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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

Le NFP doit « tenir bon » face à Michel BARNIER

10 Septembre 2024, 10:22am

Publié par Bernardoc

In l’Humanité du 10 septembre 2024

Snobé par le président de la République pour Matignon, le Nouveau Front populaire entend s’imposer comme la principale alternative à un bloc bourgeois s’étendant de Macron à Le Pen.

En juin, Emmanuel MACRON vendait sa dissolution comme un accélérateur de « clarification »politique. C’est finalement lui, trois mois plus tard, qui l’a réalisée en refusant de nommer une personnalité de gauche à Matignon, lui préférant un élu LR adoubé par l’extrême droite. Pour mieux signifier l’emprise du RN sur cette coalition qui ne dit pas son nom, son président, Jordan BARDELLA, a même annoncé, ce week-end, placer Michel BARNIER « sous surveillance démocratique ».

La clarification d’Emmanuel MACRON pourrait donc aboutir à un système politique proche de celui d’avant 2017, avec un clivage droite-gauche net, à la différence près que le cordon sanitaire entre la droite et son extrême s’estompe…« Désormais, les choses sont claires : nous sommes la seule opposition à la politique de casse sociale qui va être menée par Michel BARNIER et son futur gouvernement puisque tous les autres le soutiennent ou l’ont adoubé, estime le sénateur PCF Ian BROSSAT. La droite et le RN devront être tenus pour responsables des politiques menées par le futur gouvernement. »

Cyniquement, et à condition de limiter les dégâts dans les mois à venir, ce nouveau bloc bourgeois peut-il devenir à terme une aubaine pour la gauche ? « Le sujet est trop grave pour se réjouir de ce cartel des droites. Mais c’est une clarification qui montre que nous sommes la seule alternative à la politique menée depuis au moins sept ans », reconnaît le député Génération.s Benjamin LUCAS, qui siège dans le groupe écologiste et social.

Déjà, à gauche, les prochaines échéances électorales, dans moins d’un an en cas de nouvelle dissolution, sont dans les têtes. Plusieurs cadres parlent de « campagne permanente » avec la nécessité de convaincre sans cesse de nouveaux électeurs, en plus de pérenniser le rassemblement entre partis. « Nous devons tenir bon et ne pas céder à la désespérance,estime Ian BROSSAT. N’oublions pas que si nous n’avions pas construit le NFP, Bardella serait à Matignon. »

« Le NFP a créé un espoir et celui-ci ne doit pas se dissiper. C’est un devoir vis-à-vis de nos électeurs de continuer à travailler ensemble », abonde le député FI Éric COQUEREL. Y compris avec le PS dans son ensemble, alors que le parti semble se diviser en deux, notamment autour d’une alliance avec la France insoumise ? « Si nous parlons du PS qui est sur la ligne Olivier FAURE, oui. C’est ce parti avec lequel nous discutons, le reste ne nous concerne pas réellement. »

Reste que, pour tenir bon face au gouvernement Barnier avant d’aller chercher les 90 sièges qui lui manquent pour atteindre la majorité absolue, le NFP pourrait évoluer. C’est en tout cas ce que souhaitent certaines personnalités échaudées par l’éclatement passé de la Nupes. « Il nous faut dépasser le stade de la coalition d’appareils, avance Benjamin LUCAS. Transformer le NFP pour qu’il soit aussi un outil démocratique, organisé sur les territoires, permettant de construire une politique commune, ce que nous n’avons pas réussi à faire avec la Nupes. » « Il y a des enjeux de structuration à l’échelle locale. On a vu dans les manifestations, samedi, qu’il y a une demande que le NFP persiste, comme représentation de la gauche unie mais aussi d’un outil qui dépasse les partis. C’est un enjeu particulièrement important pour le PS », ajoute le député socialiste Arthur DELAPORTE.

Au sein de chaque formation, la question se pose également de trouver une organisation dans laquelle chacun garde le même objectif commun. À tel point que Clémentine AUTAIN, qui a quitté la FI en juin, souhaite « structurer de bas en haut » le NFP, notamment pour réfléchir à une méthode de désignation du candidat à la présidentielle de 2027. « Lucie CASTETS est pour l’instant l’incarnation que le Nouveau Front populaire existe et est possible. Elle a un rôle à jouer », précise-t-elle également.

Les députés NFP font le serment, au moins aujourd’hui, de travailler de manière étroite à l’Assemblée nationale dont les travaux dans l’Hémicycle reprendront au plus tard le 1er octobre. Dans l’opposition, le NFP espère peser davantage que la Nupes lors de la législature précédente. Et ce dès le vote crucial du budget. « Ce sera une bataille parlementaire extrêmement importante, qui peut se terminer par une motion de censure, présente Éric COQUEREL, président de la commission des Finances. Il nous faudra donc montrer qu’une alternative existe avec un gouvernement Lucie CASTETS, ­montrer notre crédibilité à exercer le pouvoir. Cela passe par faire voter un maximum d’amendements. » Seul contre un bloc des droites en formation, le NFP entend s’imposer comme unique option pour changer de politique.

Et ce n’est pas fini...

 

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J'en fais quoi maintenant ?

9 Septembre 2024, 08:54am

Publié par Bernardoc

 

Je l'ai pas mal utilisée en pensant que ça servait à quelque chose. Force est de constater que c'est de moins en moins vrai. N'étant pas un adepte de la pêche à la ligne, que pourrai-je faire lors du prochain dimanche électoral ? Et ne me dîtes pas "faire barrage" !

Et ce n'est pas fini...

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Voter ?

7 Septembre 2024, 09:30am

Publié par Bernardoc

  Le méprisant de la République, dans le chemin qu'il trace pour le RN, ne tient pas compte du vote des Français. En attendant sa destitution, sa démission ou la prochaine dissolution dans dix mois, il nous verra souvent dans la rue pour démontrer qu'on veut encore croire à la force des urnes. A Bordeaux, c'est aujourd'hui à

11 heures à la Victoire

Et ce n'est pas fini...

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Ca y est, ils ont la réponse !

6 Septembre 2024, 11:20am

Publié par Bernardoc

  Toujours aussi pertinents les dessinateurs de Siné mensuel (ils ne sont pas encore tirés d'affaire, abonnez-vous !)

Et ce n'est pas fini...

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LES REVENDICATIONS SYNDICALES DOIVENT RAPIDEMENT GUIDER LE FUTUR GOUVERNEMENT

30 Août 2024, 08:39am

Publié par Bernardoc

Les travailleurs, étudiants, lycéens, retraités, privés d’emploi exigent la justice sociale via une juste répartition des richesses.

Pour répondre à cette exigence, cela fait 8 semaines, que la voix des urnes a clairement et sévèrement sanctionné la politique antisociale d’E. Macron.
Durant les Jeux olympiques, la vie ne s’est pas arrêtée. Il faut pouvoir dignement se nourrir, se loger, se déplacer, se soigner, étudier. Nous sommes de moins en moins à y parvenir.

Pour répondre à cette urgence sociale il faut des mesures fortes pour le monde du travail et la jeunesse. Nous n’avons pas le luxe d’attendre. Nous ne vivons pas de médailles.

Nos organisations syndicales (CGT, FO, CFDT, FSU, UNSA, SUD, FIDL, UE, UNEF) demandent des mesures à mettre en place dans les plus brefs délais, notamment :

- Abroger la réforme des retraites 2023,

- Augmenter tous les salaires, les pensions et les minima sociaux,
- Garantir l’égalité professionnelle entre les femmes et les hommes,
- Reconstruire et renforcer des services publics partout sur le territoire et revaloriser tous les personnels.

- Élaborer une politique ambitieuse pour lutter contre le changement climatique et s’engager sur la transition écologique.

- Garantir les libertés syndicales. Le syndicalisme est d’utilité publique.
-Garantir l’accès et la gratuité du service public de l’enseignement supérieur pour toutes et tous.

La feuille de route du futur gouvernement doit prioritairement intégrer ces revendications. Il devra également entendre la démocratie sociale sur tous les autres sujets et l’intérêt des travailleuses, travailleurs et de la jeunesse, porté par les organisations syndicales.

Les mesures de progrès social doivent s’imposer à toutes les entreprises et secteurs d’activité pour l’intérêt de toutes et tous. Emmanuel Macron n’a que trop joué la montre pour pouvoir continuer sa politique pourtant désavouée démocratiquement. Dans un contexte politique inédit, où le gouvernement « démissionnaire » tente d’imposer son budget et la poursuite de l’austérité, l’intersyndicale s’inscrit dans la perspective de se mobiliser pour répondre à l’urgence démocratique et sociale.

Elle invite dès à présent, à organiser syndicalement la riposte sociale sur tous les lieux de travail et d’études.


Bordeaux, le 29 août 2024

Et ce n’est pas fini...

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Réflexions économiques.

21 Août 2024, 14:25pm

Publié par Bernardoc

Ce n’est pas ma spécialité, mais après ce que j’ai entendu à la radio, je me sens aussi compétent que les « experts » invités.

Ce matin, Mathilde PANOT se fait apostropher par une cheffe d’entreprise (TPE) à propos du smic à 1 600 €, dans la lignée de « ça va relancer l’inflation ». Bonne réponse de la députée qui a parlé de la relance de l’économie par le pouvoir d’achat et du système de péréquation afin de ne pas pénaliser les PME/TPE. Elle aurait pu rappeler que chaque fois que le smic a été augmenté on nous avait prévu l’effondrement de l’économie...qui ne s’est jamais produit.

A midi, il était question de l’ISF, qui rapporte peu mais favorise, soi-disant, l’exil des ultra-riches susceptibles de voir leurs impôts réévalués à hauteur de leurs gains, comme c’est le cas pour les familles modestes et ordinaires. Il n’a pas été fait mention d’une solution, radicale je dois l’admettre, mais qui serait bonne pour la République. Si ces milliardaires refusent le consentement à l’impôt (inscrit dans la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen de 1789), ils devraient être déclarés traîtres à la patrie et leurs biens nationalisés (sans indemnité ni rachat, bien entendu). Ce ne serait pas la première fois que cela arriverait : le collaborateur Renault a subi cela à la Libération, et la RNUR a toujours été ensuite le fer de lance des avancées sociales. Le peuple français s’en est-il plaint ? Si cela se produisait à nouveau, je suis sûr que nous serions des millions à descendre dans la rue pour soutenir le gouvernement qui prendrait ces mesures et résister à l’Europe ultra-libérale dont le seul credo est le marché.

Et ce n’est pas fini...

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Rester vigilant.

7 Août 2024, 15:08pm

Publié par Bernardoc

« La seule façon d’affaiblir les fascistes est de pourvoir aux besoins des peuples »

Cette citation d’un professeur d’économie à l’université de Londres me paraît tout à fait pertinente, et elle se veut donc universelle.

Un des premiers besoins après la santé et l’alimentation est bien évidemment l’éducation, et je ne crois pas émettre une opinion biaisée, malgré mon expérience professionnelle. C’est ce que réclament les Afghanes victimes du joug des talibans, c’est ce que réclamait la jeune Malala (elle n’avait que 17 ans) en recevant le prix Nobel de la paix en 2014, et avant elle Nelson MANDELA.

Pour le moment nous sommes sous anesthésie olympique, mais bientôt il va falloir à nouveau songer à la politique française, et le président désavoué se gardera bien de rétablir une justice sociale ; il ne va quand même pas supprimer les privilèges (maintenant que le 4 août est passé) de ceux qui l’ont fait roi. Son refus de nommer au poste de Première ministre la personnalité choisie par le camp arrivé en tête lors des législatives laisse augurer d’une rentrée chaude. En effet, le peuple qui aspire à une augmentation des salaires et des pensions et à l’abandon de la dernière attaque contre les retraites ne sera pas prêt à abdiquer. Ruffin nous a donné rendez-vous le 31 août ; allons-nous attendre jusque là si notre voix est bafouée .

Et ce n’est pas fini...

 

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Georges Guingouin le « préfet du maquis » au défi des actes et de la parole

6 Août 2024, 12:14pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 6 août 2024

Le 21 août 1944, le résistant communiste Georges Guingouin, chef départemental et lieutenant-colonel des Forces françaises de l’intérieur (FFI) de la Haute-Vienne, entre dans Limoges à la tête de plusieurs milliers d’hommes, maquisards et résistants. Plutôt que d’attaquer directement la ville, il avait préféré l’encercler, exigeant la reddition de la garnison d’occupation, ayant en tête le terrible drame de Tulle, quelques jours avant.

Libéré par le maquis, le chef-lieu de la Corrèze est repris le lendemain par la division SS Das Reich : 99 hommes sont pendus au vu de tous. La même division laissera aussi derrière elle le massacre d’Oradour-sur-Glane. À Limoges, les Allemands capitulent sans que soit tiré un coup de feu. Georges Guingouin, qui signait « le préfet du maquis », surnommé « le Grand » en raison de sa taille, défile de nouveau en tête des troupes FFI, le 12 septembre.

On pense à cette autre image, à Paris, le 26 août, avec cette autre grande figure, celle de De Gaulle, qui parlera de Guingouin comme de « l’une des plus belles figures de la Résistance » et le fera compagnon de la libération, chose exceptionnelle pour un communiste. Ils furent seulement douze sur plus d’un millier, en dépit de leur rôle dans la lutte contre l’occupant.

C’est sur le sol de France et dans sa région que le jeune instituteur communiste qu’il était entre, en avril 1941, dans la clandestinité, vivant dans les bois, dans des cabanes ou des maisons inhabitées. En janvier, il avait commencé à publier, malgré l’interdiction du Parti communiste, un journal, le Travailleur limousin. En février, il avait échappé de peu à la police.

Né en 1913, il n’a pas connu son père, sous-officier mort dès les premières semaines de la guerre, le 28 août 1914. Sa mère est directrice d’école primaire et il deviendra lui-même instituteur. Il a été le seul élève de l’école normale, en 1934, à participer à la grève du 12 février en réaction aux émeutes fascistes du 6. Il adhère au Parti communiste français en 1935 et y prend rapidement des responsabilités.

La guerre change la donne. Mobilisé, blessé, il fuit de justesse, essuyant des tirs, l’hôpital de Moulins. Il s’efforce alors de regrouper les militants du parti, désormais interdit. Dès août 1940, il rédige un « appel à la lutte armée contre l’occupant ». Dès lors, il va rassembler autour de lui. Et avec ses groupes armés, il va multiplier les sabotages d’usines produisant pour les Allemands, de voies de communication, tout en se souciant dans le même temps du prix du blé et de l’approvisionnement de la population.

Avec le Service du travail obligatoire, que fuient de nombreux jeunes, le maquis ne cesse de s’agrandir. Il compte bientôt plus de 8 000 hommes armés. Le Débarquement, le 6 juin, va précipiter leur action. Le 9 juin, ils capturent un officier SS de la division Das Reich, retardée de ce fait de trois jours. Eisenhower lui-même dira que ce retard a été précieux pour maintenir la tête de pont alliée. Début juillet, au mont Gargan, ils mènent une véritable bataille rangée contre une brigade allemande.

Limoges est libérée. Georges Guingouin en sera maire de 1945 à 1947. Mais, rétif à certaines directives du PCF, il fait l’objet d’accusations infondées, absurdes : on l’accuse d’accepter sans protester les éloges de la presse américaine ; il est soupçonné de détournement d’argent, de travail politique fractionnel, etc. Malgré l’opposition de ses proches camarades, il est exclu du parti en 1952.

Quelques années plus tard, victime d’accusations iniques d’assassinat lancées par d’anciens collaborateurs, il sera un temps emprisonné, violemment agressé et presque laissé pour mort dans sa cellule avant d’être totalement innocenté. La campagne menée en sa faveur au sein du PCF, avec l‘aide du secrétaire de la fédération de Haute-Vienne Christian Audoin, prendra du temps.

En 1998, Robert Hue, alors secrétaire national du PCF, lui écrit : « Nous mesurons le tort qui vous a été fait. » Georges Guingouin avait confié au journaliste de l’Humanité Hebdo Jack Dion : « Je souhaite que les paroles entrent dans la vie. C’est un énorme défi. Toute ma vie, j’ai souffert de la rupture entre les paroles et les actes, au détriment de l’idéal. » Mort en 2005, il avait relevé le défi.

Et ce n’est pas fini...

 

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Filippo Grandi décoré des Lauriers olympiques

5 Août 2024, 14:51pm

Publié par Bernardoc

Durant la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de Paris, vendredi 26 juillet, Filippo Grandi, Haut Commissaire des Nations Unies pour les réfugiés, s’est vu remettre les Lauriers olympiques.

Cette distinction, créée par l'institution olympique, met à l'honneur une personnalité de premier plan pour sa contribution exceptionnelle dans les domaines de l’éducation, de la culture, du développement et de la paix par le sport. Elle vient récompenser le travail de M. Grandi et du HCR pour faire reconnaître le rôle crucial que le sport peut jouer dans le bien-être physique et mental des personnes réfugiées.

« Le sport est un symbole d'espoir et de paix , deux éléments qui font malheureusement défaut dans le monde actuellement », a déclaré M. Grandi.

« Je suis fier de recevoir cette distinction au nom de mes collègues du HCR et des millions de personnes qui ont été forcées de fuir leur foyer. L'équipe olympique des réfugiés est un symbole d'espoir et une source d'inspiration pour les réfugiés du monde entier.

Ces athlètes sont la preuve de ce qu'il est possible d'accomplir lorsque leur talent est reconnu et valorisé, et lorsqu'ils ont la possibilité de s'entraîner et de concourir aux côtés des meilleurs », a en outre affirmé Filippo Grandi.

Et ce n’est pas fini...

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Eau et terre : luttes paysannes contre l'accaparement capitaliste

29 Juillet 2024, 14:44pm

Publié par Bernardoc

                                                                                                  |Juillet 2024

Du 14 au 21 juillet, dans la vallée de l’Argentière aux abords du marais poitevin, près de 30 000 personnes ont habité et fait vivre le Village de l’eau, au rythme des formations, tables rondes, ateliers et assemblées, soirées-concert et projections. Partie prenante de l’organisation de ce programme, l’équipe de la Fondation Danielle Mitterrand a contribué à construire le fil des échanges que nous avons tissés pendant cette semaine. Des méga-bassines aux sources agro-industrielles de l’accaparement de l’eau ; de la construction politique de la sécheresse dans le marais poitevin à celles d’Espagne ou du Chili ; de l'utilisation de l'eau comme arme de guerre au Rojava et en Palestine aux alternatives paysannes et hydrauliques en Inde ; de la souveraineté alimentaire au Brésil comme en France : nous avons mis au jour, ensemble, comment la domination capitaliste et coloniale opère aussi par la maîtrise de la manière dont l’eau, clé de voûte du pouvoir, circule sur un territoire.

Et la question de la terre et de son usage est bien souvent au cœur de ces enjeux : la demande de moratoire sur les méga-bassines, la suspension immédiate des chantiers en cours, et l’abandon des projets d’accaparement de l’eau ne sont qu’une étape de notre lutte. Pour remonter à la source des dynamiques de son accaparement, il faut pointer du doigt le complexe agro-industriel, les multinationales et les sociétés capitalistes qui accaparent l’eau, la terre et la valeur du travail paysan. Pour déjouer l’artificielle opposition entre « agriculteurs » et « écologistes », et tenter de retrouver la voie d’un dialogue, il faut montrer que les irrigants sont bien peu de choses à côté des grosses sociétés qui les exploitent et les enserrent dans une dépendance économique et technique. Tandis que les revenus des agriculteurs se réduisent à peau de chagrin, partout dans le monde, et que la hausse fulgurante du prix des aliments de base enfonce de nombreuses personnes dans l’insécurité alimentaire, les profits spéculatifs de ces multinationales explosent. La chaîne de spéculations qui converge au port de La Rochelle, où de nombreuses personnes ont massivement convergé samedi, est l'une des expressions de ce modèle extractiviste et colonial qui renforce l'enrichissement d'une élite financière : on y importe la richesse des nations du Sud et on y exporte leur dépendance, mettant en péril la souveraineté alimentaire ici et là-bas.

Comment construire un internationalisme paysan pour retrouver la voie de notre autonomie alimentaire ? Comment les mouvements sociaux et environnementaux se saisissent-ils de cette problématique de la terre, en différents endroits d'Europe ? Quelles alternatives paysannes et communautaires pour une autre gestion de l'eau ? De la (re)découverte des johads en Inde à la création d'un laboratoire de sciences au service des luttes écologistes en passant par les propositions concrètes de mesures pour contrer les accords de libre-échange et promouvoir la souveraineté alimentaire des peuples, des initiatives inspirantes existent d'ores et déjà !

A travers les “Nouvelles des utopies en résistance”, la Fondation Danielle Mitterrand propose de mettre en lumière la diversité et la puissance des alternatives radicales. Pour contribuer à tisser un maillage entre ces utopies “concrètes” et toutes les luttes qui, partout sur la planète, se soulèvent pour qu'adviennent justice sociale, démocratie réelle et soin pour les vivants.

Et ce n’est pas fini...

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