamons l'adoption des mesures nécessaires pour soulager cette situation», ont affirmé les trois gouvernements dans ce communiqué, publié par le ministère mexicain des Affaires étrangères.
Ils ont appelé à «éviter les actions qui aggravent les conditions de vie de la population ou sont contraires au droit international». «Nous appelons à un dialogue sincère, respectueux et conforme au droit international», ajoute ce communiqué. Les trois pays plaident également en faveur d'«une solution durable à la situation actuelle et la garantie que ce soit le peuple cubain qui décide de son avenir en toute liberté».
Cet appel intervient alors que se tient à Barcelone un sommet des dirigeants de gauche dans le monde, auquel participent entre autres la présidente du Mexique, Claudia SHEINBAUM, et son homologue brésilien Luis Inácio Lula da Silva, sous l'égide du Premier ministre espagnol Pedro SANCHEZ.
Les États-Unis, opposés au pouvoir communiste à Cuba depuis qu'il a été établi en 1959, ont accentué en janvier leur pression économique sur le pays des Caraïbes de 9,6 millions d'habitants en bloquant tout approvisionnement en hydrocarbures, juste après avoir renversé son principal allié, le président vénézuélien Nicolas MADURO. Ce blocus a exacerbé la crise économique et énergétique que vit Cuba depuis de nombreuses années.
Et ce n’est pas fini...
In L’Humanité du 16 avril 2026
La chasse aux travailleurs malades reprend de plus belle. Le ministre du Travail, Jean-Pierre FARANDOU, a annoncé de nouvelles mesures pour limiter le nombre d’arrêts maladie et leur coût pour la Sécurité sociale, en hausse de 7 milliards d’euros en dix ans pour atteindre 17,9 milliards d’euros. Seront désormais mis à disposition de l’employeur un kit pour« faire un autodiagnostic de la qualité de son plan de prévention en matière de santé au travail » et, surtout, un« bouton d’alerte »pour prévenir l’assurance-maladie en cas de suspicion d’arrêts« de complaisance ». S’y ajoute la promesse de mener 740 000 contrôles en 2026, une hausse de 6 %. Le tout couronné d’une campagne de communication au slogan accusateur : « L’abus d’arrêts de travail nuit gravement à la Sécurité sociale ».
Ces annonces n’ont rien de surprenant. La« régulation des arrêts de travail » est depuis deux ans une obsession des gouvernements successifs. Interdiction de renouvellement par téléconsultation, possibilité pour l’employeur de mandater un médecin pour contrôler son salarié, baisse du plafond des indemnités journalières, contrôles désormais possibles par visioconférences, et même limite de la durée maximale ont ainsi été adoptés depuis 2024. Au service de ces restrictions de droits, un discours accusateur contre l’absentéisme, les abus, les médecins qui prescrivent trop et les Français qui ne veulent pas travailler. À l’image de Louis SARKOZY, héritier sans travail, récemment parti en guerre sur RMC contre« les jeunes qui ne vont pas bosser et regardent des séries Netflix ».
L’augmentation du coût des indemnités d’arrêts de travail, de 27,9 % hors Covid entre 2019 et 2023, est pourtant en grande partie due à des évolutions structurelles. « L’effet direct des facteurs économiques et démographiques explique de l’ordre de 60 % la hausse des dépenses d’indemnités journalières (IJ) maladie entre 2010 et 2023 », rappelait en décembre 2024, une étude conjointe de la Direction de la recherche, des études, de l’évaluation et des statistiques (Drees) et de la Caisse nationale d’assurance-maladie. Baisse du chômage et augmentation des salaires se sont répercutées sur la quantité et le montant des IJ, tout comme l’intégration dans le régime général de certains libéraux et des indépendants. Autre facteur, lié aux reculs successifs de l’âge de départ à la retraite, le vieillissement de la population en emploi, avec un taux d’activité des 55-64 ans passé de 43,6 % en 2010 à 61,7 % en 2023. « Les plus de 55 ans représentaient 18,3 % de la population active en 2022 mais 27 % des journées indemnisées », soulignait la Cour des comptes en 2024 dans un rapport sur l’assurance-maladie.
Pour autant, l’accélération est patente dans toutes les catégories. Les arrêts de moins de trois mois ont connu 5,8 % de croissance annuelle moyenne entre 2019 et 2024, contre + 3,7 % entre 2014 et 2019. La hausse a été de + 4,1 % à + 6,7 % pour les plus de trois mois. « Même si les arrêts courts d’une durée indemnisée inférieure à huit jours sont de loin les plus fréquents et forment près de la moitié des arrêts indemnisés, ils ne représentent que 4 % de la dépense d’IJ maladie. À l’inverse, les arrêts longs de plus de six mois représentent seulement 7 % des arrêts, mais 45 % de la dépense », précise la Drees. Les uns et les autres sont tirés par l’augmentation des troubles psychologiques, qui s’expliquent par une certaine libération de la parole, notamment chez les plus jeunes, mais surtout par une dégradation des conditions de travail.
Cette question du travail est l’angle mort du discours sur les arrêts maladie. Pourtant,« essayer d’en réduire le nombre en contrôlant davantage, c’est vraiment comme casser le thermomètre plutôt que de soigner la maladie », résume la sociologue Maëlezig BIGI, maîtresse de conférences au Conservatoire national des arts et métiers. « Ces arrêts sont le symptôme d’organisations du travail qui font souffrir. » Au passage, la France est d’ailleurs épinglée comme un mauvais élève sur les conditions de travail : en 2024, près de 1 300 travailleurs y ont perdu la vie, le chiffre le plus élevé depuis vingt ans.
« Tout cela est dû à des problèmes de surengagement permanent, de stress chronique et de grande faiblesse au niveau du management », soutient l’économiste Jean-Claude DELGENES, président fondateur de Technologia, cabinet spécialisé en prévention des risques au travail, qui a publié, en 2025, Faire face aux risques psychosociaux. La spécificité de l’organisation du travail en France, c’est d’abord ce management vertical,« louis-quatorzien », résume l’économiste, celui d’une« petite élite qui considère qu’elle détient la vérité et qui dit “j’ai tout compris, je vous explique, vous appliquez, et je contrôle” ».
En lien avec cette conception du pouvoir, l’absence de démocratie interne et de participation, vecteur de mal-être pour des salariés utilisés comme des pions. Une tendance aggravée par la suppression, en 2017, dans les entreprises de moins de 300 salariés, du CHSCT, seul organe de négociation interne dédié à la santé et aux conditions de travail. « Il n’y a plus de dialogue social proche du terrain et on voit bien que c’est parmi ces entreprises de moins de 300 salariés que la sinistralité est la plus forte », constate Jean-Claude DELGENES.
« L’autre facteur, c’est l’intensification du travail en France depuis les années 1980, ajoute Maëlezig BIGI. Cela veut dire une accumulation de contraintes de différentes natures sur une même activité et à un rythme accéléré. Il faut à la fois répondre à son chef, respecter les process, faire du reporting et tenir des délais serrés. » Résultats, une perte de sens et une pression continue, avec, au bout, « des problèmes de récupération physiologique ». « On demande aux gens de travailler beaucoup. Mais fournir de l’énergie sans arrêt, être en stress chronique, sans pouvoir récupérer, ça rend malade. C’est comme ça qu’on entre dans ce qu’on appelle la phase 4 du burn-out, c’est-à-dire qu’il y a un effondrement. Et là, il faut du temps pour se remettre. Un burn-out, c’est en moyenne neuf mois d’arrêt », précise Jean-Claude DELGENES.
Pour limiter la casse, les patrons pourraient opter pour une approche préventive. Mais ils préfèrent faire reposer la responsabilité sur d’autres, à travers deux approches rhétoriques : « La naturalisation des risques, pour dire que c’est l’activité en elle-même qui est responsable, ou une forme d’hygiénisme, qui fait peser le soupçon sur une fragilité individuelle du salarié »,pointe Maëlezig BIGI. Il est vrai que l’incitation à limiter les risques est limitée. « Il n’y a pas de bouton d’urgence pour dénoncer les entreprises, ironise Gérald Le Corre, responsable santé-travail de la CGT de Seine-Maritime. 50 % des employeurs sont en infraction avec l‘obligation de publier un document unique destiné à évaluer les risques professionnels dans leur entreprise. Et même lorsqu’il y en a, ils sont le plus souvent incomplets. »
Pourquoi faire autrement, quand le coût de la maladie professionnelle est supporté non pas par les entreprises mais par l’assurance-maladie. « La sous-déclaration et la sous-reconnaissance des accidents du travail et maladies professionnelles coûteraient tous les ans entre 2 et 3,8 milliards d’euros d’après une étude de la Cour des comptes parue en 2024,souligne Maëlezig BIGI. Cela explique que la branche accidents du travail et maladies professionnelle (AT-MP) de la Sécurité sociale soit toujours bénéficiaire et reverse de l’argent à la branche maladie. » Inutile d’investir dans la prévention lorsque le coût de la souffrance au travail est socialisé. D’autant que si les cotisations au régime AT-MP sont en principe proportionnelles aux risques qui existent dans l’entreprise, dans les faits, les contestations sont nombreuses et la proportionnalité très peu appliquée.
Ce n’est pourtant pas une fatalité. « En repensant l’organisation collective, on réduit l’absentéisme sur le long terme »,estime Jean-Claude DELGENES. La Direction générale des affaires sociales donne quelques recettes simples : « Les critères d’un management de qualité, loin d’être dispersés et hétérogènes selon les pays, les secteurs d’activité ou la taille des organisations, sont en réalité très convergents. Le “bon” management y est partout, et d’abord décrit comme celui qui se caractérise par un fort degré de participation des travailleurs, d’une part, et qui assure la reconnaissance du travail accompli, d’autre part. » Pas certain que les dirigeants français préfèrent cette option à l’habitude de blâmer et sanctionner les plus fragiles.
Et ce n’est pas fini...