L'Association du Souvenir des fusillés de Souge, dont l'UD CGT est membre, s’est vu imposer la présence de la députée RN de Gironde Madame Diaz, à la cérémonie de Souge, ce dimanche 26 octobre 2025.
La représentation du RN à cette cérémonie est une insulte à la mémoire de nos camarades fusillés par les nazis.
Pire, cette élue d’extrême droite s’est permis de déposer une gerbe sur le lieu d’exécution de nos camarades tombés parce qu’investis à la CGT.
Aussi lors de cette cérémonie, les représentants de l'Union Départementale CGT 33 présents ont manifesté leur indignation « en tournant le dos » lors de ce dépôt de gerbe indigne réalisé par une représentante de l’extrême droite.
Ce geste « symbolique » a été choisi afin de respecter cette cérémonie en hommage aux victimes de la barbarie du nazisme. Est-il besoin d’expliquer les raisons de notre indignation ? A l’heure où l’histoire tente d’être oubliée, rectifiée voire effacée par beaucoup, cela est peut-être utile.
En septembre 1942, en représailles à un attentat faisant deux morts parmi des soldats allemands, les SS de la police allemande ordonnent l’assassinat d’otages français dont des militants syndicaux et politiques girondins. Ainsi, 70 militants dont une cinquantaine de la CGT sont jugés coupables d’activités anti-allemandes ou communistes, et sont fusillés au camp militaire de Souge, investi par l’armée allemande depuis 1940. Dans la même période, une ordonnance allemande rendait la grève passible du tribunal militaire et une loi interdisant les confédérations syndicales.
Cette cérémonie à Souge veut lutter contre l’oubli, encore aujourd’hui 83 ans après l’horreur. Elle veut également alerter sur les rouages du présent pouvant conduire à d’autres horreurs. Cette histoire doit nous éclairer sur les
dangers qui germent dans les évènements que nous vivons.
Sûrement est-il utile aussi de rappeler ce que déclarait la bourgeoisie à l’époque : « plutôt Hitler que le communisme, que le front populaire ». « L'histoire ne se répète pas, elle bégaie » disait Karl Marx. L’extrême droite
n’est jamais parvenue au pouvoir sans un soutien des milliardaires et du capital… ce n’est pas par erreur que le gouvernement français de Vichy et le patronat ont collaboré mais par conviction, par idéologie. Nous avons la tâche
collective de le rappeler.
Et les récents diners entre des cadres importants du RN et ceux du MEDEF, sont ainsi des signes contemporains extrêmement inquiétants. D’autant plus inquiétants, quand nous lisons dans un article du journal « Le Monde » de février 2025 intitulé « Plongée chez les militants du RN : xénophobie, rejet de l’assistanat et espoirs de victoire » informant d’un reportage sur des réunions organisées par le RN notamment en Gironde par la députée Madame Diaz. Ce reportage au-delà d’illustrer combien les questions identitaires sont omniprésentes, soulève un évènement extrêmement grave survenu lors des vœux de début d’année organisés par Madame Diaz :
« A Saint-Martin-Lacaussade (33), 26 janvier 2025, deux fois, un militant RN (nom cité) a tendu avec autorité son bras droit, à l’entame du refrain, sans ambiguïté sur la symbolique du geste. Un salut fasciste. ». Le journaliste nous indiquant que la députée ne pouvait pas croire que le militant en question puisse être nazi. Autrement dit aucune condamnation ne fût prononcée, ni même l’intention d’y donner des suites.
Ainsi ces moments de cérémonie en hommage aux fusillés par les nazis, sont des moments que nous voulons continuer à vivre collectivement dans le respect de notre histoire et pour honorer la mémoire de nos camarades.
Pour ne jamais oublier leur sacrifice ultime, celui de leur vie, pour notre liberté.
Aussi nous ne laisserons personne et qui plus est le RN, ternir notre engagement en faveur d’un monde de paix, juste, égalitaire, contre le racisme, et toutes les idées d’extrême droite notamment dans une période qui voit pointer un avenir inquiétant, pour ne pas dire funeste car contraire à nos valeurs républicaines et à l’intérêt des travailleuses et travailleurs.
Et ce n’est pas fini...