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Le blog de Bernard SARLANDIE

Byzance, mon berceau

16 Mars 2026, 16:00pm

Publié par Bernardoc

ODE III.

BYZANCE, mon berceau, jamais tes janissaires
Du Musulman paisible ont-ils forcé le seuil ?
Vont-ils jusqu’en son lit, nocturnes émissaires,
Porter l’épouvante et le deuil ?

Son harem ne connaît, invisible retraite,
Le choix, ni les projets, ni le nom des visirs.
Là, sûr du lendemain, il repose sa tête,
Sans craindre au sein de ses plaisirs,

Que cent nouvelles lois qu’une nuit a fait naître,
De juges assassins un tribunal pervers,
Lancent sur son réveil, avec le nom de traître,
La mort, la ruine, ou les fers.

Tes mœurs et ton Coran sur ton sultan farouche
Veillent, le glaive nu, s’il croyait tout pouvoir ;
S’il osait tout braver ; et dérober sa bouche
Au frein de l’antique devoir.

Voilà donc une digue où la toute-puissance
Voit briser le torrent de ses vastes progrès !
Liberté qui nous fuis, tu ne fuis point Byzance ;
Tu planes sur ses minarets !

André CHENIER

Et ce n’est pas fini...

 

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Des mots…

15 Mars 2026, 08:18am

Publié par Bernardoc

Des mots dans l’infamie
Des mots dans le mépris

La parole en filature
Pour redresser les tordus
Qui osent encore espérer

Des mots pour secouer
Des mots pour diviser

La parole en villégiature
Pour tresser l’ennui
Contre ceux qui osent encore rêver

Des mots pour soumettre
Des mots pour démettre

La parole entre parenthèses
Et imposer le silence
Contre le bruit des consciences

Dominique BLANCHEMAIN, 2017

Et ce n’est pas fini...

 

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Aux premières loges

14 Mars 2026, 13:07pm

Publié par Bernardoc

Spectatrice, j’observe la scène de la vie
Où des personnages surgissent,
Dans les moments de joie ou de dépit
Où le rêve devient illusion et meurt avec mépris
Où le mensonge devient vrai et la vérité au fond du puits
Mais qui suis-je dans ce monde plein d’acteurs ?
Où chacun monte sur l’estrade,
Joue son rôle comme ses prédécesseurs
Qui suis-je quand moi-même j’ai un rôle dans cette scène ?
J’observe, je souffre
Mais j’applaudis tous ces mensonges réels
Que serait le monde s’il n’était pas une fiction
Si ces scènes étaient bien réelles et faites avec passion
Je jure devant Dieu que j’assisterais tous les jours
Je serais l’héroïne de la gaieté
De la confiance et de l’amour
J’applaudirais jusqu’à ne plus en pouvoir
Et j’appellerais les âmes chagrinées pour venir la voir
Mais hélas la scène de la vie demeure la même
Et je demeure aux premières loges
Avec ou sans mes applaudissements le rideau s’ouvre et se ferme

Rhita BENJELLOUN, 2011

Et ce n’est pas fini...

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Le long chemin des profs qui souhaitent se reconvertir

13 Mars 2026, 18:59pm

Publié par Bernardoc

In La Croix du 11 mars 2026

C’est un phénomène circonscrit mais qui prend de l’ampleur : en cinq ans, les départs volontaires d’enseignants ont été multipliés par dix, avec 2 400 professeurs sur l’année scolaire 2023-2024, sur un total de 850 000 enseignants.

Partir, mais pour faire quoi ? Les professeurs qui veulent changer d’air peuvent d’abord envisager d’évoluer en interne : concours pour devenir chef d’établissement ou inspecteur, départ à l’étranger, postes en détachement… Mais certains choisissent de quitter pour de bon l’éducation nationale. Malgré les près de 400 responsables ressources humaines de proximité implantés depuis 2019 dans les académies, ils doivent souvent solliciter des tiers associatifs pour réussir à partir, faute d’informations claires et d’accompagnement.

La première motivation de ces professeurs semble de fuir leurs conditions de travail. « Surcharge d’effectifs, formations hors temps scolaires, injonctions de la hiérarchie, difficulté de mobilité, rémunération… », égrène Matthieu DROUHIN, secrétaire national du syndicat d’enseignants SE-Unsa qui propose régulièrement des stages dédiés à la mobilité des enseignants.

C’est en effet un « ras-le-bol » dû à la charge mentale et à l’épuisement liés à des classes surchargées et à un manque d’AESH qui a poussé Dominique, 58 ans, à démissionner il y a deux ans, après vingt ans d’enseignement en maternelle au nord de Grenoble. Ancienne ingénieure dans l’industrie déjà reconvertie par goût de transmettre aux élèves, elle ne voulait pas y finir sa carrière.

Mais le parcours n’a pas été simple. Ne sachant où s’orienter, elle commence par un bilan de compétences puis découvre la graphothérapie (la rééducation de l’écriture), à laquelle elle se forme pendant les vacances, avant de demander une rupture conventionnelle pour ouvrir son cabinet. Celle-ci lui est refusée pour « nécessité de service », c’est-à-dire pour assurer la continuité du service public. Décidée à partir, elle finit par démissionner trois jours avant la rentrée scolaire, soutenue par l’association Aide aux profs, qui accompagne les professeurs à se reconvertir, et lance son activité.

Coaching, artisanat, rachat de franchise, salariat, ouverture de commerce… Les reconversions constatées par Rémi BOYER, président et fondateur de l’association Aide aux profs, sont variées. Lui explique la hausse des départs par le recul de l’âge de la retraite et par le Covid, qui a agi comme un déclic, et relève la difficulté des enseignants à « cerner leurs compétences transférables » pour s’orienter.

Frédéric, 51 ans, a lui aussi bataillé pour quitter son métier d’enseignant en élémentaire dans les Yvelines, un territoire en tension. Sa demande de prolongation de sa mise en disponibilité – afin de créer son entreprise de maquettes en relief pour enfants – lui a également été refusée pour les mêmes motifs. Après un long chemin pour négocier son départ et pour faire reconnaître son diagnostic d’autisme, il a fini par démissionner. Un départ selon lui « impossible » sans le soutien d’Aide aux profs. « On ne quitte pas l’éducation nationale comme ça », insiste celui qui a lancé son entreprise.

Stéphanie, agrégée d’anglais de 42 ans, a réussi à jeter l’éponge avec l’aide de l’association, après des années où le plaisir d’enseigner « ne pesait plus assez lourd dans la balance ». Celle qui a quitté son poste en 2021 après onze ans dans un lycée de banlieue parisienne puis trois ans dans des classes Ulis évoque le poids de la charge mentale, l’impression « de ne servir à rien », et un manque de reconnaissance. Mais le coup de grâce a lieu en 2015, quand elle confie son souhait de partir à un inspecteur. « Vous n’allez quand même pas quitter la grande maison ! », lui répond-il. Une phrase symptomatique selon elle : « L’éducation nationale ne veut pas reconnaître qu’on a besoin de seconde carrière. Aujourd’hui, on ne veut plus faire ça toute sa vie », s’insurge celle qui, après un long cheminement, a fini par trouver un poste en détachement au sein de France Éducation International, un établissement public administratif (EPA) rattaché au ministère, où elle s’épanouit.

L’éducation nationale tente en effet de juguler le phénomène des départs pour réguler les effectifs, alors que 2 500 professeurs manquaient à l’appel à la rentrée 2025. Le motif de « nécessité de service » est souvent invoqué pour refuser des mises en disponibilité ou des ruptures conventionnelles. Ce mode de départ permettant de toucher le chômage a récemment été pérennisé pour la fonction publique, mais quatre demandes sur cinq seraient refusées.

Et ce n’est pas fini...

 

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Ah ! La campagne bucolique…

11 Mars 2026, 14:42pm

Publié par Bernardoc

Hier matin, notre balade à vélo quotidienne, que nous avons reprise après plusieurs mois d’interruption suite aux intempéries hivernales, nous a conduits vers le « chemin nature » entre Mérignac et St Médard en Jalles. Le sol était bien égoutté, mais avant l’été il serait utile, pour ne pas dire indispensable, de reboucher les trous pour éviter des accidents.

C’était une balade fort agréable...

jusqu’à ce que nous arrivions près de la déchetterie de St Médard : visiblement certains ignoraient ( ? ) la présence de ce lieu et pensaient que les bois allaient intégrer leurs déchets et les faire disparaître. Malheureusement ce n’est pas le cas.

J’ignore si cet endroit est situé sur Mérignac ou St Médard, mais il mes semble que le traitement des déchets relève de la Métropole et les contrevenants, de la justice. Encore faut-il les retrouver. Je fais confiance à la police/gendarmerie pour que nos espaces verts ne soient pas transformés en dépotoirs.

Et ce n’est pas fini...

 

Ah ! La campagne bucolique…Ah ! La campagne bucolique…

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Face à l’extrême droite, l’unité des travailleurs s’impose !

10 Mars 2026, 11:29am

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 9 mars 2026

La secrétaire confédérale de la CGT Nathalie BAZIRE alerte sur les menaces que fait peser l’extrême droite sur les intérêts des salariés, qu’il s’agisse des conquêtes sociales ou des droits syndicaux et politiques. Elle appelle les candidats aux municipales à refuser toute alliance avec ces formations politiques.

Depuis plus d’un siècle, la CGT défend, sans relâche, les droits, la dignité et les intérêts des travailleurs. Notre boussole est simple : l’émancipation par le progrès social, la solidarité et l’égalité. Au nom de ces principes, nous affirmons avec gravité que l’extrême droite est une menace pour le monde du travail. L’histoire sociale de notre pays montre que les mouvements d’extrême droite se sont toujours construits sur la ­division : entre nationaux et étrangers, entre travailleurs précaires et salariés protégés, entre celles et ceux qui auraient « droit » à la solidarité et les autres. Or le mouvement syndical s’est bâti sur une conviction inverse : c’est l’unité des travailleurs, quels que soient leur origine, leur religion ou leur statut, qui permet d’arracher des droits et d’améliorer les conditions de vie.

Derrière les pseudo-discours sociaux, l’extrême droite entretient des liens étroits avec le patronat, adoptant des positions économiques favorables à ses intérêts. Les programmes portés notamment par le Rassemblement national révèlent une réalité préoccupante. À l’Assemblée nationale ou au Parlement européen, les élus d’extrême droite votent régulièrement contre des mesures visant à renforcer les droits des salariés, à lutter contre la précarité, contre l’augmentation du Smic, pour l’augmentation de l’âge de départ à la retraite, pour la défense des plus riches face à la taxe ZUCMAN.

Ils défendent une vision autoritaire du pouvoir, hostile aux corps intermédiaires et aux syndicats. Contre les violences structurelles de l’extrême droite, le syndicalisme est le dernier barrage pour défendre les intérêts du monde du travail, alors qu’on assiste à une nouvelle étape dans la banalisation de ses idées racistes, xénophobes et antisémites.

L’extrême droite prospère sur la colère sociale et le déclassement. Au lieu de s’attaquer aux véritables responsables des inégalités, les logiques financières, la dérégulation, la course au moins-disant social, elle désigne des boucs émissaires : les étrangers, les bénéficiaires de minima sociaux ou bien les institutions démocratiques. Cette stratégie détourne les travailleurs de leurs intérêts communs et affaiblit les solidarités indispensables pour gagner de nouveaux droits.

La réponse aux difficultés des salariés ne peut être le repli nationaliste ni la stigmatisation. Elle passe par l’augmentation des salaires, le renforcement des services publics, la sécurisation de l’emploi et la transition écologique juste. Elle passe aussi par le respect de l’État de droit, des libertés publiques et du pluralisme syndical.

LA CGT appelle tous les travailleurs à la vigilance. Les conquêtes sociales – congés payés, Sécurité sociale, retraite, droit du travail... – ont été obtenues par la mobilisation collective. Elles seront remises en question si les forces qui méprisent la démocratie sociale, prônent l’autoritarisme et les intérêts du capital accèdent au pouvoir. Lorsque l’extrême droite prend le pouvoir, elle ne le rend pas. Preuve en Italie, en Hongrie ou en France dans les collectivités territoriales, comme à Béziers, Hénin-Beaumont ou Perpignan.

L’échéance des élections municipales doit nous alerter et la CGT appelle les candidats à ne faire aucune alliance avec l’extrême droite, ni au premier ni au second tour, les 15 et 22 mars. L’extrême droite ne répond en rien aux aspirations des territoires et organise les inégalités entre les citoyens. La CGT a conscience que les collectivités sont asphyxiées par les budgets d’austérité successifs, mais il n’en demeure pas moins que d’autres choix s’imposent dans un moment où le danger est à nos portes. Alors que l’extrême droite flèche les budgets des collec­tivités pour alimenter l’appétit du privé au détriment des missions des services publics.

Face aux crises, notre responsabilité est de rassembler, de renforcer la démocratie sociale, non de l’affaiblir, et de remettre les questions sociales au centre des débats. La CGT continuera, fidèle à ses valeurs, à défendre une société de justice, d’égalité et de solidarité. Elle œuvre à défendre le partage des richesses, le droit et les libertés publiques, dans l’intérêt du monde du travail, et plus largement de la population, contre ceux qui veulent les détruire. L’heure n’est ni à la résignation ni au pessimisme : construire l’unité du monde du travail est fondamental contre l’extrême droite, ennemie de la démocratie et du progrès social. 

Et ce n’est pas fini...

 

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L’Observatoire du long terme alerte sur le « grand décrochage » français

9 Mars 2026, 16:00pm

Publié par Bernardoc

In La tribune du 6 mars 2026

La France va-t-elle retrouver un niveau de productivité comparable à la période d’avant-Covid ? C’est à cette question brûlante que l’Observatoire du long terme a tenté de répondre, dans un épais rapport de 145 pages publié jeudi 5 mars. Intitulé « Le Grand décrochage », le document s’attache à montrer que la productivité est au centre des préoccupations des Français : pouvoir d’achat, retraites, services publics, souveraineté.

« La productivité est une clé essentielle pour résoudre la plupart de ces tensions », observent les trois auteurs Fabrice PECTOUSSE, Louis HEDE et Richard ROBERT.

Loin de concerner uniquement la France, la chute des gains de productivité frappe une grande partie des économies développées. Mais le phénomène dans l’Hexagone est particulièrement criant. Productivité du travail, productivité du capital et productivité globale des facteurs : les économistes passent au crible toutes les dimensions de cette notion au centre du fonctionnement de l’économie capitaliste.

Premier enseignement important de ce rapport inspiré des travaux des économistes Philippe AGHION et Antonin BERGEAUD, la France accuse un sérieux retard en matière de recherche et développement. Là encore, le constat n’est pas nouveau, mais les données présentées par l’Observatoire mettent en relief le décrochage de l’Hexagone.

« C’est sans doute le plus grave : le levier de plus long terme, l’innovation et la recherche, a été mis en veille au point de décrocher non seulement par rapport aux États-Unis et à la Chine, mais aussi par rapport aux pays européens les plus avancés », soulignent les économistes.

En pourcentage du produit intérieur brut (PIB), les dépenses dans l’Hexagone s’élevaient à 2,18 % en 2023, bien loin des objectifs de l’UE fixés à 3 %. Dans les pays étudiés, ces dépenses s’établissent à 3,13 % en Allemagne, 2,68 % au Royaume-Uni ou 3,45 % aux États-Unis.

Un écart considérable alors que le crédit d’impôt recherche représente une niche fiscale colossale sur le plan budgétaire, évaluée à plus de 7 milliards d’euros ces dernières années. Face au décrochage de la France, les économistes font de la recherche et développement une « priorité critique ».

Bien que le coût soit jugé élevé (environ 1 point de PIB), les experts estiment que si l’Europe, et surtout la France, continuent d’investir moins que la Chine et les États-Unis, le rattrapage sera tout simplement impossible. Parmi leurs recommandations, les dépenses de recherche doivent être exclues de toute politique de rigueur. Le surplus à investir doit représenter 0,25 point de PIB chaque année (7 à 8 milliards d’euros).

Autre levier important évoqué dans le rapport : augmenter le nombre de chercheurs et renforcer l’attractivité de ces métiers. « Les carrières dans la recherche sont devenues peu attractives financièrement », regrettent les auteurs. Sur la mise en œuvre, le rapport préconise d’engager une réflexion de fond sur ces métiers et leurs conditions de reconversion.

Sur le travail, le rapport de l’Observatoire pointe le retard de la France sur le taux d’emploi des jeunes et des seniors. Sur les 55-64 ans par exemple, le pourcentage d’emploi de l’Hexagone (60,4 %) demeure bien inférieur à celui de la moyenne des pays riches (64,6 %) ou de l’Union européenne à 27 (65,2 %). Sous l’effet des réformes des retraites successives depuis 2010, le taux d’emploi des seniors a bondi, mais beaucoup d’entreprises continuent de freiner sur l’embauche de cette catégorie d’âge.

Quant aux jeunes, leur situation n’est guère enviable.

« Par rapport aux pays comparables, les jeunes Français ont plus de mal à entrer dans l’emploi », affirment les chercheurs.

Et ce, malgré une réforme profonde de l’apprentissage dont les effets sur le chômage des jeunes sont remis en question. À titre de comparaison, le taux d’emploi des jeunes âgés de 15 à 24 ans est de seulement 35 % en France contre 51 % en Allemagne ou au Royaume-Uni. Autre limite pointée du doigt par le rapport : la qualité du management en France et le manque de confiance à l’égard des salariés.

« La France connaît une diffusion plus faible des bonnes pratiques de management et d’efficacité opérationnelle », constatent les auteurs.

Ces méthodes peuvent ainsi entraîner du mal-être au travail et avoir des répercussions sur la productivité. Là encore, il s’agit d’une spécificité tricolore régulièrement mentionnée par les spécialistes.

Et ce n’est pas fini

 

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Incendies de batteries de vélo, de cigarette électronique ou de téléphone

8 Mars 2026, 20:24pm

Publié par Bernardoc

In Libération du 7 mars 2026

Selon la Fondation Maif pour la recherche, le nombre d’incendies impliquant des batteries au lithium a été quasiment multiplié par six en France entre 2017 et 2024.

Alors que les départs de feu liés aux batteries au lithium se multiplient ces dernières années, France Assureurs a mené vendredi 6 mars, dans l’Eure, un test grandeur nature afin d’alerter sur les risques.

Un petit point jaune apparaît au centre de l’écran de la caméra thermique. A peine plus de 10 °C ambiant, pas de danger imminent pour les quelques batteries en lithium de vélos électriques disposées au centre d’un entrepôt de Vernon, dans l’Eure. Mais en quelques minutes seulement, le mercure s’emballe. La plaque chauffante préalablement installée pour le test fait effet. Le point devient une tâche. Le dégradé à l’écran passe du rouge au bleu. Il fait plus de 200 °C. Un léger panache de fumée, une explosion, puis une colonne de flammes se propage irrémédiablement. Le feu se répand batterie par batterie, comme inarrêtable. Un effet domino.

«L’emballement thermique est en marche, décrit Ronan Jezequel, directeur innovation et développement au Centre national de prévention et de protection (CNPP). C’est d’abord une évolution de la température exponentielle, des flammes, un boum, et enfin une torchère, c’est-à-dire un dégagement gazeux enflammé. Tout cela se déroule en à peine quelques secondes, d’où cette incapacité à intervenir et ces drames qui s’ensuivent.»

Et ce n’est pas fini...

 

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L’hypocrisie macronienne.

7 Mars 2026, 09:37am

Publié par Bernardoc

Emmanuel MACRON condamne une "attaque inacceptable" contre une position de l'ONU au Liban, qui a blessé deux soldats ghanéens. (Franceinfo)

Ce n’est pas la première fois que l’armée israélienne s’en prend aux forces pacifiques de l’ONU. Mais si l’ONU reste malgré tout le symbole du droit international qu’il piétine allègrement, il continue d’agir impunément soutenu par le dérangé d’outre-Atlantique.

Rappelons qu’un mandat d’arrêt international a été lancé contre le criminel de guerre Netanyahou afin qu’il soit déféré à la Cour Pénale Internationale. Or, il y a quelques mois, malgré ce mandat, il a survolé l’espace aérien français. Croyez-vous qu’on a envoyé des Rafales pour obliger son avion à se poser afin d’interpeller ce dirigeant de la plus extrême des droites ? Pas du tout, on a fermé les yeux.

Combien de morts en moins si l’état d’Israël avait pu prendre une autre orientation ? Combien de pas supplémentaires vers la paix ?

La France peut avoir une voix qui porte au sein de l’ONU (rappelons-nous de Villepin), et ce n’est pas un hasard si Trump veut sa fin : si les USA sont le gendarme du monde afin de le modeler à son image, il a intérêt à construire une organisation à sa botte. Il est donc important que la France participe à l’application des décisions onusiennes.

Et ce n’est pas fini...

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Les accidents du travail explosent : "3 morts par jour en 2023, sans compter les suicides"

6 Mars 2026, 11:58am

Publié par Bernardoc

  • In Marianne du 3 mars 2026

Spécialiste des conditions de travail, Jean-Claude DELGENES tire la sonnette d’alarme. Les chiffres publiés par différents instituts soulignent une dégradation des conditions de travail. Accidents, sinistralités, stress… Il propose d’inscrire dans la loi l’écoute du salarié pour prévenir les catastrophes. Un enjeu majeur économique et démocratique.

À la veille d’un nouveau cycle électoral, il est nécessaire de rappeler un enjeu majeur : le travail. Il occupe près des deux tiers de notre vie éveillée. Il structure nos existences, nos équilibres familiaux, notre santé, notre place dans la société. Depuis des années, avec d’autres spécialistes de la santé au travail, j’alerte sur la progression des risques professionnels. Ce que nous observons aujourd’hui n’est plus une lente dégradation. C’est un basculement.

Les indicateurs ne frémissent plus, ils s’emballent. En 2023, 759 accidents mortels du travail ont été recensés, soit près de trois morts par jour. À cela s’ajoutent 332 décès liés aux accidents de trajet et 196 dus à des maladies professionnelles. Au total, 1 287 décès en lien avec le travail en une seule année.

Ces chiffres sont difficiles à regarder. Ils sont pourtant indispensables à comprendre. À ces données s’ajoutent les suicides. Environ 9 000 par an en France. Selon plusieurs spécialistes, plusieurs centaines présenteraient une présomption d’imputabilité professionnelle. Ces drames surviennent majoritairement en dehors du lieu de travail, souvent au domicile, dans le silence du temps de repos. Les équipes de Technologia ont pris en charge, ainsi au cours des derniers mois, une dizaine de crises suicidaires liées au travail.

Dans le même temps, la sinistralité reste à un niveau extrêmement élevé : 76,6 millions de journées d’incapacité temporaire en 2023, contre 72 millions l’année précédente. Des milliers de travailleurs ne tombent pas d’un échafaudage, mais s’effondrent après un épuisement physiologique, après un stress chronique prolongé, après une perte de sens. Les travaux internationaux, notamment l’étude Interheart, soulignaient déjà en 2004 le rôle majeur du stress chronique dans la survenue des crises cardiovasculaires, estimant entre 3 500 et 4 000 le nombre de décès annuels liés à ce facteur. Là encore, ces morts surviennent le plus souvent à domicile, hors du regard de l’entreprise.

Combien de décès aujourd’hui sont liés au stress chronique professionnel ? Combien à l’effacement des frontières entre vie privée et vie professionnelle sous l’effet des smartphones apparus en 2007 ? Combien à l’irruption de l’intelligence artificielle, qui installe une insécurité psychologique diffuse, faite de peur du remplacement et de course permanente à l’adaptation ?

Une autre évolution, plus silencieuse encore, marque ce basculement. Il y a deux ans, la commission chargée d’évaluer la sous-déclaration des maladies professionnelles en vue du Projet de Loi de Financement de la Sécurité Sociale (PLFSS) a estimé que 108 000 pathologies psychiques liées au travail auraient dû être reconnues. Dans les faits, seules 1 814 l’ont été en 2022 au titre des maladies professionnelles. En parallèle, près de 29 000 accidents du travail d’origine psychique ont été reconnus. Autrement dit, la souffrance mentale progresse massivement, mais elle reste largement invisibilisée dans notre système de reconnaissance.

Ce décalage n’est pas technique. Il est politique. Le travail protège de moins en moins. L’enquête européenne sur les conditions de travail d’Eurofound (2022) place la France parmi les pays les plus dégradés du continent : près de 40 % des actifs occupent un emploi dit « tendu », où les exigences excèdent les ressources disponibles. La France se situe à l’avant-dernier rang parmi les 36 pays étudiés à égalité avec l’Albanie. Ce n’est pas une simple statistique. C’est le signe d’un modèle d’organisation du travail qui fragilise le monde du travail.

On ne peut pas prétendre protéger la santé mentale tout en organisant le travail sans écouter les travailleurs. On ne peut pas transformer les organisations en laissant les salariés et leurs représentants à distance des décisions qui structurent leur quotidien. Pourtant, le Code du travail impose à l’employeur de protéger la santé physique et mentale des travailleurs. Mais parmi les neuf principes généraux de prévention, aucun ne mentionne explicitement l’écoute du travail réel.

Cette absence constitue une fragilité majeure : L’écoute des salariés et de leurs représentants doit devenir le premier principe général de prévention, inscrit à l’article L.4121-2 du Code du travail. Lorsque l’absentéisme progresse et que 3/4 des employeurs déclarent rencontrer des difficultés de recrutement, ce n’est pas uniquement une question de marché du travail. C’est le symptôme d’un rapport fragilisé au travail.

Inscrire l’écoute des travailleurs et de leurs représentants au cœur de notre droit de la prévention serait une avancée structurante. Ce serait reconnaître que la santé mentale au travail n’est pas une variable d’ajustement, mais un enjeu central pour l’avenir du pays comme l’a déclaré un premier ministre il y a quelques mois ou comme le dénombre la commission du Sénat qui s’est emparé de cette question fin février (1).

Ce serait aussi engager une transformation des modes de management, encore trop verticaux, trop « Louis Quatorzien » comme l’a souligné un récent rapport de l’Inspection générale des affaires sociales (IGAS). On ne transformera pas durablement le travail contre celles et ceux qui le font. Si rien ne change, nous verrons croître les inaptitudes, les exclusions précoces, la désaffiliation progressive d’une partie de la population active, avec un impact direct sur la productivité et la cohésion sociale. Si nous agissons, le travail peut redevenir un facteur de santé et un pilier du lien social. Faire de l’écoute des travailleurs le premier principe général de prévention n’est pas une revendication sectorielle. C’est une condition de vitalité démocratique et… économique.

Et ce n’est pas fini...

 

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