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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

A propos d’une pétition.

6 Mai 2025, 09:06am

Publié par Bernardoc

J’ai partagé sur Fb la pétition demandant l’inscription dans la constitution des articles 1 & 2 de la loi de séparation des églises et de l’État du 9 décembre 1905. Un de mes trolls de la Cfdt (vous savez, le syndicat qui, comme Lucie CASTETS – notre ex-future première ministre – approuverait la suppression de l’abattement de 10 % des retraités, ces nantis) vient faire de la contre propagande, assurant que la constitution est largement suffisante pour préserver ce principe inaltérable de laïcité, puisqu’il existe une loi.

On se demande bien pourquoi Macron a voulu faire entrer le droit à l’IVG dans cette constitution, puisqu’il y avait bien une loi.

Rappelons qu’une majorité simple suffit à abroger une loi, alors qu’une modification de la constitution implique soit un référendum, soit un vote des deux-tiers du congrès (sénateurs + députés).

Quand on voit ce qu’il se passe dans le monde au sujet de l’avortement, il est permis de craindre ce qu’il risque d’arriver après les prochaines législatives, et le détournement de la laïcité comme outil anti-musulman afin de réparer le lien entre le Vatican et la France.

Vraiment, je vous invite à signer cette pétition : ce serait bien qu’on arrive à un résultat similaire à celui de la pétition contre la loi Debré de 1959 qui avait recueilli onze millions de signatures, soit la moitié du corps électoral de l’époque.

Et ce n’est pas fini...

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Pétition

5 Mai 2025, 09:17am

Publié par Bernardoc

https://chng.it/NrgWQKqN9J

Et ce n'est pas fini...

 

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Les retraités, à nouveau, au cœur de la cible !

2 Mai 2025, 17:20pm

Publié par Bernardoc

Les retraités sont, à nouveau, la cible des membres du gouvernement, du patronat, de pseudos experts ou économistes. Toutes et tous se succèdent dans les médias, pour, à nouveau, opposer les retraités au reste de la population.

Après le Premier ministre accusant les retraités d’être responsables de la moitié du déficit de la France, c’est maintenant la ministre des Comptes Publics, Amélie de Montchalin, qui fait une promotion éhontée de la suppression de l’abattement fiscal de 10 % « octroyé » aux retraités.

Cet abattement, en vigueur depuis 1978, visait à neutraliser les réformes du calcul de l’impôt sur le revenu et à atténuer, en partie, la perte de revenu au passage à la retraite. Contrairement aux propos des présidents du COR1 et du Medef, cet abattement n’a aucun lien avec la déduction forfaitaire de 10 % pour frais professionnels.

Ce n’est pas la première fois que cette mesure est évoquée par l’exécutif. Elle avait déjà été envisagée dans le cadre du PLFSS2 2 025. La mobilisation des retraité∙es avait contraint le gouvernement de l’époque à faire machine arrière.

Gouvernement et patronat se retranchent derrière l’objectif de 40 milliards d’euros d’économies à réaliser dans le cadre du PLFSS 2026, pour ressortir ce projet des cartons. Mesure qui permettrait de récupérer, sur le dos des contribuables retraité∙es, 4,5 milliards d’euros. Tout en prétendant ne pas vouloir augmenter les impôts, leur volonté est d’accroître, de manière déguisée, la pression fiscale sur les retraités.

Quelles conséquences sur le quotidien des retraités ?

Si elle était mise en œuvre, la suppression de l’abattement fiscal de 10 % impacterait plus de 11 millions de retraites qui verraient leur taux d’imposition augmenter, et plus de 500 000 retraités qui deviendraient imposables.
L’augmentation du revenu fiscal de référence aurait des conséquences sur le taux de CSG3 appliqué, remettrait en cause l’accès à certaines aides et allocations ou au logement social soumis à conditions de ressources. Elle pourrait aussi conduire certain∙es retraité∙es à être éligibles au paiement de la CASA4 et/ou de la CRDS5.

Certaines et certains défendent l’idée qui consisterait à ne cibler qu’une partie des retraités, celles et ceux dont les pensions seraient supérieures à un certain montant. Ce qui participe aussi de la volonté d’opposer les retraités entre eux.

Quel que soit le niveau du curseur, n’oublions pas que le niveau de la pension est la résultante de la rémunération durant l’activité professionnelle.

L’UCR-CGT s’oppose à toute diminution du pouvoir d’achat des retraités, et ce quel que soit le montant de la pension perçue.

Plutôt que s’attaquer aux retraités, le gouvernement et le patronat devraient regarder du côté des aides publiques accordées sans conditions ni contrôles, des exonérations de cotisations sociales qui impactent grandement le financement de notre système de protection sociale et qui représentent plusieurs centaines de milliards d’euros.

L’augmentation du niveau des pensions est aussi un moyen d’avoir des ressources supplémentaires. C’est pourquoi, l’UCR-CGT revendique une revalorisation immédiate de toutes les pensions de 10 % et l’augmentation des minima de pensions (MICO6 et MIGA7) de 300 €.

L’UCR-CGT appelle l’ensemble des retraités à se mobiliser massivement, le 5 juin 2025, aux côtés des salariés, du privé comme du public, pour la revalorisation des pensions et la reconquête d’une protection sociale intégrale et solidaire.

Montreuil, le 28 avril 2025

1. COR : Conseil d’orientation des retraites - 2. PLFSS : Projet de Loi de Financement de la Sécurité sociale - 3. CSG : Contribution sociale
généralisée - 4. CASA : Contribution additionnelle de solidarité pour l’autonomie - 5- CRDS : Contribution au remboursement de la dette sociale -
6. MICO : Minimum contributif (privé) - 7. MIGA : Minimum garanti (Fonction publique)

Et ce n’est pas fini...

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Mortalité infantile : la France plonge dans le classement européen

21 Avril 2025, 11:01am

Publié par Bernardoc

In Pourquoi Docteur du 21 mars 2025

"Alors que l’espérance de vie progresse et que la mortalité des plus âgés recule, notre pays connaît une stagnation préoccupante de la mortalité infantile", prévient l'Institut National d’Études Démographiques (Ined) dans son rapport. 

En 2022, le taux de mortalité infantile (c’est-à-dire que le décès survient pendant la première année de vie) atteignait 4,5 décès pour 1.000 naissances chez les garçons et 3,7 décès pour 1.000 naissances chez les filles. Ces chiffres sont particulièrement élevés lorsqu’on les compare à la moyenne européenne : 3,5 ‰ et 3,0 ‰ respectivement."Une douzaine de pays européens affichent désormais des taux inférieurs à 3 ‰. En comparaison, la Suède présente un taux de mortalité infantile de 2,5 ‰, soit presque deux fois inférieur à celui de la France", ajoute l’organisme public de recherche. 

Comment l’Hexagone qui était en tête du classement en 1990 et dans le top 10 en 2010 a pu chuter à la 23e place ? À la différence de ses voisins, la mortalité infantile ne diminue plus dans le pays.

"Cette stagnation de la mortalité infantile en France contraste avec les progrès observés ailleurs en Europe et pose un véritable défi pour notre système de santé", reconnaît Magali BARBIERI, Directrice de recherche à l’Ined. 

Si des changements de définition concernant les naissances vivantes sont susceptibles d'avoir contribué en partie à cette évolution défavorable, note la spécialiste, d’autres facteurs possibles sont cités : facteurs médicaux et état de santé des mères, inégalités territoriales et sociales d'accès aux soins, qualité de la prise en charge.

Les tensions hospitalières peuvent, en effet, conduire à des situations pouvant mettre en péril la vie des tout-petits. La famille d’un bébé hospitalisé pour une bronchite sévère dans un établissement de la région parisienne a confié récemment à Pourquoi Docteur que l’équipe médicale avait avoué lors de la sortie de leur petite fille que si elle était tombée malade lors d’un pic d’épidémie qu’ils n’auraient “pas eu les moyens de lui consacrer autant d’attention et l’issue n’aurait peut-être pas été aussi rapide et aussi heureuse…”

L’Ined avance encore une autre cause possible à la stagnation de la mortalité infantile : les progrès de la néonatalogie. "L’amélioration de la prise en charge des grands prématurés permet à certains nouveau-nés de survivre quelques heures ou jours avant de décéder, alors qu'ils auraient auparavant été considérés comme mort-nés, augmentant ainsi mécaniquement le nombre de décès enregistrés sans pour autant refléter une dégradation des soins."

Et ce n’est pas fini...

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Des pensions, pas des canons !

12 Mars 2025, 10:12am

Publié par Bernardoc

L’allocution du président Macron du 5 mars 2025 est une véritable déclaration de guerre. Les propos tenus sont alarmistes et, à dessein, créent un climat de peur.

L’escalade guerrière allant jusqu’à mettre à disposition de l’Europe l’armement nucléaire français, l’explosion des budgets militaires ne sont pas la solution pour résoudre les conflits armés entre des pays. Au contraire,
c’est prendre un risque dangereux et irréversible.

Les retraité·es refusent de subir une nouvelle fois l'horreur de la guerre pour eux, pour leurs familles et amis.

Le président de la République a affirmé que les dépenses supplémentaires engagées par la France n’engendreront pas une augmentation des impôts et que les financements seront trouvés mais sans préciser où !

Sans être devins, nous pouvons penser que le gouvernement ne touchera pas aux finances des entreprises, aux dividendes des actionnaires, en particulier ceux des entreprises françaises d’armement. En revanche, les
dépenses publiques, le financement des services publics, des budgets sociaux risquent de faire les frais de cette économie de guerre.

Nous exigeons que tous les moyens soient mis en œuvre pour gagner une paix juste et durable dans le respect des peuples ukrainiens et russes et des résolutions de l’ONU.

Monsieur le président, l’Union Confédérale des Retraités CGT, fidèle à ses valeurs de paix et de justice sociale, refuse que les citoyens de notre pays et de l’Europe subissent les conséquences de votre politique de va-t’en guerre.
Nous exigeons, au contraire, une réorientation des budgets de l’État pour répondre aux besoins de la population en termes de protection sociale financée par la cotisation sociale, de revalorisations des pensions et retraites,
de développement des services publics accessibles à toutes et tous sur le territoire français.

La réponse aux besoins sociaux, l’amélioration des droits des populations est aussi un gage de paix.

C’est pourquoi, l’UCR, avec sept autres organisations syndicales et associatives, appelle toutes et tous les retraité·es à agir le 20 mars 2025 sur l’ensemble du territoire pour notre protection sociale, la revalorisation immédiate des pensions et retraites de 10% et l’augmentation des Minimum Contributif (MICO) et MInimum GAranti (MIGA) de 300 €.

Et ce n’est pas fini...


 

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Siné sème sa zone.

11 Mars 2025, 15:47pm

Publié par Bernardoc

Le siècle des Lumières est hélas révolu. On est entré dans celui des Ténèbres et ça fout les jetons ! Pas seulement les attentats terroristes et leur lot inhérent d’angoisse et de pétoche, mais aussi, et peut-être surtout, la connerie noire de nos contemporains, la bêtise crasse de nos gouvernants, la complicité coupable des journalistes, l’appétit insatiable des riches, la résignation des pauvres, la disparition des partis de gauche, la capitulation des intellectuels, la généralisation de la surveillance et de la répression, la construction de murs, la pollution de l’environnement, le réchauffement climatique, la disparition complète de races animales, la publicité envahissante, le dopage des sportifs, le gaspillage généralisé...Je pense que ce monde devenu fou et de moins en moins vivable va disparaître un de ces quatre, bien qu’on ait crié gare, comme beaucoup d’autres civilisations avant lui. Je ne serai malheureusement plus là pour assister à cette apocalypse mais je ne suis pas sûr de le regretter car je ne l’imagine pas tellement comme une partie de plaisir mais plutôt comme un sacré boxon ! A la bonne vôtre les jeunes et joyeuse extinction prochaine !

Ce texte, rappelé dans l’ultime numéro de l’excellent Siné mensuel, et publié en décembre 2015 a été rédigé par Siné cinq mois avant sa mort. Il continue, hélas, d’être d’une brûlante actualité.

Et ce n’est pas fini...

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Budgets militaires ?

9 Mars 2025, 11:10am

Publié par Bernardoc

Les coupes massives des budgets d’aide publique au développement de plusieurs gouvernements européens, et plus récemment les États-Unis, ont un impact catastrophique pour les personnes que nous aidons en Afrique.

  L'annulation brutale de financement affecte les programmes d'Amref Health Africa dans 5 pays (Kenya, Tanzanie, Éthiopie, Zambie et Malawi).

Des personnes vulnérables ne peuvent plus bénéficier de services essentiels à leur santé et à leur survie. Des vies sont en danger.

200 000 femmes enceintes ne pourront pas accoucher dans une maternité équipée, avec du personnel qualifié. Elles risquent de se retrouver sans aide en cas de complication. Leur vie et celle de leur bébé est en jeu.

50 000 bébés et enfants risquent de ne pas recevoir la totalité de leurs vaccins. Ils ne seront pas protégés contre des maladies telles que la rougeole et la polio qui peuvent avoir des conséquences handicapantes à vie ou mortelles.

100 000 dépistages et tests de la tuberculose risquent de ne pas être effectués. Les taux d'infection vont monter en flèche : non traitée, une personne atteinte de tuberculose peut infecter entre 5 et 15 personnes chaque année. Des communautés entières sont menacées.

Et ce n’est pas fini

 

 

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SOS abeilles

7 Mars 2025, 09:15am

Publié par Bernardoc

Les multinationales agro-industrielles font peser une nouvelle menace grave sur les insectes pollinisateurs et la biodiversité en tentant d'imposer à Bruxelles un nouveau règlement européen autorisant la dissémination d'organismes génétiquement trafiqués, à grande échelle sur tout le territoire de l’Union européenne

 Si ce règlement était adopté : 

 > il n’y aurait plus AUCUNE évaluation des risques que ces nouveaux produits pourraient faire peser sur les abeilles et l’environnement ;

 > il n’y aurait plus AUCUN étiquetage, aucune traçabilité et donc aucun moyen pour nous, citoyens et consommateurs, de savoir si les aliments que nous achetons en magasin contiennent ces nouveaux organismes génétiquement trafiqués ;

 > il n’y aurait plus AUCUN rempart contre l’emprise des industriels de l’agrochimie et de l'agro-alimentaire sur le monde agricole : les multinationales accapareront une partie importante du monde vivant, qu'elles contrôleront en déposant des milliers de brevets chaque année.

 Tout cela, au profit d’une poignée de firmes qui engrangent déjà des bénéfices indécents sur le dos de nos agriculteurs et des citoyens - et au détriment de la liberté des consommateurs de choisir une alimentation sans OGM et sans petites magouilles génétiques !

 Mais il est encore possible de les en empêcher ! Seule une réaction puissante et générale de la société civile pourrait nous permettre de bloquer les négociations.

Grâce à votre mobilisation, et aux centaines de milliers de citoyennes et citoyens comme vous déjà engagés dans ce combat, POLLINIS se bat pour faire entendre la voix et les intérêts des citoyens et des agriculteurs...

 et forcer tous ensemble les représentants politiques à refuser l'adoption du règlement autorisant les trafics génétiques dans la nature et jusque dans nos assiettes !

Début janvier, POLLINIS a lancé une nouvelle pétition qui a déjà recueilli 78 000 signatures

Et ce n’est pas fini...

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Médecins cubains.

6 Mars 2025, 10:48am

Publié par Bernardoc

Quelle ironie alors que Cuba a montré une fois de plus sa solidarité dans le cadre de l’épidémie de COVID (58 brigades médicales cubaines ont alors apporté leur soutien dans 42 pays d’Europe, d’Amérique, d’Afrique, d’Asie et d’Océanie) et que plusieurs territoires considérés comme des « déserts médicaux » en Europe ont fait appel à cette coopération médicale (c’est le cas en Italie) ou mènent campagne pour la venue en renfort de médecins cubains (comme en France à l’instar des Côtes d’Armor et d’autres départements).

Les États-Unis vont étendre leur politique de restriction des visas liée à Cuba, qui inclura désormais la suspension des visas associés aux accords de coopération médicale internationale.

Cette mesure restreindra la délivrance de visas aux fonctionnaires, actuels ou anciens, du gouvernement cubain ainsi qu’à ceux de pays tiers, considérés comme responsables ou impliqués dans ce qui est qualifié de « programme d’exportation de main-d’œuvre cubaine » et aux personnes responsables de ce programme international de soins médicaux.

Marco RUBIO reprend les arguments de ceux qui osent accuser Cuba d’exporter une « main-d’œuvre exploitée », accusations qui visent à associer l’île à des pratiques d’« esclavage moderne » et de « traite des êtres humains ».

Le ministre cubain des Affaires étrangères, Bruno RODRIGUEZ PARRILLA, a aussitôt dénoncé cette mesure et souligné que « la décision annoncée aujourd’hui, fondée sur des mensonges et la coercition, vise à affecter les services de santé de millions de personnes à Cuba et dans le monde, au profit de groupes d’intérêts spéciaux pour lesquels Rubio garantit la dilapidation des fonds du contribuable américain ».

Pour sa part Johanna TABLADA, directrice adjointe de la Direction générale américaine du ministère a précisé que « les programmes médicaux de Cuba dans le monde étaient conformes aux programmes de coopération Sud-Sud des Nations unies, dans le cadre desquels des pays comme Cuba apportent leurs ressources humaines et d’autres pays qui ne disposent pas de ces ressources compensent par des revenus les services fournis, une partie de ces revenus allant aux travailleurs sous contrat et une autre directement au système de santé publique cubain  ».

Et ce n’est pas fini...

 

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Tous les pays (non démocratiques) ne font-ils pas pareil ?

4 Mars 2025, 11:22am

Publié par Bernardoc

in Franceinfo du 4 mars 2025
Quand l'Algérie tente de faire taire ses opposants sur le territoire français

Selon les révélations de "L'Œil du 20 heures", des opposants au régime sont approchés en France afin qu'ils partagent des informations sur les militants qu'ils côtoient et sur leurs activités, en échange d'un retour en Algérie et de l'abandon des poursuites à leur encontre.

Des manœuvres sur le sol français pour mettre la pression sur les opposants au régime, bien au-delà des campagnes sur les réseaux. C'est ce que mettrait en œuvre le pouvoir algérien, selon les révélations de "L'Œil du 20 heures", diffusé lundi 3 mars. Dans une note confidentielle, les renseignements territoriaux français confirment "l'existence d'une stratégie d'influence développée par Alger auprès de sa diaspora, qui s'appuie sur les réseaux sociaux". Mais, dans l'ombre, l'enquête de "L'Œil du 20 heures" démontre que le pouvoir algérien manœuvre également directement sur le sol français, pour neutraliser et récupérer ses opposants.

Ghilas AÏNOUCHE est algérien, opposant au régime et réfugié en France. Ce caricaturiste de 36 ans a été condamné par contumace à dix ans de prison pour "atteinte à la personne du président de la République algérien". Mais même en France, ses dessins lui valent des menaces sans ambiguïté des partisans du régime. "C'est toujours les mêmes termes. Nous sommes des harkis, des traîtres, des collabos, à la solde de la France. Ils disent qu'on est payés pour insulter l'Algérie et le peuple algérien", témoigne le dessinateur. 

Ils, ce sont "le régime et ses partisans", ajoute-t-il, tout en affirmant être régulièrement contacté par les autorités algériennes, qui lui proposent un marché : l'annulation de sa peine de prison contre un ralliement au régime. "On a déjà essayé de m'approcher pour faire sauter les dix ans de prison. On m'a appelé, mais je n'ai pas voulu me rendre à ce rendez-vous. J'ai refusé, assure-t-il. Je ne pense pas qu'il y ait un opposant que le régime n'ait pas essayé d'approcher."

Si Ghilas AÏNOUCHE n'a jamais donné suite, d'autres opposants ont voulu savoir ce qui se cachait derrière cette promesse. Trois opposants membres du MAK, le Mouvement autonomiste kabyle, classé organisation terroriste par Alger pour "atteinte à l'unité nationale", donnent rendez-vous dans un petit local parisien qui leur sert de QG. Il y a six mois, l'un d'eux a été approché, via les réseaux sociaux, par un homme qui affirmait parler au nom de l'Etat algérien, avec une proposition explicite : "Si tu veux rentrer, on peut t'aider. Ta condamnation sera effacée."

Le soir de leur rencontre avec "L'Œil du 20 heures", ils ont accepté un rendez-vous téléphonique avec leur interlocuteur, un certain Mourad A. qui affirme travailler au ministère de l'Intérieur algérien. "Un ministère puissant", ajoute-t-il. L'échange est cordial. En réponse à la question de l'un des opposants, "Pourquoi l'Algérie accepte-t-elle qu'on revienne alors qu'on a quand même trahi, qu'on est classifiés comme terroristes ?", Mourad A. l'assure : "L'Algérie n'abandonne jamais ses enfants."

Pour ceux qui acceptent, la suite se passe dans certains consulats algériens en France. Nous avons pu nous procurer l'enregistrement audio de la convocation d'un opposant. Ce document inédit révèle les méthodes d'intimidation pour retourner les voix dissidentes. Ce jour-là, l'homme est conduit vers le bureau de sécurité, un département officieux du consulat, rattaché aux services de renseignements algériens. "Cher monsieur, mettez-vous à l'aise", lui dit un homme. "Ne soyez pas stressé !". Face à lui, deux hommes en civil, dont l'un se présente comme un haut cadre du consulat.

L'échange, d'apparence cordiale, tourne rapidement à l'interrogatoire : "Qui traîne avec vous ? Quand avez-vous rejoint le mouvement ?" Puis les questions se font plus précises : "En tant que militant, vous étiez en charge de quoi ? Qui a l'ascendant ?" Comprendre : qui est le chef ? Et le ton se fait plus pressant : "Qui sont tes amis les plus proches ? Est-ce que tu sens qu'ils sont récupérables ? S'il te plaît, continue."

Les interlocuteurs quittent régulièrement la pièce et reviennent avec des documents. L'opposant découvre qu'il est déjà fiché et que ses hôtes savent tout de lui et de ses proches : "Tous ces noms, on les a, on connait tout le monde. Ce qui nous intéresse, c'est que tu t'engages à combattre ces gens."

Puis vient l'ultimatum : "Je vais te donner le papier, tu vas le signer." L'un des deux hommes tend une lettre de renonciation et d'allégeance. Dans le texte soumis à la signature de l'opposant, il est écrit noir sur blanc que celui-ci s'engage "à cesser toute activité subversive ou hostile susceptible de porter atteinte aux intérêts de [son] pays, l'Algérie, (...) à dévoiler tous les noms et plans de [son] mouvement, (...) à collaborer avec les services de renseignements algériens." Puis il se termine par "Je certifie n'avoir subi aucune sorte de pression." Si l'opposant au régime signe, on lui promet de rentrer au pays sans être inquiété. 

Contacté, le consulat algérien n'a pas répondu. Mais nous avons appelé le fameux Mourad, celui qui approche les opposants. Il l'affirme : "L'Algérie a initié une procédure pour tout Algérien égaré qui veut rentrer dans son pays. Un Algérien qui se considère algérien, il est aux côtés de son pays et il doit défendre l'Algérie face à la France." Quant aux autorités françaises, elles confient : "Alger déploie des moyens substantiels pour récupérer ses opposants. Les procédés, on les connaît. On fait savoir qu'on sait, mais ça n'est pas toujours suffisant."

Et ce n’est pas fini...

 

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