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Le blog de Bernard SARLANDIE

politique

Jean Quatremer et Raphaël Enthoven visés par une plainte pour harcèlement moral envers un syndicaliste CGT de France Télévisions

14 Juin 2026, 20:50pm

Publié par Bernardoc

In L’Humanité du 11 juin 2026 (extraits)

Le journaliste de Libération Jean QUATREMER, le philosophe et polémiste Raphaël ENTHOVEN ainsi que la personne derrière le compte X Swords of Salomon sont visés par une plainte déposée le 19 décembre 2025 par les syndicats SNRT-CGT, SNJ-CGT et le délégué central de la CGT-France Télévisions, Pierre MOUCHEL pour harcèlement moral aggravé. Ils sont accusés d’avoir jeté en pâture sur les réseaux sociaux le nom du délégué central de la CGT-France Télévisions Pierre MOUCHEL, auteur d’un communiqué dénonçant le traitement éditorial de France 3 sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

La plainte, consultée par l’Humanité, reproche aux trois hommes d’avoir déclenché et amplifié le cyberharcèlement du syndicaliste, suite à un communiqué de la CGT-France Télévisions dénonçant le traitement éditorial de France 3 Île-de-France sur les commémorations du 7 octobre en 2025.

Dans ce communiqué daté le 13 octobre 2025, le syndicat reprochait à la rédaction de France Télévisions d’avoir publié un article partial, reprenant sans discernement le point de vue du CRIF, le tout sans contextualisation ni pluralisme suffisant.

Il n’en fallait pas plus pour que des soutiens zélés du gouvernement israélien réagissent sur le réseau social X et s’attaquent à l’auteur du texte. C’est Jean QUATREMER, journaliste à Libération et habitué des anathèmes en ligne (au désespoir de la majorité de ses collègues) qui lance les hostilités le 15 octobre 2025.

Particulièrement suivi sur le réseau social d’Elon MUSK, le correspondant de Libé à Bruxelles est le premier à dénoncer ce tract. Dès le lendemain, c’est le compte X Swords of Salomon, connu pour son agressivité en ligne et spécialisé dans le doxxing (la divulgation de données personnelles d’un individu dans le but de lui nuire, NDLR) qui prend le relais.

Le compte, piloté par Lyron A
BBOU, publie une photo du syndicaliste Pierre MOUCHEL ainsi qu’une capture d’écran de son compte LinkedIn, affirmant ainsi « mettre un nom et une photo sur l’auteur de ce communiqué de la honte ».

Ce message est immédiatement repartagé par Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN. Leurs comptes, dotés d’une très forte audience sur X, amplifient immédiatement cet appel au doxxing. Les tweets atteignent rapidement 300 000 vues et conduisent à une vague de haine particulièrement violente visant Pierre MOUCHEL.

« Dès que Jean QUATREMER partage le communiqué, on sort du syndicalisme pour rentrer dans la polémique et la politique. Ça nous fait basculer d’une question éditoriale, posée par le syndicat, vers de l’acharnement pur et simple contre une personne, raconte Pierre MOUCHEL. En deux jours, j’ai reçu plus de 250 messages insultants. Après, j’ai arrêté de compter. C’est très dur à vivre. » La sécurité sociale a même reconnu cet épisode de cyberharcèlement comme un accident du travail.

Jean QUATREMER et Raphaël ENTHOVEN pouvaient-ils ignorer le but du message de Swords of Salomon ? Si le philosophe retweete régulièrement les tweets de ce compte, le journaliste a directement interagi avec ce post, publiant un gif sans équivoque : deux individus vêtus d’un masque du film Scream, faisant un cœur avec les doigts.

Face à ce déferlement de violence, les syndicats se fendent le 17 octobre d’un communiqué de clarification. Ce qui n’empêche pas Jean QUATREMER de continuer son cyberharcèlement, et de retweeter le nouveau communiqué en qualifiant ses auteurs de « sous-merdes ».

La plainte affirme par ailleurs que cet engrenage de haine constitue un harcèlement de meute. Une notion reconnue pour la première fois par la justice dans l’affaire Mila.

L’arrêt de la chambre criminelle du 29 mai 2024 approuve en effet la condamnation d’un internaute pour cyberharcèlement en meute alors même qu’il n’avait publié qu’un seul message, dès lors qu’il avait pris une part personnelle à des propos répétés imposés à la victime, en connaissance du flot de messages haineux déjà en cours.

Contacté, Raphaël ENTHOVEN a d’abord affirmé ne pas se souvenir de cet événement. Après lui avoir envoyé une capture d’écran de son retweet, le philosophe nous a répondu que « le texte de ce communiqué est une honte absolue et pue l’antisémitisme à plein nez. Donner le nom de son auteur est faire œuvre de salubrité publique et renseigne sur le degré de haine des juifs dont souffrent certains responsables syndicaux. Le doxxing eût été de révéler ses coordonnées, pas de dire son nom. Quand on écrit une merde pareille, on la signe ». De son côté, Jean QUATREMER n’a pas donné suite à nos questions.

Et ce n’est pas fini...

 

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Appel intersyndical des organisations CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires de l’Essonne.

11 Juin 2026, 15:03pm

Publié par Bernardoc

Contre la vie chère et les budgets de guerre,

Pour la paix et l’augmentation des salaires !

Face à l’explosion des prix des carburants, des factures d’énergie et des produits de première nécessité, les travailleuses et travailleurs, privés d’emploi et retraités, ainsi que leurs familles sont étranglés financièrement.

Nous constatons même que certains perdent de l’argent à aller travailler…ou posent des congés pour économiser le peu de carburant qui leur reste.

Cette situation scandaleuse est engendrée par les actionnaires des grands groupes pétroliers, qui spéculent sur les agressions guerrières et meurtrières. L’augmentation des prix du raffinage en est la preuve : les résultats du groupe Total Énergies au 1er trimestre, qui a augmenté sa marge de 29 %, avec un résultat net de 5,4 milliards de dollars.

Les organisations syndicales signataires exigent la cessation immédiate des bombardements et des violences qui frappent les populations civiles en Ukraine, en Russie, au Liban, en Palestine, en Iran et dans toutes les régions du monde où les peuples subissent la guerre, la misère et les destructions.

C’est dans ce contexte que le gouvernement Macron, soutenu par le patronat, poursuit sa politique de financement de l’industrie de la guerre au détriment des services publics et des besoins de la population. Des milliards pour les avions de chasse, les chars, les missiles…mais pas un centime pour les hôpitaux, les écoles, les transports en commun, les Services Publics, le tout au détriment de notre Sécurité Sociale.

Nous condamnons ces augmentations de budget de guerre sans fin, dont la dernière rallonge est de 50 milliards d’€.

De l’argent pour la Sécu, pas pour les obus !

Alors qu’il est urgent de mettre fin à ces politiques, de reconstruire un droit international, des organisations internationales, une diplomatie au service de la paix et du désarmement, le gouvernement veut faire payer une fois de plus aux travailleuses et aux travailleurs l’augmentation des budgets de guerre ! les actionnaires de Thales, Dassault, Naval Group se réjouissent…

Nous condamnons les discours bellicistes du gouvernement qui commencent à avoir des impacts concrets, puisque nous constatons la création de classes dites de « Défense » dans les établissements scolaires, ou encore l’Agence Régionale de Santé qui demande aux personnels de se préparer à la guerre ! Nous condamnons les pôles de recrutement dédiés à la défense au sein de France Travail.

Les organisations syndicales de l’Essonne CGT, CFDT, FO, FSU, UNSA, Solidaires appellent donc toutes les travailleuses et tous les travailleurs de l’Essonne à se mobiliser :

 

« Contre la vie chère et les budgets de guerre ! »

« Pour la paix et l’augmentation des salaires ! »

Et ce n’est pas fini...

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«  Le renouvellement du titre de séjour est leur première source d’angoisse »

8 Juin 2026, 23:34pm

Publié par Bernardoc

D’après Amnesty international

En France, le système actuel des titres de séjour fabrique de l’irrégularité et brise des vies. Après avoir recueilli la parole de travailleurs étrangers qui se retrouvent « à la merci d’un papier », des professionnels de santé nous racontent les effets psychologiques de cette précarité administrative sur leurs patients.

« Avec une carte d’un an, même pas trois mois après j’angoisse déjà en pensant au renouvellement » Jean-Louis, 33 ans est agent de sécurité à Toulouse. En France depuis sept ans, chaque renouvellement est un parcours du combattant : créneaux introuvables en préfecture, plateforme en ligne défaillante, timbre fiscal de 250 euros à payer à chaque renouvellement… un cycle qui recommence chaque année, pour Jean-Louis comme pour des milliers de personnes étrangères qui travaillent en France, certaines depuis plus de 20 ans.

Pour comprendre l’impact du système des titres de séjour sur la santé mentale des personnes étrangères qui travaillent en France, nous avons interrogé des professionnels de santé : qu’observent ils chez leurs patients ? Quels symptômes reviennent ? Quels liens font-ils entre précarité administrative et la santé de leurs patients ? 

Les écouter, comprendre leurs tourments, les soigner : c’est le quotidien de la psychiatre Tortelli, qui reçoit chaque jour des personnes exilées dans le 1er arrondissement de Paris. Elle travaille au groupe hospitalier universitaire Paris psychiatrie et neurosciences, où depuis 2021, une unité est dédiée à la santé mentale des personnes exilées en situation de précarité en Ile-de-France : l’unité Capsys

La spécialité de la Dr. Tortelli c’est de recueillir les récits d’exils, de traiter les traumatismes passés. Mais « quand les personnes arrivent en consultation, la première cause de stress qu’elles évoquent, c’est l’accès à un statut administratif » explique-t-elle. Au gré de ses consultations, un constat revient : «sur le plan psychique, c’est l’instabilité qui les casse. »

Renouveler ses papiers occupe tout l’espace mental des travailleurs étrangers. Toute leur organisation se fait autour de la préfecture et des papiers : travail, vacances en famille, temps libre. La santé est alors reléguée au second plan.

Et puisque les périodes de renouvellement reviennent sans cesse, « cela peut entraîner des retards de diagnostic ou de traitement sur des problèmes de santé chroniques et graves. Des patients ont déjà reporté des rendez-vous chez le cardiologue à cause de leurs papiers ».

Le docteur Pierre-Henri DACULSI a passé des années à arpenter des terrains en crise : urgentiste pendant huit ans à Mayotte, missions humanitaires avec Médecins sans frontières en Ukraine, en Centrafrique, aux Philippines… et plusieurs missions dans la jungle de Calais, en France. Des terrains où il a soigné des patients aux histoires de vies marquées par la violence. Depuis 2023, il assure la direction médicale de l’association Parcours d’Exil, où il reçoit en consultation des personnes exilées dans le 10ème arrondissement de Paris. 

Pour lui, les difficultés administratives ne génèrent pas seulement du stress, elles rouvrent des blessures passées. L’incompréhension du système, les nombreux obstacles rencontrés pour le renouvellement de la carte de séjour, le sentiment d’injustice peuvent «réactiver des traumatismes » subis pendant l’exil.

Ce que le docteur Daculsi observe de plus frappant, c’est l’effondrement de ses patients au moment de leur procédure de renouvellement de titre de séjour : «Lorsque des patients ont un traumatisme, souvent les premiers mois, ils redorment, reprennent goût à la vie, se réinvestissent dans des relations sociales. Et au moment des procédures, on a l’impression de repartir à zéro. Je le vois avec des patients plutôt stabilisés, qui, au moment des procédures pour les renouvellements, s’effondrent comme un château de cartes.» 

Dans le quartier de Blosne, à Rennes, il n’y a que cinq médecins pour 10 000 habitants. C’est dans ce quartier qu’a choisi de s’implanter l’un des 26 centres de santé du dispositif «Secpa», qui permet depuis 2021 l’installation de maisons de santé dans des quartiers prioritaires, pensées pour des personnes qui ont difficilement accès au système de santé traditionnel. 

Une médecin généraliste du centre de santé de Blosne nous a confié observer une chose au quotidien : «L’impact mental de la précarité administrative déborde, contrairement aux discriminations raciales qui sont beaucoup plus intériorisées. La question des papiers prend toute la place et met de côté d’autres violences du quotidien ». L’angoisse administrative c’est ce que les patients expriment le plus, pendant que les autres violences comme les discriminations, continuent de s’accumuler.

Les discriminations, le médiateur de santé au centre de Blosne, les observe aussi. Un jour, il appelle l’hôpital pour obtenir un transport médical pour une patiente : «Elle a été refusée pour racisme ». Il lui propose de porter plainte. En riant, elle lui répond : « La seule chose qu’on veut, c’est un taxi qui nous emmène pour nous faire opérer du cœur. Je veux juste survivre, pas dénoncer le fait d’avoir été discriminée. »

La docteure Tortelli du centre parisien Capsys le confirme aussi : «Il y a une vraie difficulté de nos patients à dire qu’ils sont discriminés. De manière générale, ce sont des personnes qui prennent beaucoup sur elles et se plaignent rarement. D’où l’importance de faire de la détection et de la prévention. » 

Pourtant, une solution existe : délivrer des titres de séjour stables. «Avec la carte de séjour d’un an, tu es en sursis.» explique Adra, assistance maternelle d’origine algérienne, en France depuis 10 ans. Un titre de séjour stable, d’un minimum de quatre ans, permettrait à Adra et à d’autres travailleurs étrangers de pouvoir vivre, sans attendre. Et aux médecins de pouvoir réellement soigner, sans juste mettre des pansements.

Et ce n’est pas fini...

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Encore combien d'Oradour avant une réaction de la communauté mondiale ?

7 Juin 2026, 14:14pm

Publié par Bernardoc

in Sud ouest dimanche du 7 juin 2026

Et ce n'est pas fini..

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En Europe, les salaires reculent pour la première fois depuis trois ans

6 Juin 2026, 18:24pm

Publié par Bernardoc

In Le Monde du 4 juin 2026 (extraits)

Le choc énergétique déclenché par la crise dans le détroit d’Ormuz provoque une nette baisse du pouvoir d’achat à travers toute l’Europe. L’inflation au mois de mai a atteint 3,2 % sur un an en zone euro, selon les données publiées par Eurostat, mardi 2 juin. Le rythme de la hausse des prix dépasse ainsi celui de la progression des salaires, qui devrait être de 2,6 % cette année, selon l’indice publié par la Banque centrale européenne.

Cette baisse des salaires réels intervient alors que les ménages se remettaient à peine du choc inflationniste de 2022 et 2023. Pendant deux ans, les salaires avaient très fortement baissé, avant d’entamer un rattrapage progressif du pouvoir d’achat perdu. Au troisième trimestre 2025, seule la moitié des pays de l’Organisation de coopération et de développement économiques avait retrouvé un niveau de salaire moyen équivalent à celui de la fin 2021 ; dans la zone euro, les rémunérations restaient en moyenne en recul de 2 %, et en France, d’environ 1 %.

Cette nouvelle baisse du pouvoir d’achat s’explique presque exclusivement par le quasi-doublement des prix du pétrole et du gaz depuis le début des attaques américano-israéliennes sur l’Iran, le 28 février. En mai, la hausse des prix de l’énergie sur un an atteignait 10,9 %, tandis que le reste de l’inflation n’était que de 2,4 %. « C’est uniquement un choc de prix, mais pas un petit choc, commente Emile GAGNA, économiste. [Avant le conflit], on attendait à peu près 2 % d’inflation en zone euro cette année. Finalement, on sera plutôt à 3,5 %. Ça fait un prélèvement de pouvoir d’achat de 1,5 %. » Il prédit que les salaires réels en zone euro vont stagner cette année. « Et en France, ils seront négatifs », ajoute sa collègue Florence PISANI.

Si la France est un peu plus touchée que le reste de l’Europe, c’est parce que la situation de l’emploi y était déjà médiocre avant le début du conflit au Moyen-Orient. Le chômage est reparti à la hausse, à 8,1 % au premier trimestre 2026, en hausse de 0,7 point sur un an. Cela réduit le pouvoir de négociation des salariés pour obtenir des augmentations. Par ailleurs, à cause du déficit public déjà très élevé, le gouvernement français a pour l’instant choisi de protéger ses citoyens au minimum, se contentant d’aides ciblées aux grands conducteurs et à quelques métiers spécifiques (pêcheurs, agriculteurs…). Le reste des pays européens se montre plus généreux, l’Espagne ayant réduit de moitié la TVA sur l’essence, tandis que l’Italie et l’Allemagne ont mis en place des aides fiscales similaires. Ces décisions amortissent en partie les pertes de pouvoir d’achat. « La France ne réduit pas les taxes parce qu’elle ne peut pas se le permettre. Les consommateurs français subissent le choc de plein fouet », expliquait le 25 mai Claus VISTESEN, du cabinet de conseil économique Pantheon Macroeconomics.

Le nouveau choc salarial pèse davantage alors que pendant près de deux décennies le pouvoir d’achat des ménages n’a progressé que faiblement en Europe.

Et ce n’est pas fini...


 

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Vive la guerre ! A bas les services publics !

1 Juin 2026, 18:19pm

Publié par Bernardoc

In La Tribune du 30 mai 2026 (extraits)

L’exécutif a transmis, jeudi 28 mai, au parlement deux décrets qui annulent 847 millions d’euros de crédits budgétaires. Au total, Bercy met 4 milliards d’euros de côté sur la sphère de l’État, en comptant 3,2 milliards d’euros de gel de crédits.

Nous devons prévoir d’ores et déjà un certain nombre de mesures à hauteur de 6 milliards d’euros, avait annoncé, le 21 avril, le ministre de l’Action et des Comptes publics, David AMIEL. Ce dernier constatait une dégradation des finances publiques de l’Hexagone en raison de la guerre au Moyen-Orient. Et de préciser la répartition suivante : 4 milliards d’euros de freinage de la dépense de l’État et 2 milliards d’euros sur la Sécurité sociale. Le gouvernement a indiqué, le 22 mai, que « l’enveloppe budgétaire dédiée aux allégements généraux n’augmentera pas » avec la revalorisation du Smic au 1er juin. Cette décision permet une économie de 2,2 milliards d’euros sur la sphère sociale. Toutefois, l'exécutif n’avait jusqu’à présent rien détaillé sur le volet État.

Ce jeudi 28 mai, l’exécutif a finalement expliqué dans un échange avec la presse qu’il allait prendre trois mesures : un surgel de crédits des ministères de 3,2 milliards d’euros — ces crédits sont rendus temporairement indisponibles mais pourraient être « dégelés » en cours d’année si la situation économique s’améliore —, une annulation pure et simple de crédits à hauteur de 847 millions d’euros et une ouverture de crédits de 407 millions d’euros pour financer les aides annoncées par le Premier ministre Sébastien Lecornu.

Pour réaliser techniquement ces annulations et ouvertures de crédits budgétaires, l’exécutif a rédigé deux décrets. Il les a transmis, jeudi soir, pour avis aux commissions des finances de l’Assemblée nationale et du Sénat.

La crise iranienne a déjà alourdi le poids de la dette de 3,6 milliards d’euros à ce jour. Mais Bercy n’a pas détaillé ce que recouvre précisément cette somme.

En revanche, le ministère a bien transmis un décret « portant annulations de crédits » d’un montant de 440 millions d’euros en autorisations d’engagement (AE) et un autre de 407 millions d’euros. « Ces annulations concernent exclusivement les crédits hors masse salariale. Elles portent, pour l’essentiel, sur la réserve de précaution », écrit le ministre Amiel. Ce courrier annexé est adressé au président de la commission des finances de l’Assemblée nationale, Éric COQUEREL. C’est-à-dire, détaille Bercy, « des crédits qui étaient mis en réserve depuis la loi de finances et qui n'avaient ni objet ni destination de manière précise ».

À la lecture des deux tableaux joints aux décrets, on s’aperçoit que l’exécutif a choisi de « couper » de manière transversale sur les ministères, tout en préservant les ministères régaliens — notamment les Armées et la Justice. Aucun crédit n’a été annulé pour le Défense par souci de « cohérence », indique Bercy. Les dépenses sont en effet en hausse cette année en raison du conflit au Moyen-Orient. En revanche, « les Armées et la Justice contribuent quand même à l’effort collectif via des mesures de surgel de crédits », précise le ministère. Par ailleurs, l’Outre-mer a aussi été épargné en raison d'« un gel anticipé de crédit en mars ».

Les chiffres des coupes donnés par mission budgétaire permettent quelques constats : près de 200 millions d’euros ont été annulés sur la mission « Régimes sociaux et de retraite ». Cela concerne les retraites de la SNCF et de la RATP. Par un jeu de transfert de charges, l’État a pris un arrêté en décembre dernier. Cet acte augmente la contribution employeur de ces entreprises publiques. C’est pourquoi l’annulation de ces crédits a été rendue financièrement possible.

Par ailleurs, la mission « Recherche et enseignement supérieur » est amputée de 139 millions d’euros et celle concernant « Travail, emploi et administration des ministères sociaux » de 122 millions d’euros. Au sein de cette dernière, le programme « Accès et retour à l’emploi » est particulièrement touché avec 112 millions d’euros en moins pour cette année. Par ailleurs, la mission « Enseignement scolaire » perd près de 44 millions d’euros de crédits. La mission « Culture » voit quant à elle s’annuler 38 millions d’euros.

En parallèle, le gouvernement a pris un décret d’avance qui ouvre 407 millions d’euros de crédits en autorisations d’engagement. Ces crédits vont être imputés à la mission « Écologie, développement et mobilité durables » et dans le programme « Énergie, climat et après-mines ». Le ministre de l’Action et des Comptes publics juge cette manière de procéder « impérative » pour financer les aides annoncées par le Premier ministre.

Concrètement, cet argent va permettre de « financer l’aide forfaitaire » de 100 euros aux grands rouleurs. Pour rappel, elle correspond à 20 centimes d’euro par litre de carburant. Elle s’adresse aux foyers jusqu’au 5e décile de revenus utilisant leur véhicule à des fins professionnelles ou pour leurs trajets domicile-travail. Elle peut être sollicitée sur le site de l’administration fiscale, impots.gouv.fr, depuis le 27 mai. Au cours de l’échange avec la presse, Bercy a précisé que cette aide représente un coût de 320 millions d’euros pour l’État.

Autre dispositif que ces crédits vont financer : le chèque énergie qui a été « élargi » ce printemps. Bilan : 700 000 ménages supplémentaires ont perçu un chèque moyen de 153 euros. Ce qui a un coût de près de 100 millions d’euros pour l’État. La réforme du chèque énergie a aussi « étendu l’aide spécifique à tous les résidents des logements-foyers conventionnés APL, aux logements en intermédiation locative et aux revenus les plus modestes des établissements accueillant des personnes âgées ». Là encore, le coût pour l’État s’élève à 36,6 millions d’euros au titre de 2025 et de 50 millions d’euros pour 2026 (86,6 millions d’euros au total).

Pour contrebalancer ces ouvertures de crédits, des annulations d’un même montant (407 millions d’euros) ont été « intégralement gagées » sur « des crédits ministériels hors masse salariale issus de la réserve de précaution », insiste Bercy. Elles sont intégrées aux chiffres de coupes budgétaires cités plus haut.

À ce stade, le gouvernement de Sébastien LECORNU vise toujours une cible de 5 % de déficit en 2026. Mais la marche paraît de plus en plus haute. L’Insee a en effet annoncé, ce vendredi 29 mai, un recul de la croissance de l’Hexagone de 0,1 % au 1er trimestre.

L’avis qui sera rendu par l’Assemblée nationale et le Sénat d'ici à jeudi prochain devrait, selon Bercy, « clore cette première phase de freinage de la dépense publique ». Fin juin se déroulera un nouveau comité d’alerte des finances publiques à l’issue duquel de nouvelles mesures pourraient être prises par le gouvernement.

Et ce n’est pas fini...

 

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2ème mise en examen de Sophie BINET : la CGT appelle le gouvernement à agir contre les procédures baillon !

29 Mai 2026, 11:54am

Publié par Bernardoc

Pour la deuxième fois en six mois, la secrétaire générale de la CGT est mise en examen. Cela fait suite à une plainte en diffamation de l’entreprise Tefal contre les propos de Sophie BINET : « la CGT de Tefal fait face à une répression patronale violente" tenus lors d'un débat à la Fête de l'Humanité en septembre 2025.

C e s p r o p o s s o n t p o u r t a n t t o t a l e m e n t é t a y é s p a r l e s f a i t s . E n e ff e t , O u r i a BELAZIZ, coordinatrice CGT du groupe SEB (détenant la marque TEFAL) et membre de la direction confédérale de la CGT a été sanctionnée par son entreprise et sera aux Prudhommes le 4
juin prochain pour contester cette sanction inique. Un ancien militant CGT et salarié de Tefal, est lui aussi poursuivi pour diffamation et injure suite à la diffusion du documentaire dans l'émission Debadoc, le 29 mai 2025.

Par cette plainte le groupe SEB, et sa société Tefal, ne fait que confirmer sa pratique décomplexée de la répression syndicale pour tenter de faire taire toutes celles et ceux qui osent critiquer les choix de la direction et alerter sur la dangerosité des PFAS, un composant chimique utilisé par Tefal pour ses poêles. Les propos pour lesquels la secrétaire générale de la CGT est poursuivi sont anodins. Sur cette base, la quasi totalité des syndicalistes du pays pourraient être poursuivis.

Cette mise en examen n'est malheureusement pas un fait isolé : plus de 1000 militants CGT font l'objet de poursuites judiciaires ou patronales dans le cadre de leur mandat syndical. En cause : l'indépendance syndicale.

Le fait que des syndicalistes osent questionner les choix des directions d'entreprise qui ne supportent pas qu'on les mette devant leurs responsabilités.
La CGT rappelle que la liberté syndicale est une liberté fondamentale, indispensable au fonctionnement démocratique. Chercher à en entraver l’exercice constitue une atteinte grave à un droit essentiel, protecteur de l’ensemble du monde du travail. On ne peut pas laisser des multinationales ou des milliardaires multiplier les procédures baillons sans réagir. La CGT appelle le gouvernement et les parlementaires à agir immédiatement pour protéger la démocratie et à légiférer pour protéger la liberté d'expression et les libertés syndicales. Les syndicalistes, les militantes et militants s'engagent pour l'intérêt général, pour défendre les travailleurs et travailleuses, agir pour l'emploi et l'environnement. Leur place n'est ni dans les tribunaux ni dans
les commissariats !

La CGT le rappelle clairement : elle ne baissera jamais les yeux face aux patrons et se battra toujours, en toute indépendance, pour défendre les salariés.

Montreuil, le 25 mai 2026

Et ce n’est pas fini...
 

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Un quart de ses agents envisage de quitter la fonction publique

5 Mai 2026, 00:29am

Publié par Bernardoc

In Le Figaro du 4 mai 2026

L’heure n’est pas à la fête chez les fonctionnaires. Interrogés par la CFDT dans le cadre de son étude annuelle sur « l’État du travail ­ en France », les agents publics sont d’humeur sombre. Les deux premiers mots qui leur viennent en tête pour ­décrire leur état d’esprit du moment sont l’inquiétude et la lassitude. Malgré un attachement « profond et massif » à la fonction publique, le tableau dressé par les fonctionnaires et les contractuels n’est pas reluisant.

71 % d’entre eux dénoncent un ­manque de moyens humains, 65 % un manque de moyens financiers et 59 % un manque de moyens matériels. Autant de lacunes qui pèsent sur leurs conditions de travail, et entretiennent une grogne sourde dans un secteur où l’absentéisme est un fléau qui a coûté 15 milliards d’euros à l’État en 2022, rappelait un rapport de l’Inspection générale des finances. « On nous demande de faire toujours plus avec toujours moins… Moins d’agents, c’est moins de service public, et ça renforce la pression sur le terrain, où se faire insulter ou menacer est devenu courant », se désole Anthony TRAMOY, agent des routes au sein d’un conseil départemental. Au manque de bras s’ajoute une réalité nouvelle : celle de la vio­lence rencontrée au quotidien par les fonctionnaires en contact avec du ­public. Face à ce constat, près d’un quart des agents envisage tout bonnement de claquer la porte.

Alors que moins de la moitié recommanderaient à leurs enfants de suivre la voie du fonctionnariat, le risque s’accroît de voir la fonction publique continuer à s’enliser dans une crise d’attractivité dont elle ne parvient pas à se tirer. « Parfois, j’ai l’impression qu’on est une espèce en voie de disparition », lance Pauline VIRY. Pour autant, cette aide-soignante dans un Ehpad public avoue « comprendre pourquoi les candidats ne se bousculent pas à la porte des écoles d’aides-soignants et d’infirmiers, entre les plannings qui changent, la charge physique et mentale, le manque de ­personnel et les salaires qui ne suivent pas ». Si les questions de management, de reconnaissance de la part de la hiérarchie ou des conditions de travail sont centrales dans le mal-être des agents, la première raison invoquée pour justifier leur désir de quitter les rangs de la fonction publique est celle du salaire, que bien des fonctionnaires jugent en inadéquation avec leurs missions.

Les syndicats le répètent d’ailleurs à l’envi : les salaires sont le nerf de la guerre pour répondre aux difficultés du secteur public à attirer la jeunesse. Il faut dire que l’argument de l’emploi à vie ne fait plus recette, dans un pays où les citoyens ont une opinion très médiocre des services publics. Seuls 44 % en ont une bonne image, selon le dernier baromètre de l’Institut Paul ­Delouvrier. De quoi dissuader de rejoindre les rangs de la fonction publique.

Mais pour Marie-Christine Caraty-Quiquet, présidente de la Fédération des services publics de la CFE-CGC, « l’attractivité passe par la rémunération ». Or, le point d’indice qui détermine le niveau de rémunération des fonctionnaires est gelé depuis plusieurs années maintenant. De quoi entretenir les difficultés à recruter qui risquent de s’aggraver ; Marylise LEON, la secrétaire générale de la CFDT rappelle que « 2 millions d’agents partiront à la ­retraite à court terme ». « On gèle les ­rémunérations. Donc peu de gens s’inscrivent aux concours de la fonction publique, donc on est en sous-effectif partout, donc le ­travail devient de plus en plus ­difficile. Et ça devient compliqué pour les jeunes d’avoir une image favorable de la fonction publique », résume Marie-Christine ­Caraty-Quiquet. Un paradoxe, alors que le nombre de fonctionnaires ne cesse d’augmenter depuis vingt ans en ­France, atteignant bientôt les 6 millions.

Dans un pays où les finances publiques sont dans un état déplorable, les chances d’un déblocage généralisé ­restent maigres, malgré l’ouverture d’un groupe de travail avec le gouvernement sur la question mi-avril. Les ­organisations syndicales y ont demandé un geste de la part de l’exécutif, notamment pour soutenir les agents publics qui subissent la hausse des prix du ­carburant. Au-delà de la seule rému­nération, les questions de l’avancée des carrières et la refonte de grilles sala­riales de plus en plus tassées patinent, alors que « les progressions de carrière ne représentent parfois plus que quelques euros par mois », s’alarmait récemment Luc FARRE, le secrétaire général de ­l’Unsa-fonction publique. La Cour des comptes elle-même s’est penchée sur la question, suggérant d’introduire ­davantage de mérite dans la rémunération des agents, dont les trois quarts perçoivent des gratifications « totalement indépendantes de leur manière de servir ». Mais alors que les sages de la Rue Cambon suggèrent d’introduire une composante liée à la performance dans la rémunération des agents, non seulement pour plus d’efficacité mais aussi comme outil de management et d’attractivité, les syndicats ne veulent pas en entendre parler. Et martèlent la nécessité de privilégier des mesures ­générales. « Tout est une question de moyens, et donc de volonté politique », assène Lysiane BENABANT, professeur des écoles en Moselle.

Dans un tel contexte, l’absence de ministre dédié à la fonction publique ne facilite pas l’avancée des chantiers ­attendue par les syndicats. Depuis le dernier remaniement et la promotion de David AMIEL de ministre délégué à ­ la Fonction publique à ministre de ­l’Action et des Comptes publics, les fonctionnaires sont en effet orphelins. Une situation que « regrette » Marylise LEON rappelle que « le fait d’avoir un ministre dédié, c’est une considération ». Et un moyen non négligeable de faire avancer les dossiers. « Je ne suis pas sûre qu’on mesure les conséquences d’une absence de ministre. Est-ce que cela sera synonyme d’arbitrages plus longs ? C’est à craindre », reconnaît Laure REVEL, secrétaire générale de la CFDT-fonctions publiques.

En l’absence de ministre, les fonctionnaires craignent que le traitement des dossiers de fond ne soit renvoyé aux calendes grecques - après l’élection présidentielle. D’autant que les premières discussions autour du budget ont déjà démarré, avec la perspective de voir « les fonctionnaires n’être traités que comme des lignes budgétaires », ­anticipe un syndicaliste. Aujourd’hui toujours confiés aux soins de David AMIEL, les fonctionnaires craignent pour leur sort, agacés d’être rattachés à Bercy et donc « d’abord vus comme une dépense ». Il faut dire que dans la fonction publique d’État, par exemple, la masse salariale a encore gonflé de 1,5 % en 2025 après + 6,3 % en 2024 et + 5 % en 2023… et de + 24,7 % depuis 2017. Toujours est-il qu’« avoir un même ­ensemble qui traite et des fonctions ­publiques et des comptes publics laisse craindre que l’un prenne un peu plus le pas sur l’autre », glisse Marylise LEON, avant de lâcher dans un sourire entendu : «Je vous laisse deviner lequel. »

Et ce n’est pas fini...

 

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Espagne, régularisation et hypocrisie européenne

4 Mai 2026, 18:24pm

Publié par Bernardoc

In Sauvons l’Europe du 4 mai 2026

L’Europe a un problème avec l’immigration. Mais elle a peut-être un problème plus grave encore : son incapacité à parler de l’immigration autrement qu’à travers la panique, l’hypocrisie ou l’intérêt partisan.

L’Espagne a décidé de régulariser plus de 500 000 personnes déjà présentes sur son sol avant décembre 2025. Le dispositif annoncé par Madrid doit leur ouvrir un titre de séjour d’un an ainsi que le droit de travailler sur l’ensemble du territoire espagnol. Ce choix n’est pas tombé du ciel : il s’inscrit dans une séquence politique et civique longue, portée notamment par l’initiative Regularizacion. Ya, validée au Parlement espagnol par 310 voix contre 33 après une mobilisation de plus de 900 organisations.

Aussitôt, une partie de la droite européenne a voulu transformer cette décision en mise en danger de l’espace Schengen. Le procédé est connu : on efface les réalités économiques, sociales et humaines pour ne garder qu’un signal anxiogène. Pourtant, les faits résistent.

D’abord, il ne s’agit pas d’un appel d’air abstrait, mais de la mise en règle de personnes déjà là. En Espagne, le nombre de personnes en situation irrégulière était estimé à 700 000 en 2024 par Funcas, dans un pays où le nombre total d’immigrés dépassait déjà 8,8 millions. Les arrivées irrégulières spectaculaires, notamment par les Canaries ou les côtes méditerranéennes, représentent une part beaucoup plus réduite : environ 140 000 personnes sur les cinq dernières années, selon l’article de Juan Antonio FERNANDEZ CORDON. La disproportion entre la réalité numérique et l’alarmisme politique est manifeste.

Ensuite, les opinions publiques elles-mêmes sont moins hystériques qu’on ne le dit. Dans le baromètre du CIS de juillet 2025, l’immigration n’arrive plus qu’au huitième rang des problèmes cités comme principaux pour l’Espagne, avec 4% de mentions. Plus encore, seuls 22% des répondants évoquent l’immigration comme problème pour l’Espagne ou pour eux-mêmes dans l’ensemble des questions ouvertes, et à peine 0,7 % de l’échantillon la considèrent à la fois comme le principal problème du pays et comme leur principal problème personnel. Autrement dit : le « grand problème » migratoire est d’abord un objet de construction politique.

Quand Giorgia MELONI, en Italie, autorise à l’été 2025 près de 500 000 entrées de travailleurs étrangers sur trois ans afin de répondre aux pénuries de main-d’œuvre, la droite continentale parle de pragmatisme, de souveraineté, de pilotage des flux. Quand Pedro SANCHEZ régularise des personnes déjà présentes, souvent déjà au travail, la même famille politique feint de découvrir une menace pour l’Europe. Or, dans les deux cas, une vérité s’impose : les économies européennes ont besoin de travail humain, et elles l’ont trop longtemps dissimulé derrière une rhétorique identitaire.

La différence n’est donc pas entre la fermeté et le laxisme. Elle est entre deux récits.

Le récit de la droite radicale consiste à tenir ensemble deux affirmations contradictoires : d’un côté, dire que l’immigration irrégulière est insupportable ; de l’autre, profiter silencieusement de la force de travail étrangère lorsque l’agriculture, le bâtiment, l’hôtellerie, les services à la personne ou le soin en ont besoin. Le cas italien l’a montré avec éclat. Le cas espagnol le montre à son tour, mais avec plus de franchise : mieux vaut reconnaître une réalité sociale, ouvrir des droits, faire entrer dans la légalité, plutôt que laisser prospérer l’ombre, le travail dissimulé et la concurrence déloyale.

Le récit que la gauche européenne devrait assumer est plus simple, plus solide et plus honnête. Une régularisation n’est pas l’abolition des frontières. Ce n’est pas non plus un geste naïf. C’est un acte d’ordre républicain. Régulariser, c’est identifier, protéger, faire cotiser, faire respecter le droit du travail, réduire les zones grises où prospèrent les marchands de peur et les employeurs sans scrupules. C’est remettre de la loi là où l’hypocrisie a installé du silence.

Il faut aller plus loin : la question n’est pas seulement nationale, elle est européenne. L’Union ne survivra pas politiquement en laissant prospérer cette comédie où chacun dépend du travail immigré tout en dénonçant l’immigration chez son voisin. Une Europe sérieuse doit pouvoir distinguer l’asile, la maîtrise des frontières, les besoins démographiques, les besoins productifs, l’intégration sociale et la lutte contre les trafics. Tout mélanger ne produit qu’une chose : du ressentiment électoral.

L’Espagne, sur ce point, met le débat européen face à lui-même. Elle rappelle que la première responsabilité d’un gouvernement n’est pas d’exciter les fantasmes, mais d’administrer le réel. Et le réel, aujourd’hui, est connu : dans un pays où près d’un habitant sur cinq est immigré, la société ne s’effondre pas ; elle travaille, elle vieillit, elle a besoin de droits clairs et d’institutions solides. Ce qui menace l’Europe n’est pas la régularisation de personnes déjà présentes. Ce qui la menace, c’est l’incapacité persistante de ses responsables à parler vrai.

Car enfin, que veut-on ? Une Europe qui exploite en silence puis moralise en public ? Ou une Europe capable de tenir ensemble la frontière, le droit, le travail et la dignité ?

La vraie faute politique n’est pas de régulariser. La vraie faute consiste à n’accepter l’immigration que lorsqu’elle sert discrètement l’économie, puis à la dénoncer dès qu’un gouvernement de gauche décide de lui donner un statut, des règles et des droits.

On ne défend pas l’Europe en criant au chaos chaque fois qu’un État membre choisit la légalité contre le déni. On la défend en refusant les mensonges commodes, et en construisant une politique migratoire enfin adulte.

Et ce n’est pas fini...

 

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Sophie BINET (CGT) exhorte le gouvernement à inscrire "au plus vite" la loi vie chère outre-mer à l'Assemblée

2 Mai 2026, 11:17am

Publié par Bernardoc

In France 24 le 29 avril 2026

Évoquant une "situation de crise structurelle" dans les territoires ultramarins, où les prix des produits alimentaires sont jusqu'à 40% plus élevés que dans l'Hexagone, Mme Binet a critiqué le gouvernement qui "se permet d'enterrer le projet de loi vie chère, qui ne comportait déjà pas grand-chose".

"Ce projet de loi doit être inscrit à l'agenda parlementaire le plus vite possible et son contenu doit être considérablement renforcé pour enfin agir sur les points centraux", a-t-elle affirmé lors d'une conférence de presse au siège de la centrale syndicale.

Parmi les priorités citées par Mme Binet figurent la convergence sociale à Mayotte, "l'application de toutes les conventions collectives dans les territoires d'outre-mer", le "plafonnement des marges et un démantèlement des oligopoles", ainsi qu'une conditionnalité des aides publiques aux entreprises.

Initié par l'ex-ministre Manuel VALLS et adopté sans enthousiasme en octobre 2025 par le Sénat, qui le jugeait trop timide, le texte n'a toujours pas été déposé à l'Assemblée nationale.

En février, la ministre des Outre-mer Naïma MOUTCHOU avait indiqué que l'examen du texte était reporté car il devait "être musclé encore davantage". Elle avait évoqué un examen en "juin-juillet", voire à la rentrée parlementaire en septembre.

Présentée comme une "urgence" par le Premier ministre Sébastien LECORNU, la lutte contre la vie chère est une priorité pour les habitants des territoires ultramarins et a été au cœur des manifestations qui ont secoué la Martinique à l'automne 2024.

Selon l'Insee, l'écart de prix pour les produits alimentaires peut atteindre 42% entre les départements et régions d'outre-mer et la France hexagonale.

Cette conférence de presse marquait le lancement d'un "socle syndical commun pour une action coordonnée" entre la CGT et ses confédérations de Martinique, La Réunion et Mayotte, qui dénoncent une "continuité des rapports coloniaux de dénonciation économique, sociale et territoriale".

Et ce n’est pas fini...

 

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