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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

L’infamie.

30 Janvier 2026, 11:26am

Publié par Bernardoc

In Les Jours du 27 janvier 2026 (extraits)

Le constat dressé par la CGT-Conseil d’État-Cour nationale du droit d’asile (CGT-CE-CNDA) est sans appel : « La majorité des agents sont témoins, lors des audiences, des propos de nature discriminatoire tenus par les membres de la formation de jugement, lesquels créent un doute sérieux sur l’impartialité de ces derniers pour rendre des décisions sur la situation des demandeurs et demandeuses d’asile. » Cet état des lieux préoccupant provient d’un rapport du syndicat portant sur le déroulement des audiences à la Cour nationale du droit d’asile, la CNDA, et que Les Jours se sont procuré. Ce document de 45 pages a été transmis aux agents de la Cour et rend compte de leurs réponses à un questionnaire diffusé entre le 15 juillet et le 15 septembre 2025. Au total, 288 d’entre eux, notamment secrétaires d’audience ou rapporteurs, se sont prêtés à cet exercice, dont 168 ont répondu de façon complète et 120 de manière incomplète. Et la violence des propos comme des situations dont ils témoignent paraît effarante, à l’image du niveau de leur souffrance au travail.

Des déclarations racistes entendues durant l’audience illustrent ces discriminations qui seraient perpétrées par des « membres de formations de jugement », composée de juges assesseurs et des magistrats professionnels, statuant sur le sort des demandeurs d’asile déboutés par l’Ofpra, l’Office français de protection des réfugiés et apatrides. Florilège reproduit par la CGT : « Avant de protéger un Afghan, il faut être sûr qu’il ne fera pas d’attaque au couteau » ; « J’espère qu’il ne va pas nous poser une bombe » ; « Vous avez envie de l’avoir comme voisin ? » ; « S’il est mauritanien, il est forcément pour l’excision » ; « Une femme noire sans enfants, ce n’est pas possible » ; « Les Africains, c’est des sauvages »

À cela s’ajoutent des propos qui auraient été tenus par des juges que les auteurs du rapport qualifient de « méprisants et colonialistes ». Et pour cause : « Des Somaliens, j’en ai tué moi quand j’étais dans l’armée » ; « Je connais mal l’âme africaine, mais la tradition a bon dos » ; « Je sais que ça ne se passe pas comme ça là-bas, j’y ai travaillé quelques mois » ; « Le droit d’asile n’a pas été créé pour offrir un droit de séjour aux prostituées africaines »…

Le sexisme ne serait pas en reste lors des audiences de cette cour située à Montreuil, en Seine-Saint-Denis. Les phrases suivantes auraient, elles, été prononcées à l’adresse de demandeuses d’asile : « Comment avez-vous pu, en tant que mère, laisser vos enfants derrière vous ? » ; « Si vous vous préoccupez du sort des enfants, pourquoi avez-vous avorté ? » ; « Pourquoi ne vous êtes-vous pas débattue pour éviter d’être violée ? ». Dans un contexte de violences conjugales, une femme se serait vu reprocher sa passivité : « Même un chien ça ne reste pas dix ans avec son maître quand il se fait taper. »

Certaines requérantes, victimes de réseaux de traite d’humains, auraient fait l’objet de remarques désobligeantes sur leur physique : « trop moches », « trop usées » ; « Qui voudrait la violer, elle est aussi vieille qu’un parchemin » ; « On va bientôt créer le groupe social des femmes du 93 ». Il arriverait que, lorsque les enfants des requérantes sont présents, ces derniers soient exposés aux récits traumatisants de leurs parents. En pleine salle d’audience, un juge assesseur aurait demandé à une mère accompagnée de son fils de 4 ans : « Qui est le père de l’enfant ? » Cette dernière se serait effondrée. Toujours d’après la CGT, des membres de formations de jugement refuseraient à des demandeuses d’asile d’allaiter : « Si on autorise l’allaitement en salle d’audience, on va finir par autoriser à fumer un pétard », aurait asséné l’un des juges.

Le rapport de la CGT-CE-CNDA fait également état d’une homophobie décomplexée de la part de juges ou magistrats lors des audiences. Là-encore, les phrases reproduites paraissent tout droit sorties d’un autre temps : « Vous êtes quel type de gay ? » ; « Les pédés, au moins, ils ne se reproduisent pas » ; « Vous aimez juste prendre des gens par le cul » ; « Tous les homosexuels aiment danser en Afrique » ; « Moi aussi si je dormais dans la même pièce qu’un homosexuel, je ne serais pas tranquille ». L’enquête du syndicat ne précise pas à combien de juges de la CNDA différents sont attribués ces propos, ni sur quelle période ils auraient été tenus. Joints par Les Jours, les auteurs du rapport précisent toutefois que « c’est une expérience largement partagée » par les agents, « y compris depuis l’ouverture récente des chambres territoriales ».

En réaction, le syndicat pointe dans son compte-rendu une « absence d’empathie et [un] manque de respect des requérants en audience et lors des délibérés », ainsi qu’un « manque de compétences juridiques lié au profil varié des juges ». Parmi ceux-là, selon la CGT, certains feraient preuve « parfois d’une volonté de piéger ou de mettre en difficulté les requérants ».

Des rapporteurs parlent enfin d’atteintes « déontologiques ». Le document mentionne par exemple le « signalement d’une pression hiérarchique directe exercée sur un rapporteur pour modifier un rapport avant audience », ce qui est parfaitement illégal. D’autres répondants parlent de « cas de décisions parfois rendues de façon arbitraire ou fondées sur des préjugés “à la tête du client” » qui, d’après le compte-rendu du syndicat, conduiraient à « des comportements déshumanisants » et fragiliseraient « l’unification de la jurisprudence de la CNDA ». Autre témoignage particulièrement inquiétant : un agent confie avoir surpris un membre de formation de jugement en train, durant une audience, « de photographier des passeports pour les transmettre à la préfecture dans le but d’ordonner une OQTF » , une obligation de quitter le territoire français.

L’enquête fait également état d’un mal-être au travail chez les agents de la CNDA, confrontés aux récits difficiles des requérants et accablés par des audiences à rallonge

Toutes ces situations pourraient avoir de graves conséquences selon la CGT : « Les membres des formations de jugement profitent de la liberté que leur offre le secret du délibéré […] pour délivrer le fruit d’une réflexion nourrie par des stéréotypes racistes, sexistes ou LGBTphobes. » Les six recommandations de la CGT sur ces points sont tout aussi claires que ses constats : « former les juges sur le droit d’asile, la géopolitique, l’accueil des récits de souffrance, les VSS [violences sexistes et sexuelles], les discriminations, l’interculturalité et la déontologie », créer une « charte d’audience déontologique, affichée dans chaque salle d’audience » ou encore un « poste de référent déontologique propre à la CNDA ».

Outre ces multiples situations discriminatoires, l’enquête fait état d’un véritable mal-être au travail chez des agents confrontés aux récits difficiles des requérants et accablés par des audiences à rallonge ou des pauses méridiennes « rognées ». Les mots qui reviennent le plus fréquemment dans les témoignages sont « fatigue », « pleurs », « insomnie », « tristesse », « découragements ». Près de sept répondants sur dix (68 %) indiquent que les audiences ont déjà eu des « répercussions » sur leur santé mentale ou physique.

« La spécificité des fonctions exercées à la Cour nécessite un réel accompagnement des agents, qui doivent être formés à accueillir les récits de souffrance et bénéficier d’un accompagnement psychologique renforcé », souligne la CGT, qui écrit trouver « intolérable » que le mal-être des petites mains de la CNDA procède de « comportement méprisant et irrespectueux de certains membres de formation de jugement envers les requérants et de leur impuissance face à ces situations qui se produisent très régulièrement ».

Près de trois répondants sur dix (27 %) auraient eux-mêmes fait l’objet « de propos déplacés, agressifs ou de nature discriminatoire lors d’une audience » et 15 % de ceux-là indiquent que « le/la président·e de la formation de jugement était à l’origine de [ces] propos ». La CGT propose sept recommandations pour pallier ce mal-être, telles qu’une « évaluation sur le déroulement des audiences dans les chambres territoriales », un meilleur « encadrement » du temps de l’audience, une « réduction de la charge de travail », un « système d’alerte » ou encore « un appui psychologique ».

La nouvelle direction de la CNDA aurait, quant à elle, été « alertée » par le syndicat dès octobre 2025 concernant la teneur des réactions recueillies. Cette dernière a alors déclaré « vouloir s’occuper de ces difficultés », nous font savoir les auteurs du rapport qui précisent que « des juges ont déjà été reçus et démis de leurs fonctions lorsque des propos tenus publiquement ont été de nature à remettre en cause leur impartialité en tant que juges de l’asile. D’autres ont été reçus pour faire le point sur leur questionnement lorsque celui-ci n’est pas adapté à la situation de vulnérabilité des demandeurs d’asile ». Un groupe de travail aurait également été mis en place. « Nous saluons ces actions et ces annonces », précisent les membres de la CGT-CE-CNDA. Avant de nuancer : « C’est toute la culture de l’institution qui doit changer. » Et de conclure : « La souveraineté des formations de jugement, qui implique leur liberté de questionnement, ne doit pas servir d’excuse pour se laisser aller à des propos brutaux ou discriminatoires. »

Et ce n’est pas fini...

 

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Un intéressant outil de mesure.

29 Janvier 2026, 16:34pm

Publié par Bernardoc

Et ce n'est pas fini...

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Le cri d’alarme de la Cimade

28 Janvier 2026, 11:25am

Publié par Bernardoc

Il y a deux ans, la loi asile et immigration dite loi Darmanin (janvier 2024) et, un an plus tard, la circulaire prise par Bruno RETAILLEAU alors ministre de l’Intérieur (janvier 2025), marquaient un cap supplémentaire en matière de graves atteintes aux droits des personnes étrangères.  

Sous couvert de "fermeté", ces textes consacrent la primauté de l’arbitraire de l’administration, au service de politiques migratoires dont la seule boussole semble être devenue l’assimilation des personnes étrangères à des indésirables. Le tout dans un contexte politique et médiatique où règne la suspicion à l’égard des personnes exilées, et où la restriction sans précédent des voies de régularisation s'impose avec, en parallèle, une criminalisation croissante des personnes étrangères.

Deux ans après, les équipes de La Cimade font un bilan particulièrement alarmant des effets délétères de ces textes sur la vie des personnes étrangères.  

Des vies brisées : en 2025, 46 parents d’enfants français et 20 personnes arrivées mineures en France ont été placées en centre de rétention administrative rien qu’à Rennes et en Guyane. Combien d’autres, invisibles, ont subi et subiront le même sort ?

Des régularisations devenues mission impossible : les critères d'appréciations sont si restrictifs qu'ils excluent la majorité des personnes sans papiers, même si elles travaillent en France depuis plusieurs années.

Ces lois ne ciblent pas des "statistiques", mais des personnes réelles bien vivantes : des voisins, des collègues, des parents d’élèves et bien d’autres encore. Certains même travaillent depuis des années. Pourtant, l’État persiste à les traiter comme des indésirables, au mépris des conventions internationales et des valeurs de la France que sont la solidarité, l’accueil et le respect des droits humains. 

Et ce n’est pas fini...

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Les municipales (suite).

27 Janvier 2026, 10:12am

Publié par Bernardoc

Deuxième grande distribution dans les boîtes aux lettres : pas un programme mais la tête des candidats qui (re)partent avec la maire sortante. On peut remarquer l’absence de l’ancien premier adjoint au bout de trois mandats au service de la commune (il avait été élu comme conseiller délégué en même temps que moi).

35 candidats : 10 socialistes ou apparentés, LE communiste du Haillan (qui portait les couleurs radicales de gauche lors du précédent scrutin), l’écolo, et un « insoumis » (représentativité de ce courant divisée par deux par rapport à la municipalité sortante).

Deux septuagénaires, le plus vieux ayant mon âge, et neuf qui atteindront leur septième dizaine, et bien au-delà, d’ici la fin du mandat : pas besoin de prévoir un conseil des anciens, ils y sont déjà !

Je ne connais personnellement que 16 candidats, donc, attendons le programme pour voir ce qu’il contiendra, car ce n’est pas le portrait qui suffit pour susciter un vote.

Et ce n’est pas fini...

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Comment le syndicalisme est devenu un contre-pouvoir à abattre pour les libéraux

26 Janvier 2026, 19:18pm

Publié par Bernardoc

In L’Humatinale du 26 janvier 2026

Le mouvement social unitaire de 2023 a permis aux confédérations de revenir au centre du jeu, malgré les ordonnances Macron et la brutale politique de l’offre depuis 2017. Une position à laquelle des cercles gravitant autour du patronat entendent mettre un terme, au risque de priver les centrales de leur rôle historique dans notre démocratie.

En cette fin janvier, les syndicats font face à une double lame de fond. D’un côté, deux propositions de loi, l’une visant à autoriser le travail le 1erMai pour 1,5 million de salariés et l’autre à restreindre le droit de grève dans les transports, étaient déposées dans la niche des députés LR le 22 janvier, avec le soutien de l’extrême droite et des macronistes. Faute de temps, ces textes adoptés par le Sénat n’ont pu être débattus par l’Assemblée nationale.

De l’autre côté, la sortie d’un livre explosif, Sauver la démocratie sociale (Calmann-Lévy), dont les propositions visent à priver les syndicats de leur rôle de contre-pouvoir. Ses trois auteurs, l’économiste Gibert CETTE, le sociologue Guy GROUX et l’éditeur Richard ROBERT, ancien responsable de la revue Cadres CFDT, entendent notamment interdire aux centrales le droit d’appeler à des mobilisations nationales contre une réforme durant les débats parlementaires.

Et les fachos ne sont pas encore officiellement au pouvoir !

Et ce n’est pas fini...

 

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Les municipales approchent.

25 Janvier 2026, 19:31pm

Publié par Bernardoc

Dans notre boîte aux lettres hier nous avons trouvé le programme détaillé d’un des candidats, le député que nous avons mis à la retraite il y a 18 mois, sans attendre les 64 ans pour lesquels il avait milité et qu’il avait voté par défaut en ne censurant pas le gouvernement de ses copains lors du 49.3.

Format A2 plié en 4 sur papier glacé, sans faute d’orthographe cette fois, avec sa tête sur la première page : il y a des sous derrière !

D’abord une analyse sans concession, mais hélas assez réaliste intitulée : « Le triste bilan de l’équipe sortante ».

Ensuite, 4 thèmes :

- pour que nos enfants réussissent ;

- pour que ceux qui font soient reconnus ;

- pour préserver votre cadre de vie et votre sécurité ;

- pour un lien social plus fort.

Des choses intéressantes : des rues Samuel PATY et Dominique BERNARD (belles initiatives républicaines qui changeront un peu de l’obsession de ne nommer que des femmes) ; plantation d’un arbre de la laïcité (ça aurait eu quand même plus de gueule si on avait fait cela pour célébrer les 120 ans de la loi de 1905).

Création d’un conseil des aînés (comme une autre liste).

Installer (pardon, envisager) une cuisine centrale.

Augmenter de 10 % les subventions aux associations.

Planter un arbre à chaque naissance.

D’autres choses beaucoup plus contestables :

Transformer le conseil municipal des enfants en conseil municipal des jeunes (jusqu’à 14 ans) : c’est ignorer que la commune n’est responsable que des écoles primaires ; au-delà c’est le conseil départemental qui fait élire des conseillers départementaux jeunes dans les collèges (exemple : Myriam El Khomri).

Réviser carte scolaire et dérogations : qu’est-ce qu’il se cache derrière ceci ? Les dérogations sont de toute façon à bannir : elles encouragent le séparatisme scolaire et sapent donc les valeurs de la République.

Armer la police municipale : c’est elle qui l’a demandé ?

Soutenir les consultations d’urgence (privées avec dépassement d’honoraires) : non merci ; plutôt effectivement privilégier les maisons de santé avec médecins et para-médicaux salariés de secteur 1.

Voilà quelques points que j’ai relevés. Ce sont des promesses qui n’engagent que ceux qui les lisent (comme disait Pasqua). Mais quand on voit tout le mal dont l’ancien député s’est rendu coupable par ses votes à l’Assemblée, en particulier les nombreuses attaques dont nous, les retraités, avons été victimes, la méfiance est de mise.

Et ce n’est pas fini...

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Drôle de ruissellement.

23 Janvier 2026, 17:18pm

Publié par Bernardoc

Livret A : pour la première fois, les retraits ont dépassé les dépôts

Je suis étonné que ce soit la première fois. Il y a bien longtemps que c’est le cas pour moi. Pas depuis que je suis retraité, car je m’y étais préparé, mais depuis que la majorité des électeurs a choisi, et par deux fois ! d’élire Macron à ce qu’il est convenu d’appeler la magistrature suprême. Car depuis 2017 effectivement les retraités sont la cible privilégiée des gouvernements de droite extrême qui se sont succédé.

Ça a commencé par l’augmentation de plus de 20 % de la CSG (création de Rocard faut-il le rappeler?) : cette augmentation représente le double de ce que j’avais l’habitude de donner aux associations. La plupart ont cessé de me solliciter après les explications que je leur avais données à l’époque.

Mais malgré cela, par deux fois depuis 2017 je me suis retrouvé dans le rouge, ce qui ne m’était jamais arrivé depuis mon premier salaire annuel en 1968. Les fois où j’y ai échappé, c’est parce que je pompais sur mon livret A. Inutile de dire qu’il a atteint son étiage. Je contribue donc fort peu à la création d’HLM, mais je refuse de me sentir responsable de tous les sans abris. Oh mais là je déconne, il n’y en a plus depuis le 31 décembre 2017. Ah bon ? Il y en a encore ? Le président nous aurait menti ? Je ne peux y croire.

Et ce n’est pas fini...

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Avant de s’intéresser au Groenland, quand les États-Unis convoitaient Saint-Pierre-et-Miquelon

22 Janvier 2026, 14:45pm

Publié par Bernardoc

In La Croix du 22 janvier 2026 (extraits)

Le sort de Saint-Pierre-et-Miquelon suscite des inquiétudes. Dans une lettre à Emmanuel MACRON consultée par l’AFP mercredi 21 janvier, la sénatrice Annick GIRARDIN alerte sur un « abandon manifeste » de la souveraineté française sur ce territoire situé au large de Terre-Neuve.

L’ancienne ministre des outre-mer révèle qu’une partie de l’espace aérien tricolore situé au-dessus de l’archipel pourrait être confiée au Canada « pour des motifs présentés comme essentiellement administratifs et techniques ». Une telle décision enverrait « un signal incompréhensible » de « renoncement de la France à l’exercice plein de ses droits souverains dans la zone », dénonce l’élue.

À l’heure où Donald TRUMP ne cesse d’afficher son intérêt pour le Groenland, la décision française a de quoi surprendre. Saint-Pierre-et-Miquelon ne se situe qu’à quelques centaines de kilomètres du territoire autonome danois, et bénéficie d’un statut similaire. Surtout, l’unique territoire français d’Amérique du Nord a déjà suscité les convoitises de Washington.

Jean-Noël BARROT a rappelé cet épisode de la Seconde Guerre mondiale lors d’un discours à l’Institut de France, lundi 19 janvier. Le ministre des affaires étrangères a salué « le courage de l’amiral Muselier, envoyé par le général de Gaulle en 1941 pour protéger Saint-Pierre-et-Miquelon contre l’appétit des États-Unis de Roosevelt qui menaçaient de s’en emparer pour des questions de sécurité nationale ».

À l’époque, le continent américain vient de basculer dans la guerre avec l’attaque du Japon sur Pearl Harbor, le 7 décembre 1941. L’archipel français, alors sous l’autorité du gouvernement de Vichy, intéresse Washington : le territoire constitue un avant-poste stratégique à l’entrée du Saint-Laurent, et abrite une station des câbles télégraphiques traversant l’Atlantique.

Dans la nuit du 24 décembre 1941, « l’amiral Muselier reprit le contrôle de l’archipel – qui fut le premier territoire libéré par la France libre – à la faveur d’une manœuvre militaire entrée dans les annales », a souligné Jean-Noël BARROT dans son discours. En pleine nuit de Noël, trois navires ornés de croix de Lorraine débarquent dans le port de Saint-Pierre-et-Miquelon. Les Forces françaises libres parviennent à prendre le contrôle du territoire en seulement quelques heures, et sans tirer un coup de feu.

Dans la foulée, l’amiral Muselier organise un référendum demandant aux électeurs s’ils veulent se rallier à la Résistance ou rejoindre les forces de l’Axe. La première option recueille 98 % des suffrages exprimés. Sur le territoire, les Forces françaises libres ne font toutefois pas l’unanimité : le préfet apostolique, Mgr Poisson, les considère comme des forces d’occupation, tandis que certains voient d’un mauvais œil l’arrestation de notables locaux pour des motifs indéterminés.

Mais c’est à l’étranger que le débarquement à Saint-Pierre-et-Miquelon suscite les critiques les plus virulentes. Fidèles à la doctrine Monroe, les Américains ne supportent pas d’être contestés dans leur zone d’influence par les Européens, même lorsqu’il s’agit des Alliés. Le président Roosevelt rappelle d’urgence son secrétaire d’État, Cordell HULL, et fait publier un communiqué pointant du doigt les « so-called free French ships » (les navires français soi-disant libres).

Pas de quoi effrayer Charles de Gaulle. À Londres, le général se montre intransigeant, rappelle l’essayiste Raphaël LLORCA, interrogé par Le Figaro : « Dans ses Mémoires, il rapporte un échange avec Anthony EDEN. Le ministre britannique l’informe que les Américains envisagent d’envoyer trois destroyers dans les eaux territoriales de l’archipel. De Gaulle répond : “S’ils franchissent la limite, nos navires feront les sommations d’usage.” Eden : “Et s’ils passent outre ?”. De Gaulle : “Ce serait un grand malheur, mais les nôtres devraient tirer” ».

Grâce au référendum ayant donné aux Forces françaises libres une légitimité démocratique, le général parvient à défendre le petit archipel face aux appétits américains. « Et, de fait, Saint-Pierre-et-Miquelon resta un territoire français et le restera toujours », a résumé Jean-Noël BARROT lors de son discours du 19 janvier, avant de conclure son anecdote ainsi : « Toute ressemblance avec des personnes ou des faits existants ne saurait être que fortuite… ».

Et ce n’est pas fini...

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Anastasie

20 Janvier 2026, 14:10pm

Publié par Bernardoc

Par leurs politiques de limitation des contenus à caractère politique ou social, des plateformes en ligne telles que Facebook et Instagram, appartenant à Meta, censurent délibérément des associations comme la nôtre.
Défense des droits LGBTI+, guerre en Ukraine, avortement, liberté d’expression et de la presse aux États-Unis sous Donald Trump…, une part importante des sujets que nous abordons en ligne est rejetée par Meta qui les jugent « non conformes ».

Ces restrictions sont loin d’être anodines : elles réduisent considérablement notre capacité à informer, mobiliser et défendre les droits humains, entravent la diffusion de nos messages et limitent nos possibilités de financement. À terme, elles mettent en péril la poursuite même de nos actions.
Jamais nous ne nous laisserons museler par qui que ce soit : et si cela est possible, c’est grâce aux membres d’Amnesty International.

Et ce n’est pas fini...
 

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Déclaration de la Commission Exécutive Confédérale de la CGT du 13 janvier 2026 à l’attention de Jean-Luc Mélenchon

19 Janvier 2026, 17:49pm

Publié par Bernardoc

M. Mélenchon,
                       C’est avec stupéfaction que nous avons découvert votre réaction sur les réseaux sociaux le 3 janvier dernier :
« En désaccord formel avec la déclaration de Sophie BINET au nom de la CGT dénonçant les violations des droits de l'homme sous l'autorité de Maduro et abandonnant l'exigence de la libération immédiate du président vénézuélien. Je serai à Lyon au rassemblement pour affirmer notre soutien aux droits inaliénables du peuple vénézuélien et de ses institutions. ».
D’abord, nous ne comprenons pas de quoi il s’agit. Sophie BINET n’a fait aucune déclaration. Sa seule réaction a été de condamner très fermement sur les réseaux sociaux l’agression américaine en relayant la position de la Confédération Syndicale Internationale à laquelle la CGT est affiliée, qui exige notamment la libération de Nicolás MADURO. Quant à la CGT nous avons réagi dès samedi 3 janvier midi par un communiqué court et ferme.
La déclaration à laquelle vous faites référence est donc probablement la déclaration unitaire signée par 25 organisations appelant à manifester samedi 10 janvier à laquelle la CGT a contribué, considérant que dans une situation aussi grave la priorité est au rassemblement le plus large possible pour dénoncer l’agression américaine. Votre mouvement était associé à ce cadre de discussion et jusqu’au bout nous nous sommes battus pour que vous puissiez signer en faisant en sorte que la déclaration soit un texte de compromis. Elle ne comporte donc pas 2 revendications portées par la CGT mais qui ne faisaient pas consensus : la libération des prisonniers politiques parmi lesquels figurent des dizaines de syndicalistes et la libération de Nicolás MADURO.
Sur le fond, la position de la CGT est constante. Nous soutenons les travailleurs et les travailleuses, pas les régimes. À la demande de nombre de nos camarades syndicalistes
vénézuéliens, la CGT a toujours dénoncé les sanctions impérialistes contre le Venezuela, mais aussi les remises en cause des libertés et des droits des travailleurs et son éloignement des idéaux de la révolution Bolivarienne notamment depuis 2024.
Votre attaque contre la CGT et contre notre secrétaire générale est non seulement infondée mais aussi totalement scandaleuse dans sa démarche.
Alors que l’extrême droite est plus que jamais aux portes du pouvoir et mène une offensive mondiale contre la démocratie, chaque dirigeant progressiste devrait chercher à rassembler, en respectant les organisations syndicales et les autres mouvements progressistes et non à cultiver les clivages et à semer la division. C'est ce que nous nous honorons d'avoir encore fait, par exemple samedi 10 janvier en permettant à LFI de prendre la parole lors du rassemblement unitaire parisien, bien que votre mouvement ne soit pas signataire du texte unitaire.
La CGT, ses organisations, ses militantes et militants sont plus que jamais déterminés à protéger l'indépendance de notre syndicat contre les attaques et toutes les formes d'ingérence. Le respect de notre indépendance, principe intangible de notre syndicalisme de masse et de classe, est la condition indispensable à des relations normales entre la CGT et toute organisation politique.
Votre remise en cause personnelle et publique de notre secrétaire générale, ce alors qu’elle n’a fait aucune déclaration, relève à contrario d’une tentative grossière de mise en opposition et de déstabilisation de notre organisation à la veille de son 54è congrès.
Ce n’est malheureusement pas la première fois que nous sommes contraints de vous rappeler les principes de l’indépendance syndicale, mais il est encore temps pour vous et votre mouvement de choisir la voie du respect du rôle des organisations syndicales, seule voie menant au dialogue et au travail en commun particulièrement essentiels dans cette période de basculement.

Montreuil, le 13 janvier 2026
La Direction Confédérale

Et ce n'est pas fini...

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